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Chouette un billet gai, tu as pensé, en lisant le titre du billet…ben oui mais la vie ce n’est pas que le mariage de Will et Kate (et la nuit de noces aux Seychelles à 4500 euros la nuit..je me demande ce que tu as pour ce prix là ..une baignoire en or et du caviar en petit déjeuner?) et puis si jamais mon expérience pouvait être utile même à quelques personnes…

Si cela pouvait éviter les réactions stupides qu’on se prend en pleine tronche le jour où ça arrive…

Reprenons au début : un jour, tu trouves ton prince charmant, ta motié, celui qui te donne envie d’avoir un enfant…oui parce que personnellement je n’avais pas l’envie d’enfant chevillée au corps, ex-nihilo, dès le lycée…la maternité je l’ai envisagé comme le prolongement d’une histoire d’amour…

Bref arrêt de pilule et quelques mois plus tard, le fameux test pipi, la joie partagée à deux et la projection qui commence déjà, l’avenir encore bien flou mais pensé non plus à deux mais à 3…

Jusqu’à cet après-midi où les tâches de sang m’ont conduites aux urgences et où une interne m’a annoncé sans prendre de gants que l’embryon n’ avait plus d’activité cardiaque

Et là c’est la chute, le vertige, le trou noir …aucune de mes copines déjà enceinte ou maman n’est passée par là, j’en ai entendu parler vaguement mais c’était un peu comme si cela n’arrivait qu’aux autres…

L’interne en face de moi qui voit peut-être plusieurs fausses couches par jour me parle curetage, cytotec, élimination de l’œuf…je suis à 12 semaines de grossesse et le lendemain j’ai rendez-vous pour la première échographie officielle…dans ma tête, je suis encore enceinte …

Je m’effondre, je m’accroche aux bras de l’homme, j’ai l’impression que je suis la première à qui cela arrive, pourtant les infirmières n’arrêtent pas de me répéter que c’est courant, que je suis jeune, que la nature fait bien les choses…si seulement elles pouvaient se taire …

L’interne m’engueule car je ne comprends rien à son injection de sérum anti-rhésus (je suis rhésus négatif)..j’ai rarement vu quelqu’un d’aussi peu psychologue…il est 3h du matin, elle doit être fatiguée…

Les jours passent, je me sens vide, seule et en même temps je n’ai envie de parler de cela à personne…ou plus exactement seules les femmes qui sont déjà passées par là ont une certaine légitimité à mes yeux et sont susceptibles de me comprendre ….je surfe sur les forums, je m’abrutis d’histoires les plus terribles les unes que les autres…je ne retiens que le pire, celles qui enchaînent fausse couche sur fausse couche…

Je trouve mes proches maladroits quelque soit leur réaction : s’ils n’évoquent pas le sujet, c’est qu’ils s’en foutent; s’ils m’en parlent, je me braque…je ne supporte pas les conseils (attends trois mois que ton corps se nettoie; change-toi les idées…)

Je culpabilise aussi : je pars à la recherche des actes dans mon passé qui auraient pu causer la fausse-couche ( qui reste souvent sans cause précise)..n’ai-je pas couru l’autre jour pour attraper le bus? est-ce que finalement j’en avais vraiment envie de cet enfant? tout y passe, du plus farfelu au plus absurde…

J’ai l’impression que cette histoire glisse sur l’homme, j’en conclus très vite que pour lui c’est plus simple, il n’a pas vécu ce début de grossesse, tout cela était abstrait…le jour où nous sommes assez forts pour en parler vraiment je découvre que je me plante dans les grandes largeurs, qu’il s’est senti aussi coupable que moi, atteint dans sa virilité, persuadé d’être la cause du problème…

Et puis le temps passe et un jour je me sens prête à recommencer …et cela se solde par une seconde fausse-couche que je vis paradoxalement de manière très différente comme si cette fois le ciel ne me tombait pas sur la tête, comme si cette fois j’y étais préparée…ce n’est pas pour autant plus facile à vivre..

