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Je me balade peu du côté du quartier des Gratte Ciel à Villeurbanne. J’y allais de temps en temps quand ma sœur habitait dans le coin mais depuis je n’y ai aucune habitude, lieu chouchou (même si les viennoiseries de Bettant me font souvent saliver), ou spécialiste médical à consulter. Quand Fabien du blog Happycurio, villeurbannais et Emilie du blog Cinnamon And Cake, villeurbannnaise aussi (comme tous les gens qui ont suivi la visite d’ailleurs), m’ont proposé de suivre ensemble la balade historique et gourmande dans le quartier des Gratte Ciel, je me suis dit que c’était l’occasion d’en savoir un peu plus sur ce quartier.

Rendez vous était donné sur l’esplanade Geneviève De Gaulle, au pied de la grande cheminée, trace du passé industriel de Villeurbanne, nous a expliqué notre guide Véronique Bonfils. En 1810, Villeurbanne ne comptait que 1900 habitants (150 000 habitants aujourd’hui) et on y trouvait des champs avec des moutons. A la fin du 19° siècle, les champs ont laissé place aux usines et beaucoup d’ouvriers se sont installés à Villeurbanne (en 1921 la ville comptait 56 000 habitants, en 1931 elle en comptait 80 000). A l’époque, 7 habitants sur 10 travaillaient dans les usines. Ils logeaient dans des habitats ouvriers sans électricité, sans eau et sans toilettes. La seule pièce chauffée était la cuisine avec la présence du poêle à charbon.

Lazar Goujon (qui a donné son nom à la place entre l’Hôtel de Ville et le TNP et qu’on appelle aujourd’hui la place des jets d’eau) est maire de Villeurbanne à partir de 1924. C’est un ancien médecin qui constate que beaucoup de villeurbannais sont malades à cause des mauvaises conditions de vie. 1500 logements sont alors construits pour les ouvriers en plein centre ville.

Dans les années 80, beaucoup d’usines sont fermées ou déplacées mais par volonté de conserver les traces du passé industriel de la ville, la grande cheminée de l’ancienne teinturerie Boissier est conservée et transformée en oeuvre d’art par Felice Varini et l’architecte Giorgio Tognola.

Après cette introduction historique, la première étape de notre balade a été la boulangerie pâtisserie Louis pour une explication de la fabrication du pain, de la fermentation, des différentes farines biologiques utilisées par la maison suivie d’une dégustation bien-sûr.

Vous vous demandez comment reconnaître du pain artisanal ? La présence de bulles dans la mie (due à la fermentation) est un bon indice ainsi que la couleur du pain (le pain est cuit à 260°, on incise le dessus du pâton pour qu’il s’ouvre; c’est la buée injectée dans le pain qui fait la couleur) et l’aspect du dessous du pain.

Saviez-vous qu’en France, le poids réglementaire de la baguette est de 200 gr ? (la moitié c’est une ficelle, le double c’est une flûte).

Avant de rejoindre la prochaine étape, Véronique Bonfils nous a parlé du projet de l’extension du quartier des Gratte Ciel prévue sur 10 ans (le centre ville actuel a été construit sur 5 ans mais à l’époque l’espace était beaucoup plus « vierge »).  Le lycée actuel est reconstruit plus à l’ouest, les nouveaux bâtiments (dont 900 nouveaux logements et des bureaux) s’inspireront de l’architecture des bâtiments existants en améliorant certaines choses (moins de vis à vis par exemple). La tour Signal aura une hauteur du 38 m et accueillera l’enseigne Monoprix. Une nouvelle école Rosa Park (maternelle et primaire) est prévue ainsi qu’un complexe sportif municipal.

Pour moi partout où la voiture recule et où les espaces verts avancent, on gagne en qualité de vie, j’espère donc que dans ce projet le végétal aura une place importante.

C’est à ce moment de la balade que tout le monde s’est mis à chanter du Tina Arena (+1 pour ceux ou celles qui trouvent le titre auquel je fais allusion). Aviez-vous remarqué que les 2 L dans le logo Villeurbanne correspondent à ces deux gratte-ciel de 19 étages dont l’architecture est Môrice Leroux ?

La seconde étape de la balade gourmande était la cave des Gratte-Ciel où le caviste nous a expliqué qu’il propose aussi bien des vins à petits prix que des grandes bouteilles, reflétant aussi la mixité du quartier. Nous avons dégusté un chardonnay dont je n’ai pas entendu la provenance (trop timide pour reposer la question devant tout le monde).

En sortant, nous nous sommes arrêtés devant le TNP qui fut le Palais du travail et remplissait diverses fonctions à son ouverture : dispensaire, dentiste, piscine, lieu de réunion, brasserie, salle de spectacle (avec plus de places assises qu’aujourd’hui, les balcons n’existant plus).

J’avoue que je n’avais jamais réellement prêté attention à l’architecture si typique des immeubles qui bordent l’avenue Henri Barbuse, des immeubles à gradins avec une structure en fer (Môrice Leroux s’est inspiré des constructions présentes à Chicago) et un remplissage de briques. 

