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Amaretti tendres à la crème de marron

Ils pourraient être des biscuits à offrir ou à préparer pour les fêtes de Noël, ils sont -une fois encore- très rapides et simples à préparer, ils demandent très peu d’ingrédients et si vous aimez les amandes ET le marron alors ils sont faits pour vous ! Je les imagine très bien avec un thé, un dimanche, de retour chez soi, le visage encore rougi pour le froid mais proposés en goûter d’enfant, ils ont un grand succès. Bref qu’importe l’usage, pourvu qu’ils soient bons, voici la recette des amaretti tendres à la crème de marron.

Ingrédients pour une plaque d’amaretti tendres à la crème de marrons

210 g de poudre d’amandes
120 g de sucre glace
2 blancs d’oeuf
3 grosses cuillères à soupe de crème de marron

Et maintenant qu’est ce qu’on fait ?

1-Mélangez dans un saladier la poudre d’amandes et le sucre glace
2- Ajoutez les blancs d’oeuf et mélangez.
3- Ajoutez la crème de marrons et mélangez à nouveau. Couvrez le saladier avec du film alimentaire et laissez au frigo votre appareil pendant au moins une heure.
4-Préchauffez votre four à 180°C
5-Formez des boules de la taille d’une noix (j’utilise une cuillère). Roulez chaque boule dans le sucre glace, déposez la sur une plaque recouverte de papier cuisson et aplatissez la légèrement sur le dessus.
6-Laissez cuire entre 13 et 15 minutes selon votre four. Les amaretti tendres à la crème de marron doivent être encore mous, ils durcissent légèrement en refroidissant.

Minute vérité : niveau goût, l’amande l’emporte sur la crème de marrons. N’empêche que la copine de ma fille, testeuse du jour, les a adorés !

Si vous préparez ces amaretti tendres à la crème de marron, n’hésitez pas à me faire un clin d’oeil sur Instagram avec la mention @chocoladdict69 ou #chroniquesdunechocoladdict.

Source de la recette : Mes inspirations culinaires

Tea time à Fourvière Hôtel

C’était un vendredi après-midi, le temps était doux, la colline de Fourvière se parait de couleurs automnales et j’avais rendez-vous pour un tea time à Fourvière Hôtel. Avant d’entrer, je me suis assise quelques instants sur un des bancs présents dans le jardin public. J’ai admiré la façade de cet ancien couvent édifié par Pierre-Marie Bossan en 1854 pour les soeurs de la Visitation.

Saviez-vous que ce couvent a ensuite abrité un pensionnat de jeunes filles, accueilli des blessés durant la seconde guerre mondiale puis qu’il a abrité une école d’infirmières et le dépôt des Archives de l’Hôtel Dieu ? Tout ça en un seul siècle !

J’étais déjà venue à Fourvière Hôtel pourtant j’ai été surprise de la même manière que la première fois en passant les portes d’entrée et en découvrant la réception. En effet les concepteurs du lieu, Jean-Luc Mathias et Marianne Borthayre, ont eu la volonté de conserver la chapelle du Couvent telle qu’elle existait. Elle a été intégralement restaurée à l’identique par l’Atelier Royal de septembre 2013 à juillet 2014.

Entre la lumière qui transperce les vitraux et baigne les lieux d’une atmosphère quasi irréelle, la richesse ornementale partout où le regard se pose, la voûte et son bleu associé à Bossan (vous le retrouvez à la Basilique de Fourvière et il se dit que pour lui, la chapelle était un brouillon), l’ébahissement est au rendez-vous.

Pour moi, Fourvière Hôtel a réussi à équilibrer très judicieusement patrimoine et modernité, à dessiner son identité tout en préservant un héritage, à s’inscrire dans une continuité tout en offrant le confort et les services d’un hôtel 4 étoiles.

Cela s’exprime par le choix du mobilier : par exemple la collection Crown-Design Laval apporte un côté chaleureux à la chapelle-lobby qui pourrait être un peu « impressionnante » du fait de ses dimensions.

Cela se traduit également par les oeuvres contemporaines de Pablo Reinoso présentes à Fourvière Hôtel comme ce nuage de bois qui commence dans la chapelle-lobby et se poursuit dans la niche surplombant le couloir qui mène aux péristyles.

