Tag

boulot

Browsing

crédit photo : blog eat shop play love

A l’heure où blanchit la campagne, je pars prendre mon métro…bon en vérité je ne suis pas lève-tôt du tout et de toute façon, j’accompagne le grand à l’école, je laisse la petite à l’assistante maternelle ..résultat la campagne a depuis longtemps dégelé quand j’arrive sur le quai de mon métro.

Je suis en bout de ligne – ou presque – alors j’ai toujours un siège pour les 3 stations en début de voyage. Je peux me plonger dans un bouquin car je vais jusqu’au terminus et  je sais que je ne risque pas de rater mon arrêt.

Ça bouchonne un peu jusqu’à l’escalier mécanique mais ici à Lyon, tu n’es pas obligée de te coller sur la droite . Un coup d’œil au panneau clignotant et le second métro arrive. Cette fois il est bondé, le tout est de ne pas se retrouver coller à quelqu’un qui sent mauvais quand on a l’odorat autant développé que le mien.

Bellecour est à Lyon ce que Châtelet est à Paris, tout le monde descend, ça fourmille dans tous les sens, on dirait un ballet assez bien réglé car malgré la foule, les collisions sont rares. Pas de couloirs interminables ni 10 000 correspondances..on est dans une ville de Province )

Deux volées d’escaliers pour arriver sur le quai de la ligne D, la ligne sans chauffeur, celle dans laquelle les enfants aiment monter dans le premier wagon pour s’imaginer, l’espace d’un trajet, conducteur. En cas de grève, cette ligne fonctionne toujours mais c’est aussi celle qui connait le plus de problèmes techniques et qui est le plus souvent immobilisée …pour une durée indéterminée.

La ligne D est très fréquentée par les étudiants et le personnel médical  alors quand je trouve un siège semi-debout, juste pour être calée et poursuivre ma lecture sans risquer, en cas de freinage intempestif, de tomber sur un des voisins, je m’estime chanceuse.

4 arrêts plus tard, je descends, je marche 5 minutes et je suis arrivée à destination.

30 minutes de transport c’est pas la mort, pourtant il y a des matins et surtout des soirs où j’émets le souhait d’aller travailler à pied ! le luxe, non?

Et toi, tu prends le vélo, le bus, le train de banlieue, la voiture pour te rendre au boulot?

 

Souviens-toi c’était en 2007  déjà, la chasse aux fonctionnaires avait commencé, ces petits êtres maléfiques qui greffent le budget de l’état et sont la cause de la crise en France. Sarkozy demandait alors la mise en place d’un « droit à la mobilité reconnu pour chaque fonctionnaire de France » et défendait une intensification de l’individualisation des carrières et de l’accès à la formation continue pour les fonctionnaires.

Si je ne peux pas être d’accord sur cette volonté de réduire à tout prix les fonctionnaires (moins de personnel encadrant dans les écoles, moins de personnel infirmier dans les hôpitaux, fin de la police de proximité …), je ne suis pas en opposition avec l’idée qu’un fonctionnaire puisse bouger durant sa carrière..normal ça m’arrange personnellement.

Mais dans les faits, comment ça se passe lorsqu’on envisage une réorientation qui passe souvent par une formation ?

Logiquement on demande un congé formation (avec l’obligation de devoir 3 ans à l’état, ce qui parait assez logique étant donné que l’état paie le fonctionnaire 80% pendant sa formation …mais qui en même temps limite beaucoup les choses car il n’existe pas par exemple de libraire dans la fonction publique donc on oublie la formation de libraire).

Bref j’ai repéré une formation qui m’intéresserait et qui m’apporterait peut-être le petit plus qui manque actuellement à mon CV (si ce n’est la confiance) et je vais frapper au bureau des formations :

« Toc toc toc c’est pour un congé formation »

 » c’est votre première demande? vous êtes déjà catégorie A? vous savez combien de demandes on a chaque année? on accepte un seul dossier car on n’a plus les financements de l’état bref vous n’avez aucune chance…mais déposez quand même votre dossier, en France la paperasse on adore ça »

Quid des passerelles alors ? pour l’instant elles n’existent que dans les discours…La mobilité c’est un beau mot dont on se gargarise, une coquille vide.

