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677 pages ! quand j’ai commencé à lire Skippy dans les étoiles, je savais que j’allais mettre longtemps à arriver à la dernière page. Face à des pavés pareils, il faudrait avoir des longues plages de lecture dans la journée et je ne lis que le soir, quand les enfants dorment et que j’ai éteins l’ordinateur. Pour lire pas trop lentement un gros roman comme celui-ci, il faudrait l’emporter en voyage pour l’avancer dans le train ou profiter des transports en commun. Je bosse chez moi et je n’ai pas bougé de Lyon depuis plusieurs mois. Bref j’ai été d’une lenteur assez exceptionnelle pour une ancienne bibliothécaire, d’autant plus que Skippy dans les étoiles n’est pas le genre de livre qui se lit facilement, l’air un peu distrait comme dirait l’autre. Foisonnant, riche, construit en flash-back, il demande toute l’attention de son lecteur, toute sa concentration.

Dimanche après-midi le temps était si gris et triste, que je n’avais nulle envie de sortir et je me suis accordée une longue séance de lecture (oui les enfants étaient devant un DVD). Je n’avais plus envie d’abandonner les personnages que je commençais à cerner jusqu’au soir suivant alors j’ai laissé filer l’heure et j’ai terminé ce roman. Et maintenant je me demande comment je vais bien pouvoir vous raconter cette histoire qui m’a amusé parfois, émue souvent. Comment vous décrire ces adolescents en pension à Seabrook Collège, une institution dublinoise poussiéreuse dont le portrait est si violent et si juste à la fois ? Comment rendre compte de cette atmosphère pesante qui fait l’effet d’une cocotte sur le point d’exploser ?

J’ai eu le sentiment au fur et à mesure que j’avançais dans la lecture de ce livre qu’il n’entrait pas dans les cases. Roman d’apprentissage où l’on retrouve les thèmes de l’amitié, de l’amour et les projections sur l’avenir, Skippy dans les étoiles nous plonge aussi dans la physique quantique à travers le personnage de Ruprecht, meilleur ami de Skippy et petit génie obèse ainsi que dans un épisode peu connu de l’histoire irlandaise parmi d’autres thèmes. L’auteur, qui a lui-même fréquenté ce genre d’école catholique pour garçons, a dit qu’il ne voulait pas s’enfermer dans un genre mais au contraire  alterner moments de pure comédie et passages bien plus tragiques, comme ces ados qui bondissent de l’exaltation au désespoir sans crier gare. Même les personnages changent sans cesse de plan : les lumières se braquent sur Skippy cet ado qui s’entiche de la plus belle fille de la ville puis Howard professeur d’histoire semble devenir le personnage central avant que la situation ne bascule à nouveau.

Paul Murray n’épargne pas les adultes : ils sont dans le meilleur des cas indifférents, lâches et parfois de véritables salauds. Je n’ai pas pu m’empêcher de comparer ce roman avec Une place à prendre car une partie de l’intrigue se passe aussi dans une école huppée. Alors que Rowling semblait surtout à l’aise à décrire l’adolescence, ici l’auteur se glisse dans la tête des uns et des autres avec la même aisance.

Construit de manière à ce que l’on s’accroche dès le début et qu’on veuille absolument connaitre la suite, Skippy dans les étoiles est un roman brillant, intelligent, drôle (avec ce ton décalé si british), poignant…peut-être qu’après tout, ça vaut la peine de prendre son temps pour le lire )

Et vous, plutôt tortue ou bolide quand vous vous plongez dans un roman ?

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