Je suis très sensible, de manière générale, à la luminosité d’un paysage, d’un lieu (et c’est d’ailleurs pour cette raison que les jours gris pèsent rapidement sur mon moral). Une des choses très agréables à Fourvière Hôtel est justement la façon dont la lumière pénètre les différents espaces (lieux de travail, véranda, péristyles, chambres) et leur apporte comme une enveloppe de douceur.

Fourvière Hôtel est en plein cœur de Lyon, juste au dessus du quartier le plus touristique, le Vieux Lyon, mais son emplacement, au milieu de la verdure, et en hauteur des arènes, donne l’impression d’être ailleurs. Ici aucune pollution sonore, juste le bruit des oiseaux, le clapotement du couloir de nage, l’écho des pas sur les carreaux posés au sol (fabriqués dans le Beaujolais).

Le dialogue entre passé et présent se poursuit dans les chambres réparties sur trois niveaux. A l’extérieur, sur chaque porte, est dessiné le portrait d’un lyonnais qui a marqué l’histoire culturelle, scientifique. A l’intérieur de chaque chambre, le mobilier contemporain est signé Stellar Works.

tea time à Fourvière Hôtel
tea time à Fourvière Hôtel

Si Fourvière Hôtel est un lieu magique, cela repose aussi sur son organisation autour du jardin du cloître, ce carré parfait de 700 m2 dessiné par les péristyles. Selon le temps et les saisons, on peut apprécier son calme, son harmonie depuis les espaces intérieurs en buvant un verre ou en déjeunant, à l’extérieur, depuis la terrasse présente à l’étage ou carrément en s’installant dans le jardin.

Tous les 3ème jeudis du mois, Fourvière Hôtel propose des concerts aux personnes extérieures à l’hôtel comme aux clients présents (la programmation de ces jeudis musicaux se trouve sur leur page Facebook) et j’y vois une excellente occasion de découvrir le cloître de nuit.

tea time à Fourvière Hôtel
tea time à Fourvière Hôtel
tea time à Fourvière Hôtel

C’est dans ce cadre magique que vous pouvez venir vous poser le temps d’un tea time à Fourvière Hôtel les vendredi-samedi-dimanche de 14h30 à 18h. Assise à l’une des tables du restaurant Les Téléphones, avec vue sur le jardin, j’ai découvert les douceurs du chef pâtissier Mathieu Masson. J’avais été séduite par l’originalité de ses propositions sucrées lors du Lyon Street Food Festival et j’étais curieuse de goûter ses pâtisseries.

tea time à Fourvière Hôtel
tea time à Fourvière Hôtel

Le tea time « Plaisirs gourmands » se compose de trois pâtisseries maison, d’une théière mariage frères ou un double expresso, d’un thé glacé ou d’une eau aromatisée création du bar Les collection (tarif 19 euros).

Les trois pâtisseries à la carte en ce moment sont un cruffin à la praline (un croisement entre le croissant et le muffin), un cake au chocolat Valrhona et une tarte valbonnaise (pâte sablée, compotée de figures, crème d’amandes).

tea time à Fourvière Hôtel
tea time à Fourvière Hôtel
tea time à Fourvière Hôtel
tea time à Fourvière Hôtel

Si vous êtes très gourmand, vous avez la possibilité de prendre, en plus un dessert à la carte. Le plus dur sera de choisir parmi des intitulés qui m’ont mis l’eau à la bouche :

-religieuse au praliné
– Brownies cassis, mousse marron, meringue spéculoos, glace sarrasin grillé -Baba pain d’épices, poire pochée au vin rouge
-Sablé beurre salé, pomme confite et glace vanille macadamia/ caramel
-rectangle Azélia cacahuètes (en photo ci dessous)

tea time à Fourvière Hôtel

Verdict du tea time à Fourvière Hôtel ? En dehors du cadre qui, pour moi, fait totalement partie de ce moment gourmand qu’on s’offre, j’ai beaucoup apprécié l’équilibre des pâtisseries dégustées.

Quand je lis « pralines » dans un dessert, je m’attends à quelque chose de (trop) sucré et ce n’est pas du tout le cas ici.

