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Hier soir, j’ai regardé en différé les deux premiers épisodes de la nouvelle série de Canal plus, The Big C, diffusée jeudi dernier.

Cathy Jamison est une mère de famille ordinaire, enseignante dans un lycée, menant une vie sans histoire dans une banlieue tranquille et coquette de Minneapolis jusqu’au jour où elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer en phase terminale. Loin de se lamenter sur son sort, elle décide de faire voler en éclat son quotidien et de vivre chaque jour qu’il lui reste comme une aventure.

Elle envoie balader son mari immature, empêche son fils Adam de partir en stage de foot d’été pour profiter de lui à 100%, se rapproche de son frère marginal. Sur un coup de tête, elle décide de faire  construire une piscine dans son jardin avec l’espoir que celle-ci sera prête à temps pour apprendre à son fils le plongeon Banana Split puis brûle son canapé dans le jardin. Elle passe également un deal avec une des ses élèves obèse : elle lui donnera 100 dollars à chaque fois que celle-ci perdra 500 grammes.

Le docteur Todd, son cancérologue (aux faux airs de Mathieu Demy et de Hugh Grant) lui demande de révéler la vérité à ses proches mais Cathy préfère garder le secret, pour s’épargner la pitié et la tristesse des siens, pour les protéger et peut-être aussi pour s’autoriser à devenir ce qu’elle a toujours souhaité : une femme séduisante.

Avec The big C, le ton n’est pas au mélo mais plutôt à l’humour, à la légèreté et à l’espoir même si on devine qu’on peut glisser du rire aux larmes assez facilement.  Cathy Jamison était une personne ennuyeuse, terne et obsédée par le contrôle mais dans les deux premiers épisodes débute une période déjantée ponctuée de petits plaisirs (ne manger que des pâtisseries par exemple au restaurant). C’est le portrait d’une femme en pleine crise existentielle et à la redécouverte d’elle-même qui est au cœur de la série et pas la maladie.

Je me suis sentie d’emblée proche de Cathy (peut-être parce qu’en tant que spectatrice, je sais qu’elle est malade ce qui n’est pas le cas de son entourage). Les autres personnages m’ont paru prometteurs et j’espère qu’ils gagneront en épaisseur d’épisode en épisode, c’est la force d’une bonne série par rapport à un film.

Forcément très vite je me suis posée LA question : et moi, comment je réagirais? (et là j’avoue j’ai eu dans la tête la chanson de Pascal Obispo et Natacha St Pier Si on devait mourir demain, qu’est ce qu’on ferait de plus , qu’est ce qu’on ferait de moins…Même pas honte ) )

Et toi, tu t’es déjà posée ce genre de question?

Samedi dernier, j’ai reçu un courrier de ma caisse de Sécurité Sociale m’annonçant froidement que mes droits étaient suspendus depuis le 1er octobre 2011. Passons sur le fait d’être avertie trois semaines après..heureusement que ni moi ni mes enfants n’avons eu la mauvaise idée d’être malades ou hospitalisés dans ce laps de temps.

Ce qui est formidable c’est que suite à mon changement de situation professionnelle (une mise en disponibilité d’un travail pour reprendre des études), j’avais bien entendu appelé ma sécurité sociale pour savoir quelles étaient les conséquences, ce que je devais entamer comme démarche. J’étais tombée sur une conseillère qui m’avait expliqué qu’étant donné la durée assez courte de mes études et ayant plus de 26 ans, je ne pouvais pas adhérer à une caisse étudiante. Dans une grandeur d’âme inhabituelle, ma caisse concédait à me garder chez eux l’espace de quelques mois.

J’étais soulagée. J’avais tort, compris-je, en recevant le courrier.

J’ai donc repris mon téléphone et là la version avait totalement changé. Puisque j’étais étudiante (et pas au chômage?), je ne pouvais pas rester chez eux et je devais devenir ayant-droit du conjoint. Ça m’apprendra à envoyer un dossier aussi complet que possible avec un certificat de scolarité )

Rien de grave, me répondras-tu, en définitive puisque je suis couverte désormais par la caisse de sécurité sociale de l’homme sauf que ne plus avoir de carte vitale, c’est peut-être idiot mais ça me donne l’impression d’avoir perdu un peu d’existence sociale.

Et toi, des histoires avec ta sécu ?

J’avais tout prévu dans ma valise pour les vacances…sauf une tenue pour un enterrement.

J’avais prévu le répulsif spécial moustiques mais pas le coup de fil annonçant ton décès juste quelques heures après mon arrivée.

J’avais prévu mon permis mais pas de conduire mon père enterrer son petit frère.

J’avais prévu un seul paquet de mouchoirs.