La surprise de cette balade est que notre guide nous a emmené visiter l’appartement témoin repris par la société villeurbannaise d’urbanisme (SVU) il y a 10 ans. Il a été reconstitué tel qu’il était dans les années 30 avec le confort de l’époque (il est possible de le visiter lors des Journées du Patrimoine).

Nous avec nos yeux actuels, on voit un petit appartement (42m2…cela dit pour ceux qui ont habité à Paris ce n’est pas si petit) mais à l’époque ces appartements du quartier des Gratte Ciel sont à la pointe du confort. L’eau, le gaz, l’électricité, le chauffage urbain sont fournis par une centrale thermique, les ascenseurs desservent tous les étages. Le carrelage deux tons à motifs orne les entrées et les vitraux Art Déco les cages d’escalier.

 

Quand je suis rentrée dans la chambre, entre l’armoire avec le miroir, la tapisserie « chargée » et l’édredon sur le lit, j’avais l’impression d’être dans la chambre où je dormais quand j’allais chez ma grand-mère maternelle.

Cette balade historique et gourmande du quartier des Gratte Ciel (mise en place par un management de centre ville Destination Gratte-Ciel , porté par la SVU, propriétaire des Gratte Ciel) était proposée dans le cadre du Festival Sur Place ou à emporter. Pendant tout le week-end, des foodtrucks avaient investi l’avenue Henri Barbuse pour régaler habitants du quartier (ou lyonnais osant s’aventurer jusqu’ici )).

Parmi les nombreuses animations, avaient lieu des apéros et des petits déjeuners au dernier étage d’un des gratte ciel avec une vue inédite sur le quartier mais aussi sur tout Lyon avec des ciels au lever ou au coucher du soleil qui me donnent très envie de réserver ma place l’année prochaine.

Si vous suivez mon blog depuis quelques années, vous savez que j’aime ce que j’appelle le tourisme urbain et j’ai beaucoup apprécié le côté historique de cette balade dans le quartier des Gratte Ciel. Cela m’a donné envie d’en suivre dans d’autres quartiers de la ville. A suivre : )

Des villeurbannais parmi vous ?

Plus je vieillis plus je deviens exigeante côté boulot : je sais ce que je ne veux pas…pas forcément ce que je veux..

Et pourquoi pas organisatrice de fête du livre jeunesse ? ils n’ont pas une petite place pour moi au service culturel de la mairie de Villeurbanne ?

Cela doit demander de l’énergie, du dynamisme, de l’enthousiasme pour mettre en place sur deux jours cet ensemble de manifestations, pour rassembler autant d’auteurs et d’illustrateurs jeunesse, pour trouver un fil conducteur (cette année, l’égalité filles-garçons), pour communiquer autour de cet évènement, pour animer le site internet.

 

En tous cas, en tant que lectrice, j’étais comme une gamine découvrant le bibliobus et le baby-foot géant :

J’aurais pu rester des heures à me balader entre les stands des éditeurs et des libraires….tiens à moins que ce soit libraire le métier qui me corresponde le mieux? le nez dans les bouquins depuis que je suis gamine, j’aime feuilleter les livres, parcourir les 4ème de couverture, lire les critiques, donner envie de lire, échanger …je m’imagine déjà en train de monter une vitrine autour d’un thème..j’aurais un blog, forcément, avec des coups de cœur, des animations pour fidéliser mes clients …je deviendrais peut-être un maillon du réseau social d’un quartier…

Bon je suis allergique aux chiffres mais je peux peut-être confier la comptabilité à un proche qui manie les dépenses et les recettes comme sa poche….je suis une bille en paquets cadeaux mais c’est un peu minable comme obstacle, non ?

un décor de salon de beauté, des textes murmurés par des comédiens

laisse tomber les filles, laisse tomber les filles

Bien entendu j’ai du mobiliser toute la sagesse dont je suis capable pour ne pas repartir avec des dizaines de bouquins…d’autant plus que derrière les livres, les dessins, les univers, beaucoup d’auteurs étaient présents pour échanger avec les visiteurs, dédicacer un de leur ouvrage et poursuivre cette belle aventure qui a commencé pour certains dans des classes d’école de Villeurbanne (les chanceux ! )

j'ai découvert la rencontre, la dispute et quelle frousse de Florence Ducatteau et Chantal Peten

 

j'ai résisté face aux livres géniaux de Magali Le Huche

Ah non je sais je vais devenir écrivain ! quoi faut du talent? pour espérer être repérée dans le flot des manuscrits reçus par les éditeurs, il vaut mieux sortir du lot c’est certain. Je me demande qui aujourd’hui en France vit uniquement des revenus de ses livres. Écrivain c’est un métier au fait?

Delphine Grenier en pleine dédicace

 

Ilya Green et son marre du rose

 

Magali Le Huche a le droit, elle, de dessiner sur les livres

Bon ben j’ai 35 ans et je n’ai toujours pas choisi mon métier jusqu’à la mort la retraite…en vrai j’ai bien une vague idée, je sais quelles offres d’emploi me donnent envie d’y répondre mais je ne peux ni cocher la case formation ni la case expérience.

Et toi, tu as trouvé ta voie?

Edit : je te reparle très vite des deux livres jeunesse avec lesquels je suis repartie

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