Pour la mousse au chocolat du cake (cachée sous son joli dôme), le chef pâtissier a choisi un chocolat puissant, presque amer, ce qui permet de déguster un dessert gourmand visuellement mais peu sucré.

Même agréable surprise à la dégustation de la tarte valbonaise.

J’espère que les propositions du chef pâtissier vont suivre les saisons, cela me fera une belle occasion de revenir pour m’offrir une autre parenthèse hors du temps.

Tea time à Fourviere Hôtel
23 rue Roger Radisson
69005 Lyon

Merci à l’équipe de Fourvière Hôtel pour ce délicieux moment et pour leur accueil.

Truffes tiramisu

Peut-être qu’en lisant le titre de cette recette, vous allez penser « oh non pas déjà des recettes de Noël ! ». S’il est vrai qu’on associe ces chocolats aux périodes de fin d’année, qu’est ce qui nous interdit d’en déguster avant ? De plus, quand je suis tombée sur cette recette sur le blog italien Tavolar te gusto, j’ai pensé à ma fille qui adore le tiramisu. Comme la recette est très simple, rapide, nous avons préparé ces truffes tiramisu toutes les deux.

Ingrédients pour une quinzaine de truffes tiramisu

250 g de mascarpone
30 gr de café expresso serré
50 g de sucre glace
100 g de biscuits à la cuillère (et pas des boudoirs plus sucrés)
du cacao en poudre amer
un peu de pâte à tartiner

Et maintenant qu’est ce qu’on fait ?

1-Émiettez les biscuits à la cuillère avec les mains de manière à obtenir une poudre puis ajoutez le mascarpone, le café froid et le sucre glace.

2-Mélangez avec une cuillère à soupe en écrasant bien. Vous devez obtenir une consistance humide et homogène de couleur marron très clair.

3-Mettez votre mélange au frigo pour 30 minutes minimum.

4-Prenez la moitié d’une cuillère à soupe et formez une boule avec. Faites un petit trou sur le dessus (j’ai utilisé un cure dent) et mettez une pointe de pâte à tartiner (j’ai utilisé une cuillère à thé en en mettant juste le bout).

5-Remettez par dessus un peu de mélange tiramisu. Roulez le tout dans le cacao en poudre amer de manière à obtenir une truffe bien ronde.
Recommencez jusqu’à épuisement du mélange tiramisu.

6-Laissez au frigo pendant 2h avant de déguster.

truffes tiramisu
truffes tiramisu

Texture, saveur, ces truffes très simples à préparer et sans cuisson ont plu à tout le monde !

Minute vérité : pour la photo, je les ai repassées dans le cacao une seconde fois car la texture humide de l’intérieur de ces truffes absorbe le cacao (mais cela ne change rien au goût !). Si l’extérieur de vos truffes sont plus noires et brillantes c’est donc tout à fait normal !

Pour des truffes encore plus rapides à réaliser, vous pouvez zapper le petit coeur à la pâte à tartiner. J’ai essayé cette version « nature » pour quelques truffes et c’est très bon aussi.

truffes tiramisu

Si vous préparez ces truffes tiramisu, n’hésitez pas à me faire un clin d’oeil sur Instagram avec la mention @chocoladdict69 ou #chroniquesdunechocoladdict.

Les couleurs aériens ou la cinquantaine vue par Davodeau

Les trois auteurs des Couloirs aériens se connaissent depuis longtemps. Ils sont devenus amis sur les bancs de la fac à Rennes, ils n’avaient alors même pas 20 ans.

Ce qui arrive à Yvan dans Les couloirs aériens est arrivé à Christophe. La même année, l’année de ses 50 ans, il a perdu son boulot, son père et sa mère. Lors de cette mauvaise passe, Etienne Davodeau et Joub n’étaient pas loin. Ce livre est parti de là mais aussi du ressenti des trois hommes au moment de vivre ce cap important de la vie.

Yvan a choisir de venir se poser dans un petit village du Jura, sous la neige épaisse et blanche, dans cet endroit qui semble un peu coupé de tout et où il n’y a quasiment personne. Ici il prend un peu de recul sur sa vie. Ses enfants ont quitté la maison et ont une vie bien remplie, sa femme travaille à l’autre bout du monde. Alors que lui reste-t-il ? Qu’est ce qui apporte encore du goût à son quotidien ?