Mes fausses couches sont restées sans explication…inutile de te préciser que les grossesses sereines je n’ai jamais connues, j’ai vécu chaque mois qui passait comme un sursis…pour ma première grossesse, je n’ai absolument rien acheté pour le futur bébé avant mon sixième mois, j’ai commencé à « respirer » à l’échographie morphologique et à « souffler » le jour de sa naissance…

Même une fois né, j’ai eu peur de le perdre ce bébé…j’étais obnubilée par la mort du nourrisson et chaque nuit pendant longtemps j’allais vérifier qu’il bougeait bien, je me réveillais en catastrophe parce qu’il n’avait pas pleuré…

Un billet juste pour dire que les fausses-couches sont peut-être fréquentes mais pas banales…elles ne s’effaceront jamais …malgré ma joie d’être maman deux fois aujourd’hui, j’ai toujours autant de mal à en parler  presque 5 ans après, sans être saisie d’émotion…

 

Avertissement : la lecture de ce billet est vivement déconseillée aux nullipares qui souhaitent avoir un jour des enfants.

Une fois l’accouchement passé, tu te dis que le pire est derrière toi : adieu slips jetables, aigreurs d’estomac, maux de dos, nausées, contractions….mais détrompe-toi tu n’es pas au bout du bout…

Pas glop : lors de la visite de contrôle (ben oui comme pour les voitures) chez la gynéco, on t’annonce que tu es un peu molle du périnée et on te colle 10 séances de rééducation.

Pas glop : tu espères que ta gynéco a été un peu trop généreuse mais lors du premier rendez-vous chez la sage-femme, elle t’annonce qu’elle met la note de 2 /5 à ton périnée. Tu tentes de négocier le nombre de séances à la baisse et du bout des dents elle propose 8 séances.

Pas glop : elle a de drôles de questions ta sage-femme..elle te demande si tu ne te fais pas pipi dessus quand tu as un fou rire ou si l’eau ne continue pas de couler une fois que tu es sortie de la douche et là elle te lâche le terme « béance vaginale » ! …heureusement tu as répondu non aux deux questions pré-citées..

Pas glop : l’homme insiste pour savoir en quoi consiste EXACTEMENT la rééducation périnéale et comme il ne se satisfait pas de tes explications floues, tu finis par lui dire que tu passes 25 minutes à tenter de serrer avec ton intimité les doigts de ta sage-femme…ou avec une sonde électrique selon les méthodes

Glop : heureusement tu ne passes pas tous les rdv les fesses à l’air sur une table de médecin…ta sage-femme alterne avec des séances d’exercices pendant lesquelles tu restes habillée…

Glop : ta sage-femme a un vocabulaire très imagé pour que tu remuscles ton périnée…elle te demande de refermer les portes d’un ascenseur, de faire le pont levis, d’imaginer que tu dessines un papillon ou que tu joues au flipper avec ton périnée postérieur )

Pas glop : l’homme ne comprend pas pourquoi il te retrouve allongée par terre, les jambes à l’équerre contre un mur au moins une fois par jour ..tu es juste en train de faire tes devoirs de classe…

Pas glop : tu n’as pas le droit de reprendre le sport avant au minimum 3 séances

Glop : à la ménopause, quand les tissus se relâchent, à priori tu mets toutes les chances de ton côté pour ne pas passer de vania à tenia et pour éviter la descente d’organes (rassurant, hein?)

Glop : périnée musclé, plaisir augmenté…et c’est valable aussi pour les hommes )

Il parait que seulement 7% des femmes suivent les séances de rééducation du périnée pourtant prescrites..et toi alors?

Pour finir la semaine, je te propose un glop/pas glop sur les joies et les peines qui suivent l’accouchement.

Glop : Ah la première gorgée de bourgogne  accompagné d’un morceau de fromage non pasteurisé et de bon pain…

Glop : l’avantage quand on prend peu de poids, c’est qu’on en a peu à perdre une fois l’accouchement passé

Pas glop : cela dit, les deux derniers kilos ils s’accrochent …et je te parle même pas des 10 kilos que j’avais en trop d’avant…

Glop : j’ai dégonflé : du ventre, des jambes, des pieds…je peux enfiler autre chose que des tonks

Pas glop : la perspective de séance de rééducation du périnée (vu la belle épisiotomie j’ai peu de chances d’y échapper) comme activité physique alors que je rêve de cours d’aquagym ou de danse.

Glop : chouette cette fois j’ai échappé aux hémorroïdes (désolée les nullipares, je ne vous cache rien!)