Reste la solution du financement personnel par prêt à la banque…mais là j’avoue que j’ai les chocottes : peur de faire péricliter le ménage, peur d’accumuler les dettes, peur que la formation n’aboutisse pas sur une offre d’emploi et que cette année de formation ressemble au final à un caprice de trentenaire.

Alors se contenter de ce qu’on a même si on n’aime vraiment pas son boulot ou accepter de prendre des risques en sachant qu’on n’est pas seule dans le bateau ?

Tu en penses quoi toi ?

Récemment j’ai été convoquée par le grand chef pour motiver ma demande de reconduction de temps partiel pour 6 mois (je bosse à 50% depuis janvier).  Maman d’une enfant de moins de trois ans, un refus de sa part était difficile mais il a tenté de me mettre la pression. Derrière les raisons familiales (car oui cela me permet d’emmener mon fils par exemple tous les lundis à ses séances de psychomotricité sur le seul créneau disponible  dans ce centre  soit à 16h, ce qui serait tout à fait impossible si je travaillais), cela traduit un manque de goût total pour mon poste actuel et personne n’est dupe. D’ailleurs je ne l’ai jamais caché, c’est peut-être même cela qui pose problème.

Dans une vie parallèle, où les gens arrêteraient de se croire très importants et de se prendre au sérieux tout ça parce qu’ils sont au travail, je lui aurais répondu que je n’envisage pas une reprise à temps complet de mon activité tant que :

sa secrétaire ne s’appelle pas Andrea  Zanchini

 

le comptable ne ressemble pas à Eros Ramazotti

 

celui qui tente de réparer la clim n’a pas des faux airs de Kim Rossi Stuart

 

mon collègue de bureau n’est pas le frère de Riccardo Scamarcio

Des arguments de choc, non, tous ces hommes italiens ?

D’habitude ici tout n’est que légèreté et dérision, je joue très bien à celle qui prend la vie et ses emmerdes avec philosophie et humour. Ce billet j’aurais peut-être du l’écrire sur un coin de table..n’est-il pas indécent de se plaindre de ses petits malheurs quand les choses plus graves ne manquent pas et remplissent les journaux ? et puis je me suis dit que mes mots trouveraient peut-être quelques échos et qu’entre poisseuses et déprimées de saison on finirait par se tenir chaud.

Il parait que l’on s’habitue à tout au bout d’un moment ...en 7 mois passé à mon boulot, il n’y a pas un seul jour où je ne me suis pas demandée « mais qu’est ce que je fais dans cette galère », le sentiment d’être la mauvaise personne au mauvais endroit et au mauvais moment je l’éprouve tous les jours. Je passe mes journées, non pas dans l’ennui (au moins j’aurais du temps pour bloguer), mais dans les tableaux, les pourcentages, les factures, les chiffres, les budgets…moi la littéraire née, plongée dans les livres depuis toujours, j’ai l’impression d’être la victime d’une erreur de casting.

Il y a 7 mois et quelques jours, m’apercevant très vite que ce job n’était pas fait pour moi, je me suis dit que c’était maintenant ou jamais, le tournant de ma vie, la réorientation professionnelle. Le plus dur c’est que 7 mois après rien n’a bougé d’un iota. J’ai l’impression d’être un hamster tournant dans sa roue sans pouvoir l’arrêter. Je cours dans un labyrinthe me lançant avec enthousiaste dans des voies qui me semblent des sorties de secours mais je me prends de plein fouet la vitre à chaque fois.

Mon humeur joue les montagnes russes : parfois j’arrive à faire comme si cela n’avait pas d’importance, je m’auto-persuade que l’essentiel est ailleurs…et puis soudain, sans prévenir, c’est la chute libre, j’ai beau me raccrocher aux sourires et aux mains de ceux que j’aime, je tombe dans un puits d’idées noires. Je ravale mes larmes pendant 7h30 et maudis ces toilettes mixtes dont les lavabos ont vue sur le couloir le plus fréquenté de l’étage.