Sous le ciel bleu et froid, il marche, il coupe du bois, il se ressource, il fait l’inventaire (dans sa tête mais de manière très concrète aussi photographiant les objets récupérés dans l’appartement de ses parents ).

Ses amis lui reprochent d’être chiant parce qu’il se plaint, son frère lui envoie dans les dents que la dépression est un luxe de riches, son fils lui dit de mettre à la poubelle ses souvenirs d’enfance mais Yvan est moins seul qu’il ne le croit.

Davodeau est « connu » pour raconter avec talent le quotidien, la vie des gens ordinaires. A travers le personnage d’Yvan, j’ai trouvé qu’il était en effet un formidable portraitiste.

Si l’histoire racontée est personnelle, un jour ou l’autre nous sommes tous confrontés à la vente d’une maison remplie de souvenirs ou à ce basculement du temps qui fait que celui ou celle qui nous semblait vieux quand nous avions 20 ans, c’est nous aujourd’hui.

Est ce parce que cet album a été écrit à trois voix mais les dialogues sont aussi justes et puissants que les dessins, les uns ne l’emportent pas sur les autres.

« Je passais voir si tu avais besoin de quelque chose« 
« Oui de perspective d’avenir. D’un job. Et de savoir si ma femme m’aime encore.« 

Je ne pensais pas qu’un album de bande dessinée pouvait autant « me remuer », par les mots prononcés, par la force des illustrations comme ci dessous.

couloirs aériens

Les couloirs aériens est un album à la fois émouvant, drôle et tendre.

A lire absolument !

5 choses à faire à Trégastel

Après le sentier des douaniers de Ploumanac’h, je poursuis ma série de billets sur la côte de Granit rose où j’étais en vacances cet été, avec un arrêt cette fois à Trégastel. De cette station balnéaire, je me souviendrai de ses plages et de ses paysages magnifiques, de cette fête de la mer où les crêpes au caramel salé confectionnées au dernier moment coûtaient 1.50 euro et des 5 choses qui suivent :

1-L’aquarium marin de Trégastel

Vous n’allez pas me croire mais il a plu (un peu) pendant notre séjour en Bretagne cet été. Nous avons alors cherché une idée de sortie au sec (le trip Singing in the rain, j’avoue que c’est parfait sur grand écran mais en vrai c’est pas mon truc) et c’est ainsi que nous avons décidé de visiter l’aquarium marin de Trégastel.

Si jamais la file d’attente est un peu longue lorsque vous arrivez, dites vous 1) que vous n’êtes pas le seul à ne pas être équipé comme un breton 2) que l’équipe de l’aquarium fait rentrer les visiteurs en petits groupes histoire qu’on n’ait pas l’impression d’être dans un musée parisien et afin d’accéder aux différents bassins sans bousculade ni énervement. De plus, la file va vite et nous n’avons pas attendu très longtemps.

Trégastel
Trégastel

Ce que j’ai pensé de l’aquarium marin de Trégastel

Dans sa scénographie et le nombre de ses bassins, cet aquarium est un aquarium modeste (ne vous attendez pas à l’aquarium de Barcelone !) mais pour moi, il vaut le détour pour son cadre car il est installé dans et parmi les rochers de granit rose (le toit de la première grotte pèse 5500 tonnes !)

Il est divisé en trois zones : la zone des embruns à ciel ouvert, la zone des marées où vous pouvez observer des homards, des hippocampes, des bars, des dorades …, la zone des profondeurs avec des poissons plus impressionnants comme les raies, les congres et les invertébrés.

Si vous êtes sensible à l’histoire d’un lieu, sachez que cet aquarium a été une chapelle, un dépôt de munitions pendant la guerre, des habitations, un Musée préhistorique auparavant.

Aquarium marin de Trégastel
37 Boulevard du Coz-Pors
tarif famille : 23 euros (2 adultes, 2 enfants)

Trégastel
Trégastel
Trégastel

2-Le forum

Je n’ai pas de photo du forum, ce dernier étant un complexe aquatique installé juste en bord de mer (photos ci dessous) où vous vous retrouvez en maillot et bonnet de bain (oui même si vous avez les cheveux courts) bref côté glamour, ce n’est pas là à priori que vous allez conclure comme dirait Jean-Claude Dus.