J’avais prévu le soleil, la chaleur, le bruit des vagues et pas le froid de la chambre funéraire et toi allongée dans un cercueil.

J’avais prévu la trousse de médicaments mais rien contre cette angoisse qui tord le ventre, la gorge serrée comme si les amygdales étaient gonflées et ces nuits à chercher le sommeil quand la tête sur l’oreiller je pense à toi.

J’aurais peut-être du prévoir ton départ alors que ce putain de crabe ne te lâchait plus….dans la famille, on le connait bien : 4 combats, 4 K.O.

J’avais pas prévu d’être touchée par la présence, le jour de tes funérailles, de ces aides-soignantes, infirmières, kiné, médecin généraliste qui t’ont accompagné à domicile….faut dire que les oncologues, les chirurgiens t’ont traité comme un numéro plutôt que comme un patient, que t’as subi un tas d’examens inutiles et douloureux.

J’avais prévu la phrase toute faite « C’est la vie« , celle qu’on prononce quand on est à court de mots comme pour combler le silence trop pesant…mais est ce la vie d’enterrer son enfant, même s’il a 56 ans?

J’avais prévu des billets légers pour ceux qui viennent me lire ici et pas de plomber l’ambiance estivale (c’est un peu la double peine pour celles qui n’ont pas bougé) mais coucher sur le papier ce qui tourne là-haut dans ma tête tous les soirs m’évitera peut-être le lexomil.

J’avais prévu que tu t’enfonces peu à peu dans ce long sommeil pas que tu supplies qu’on en finisse, la morphine a endormi la douleur jamais la conscience de ton état.

J’avais pas prévu le beau temps le jour de ton enterrement…dans les films et dans les livres, il pleut souvent. Peut-être était ce un clin d’œil insolent de ta part face à nos mines de papier mâché, une façon de nous convaincre que tu étais enfin soulagé même si l’absence est une plaie à vif, une tape sur l’épaule pour nous exhorter à nous rassembler dans des occasions moins funestes, à fêter, à rire, à s’enivrer, à danser -toi qui aimait la musique gitane-, à aimer, à goûter la vie de mille et une façons pour oublier une seconde, un instant, quelques heures qu’en avançant dans la vie on est forcément orphelin.

Ciao Sergio…

Avant je n’avais aucun poids sur tes épaules, je marchais l’esprit léger et libre. Tout a commencé avec la grossesse, il fallait prendre des précautions avec la nourriture, les soins de beauté, l’alcool, les médicaments, voire le sexe.

Un jour, quelques mois après sa naissance, ce petit être m’a regardé avec une telle intensité qu’il semblait mettre sa vie entre mes mains : c’était à la fois très beau, touchant et lourd, infiniment lourd.

Depuis même si je ne crois pas être une mère spécialement inquiète, en tous cas pas le genre de mère à prendre la température de son enfant tous les jours ou à vérifier les courbes dans le carnet de santé, ma belle insouciance s’est envolée.

Parfois on croit s’offrir une parenthèse pour souffler un peu, stopper la machine écrasante du quotidien et rien ne se passe comme prévu. Les chouettes sorties sont annulées, les rencontres aussi, le week-end vire à l’angoisse et aux nuits sans sommeil..On regrette presque d’avoir quitté sans cocon, comme si cela nous aurait protégé.

Au début quand le chérubin s’est plaint de sa jambe, je l’ai pris à la légère, je l’ai même un peu charrié, j’ai cru qu’il jouait au fainéant. Puis il a crié de douleur dans le TGV alors qu’il n’était pas tombé, qu’il avait à peine bougé. Il a fallu le porter à moitié sur le quai, entre poussette, sac à langer et bagages. Alors que cousins et cousines couraient dans le jardin, flirtaient avec le barbecue provoquant le hurlement des mamans, il est resté cloué à sa chaise comme un triste monarque assistant au spectacle sans pouvoir participer. La nuit il n’a cessé de geindre et j’ai imaginé les pires scénarios dans ma tête. Le petit vélo a bien tourné, je t’assure…la maman insouciante était à des années lumières.

Généraliste, prise de sang, radio et échographie, beau programme pour un samedi…et puis l’attente des résultats, je n’arrivais à suivre aucune conversation, même la plus insignifiante. Si c’est long c’est que c’est mauvais signe, non? j’ai dit que j’étais une mère pas spécialement inquiète, moi? Le papa, aussi à l’Ouest que moi, a compris qu’il fallait éviter la pluie…l’appui, chéri, l’appui (au moins on a ri un peu).

