C'est un beau roman

Sarah, héroïne du coeur régulier 1/ Julia Roberts 0

Depuis la mort de son frère Nathan, Sarah ne trouve plus de sens à sa vie qui paraissait pourtant jusqu’ici si parfaite (toute ressemblance avec Julia Roberts est purement fortuite). Elle plante travail, mari, enfants et s’enfuit non pas en Inde mais au Japon, dans un petit village, au pied  de falaises sur lesquelles chaque soir des  hommes et des femmes grimpent dans l’idée d’en finir avec la vie. Elle part sur les traces de son frère pour comprendre ce qu’il était venu chercher en ses lieux mais c’est surtout à son passé et à son identité qu’elle va se confronter. 

Construisant le roman en flashbacks, l’auteur revient sur ce jour où la vie de Sarah a basculé, ce jour où elle a appris la mort de ce frère avec qui elle était fâchée. L’absurdité de son travail, la fausseté de son couple, la rivalité avec sa sœur, les années d’enfance partagées avec son frère, tout lui revient en pleine figure. L’environnement hostile ne fait que renforcer sa fragilité. Face au froid, à la pluie, au vent, elle est comme un roseau dont on craint qu’il ne finisse par se briser.  Le cœur régulier c’est aussi l’histoire de rencontres avec des personnages un peu irréels,  comme Natsume, cet homme auprès duquel Nathan avait connu un véritable apaisement et qui, chaque nuit, sauve des candidats au suicide sans qu’on sache vraiment comment.

Olivier Adam change de décor dans ce dernier roman mais la mer  est toujours aussi présente que ce soit  en Bretagne ou au Japon. L’héroïne s’appelle Sarah comme dans  ses livres précédents et elle est toujours aussi paumée mais elle est bien plus attachante que Julia Roberts. Ce n’est pas mange, prie, aime (je te conseille d’en lire sa très drôle critique) mais quitte, craque et continue à vivre malgré le manque d’un être cher.

Un extrait dans lequel Sarah décrit la relation avec ses enfants :

Romain et Anaïs
étaient devenus de longs adolescents dégingandés et mutiques, fuyant mes
baisers et se soustrayant à mes étreintes comme à mes questions,
s’enfermant dans leur chambre dès que je rentrais du travail, je les
regardais interdite, me demandant où avaient bien pu passer mes enfants
et leurs yeux dévorants, suspendus au moindre de mes gestes à la moindre
de mes paroles, me couvrant de leurs lèvres me répétant qu’ils
m’aimaient à longueur de journée. J’avais beau les regarder et tenter
d’établir une continuité entre mes tout-petits lovés contre moi sur la
plage, dans le lit ou le canapé et ces étrangers qui vivaient dans ma
maison et qui n’attendaient plus de moi que des repas chauds, du linge
propre, de l’argent de poche et des autorisations de sortie les plus
larges possibles je n’y parvenais pas, c’était une chose déchirante et
secrète, le sentiment d’une perte impossible à partager, un deuil sans
objet qui laissait en moi une nostalgie glacée, un froid polaire, un
désert.


(lu dans le cadre du challenge 1% de la rentrée littéraire 2010)

12 Comments

  1. alors c’était bien… tu l’avais en Avignon… c’est rigolo ! … avec le déménagement j’ai un peu décroché la lecture !

  2. il est sur ma liste et j’espère qu’il est sur la liste d’achats des nouveautés dans les biblio où je suis inscrite..;j’ai hâte tout simplement de lire mon premier olivier adam

  3. oh là là ce récit d’adolescence me fait flipper ! Je crois que je vais faire un hold-up de câlins ce soir, histoire de commencer les réserves !

  4. B : tu ne peux pas tout faire c’est normal

    @Aurélie : c’est sûrement moins léger

    @LMO : tu vas participer?

    @Electromenagere : je me demande si cet homme est triste dans la vie

    @Lorraine : j’ai quand même préféré celui d’avant, les vents contraires

    @Faustine : d’autres bouquins à venir

    @Jean-Philippe : si je trouve l’info je te dis…mais je sais que l’auteur est allé au japon pour écrire son livre

    @Anuyka : je crois que tu as de quoi lire en ce moment

    @Voyelle : j’espère que les bibliothèques l’ont acheté quand même

    @Lucky Sophie : moi aussi je les bisouille d’avance )

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