Glop : recevoir du courrier chaque jour dans sa boîte aux lettres réelle et virtuelle, des messages de félicitation, des jolies cartes et des cadeaux de naissance

Pas glop : ressentir une certaine nostalgie quand on croise des gros bidons en se disant que cela ne nous arrivera plus alors qu’à la fin on n’en pouvait plus (on n’est pas à une contradiction près non?)

J’en profite pour signaler un article publié dans le magazine Famili consacré au politiquement incorrect spécial maternité,  à savoir :
– oui tu peux  détester être enceinte même si tout le monde t’affirme que c’est la période la plus épanouissante de ta vie

– non la naissance de son enfant n’est pas forcément le plus beau jour de ta vie, surtout si tu as souffert pendant des heures ou que cela ne s’est pas passé comme prévu

– non on ne ressent pas forcément le fameux instinct maternel à l’instant où l’on croire le regard de son enfant…le sentiment de mère il se construit avec le temps pour pas mal de femmes

– oui tu as le droit de penser que ton bébé n’est pas très beau parce que fripé, rougeaud, trop petit, poilu…mais tu ne peux pas le rendre ou l’échanger )

– oui il est possible que tu te sentes au plus bas de ton niveau de séduction et je t’assure on est toutes passées par là…même le facteur ne te regarde plus )

– non tous les papas ne sont pas des nouveaux pères débordant d’amour tout de suite…il faut leur laisser de temps aussi d’apprendre un nouveau rôle

–  oui tu as le droit de regretter ta vie de célibataire parce qu’au début un bébé c’est du 100% pour lui et pas grand chose pour toi mais tu vas finir par t’organiser…

En bref, décomplexe ! la maternité n’est pas forcément idéale…

Et si ce week-end tu t’ennuies, tu restes bien au chaud, tu as 5 minutes de libre, participe au concours L’été Indien et gagne un super colis gourmand !

Prière de ne pas tricher en lisant directement les lignes de la fin de ce billet, la question qui brûle toutes les lèvres, qui te tient en haleine depuis le début de la semaine, qui éclipse dans l’actualité de yahoo la mort de Philippe des 2 be 3….le locataire est-il une fille ou un garçon ?

Les pronostics étaient lancés ici même sur ce blog dans un glop/pas glop spécial grossesse : les uns pronostiquant une fille (Till the Cat, Virginie B,  Dgina), les autres un garçon (Majusdule) …quant à Pivoine elle allait même jusqu’à proposer un prénom : Victoire.

Après m’être amusée des différentes méthodes pour deviner le sexe sur les forums, je n’étais pas plus avancée.

Vint l’échographie du 10 septembre, quelques heures avant l’accouchement, pendant laquelle le médecin prononça ses mots qui firent tout basculer « Ne regardez pas l’écran, je suis vers les fesses du bébé« …j’en conclus que le locataire avait un attribut si important que je l’aurais forcément deviner sur l’écran.

Le rythme cardiaque mesuré sur le monitoring qui suivit me confirma dans mon idée et à l’homme je déclarais au téléphone « je sens le petit homme » (cette phrase prononcée hors contexte aurait pu passer pour une révélation Sarkozienne)

Aussi ne fut-il pas surpris outre mesure quand entrant dans la salle d’accouchement, dans sa belle tenue de combat bleue, la sage-femme lui déclara « Il est déjà là !« 

Comprenant subitement qu’il était arrivé un peu tard après la bataille et jetant un regard affolé vers mon entre-jambe histoire de vérifier les dires de son interlocutrice, il croisa le spectacle merveilleux de l’épisiotomie et renonça peut-être à l’idée de me retoucher un jour. Il déglutit et demanda confirmation « C’est un garçon alors ? »

La sage-femme protesta alors « Mais non c’est une fille ! » (elle se mordit la langue pour ne pas ajouter « je parlais du bébé banane« )

…et je vis une larme briller dans les yeux du papa…

Une heure du mat, j’ai des frissons, je claque des dents et je monte le son…non en vrai, je suis juste en train de me faire pipi dessus…à moins que….

