Tag

claude lelouch

Browsing

Après avoir été déçue par Mon Roi et L’homme irrationnel, j’avais juré ici même que j’en avais fini avec les films d’amour au cinéma. C’était avant de savoir qu’Un + Une, le dernier film de Claude Lelouch sortait sur les écrans en cette fin d’année 2015. C’est bien simple, je me suis même permise de sécher le travail (non sans une certaine culpabilité) pour aller le voir aussi vite que possible après sa sortie.

J’entends déjà les critiques à propos de ce film (peut-être même juste en visionnant la bande annonce) : l’image de l’Inde est idéalisée et pas du tout réaliste, on ne parle pas comme ça dans la vie et la vie tout court ne ressemble pas à ce que le réalisateur nous montre pendant 2 heures. J’en ai parfaitement conscience et c’est précisément pour ces raisons là que j’aime les films de Claude Lelouch.

Les longs travellings, le film dans le film, la bande son très « musique de film », les dialogues très lelouchiens (« le pire n’est jamais décevant« , clin d’oeil ou radotage ? ), les séquences de danse et les éternelles histoires entre un homme et une femme, je prends tout le package. Quand on s’assoit dans une salle de cinéma devant un film de Lelouch, on sait qu’on est aux antipodes d’un film signé les frères Dardenne (mais pourquoi n’aurait-on pas le droit d’aimer les deux ? ).

J’ai utilisé l’expression Feel good movie, les cinéphiles vont peut-être me tomber dessus, ce que je voulais dire c’est que c’est précisément ce genre de film enjoué dont j’avais besoin en ce moment et qui m’a fait du bien.

Je ne suis pas particulièrement fan de Jean Dujardin et j’ai toujours un peu de mal à me détacher de son personnage, qui date pourtant, de Loulou dans Un gars, une fille mais je le trouve parfaitement à sa place dans la famille d’acteurs que Lelouch a fait tourner des plus improbables  (Tapie dans Hommes, femmes, mode d’emploi par exemple) aux plus incontournables (Luchini, Trintignant, Belmondo…) dans son rôle de compositeur de musique insouciant, frivole, égocentrique mais séduisant.

Christophe Lambert, qui joue le rôle de l’ambassadeur de France, est assez décalé du fait même de sa voix, un peu robotique et de son regard quasi comateux.

584942

Elsa Zyberstein (la femme de l’ambassadeur) peut paraitre parfois un peu bêbête. J’y vois plutôt une certaine naïveté dans laquelle je peux me reconnaitre et dans le rôle de la femme charmée, elle est parfaite.

Pour le reste, Claude Lelouch n’a pas son pareil pour raconter la « phase » de séduction entre un homme et une femme dans une histoire d’amour (la plus intéressante …au moins au cinéma)), pour filmer les quais de gare, les trains et les avions (une constance dans ses films), le désir, les hasards et les coïncidences.

Alors je lui pardonne le verbiage mystique (et pas très convaincant) qu’il met dans la bouche d’Elsa Zyberstein et quelques scènes un peu à côté de la plaque car forçant trop le trait.

285523.jpg-r_640_600-b_1_d6d6d6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg itok=YEF1NcFD

« J’avais envie de vous consoler et de vous punir en même temps ».

( crédit photos : Metropolitan film export )

Pin It