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Je souffre d’une pathologie dont je ne connais pas le nom : je n’aime pas la répétition.

Je n’ai jamais lu deux fois le même livre même si c’est un chef d’œuvre car je pense à tous ceux que je n’ai pas encore lus, classiques ou sélection dans les nouveautés annuelles et je me dis que déjà je n’aurais pas assez d’une vie pour en connaitre le cinquième.

Je prépare rarement deux fois le même dessert. Dans ma belle-famille, on me moque gentiment à ce propos « attention, dégustez-le bien ce gâteau, elle ne le refera pas de sitôt ». Par contre si jamais le goût que j’attendais n’est pas au rendez-vous, je suis prête à remettre mon tablier.

Je n’aime pas revenir en vacances au même endroit (peut-être que si j’avais eu une maison de famille, les choses auraient été différentes). Là encore je pense forcément à tous ses endroits que je n’ai pas encore vu,s découverts…et que la terre est grande !

Je ne suis pas fidèle à un parfum même si j’opte souvent pour la même note dominante.

Je ne retourne pas voir deux fois le même film au cinéma…cela souffre tout de même quelques exceptions quand j’étais plus jeune : les bronzés, le père Noël est une ordure, la boum et j’en oublie sûrement.

Je n’ai pas d’habitude dans un restaurant précisément. Si j’ai adoré, je vérifie que la carte a changé …mais à Lyon, les tables sont si nombreuses que je préfère tester un nouvel endroit.

J’ai tout de même un petit carnet d’adresses de mes boutiques préférées.

J’accueille les inattendus avec excitation mais ne suis volage ni en amitié ni en amour.

Et toi, la répétition ça te réconforte ou ça t’ennuie?

Dans mon panthéon personnel, en très bonne place, se trouve Woody Allen. Certains diront qu’il fait trop de films, qu’ils sont inégaux, d’autres glosseront sur ses névroses, sa vie personnelle…n’empêche que pour moi c’est un génie, que j’adore son phrasé et son humour et que je ne rate aucun de ses films.

Ce week-end je suis donc allée voir Vicky Cristina Barcelona, l’histoire de deux touristes américaines passant l’été à Barcelone qui vont entretenir une relation avec un peintre charismatique. Les deux amies ont une vision diamétralement opposées de l’amour : Vicky est une jeune femme sur le point de se marier et qui cherche avant tout la stabilité, le confort d’une relation; Cristina est émotive et sexuellement affranchie, elle ne sait pas exactement ce qu’elle cherche mais sait ce qu’elle ne veut pas.

Et si nous, les femmes, nous voulions les deux? une relation solide, un homme en qui nous avons confiance mais en même temps le souhait d’être toujours amoureuse (et pas seulement aimer), de connaître le bouillonnement de toute passion amoureuse.

Si le film peut paraitre léger au premier abord, vantant les plaisirs de la vie (les scènes où les personnages mangent, boivent du bon vin et visitent des endroits magnifiques dans un pays où la devise semble être « carpe diem » donnent dans un premier temps cette tonalité au film), il ne s’agit pas vraiment d’une comédie. Aucun des personnages n’est véritablement heureux à la fin du film et l’équilibre précaire trouvé par le ménage à trois (le peintre, son ex-femme et Cristina) vole vite en éclats.  N’y-a-t-il pas d’amour heureux comme dirait l’autre?

Amateurs de film d’action passez votre chemin. Ici la saveur se trouve principalement dans les dialogues et dans tous les questionnements lancés et laissés en suspens. Je suis sortie de là, avec l’envie d’un bon verre de Jurançon (eh eh) et avec une idée de l’amour balançant entre incertitude et désenchantement. Les scènes de baiser sont très belles (comme la mémorable scène sous la pluie dans Match Point), les actrices sont très agréables à regarder et pas insipides comme bien des actrices américaines et Javier Barden que je ne trouve pourtant pas beau dégage une sensualité incontestable.

La phrase du film « Seul l’amour non-fait peut être romantique ».

Je vous invite également à lire la critique de Babou moins enthousiaste que moi sur le film et d’aller faire un tour sur le site officiel en cliquant ici

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