Rhume de hanche à confirmer suite à un nouveau rdv chez la pédiatre et à un diagnostic mal posé, le fiston qui vomit en descendant de la voiture qui nous ramène Gare de Lyon, Miss Zen qui pleure pendant 1h dans un TGV bondé car elle est épuisée mais ne dort jamais dans le train….Les mamans insouciantes ont sûrement des enfants parfaits )

Et toi, une grosse valise sur tes épaules ou un petit sac?

Si la divinité des nounous existe, qu’elle me fasse un signe et qu’elle m’explique si elle m’en veut personnellement pour me mettre à l’épreuve trois fois de suite.

Tu sais la poisse qui est la mienne concernant la santé des assistances maternelles qui ont gardé mes enfants jusqu’à présent si tu lis ce blog depuis un petit moment. Ai-je un flux qui attire les plus fragiles ou mes enfants sont-ils si terribles qu’ils les épuisent? le résultat est le même.

Il y a eu d’abord le cas nounou number one, opérée de la thyroïde, arrêtée plus d’un mois. Nous avions remué ciel et terre pour obtenir une place d’urgence en crèche faute d’autre solution de garde. Il y a eut ensuite le cas nounou dérangée (remember, celle qui considérait les cacas de ma fille comme des cadeaux du ciel) qui, au bout de trois mois, nous a appris qu’elle devait subir une opération de l’œsophage.

La nounou actuelle, celle qui s’occupe de mes enfants depuis septembre, je l’aime beaucoup, elle correspond vraiment à ce que j’attends d’une personne qui passe plus de temps avec mes chères têtes blondes que moi. A-t-elle voulu que mon capital sympathie baisse un peu ou que je rappelle subitement pourquoi j’ai toujours préféré les crèches comme mode de garde, quelque soit l’âge de l’enfant? toujours est-il qu’elle m’apprend qu’elle va se faire opérer fin mai et va être arrêtée au minimum deux semaines.

Le plan orsec est donc lancé :, appel à l’aide des mamies  ( pas à deux pas de chez nous mais qui vont bien nous dépanner  et incantations pour que la nounou soit requinquée et en forme à l’issue des 15 jours.

D’abord l’ordinateur qui tombe en panne, ensuite la nounou ..quel est l’imbécile qui a écrit jamais deux sans trois?

Parce que je vis avec un fou de cinéma, parce qu’avant d’être maman j’allais au moins deux fois par semaine au cinéma, parce que j’ai emmené mon fils au cinéma très jeune, parce que le quotidien des enfants hospitalisés, même si je ne l’ai jamais vécu personnellement jusqu’à présent, est un sujet qui me préoccupe, j’ai eu envie de parler de l’opération du Renne Rouge qui a lieu jusqu’au 11 mars.

L’association Les toiles enchantées tu connais sûrement? créée par Gisèle Tsobanian et présidée par Alain Chabat, les toiles enchantées sont nées en 1997 avec l’idée de faire entrer le cinéma à l’hôpital pour ces milliers d’enfants qui ne peuvent pas s’y rendre. Depuis 13 ans, l’association sillonne les routes de France et propose gratuitement aux enfants et adolescents hospitalisés ou handicapés les films à l’affiche. Apporter du divertissement, permettre à ce public empêché d’accéder à la culture, briser leur isolement, voilà l’objectif des Toiles enchantées.

En 2009, 31 films ont été ainsi projetés devant 16 000 enfants dans 125 établissements différents. Des artistes et des professionnels du cinéma se joignent régulièrement aux projections ajoutant encore un peu de magie à ce moment d’évasion.

L’opération du Renne Rouge a été lancée pour permettre aux Toiles enchantées d’offrir davantage de projections tout au long de l’année. VirginMegastore s’associe au site 2foismoinscher.com pour offrir son grand Renne rouge de Noël aux toiles enchantées et mobiliser le plus grand nombre de donateurs autour de l’association.

Concrètement, sur le site 2foismoinscher.com, chacun peut faire un don de 5,10, 15, 25, 50, 75 ou 100 euros. Pour remercier l’ensemble des donateurs, une plaque regroupant les pseudos sera apposée sur le socle du Renne. Chaque don est déductible des impôts et l’intégralité de la somme sera versée à l’association des toiles enchantées.

Si tu as reçu un gros don de ta grand mère ou de ta vieille tante et que tu ne sais pas comment l’utiliser, tu peux également acheté le Renne, sculpté par l’artiste Sylvain Bossut, pour la somme de 20 000 euros. Si le Renne ne trouve pas preneur, il reviendra rejoindre un  centre pédiatrique spécialisé dans lequel les Toiles enchantées interviennent régulièrement.

Si l’action de cette association te tient à coeur, tu sais ce qu’il te reste à faire : un don sur le site 2foismoinscher.com jusqu’au 11 mars !

Et toi, des idées pour améliorer une chose dans le quotidien de l’hôpital ?

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