2h du matin : …et voilà elles arrivent les fameuses contractions et elles ne font pas semblant…le locataire a fait traîner les choses et maintenant il a l’air de vouloir quitter les lieux en se jetant contre les murs

3h15
: je suis peut-être une chochotte mais je n’en peux plus…alors je rappelle la sage-femme  (j’ai obéi sagement  et ne l’ai pas sonné pendant une heure…le temps d’arpenter ma chambre dans tous les sens en testant les techniques de respiration apprises pendant les cours de préparation à l’accouchement) qui me déclare étonnée que le moment est venu….hein, quoi? je m’étrangle..à peine le temps de téléphoner à l’homme pour lui dire de ramener sa fraise rapidement  que je suis embarquée sur un fauteuil roulant…

3h20 : la sage-femme qui m’accueille est une blagueuse, elle me fait croire que je ne vais pas pouvoir avoir de péridurale…son humour est douteux…en fait elle est très sérieuse et je connais un grand moment de solitude !

3h25 : attendre ou pas attendre l’homme ? le temps qu’il passe le relais pour garder le chérubin et qu’il arrive, vais-je pouvoir serrer les jambes ?

3h 30 : non là vraiment il faut que le locataire sorte, qu’on en finisse et vite !

3h 40 : poussez comme si vous faisiez de l’apnée me demande la sage-femme…j’ai jamais d’apnée, ais-je envie d’hurler..je ne vais jamais y arriver ! à l’heure actuelle, même une émission de Cauet me semblerait dure à comprendre…

3h50 : ah ça c’est sûr que niveau sensations, sans péridurale, je suis servie…et dire que belle-maman trouve que c’est agréable de sentir passer le bébé…on ne doit pas avoir la même définition du mot agréable…à moins qu’agréable et écartèlement soient synonymes…

3h53 : le bébé est posé sur mon ventre….je suis un peu shootée par le gaz proposé pour soulager la douleur alors j’en oublie de compter les doigts de mains et de pieds de ce dernier mais je m’enquiers du sexe de celui-ci….la sage-femme me dit de le découvrir par moi-même….

Le papa finira-t-il par arriver? dans quel état? le locataire est-il une fille ou un garçon? dernier épisode prochainement (oui je sais je suis une femme machiavélique…)

10 septembre, 15h30, maternité de la croix-rousse. J’attends en salle d’attente pour divers examens car je suis à terme et le locataire occupe toujours les lieux. Je rencontre une femme qui me raconte que son bébé a un anévrisme au coeur, qu’elle même a un poumon perforé…je l’écoute mais j’ai hâte que mon tour arrive.

16h L’écho est ok, le locataire pèse à priori 3.2 kilos et fait des signes selon lesquels il refuse de quitter les locaux.

16h30 Monitoring…le locataire s’est endormi et je reste branchée à la machine très longtemps jusqu’à ce qu’il daigne se réveiller.

17h chouette je vais pouvoir rentrer chez moi…j’ai même prévu de faire quelques courses pour l’anniversaire de l’homme mais la sage-femme me trouve humide (m’enfin!) et décide un prélèvement. De plus, le col est ouvert à 2cm.

18h j’attends toujours le résultat du test..j’ai du avoir du flair, j’ai pris un bouquin…

18h15 les résultats tombent : c’est positif….ben oui ça fait neuf mois que je le vois que je suis enceinte…nan ça signifie que la poche des eaux est fissurée et qu’il n’est pas question que je rentre à la maison..je suis hospitalisée sur le champ ! La sage-femme qui voit ma tête me dit que le côté positif est que j’aurais une grande chambre individuelle…mouais …

18h30 J’intègre la suite royale et appelle le papa pour lui annoncer le changement de programme et lui demander de m’amener ma valise de maternité. Quand il arrive avec mon fils, le repas est déjà servi et j’ai comme un coup de blues de dîner à 19h.

19h15 La télévision n’est pas activée, je n’ai pas mon ordi, le roman en cours est presque fini, je sens que je vais passer une folle soirée. Heureusement la maternité me propose son lot d’activités : prise de tension, température, monitoring de 20 minutes.

Voilà maintenant soit mon corps, mon esprit , le locataire se décident à se manifester soit demain matin j’ai le droit à une perfusion pour déclencher les contractions…comme tu t’en doutes, cette dernière hypothèse me ravit!

A suivre….

NB : désolée si la mise en page est sommaire, le style pas terrible mais je profite de 10 minutes de libre en passant….


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