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…enfin presque parce que depuis le collège, je crois que mes cheveux ont subi tous les traitements possibles et inimaginables. Toutes les envies ne se sont pas traduites par un résultat à la hauteur. C’est du moins ce que j’ai pensé en tombant sur une photo de moi avec une coupe de caniche. Je posais dans ma chambre devant un poster géant d’André Agassi en tee-shirt fluo rose (lui, pas moi)…so 80 !  Ne me demandez pas où j’étais allée chercher cette idée à la con à 15 ans ? (bon en même temps j’aurais pu me faire tatouer I love you André). Tout ça c’était à cause de ma correspondance anglaise connue pendant l’été entre la troisième et la seconde. Elle possédait une chevelure de rêve, de grosses boucles magnifiques qui lui tombaient sur les épaules et que toute fille normalement constituée lui enviait (bien entendu elle, elle rêvait d’avoir des cheveux lisses et raides). Sauf que sur moi les boucles n’ont pas pris exactement de cette manière, le rendu a plutôt été du style permanente à bigoudis, un frisé moumouté dont j’ai eu un mal de chien à me débarrasser.

Cela ne m’a pas vacciné pour autant, régulièrement j’ai voulu la même coupe qu’unetelle ou unetelle. Parfois c’était réalisable (Rachel dans Friends et sa célèbre coupe, vous vous souvenez ?), parfois moins (la frange bien raide et droite avec un épi c’est compliqué). Heureusement certains coiffeurs ont su se montrer psychologues pour éviter d’avoir à me suivre dans mes délires.

J’ai eu les cheveux longs, très longs, aux épaules, des carrés courts, plongeants, rasés sur la nuque mais je n’ai jamais coupé très courts parce qu’il me semblait qu’il fallait avoir un minoi à la Nathalie Portman pour porter une telle longueur. Oui parfois je peux aussi avoir des éclairs de lucidité.

Je ne sais plus trop jusqu’à quel âge j’ai été châtain mais assez jeune, j’ai changé de couleur (c’est mon côté Barbapapa) : violine, cuivrée, brune façon Morticia (encore une bonne idée surtout avec un teint comme le mien), chocolat, avec des mèches dorées. L’idée de changer de tête aussi facilement m’a toujours convaincu à tenter de nouvelles teintes…et puis j’avoue aussi que j’ai eu des cheveux blancs assez tôt et que je trouvais ça nettement moins classe sur moi que sur Annie Lemoine.

Tout ça pour dire que cette semaine, j’ai poussé la porte d’un des nombreux coiffeurs de mon quartier. Je n’en pouvais plus de ces mèches blondes/orangées que je voulais absolument il y a quelques mois. Appelez-moi Constance. Honnêtement je crois que le doré ce n’était pas l’idée du siècle, c’est du moins la conclusion à laquelle je suis parvenue en retrouvant, après plus de  2 heures assise dans un fauteuil (grand moment de glamour quand même ces instants où, enveloppé dans un peignoir qui grossit de 10 kilos n’importe quelle fille un peu ronde, on a les cheveux relevés sur la tête dans tous les sens et recouvert d’une substance marron, une petite bande de cire sur le front pour éviter les accidents si ça coule ) à effacer les traces de ma période méchée… mes yeux clairs dans le miroir.

Et vous, vous êtes fidèles à votre coupe ou pas ?

A chaque fois que je lui annonce une visite chez le coiffeur, je sens une lueur d’inquiétude briller dans son regard. Souvent il ose demander « tu ne vas pas trop les couper ? » et comme je suis sadique je réponds « si, très court » (je pourrais dire aussi « de manière à ce que tu ne le remarques pas, comme d’habitude » mais ce serait mesquin).

Une fois je suis rentrée avec un carré assez court,  j’ai bien vu que l’enthousiasme avait du mal à se manifester autrement que par un rictus. Il m’a confié, plus tard sous la torture, que cette coupe lui avait évoqué une vieille institutrice et à priori cela n’avait rien d’un compliment.

Bref l’homme n’aime pas les cheveux courts et j’ai très vite une tête de Droopy dépressive, passée une certaine longueur. En 2011, on a quand même dépassé l’équation cheveux longs=féminines, non? pense à Audrey Tautou, Halle Berry, Nathalie Portman ?  et puis les actrices, les nanas des magazines elles ont les cheveux ultra lisses ou bien bouclés, brillants, travaillés, elles sortent toujours d’un brushing, pas de place à l’improvisation.

Chéri, tu me paies un coiffeur à domicile, je laisse pousser mes cheveux  )

Et toi, entente ou mésentente capillaire dans ton foyer?

Attention cette photo est trompeuse et ne correspond en rien à ma vie quotidienne de maman avec sa fille !

Dans mes rêves : ma fille naissait avec des cheveux qui poussaient très vite en de magnifiques boucles et par le plus grand miracle puisque ni son père ni moi n’avons les cheveux frisés (mais sait-on jamais le chérubin était bien blond comme les blés jusqu’à ses deux ans avec des parents bruns)

Dans la réalité : ma fille est née avec quasiment pas un poil sur le caillou, pas chauve mais presque, avec juste du duvet de bébé..comme ses premiers mois, on avait oublié de me livrer son cou et que je trouvais sa tête disproportionnée par rapport à son corps (comme chez de nombreux tout-petits, ne nie pas ), elle avait un côté Mini-me (mais je te rassure aujourd’hui je la trouve super jolie)

Dans mes rêves : du fait de sa superbe chevelure, personne ne se trompait sur son sexe ou employait le mot bébé dans ses phrases au cas où il y ait erreur sur la marchandise

Dans la réalité : sa calvitie m’obligea à utiliser de manière démesurée le rose et le prune dans ses tenues..mais même en jupette, certains la prirent pour un garçon

Dans mes rêves : mon enfant était sage comme une image avec la coiffeuse se regardant dans la glace en minaudant et attendant patiemment que sa coupe soit finie

Dans la réalité : c’est toute juste s’il ne faut pas la ligoter au siège..la dernière fois la coiffeuse s’en est tenue à la frange puis a lâché l’affaire devant ses sauts de capri et ses pleurs

Dans mes rêves : Miss Zen acceptait sans rechigner les barrettes, chouchous, serre-têtes et autres accessoires auxquelles j’ai tout de suite pensé quand j’ai appris que je venais d’accoucher d’une fille

Dans la réalité : je m’estime déjà heureuse quand j’arrive à passer quelques coups de brosse dans ses cheveux. Le temps de pose d’une mini-couette ou d’une petite coiffure a rarement excédé 30 secondes malgré mes tentatives de diversion dès l’objet accroché « oh regarde un oiseau !  » (pas toujours crédible en plein appartement je l’avoue)..pourtant ça lui va tellement bien !

Qui a dit déjà qu’ être mère c’est faire le deuil de l’enfant parfait ?

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