Manquerait plus que je me paie un ulcère….

Edit 1 : peut-être qu’un jour je réaliserai mes rêves d’enfant et que je serai.

Attention aujourd’hui je te cueille en pleine plage de repos par un questionnement existentiel de la mort. Tu croyais que tu allais pouvoir t’alanguir sur le canapé tranquillement avec un pot d’Haagen Dazs dans une main et la télécommande dans l’autre et voilà que je te demande de me pondre thèse-antithèse-synthèse.

The question qui tue : faut-il privilégier la qualité de vie sur l’intérêt du travail ou inversement? en clair  ferais-tu le choix de vivre dans un endroit déprimant (je ne vais citer aucun exemple, je pourrais en vexer certaines) , prix à payer pour un job intéressant ?

Je sais je sais  tu préférais mes sagas playmobil…t’inquiète elles reviendront quand j’aurais le temps pour photographier mes scénettes c’est à dire quand le chérubin dort (sinon il me bousille toute la scénographie en deux temps trois mouvements) et quand Playmobil aura décidé de me sponsoriser ad vitam eternam.

En attendant toutes les expériences sont les bienvenues, ça peut m’aider )

Plus que quelques jours pour me raconter ton rituel réconfortant et gagner un assortiment de thés…quelques exemples de rituels beauté ici !

Pas Glop : il parait que Jude Law envisage de se marier très bientôt avec Sienna Miller en France…je propose une opération commando pour empêcher ce désastre…qui me suit?

Glop : Visiblement Christophe Alévèque
va remplacer Didier Porte dans l’émission de Stéphane Bern et là j’avoue que la logique de Val m’échappe
parce qu’Alévèque c’est quand même celui qui va chanter tous les 8 mai
du Mireille Mathieu devant le Fouquet’s en signe de résistance à
Sarkozy. En attendant, l’homme a trouvé un slogan à propos de France
Inter : « France Inter ce n’est plus écouter la
différence, c’est écouter la présidence »

Pas glop : ce n’est un secret pour personne, je déteste mon job actuel. Je pensais même avoir touché le fond mais non en fait je viens de récupérer une des tâches les moins palpitantes de mon métier, le truc dont personne ne veut sauf s’il est frustré ou dérangé psychologiquement…du coup j’ai envie de citer une phrase de Tapie dans Hommes, femmes mode d’emploi de Claude Lelouch (tu noteras la richesse constante de mes références cinématographiques) « Le pire n’est jamais décevant ».

Pas glop : plutôt que de me droguer au néo-codium, je me suis lancée dans une liste  mentale de tous les métiers plus merdiques que le mien (et en toute franchise il y en a un paquet) …cela ne m’a pas du tout aider à relativiser )

Glop : J’ai eu alors une idée pour faire bouillir la marmite. J’ai proposé à l’homme (hypocondriaque à ses heures perdues) d’écrire un guide sur les meilleurs médecins,  généralistes et spécialistes, lyonnais (sur présentation de ton guide, une séance de kiné offerte) tandis que je me consacrerais à un volume sur les meilleures adresses gourmandes pour bec sucré…bon ben y a plus qu’à trouver un éditeur )

Pas glop : ça fait deux fois que je me fais mater par des voisins quand je suis en train d’étendre le linge et je t’assure que je ne le fais pas en petite culotte…la première fois, étant donné que c’était une équipe de pompes funèbres, je me suis dit que ces bonshommes s’emmerdaient tout simplement mais ils n’avaient pas raté le moindre lâché de tee-shirt…mercredi un voisin du bâtiment d’en face a suivi le spectacle depuis son salon…l’Homme aurait-il gardé une partie de son cerveau préhistorique qui expliquerait son excitation à voir la femme s’adonner aux tâches ménagères?

Sur ce , bon week-end caniculaire !

Pin It