Tag

bref

Browsing

Depuis que j’ai regardé la série Bref il y a quelques jours, je n’arrête pas d’entendre une petite voix intérieure commencer mes phrases par bref. Si jamais je me mets à en inclure dans chaque billet sur ce blog, soyez sympas prévenez moi. En branchant le DVD (oui je suis old fashioned, je loue des DVD et je les regarde encore sur un lecteur de DVD et un écran de télé), j’avais peur de trouver le schéma répétitif parce qu’à la base, on n’est pas sensé regarder les 82 épisodes à la suite (bon j’ai quand même visionné le tout en deux soirées) mais en 82 fois sur une durée ultra courte (d’une minute 40 secondes à 3 minutes).

La série a été écrite par Kyan Khojandi qui est aussi le personnage principal, un gars d’une trentaine d’années, anti-héros par excellence, célibataire et chômeur qui raconte sa vie plutôt banale à la première personne. Avec un tel pitch de départ, on a du mal à imaginer que le principe va tenir sur la durée. Pourtant j’ai marché dès le début parce que bien qu’étant une fille, pas célibataire, n’utilisant pas autant de papier essuie-tout que lui (ou pas pour les mêmes raisons ahem), je me suis reconnue dans pas mal de traits de caractère et de situations vécues. Kyan Khojandi remet tout à demain, ne sait pas utiliser le combiné de l’interphone de son appart et appuie sur toutes les touches, se fait 10 thés dans la journée qu’il oublie systématiquement de boire, n’a pas bonne mémoire, monte un meuble ikéa tout seul alors qu’il faut être deux,  a un pote qui se fait larguer le jour où il aimerait lui annoncer une bonne nouvelle, est hypocondriaque (sur ce coup là , vivant avec un hypocondriaque, je pense qu’il aurait pu aller beaucoup plus loin), imagine 10 000 stratégies pour enfin arriver à dormir la nuit, croise quelqu’un qu’il aime bien le jour où il est mal fringué le cheveu gras (que celui à qui cela n’est jamais arrivé me lance une pierre)…enfin je ne vais pas vous égrener tous les épisodes mais je me suis régulièrement dit que c’était bien vu et en plus c’est souvent accompagné de trouvailles visuelles (par exemple tout ce qu’il remet à plus tard est représenté par un gars à côté de lui qui met tout dans une poubelle).

Il y a des épisodes peut-être moins universels comme ceux consacrés à la séparation de ses parents ( sauf qu’ici ça se finit bien). Comme il est adulte, tout le monde s’en fout, personne ne comprend que cela le touche, le rende triste. Je suis passée par là et j’ai vécu les choses de manière très similaire : je suis tombée des nues comme lui, j’ai joué le rôle de pigeon voyageur entre l’un et l’autre, j’ai été longtemps sonnée de les voir arriver l’un sans l’autre, je suis devenue d’un seul coup et pour un moment le parent de mes parents…sauf que là c’était nettement plus drôle )

elle, c’est LA bombe qu’il rencontre à une soirée et qui sert de fil conducteur à la série

J’ai retrouvé avec une légère satisfaction lyonnaise Bérangère Krief  (que j’avais vu jouer dans un one ma show au rideau rouge avec Cranemou  -Nathacha si tu passes par là …) dans le rôle du ‘plan cul régulier ».

Si bon nombre des sujets traités de manière si courte pourrait être matière à billets de blogs, la forme de la série Bref est singulière : rythme de la narration (130 plans par minute), personnages imaginaires, dialogues intérieurs, mises en scène des situations où le personnage principal pense quelque chose intérieurement mais en dit finalement une autre à haute voix par bienséance, lâcheté, politesse.

J’aurais bien aimé publier un extrait pour les quelques personnes qui n’ont pas vu Bref en 2011 et qui se reconnaitraient dans ce trentenaire un peu ado attardé parfois mais je n’en ai trouvé plus une seule en ligne à part les parodies dont celle-ci  (encore une fois merci Natacha) :

Bref j’ai regardé Bref deux ans après tout le monde. 

Pin It