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Tu connais beaucoup d’enfants qui t’annoncent fièrement ,quand tu leur demandes quel métier ils aimeraient exercer plus tard, qu’ils veulent être  non pas pompier ou maîtresse d’école mais gynécologue? t’es-tu déjà demandé quel effet ça fait de passer ses journées la tête entre les cuisses de femmes? (proctologue ça doit être pas mal non plus remarque)

Pourtant dans les soirées, annonce à l’assemblée que tu es gynécologue et tu verras soudain les hommes, l’œil brillant et l’air goguenard, en attente d’anecdotes croustillantes.  Je le sais, non pas car j’ai définitivement changé de carrière mais parce que je viens de lire Les confidences d’un gynécologue du docteur Gérard Salama.

Fais-tu partie de ces 80% de femmes qui jettent leur culotte à terre quand elles se déshabillent avant l’examen ? Ton homme a-t-il assisté à l’accouchement comme 90% des hommes aujourd’hui (le pourcentage me parait énorme…)?

Le gynécologue-obstétricien-chirurgien fameux visiblement sur la place parisienne étant donné sa clientèle (femmes aisées qui se botoxent, et se refont faire les fesses et les seins à coups de bistouri, comédiennes et chanteuses qui ont leur salle d’attente VIP) a choisi cette spécialité avant tout pour donner la vie. Mais il est aussi celui auquel les femmes annoncent en premier qu’elles vont quitter leur mari, qu’elles vivent une passion avec un autre homme, que leur vie sexuelle est un désert depuis la naissance de leur enfant (à quoi il répond « forcez-vous, l’appétit vient en mangeant! »). Si dans la majorité des cas, il suit des femmes de 30 ans, 50 ans, voire 60 ans et plus sans grand souci, il est confronté aussi aux cancers et à la stérilité.

N’est pas William Réjault (dont je te conseille de lire La chambre d’Albert Camus et Quel beau métier vous faîtes! ) qui veut. Gérard Salama a confié l’écriture à une journaliste, patiente depuis 20 ans mais le style manque de relief. Le propos dépasse rarement l’anecdote. Néanmoins si comme moi, tu appréhendes les rendez-vous chez ton gynécologue, le livre te permettra de passer de l’autre côté de la table d’examen et pour une fois, d’en rire un peu.

Quand j’ai commencé à inscrire au planning de mes réjouissances annuelles le rendez-vous chez le gynécologue, mon choix s’est tourné vers une femme. L’idée de se retrouver écartelée sur un fauteuil avec quelqu’un qui joue au spéléologue avec ton anatomie ne va déjà pas forcément de soi alors en cas de pudeur (mal placée peut-être mais ça ne se commande pas) autant ne pas en rajouter une couche en découvrant que  celui que tu ne connaissais pas il y a 2 minutes et qui a maintenant la tête entre tes jambes  ressemble étrangement à Olivier Sitruk.

Ma gynéco n’est pas parfaite. Elle a souvent du retard. Je me retrouve alors  à feuilleter des vieux  Elle d’il y a deux ans avec autant de conviction que s’il s’agissait d’un livret « Dieu peut changer ta vie » distribué par les témoins de Jéhovah. Au bout de 20 minutes  d’attente, et alors que j’élabore dans ma tête toutes les excuses les plus invraisemblables pour m’enfuir, le visage de ma gynéco apparait dans l’encadrement de la porte, elle  prononce mon nom et je la suis avec autant d’entrain que si elle me conduisais à l’abattoir. Comme je suis aussi douée pour cacher mon anxiété que pour parler le mandarin, ma gynéco s’adresse à moi avec douceur,  un peu comme si  j’étais malade. Elle me demande toujours de me relaxer avant le début de l’examen ou me raconte ses vacances pour tenter de détourner mon attention (mais je suis pas  dupe,  je l’ai vu s’équiper de sa petite lampe frontale et de ses  gants).

Enceinte, les choses empirent  carrément. A toi l’échographie endo-vaginale en cas de pépin ou de grossesse trop précoce…les touchers vaginaux n’ont plus de secret pour toi, ils sont plus fréquents que tes rendez-vous chez le coiffeur.

Et puis au bout du 6ème mois, ma gynéco (n’étant pas obstétricienne) m’a lâchement abandonné  pour les consultations de la maternité. C’est là qu’une de mes idées reçues s’est écroulée : les gynécologues hommes ne sont pas forcément plus doux !

C’est toujours ce que j’ai cru ou entendu autour de moi, jusqu’à ce que je rencontre le Dr C., la cinquantaine bien tassée, plutôt sympathique au demeurant mais aussi délicat que s’il était maçon et qu’il actionnait une bétonnière. La première fois j’ai eu de la chance, il s’est contenté de superviser la visite effectuée par une sage-femme élève. La fois suivante, je me suis dit qu’il était fatigué, déconcentré. La dernière fois (et ultime fois heureusement), je me suis demandée s’il avait perdu son alliance et s’il n’étais pas  en train de la chercher…serrant les dents, j’ai eu une pensée pour  Mister Bean en train de farcir une dinde pour Noël puis fouillant à l’intérieur pour récupérer sa montre….on s’accroche à ce qu’on peut dans ces cas-là.

Et toi, ton gynéco ou la personne qui s’occupe de ta contraception c’est un homme ou une femme?

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