Pourquoi aller dans un complexe aquatique quand on part en vacances au bord de la mer ?


L’eau de mer est chauffée à 30° c et ça change un tout petit peu de la température de la mer en Bretagne (surtout quand comme moi, on a tendance à la trouver froide même à 24°C); ‘il y a une rivière à contre-courants, des jets hydro-massants, des jacuzzis et tout cela mis bout à bout c’est super relaxant; c’est suffisamment grand pour y passer un petit moment en famille ou en duo (ou en solo).

Forum de Tregastel
Plage du Coz-Pors (oui juste à quelques pas de l’aquarium)
tarif famille : 25 euros (en sachant qu’en prenant des entrées à l’aquarium, vous avez automatiquement une réduction au prix d’entrée au forum et inversement )

Bon à savoir (mais pas testé )
Si en sortant du forum, vous avez une petite faim) (l’eau ça creuse), juste en face sur votre gauche, vous avez un bar qui sert des pâtisseries qu’on voit en vitrine depuis la rue et qui ont l’air bien sympathiques.

Trégastel
Trégastel

2-Le centre de Trégastel

Le centre de Trégastel est relativement petit mais il s’y tient un grand marché l’été une fois par semaine (voir avec l’Office du Tourisme), l’église Saint Anne a le charme des chapelles bretonnes et en parcourant les rues, il est fort possible que plusieurs maisons attirent votre attention par leur incontestable caractère photogénique.

4-La presqu’île Renote

La plage de Coz-Pors est le départ de deux balades à pied à ne pas rater. La première permet de découvrir la presqu’île Renote, classée parc naturel. De la longue plage de Toul Drez au petit port au fond de la baie de Saint Anne, l’ensemble est pittoresque, les rochers de granit rose sont partout avec des formes à deviner (tas de crêpes, tête de mort).
La presqu’île Renote offre aussi un point de vue inédit sur le phare de Menz Ruz. Vraiment un coin magique !

Trégastel
Trégastel
Trégastel

5-Le GR34 vers la plage de Grève Blanche

Toujours depuis la plage Coz Pors de Trégastel, je vous conseille de longer les cabines de plage blanches puis d’emprunter le sentier des douaniers GR34.

Après des points de vue enchanteurs qui se succèdent (oui j’ai été assez pénible côté arrêt photos), le sentier monte jusqu’à un promontoire qui surplombe la plage de la Grève Blanche. Une fois là haut, vous aurez forcément envie de crier « I’m the king of the world ! ».

Trégastel
Trégastel
Trégastel
Trégastel
Trégastel
Trégastel

Vous comprenez si je vous dis que j’y retournerais bien illigo pour une cure de couleurs et de lumière ? J’espère que la balade vous a plu, prochain arrêt Perros Guirec.

Rhapsodie des oubliés : Un premier roman écrit avec les tripes

J’ai ouvert Rhapsodie des oubliés avec un certain nombre d’à priori en tête. En gros j’avais peur de tomber sur un roman parlant du Paris populaire par quelqu’un qui n’y a jamais mis les pieds et avec une bonne dose de feel good. Pas franchement positif.

Et puis j’ai mis mes pas dans ceux d’Abad…

…cet ado syro-libanais de 13 ans, en plein explosion hormonale, et je l’ai suivi dans ce Paris pas-de-carte-postale entre la Goutte d’or et Barbès, dans cette rue qui « raconte l’histoire du monde avec une odeur de poubelles. Elle s’appelle rue Léon, un nom de bon français avec des métèques et des visages bruns dedans. »

Pourquoi Rhapsodie des oubliés a fait mouche

Ce qui m’a frappé dès que j’ai ouvert ce roman, c’est la langue de Sofia Aouine, une langue à la fois argotique et littéraire, à la fois crue et poétique, pleine d’inventivité. Avec ces mots là, on sent combien ce quartier sale, pauvre, violent, où la mort est très présente, Abad a envie de le fuir à toutes jambes mais combien aussi il y est attaché et combien il aimerait le « sauver ».

Cette langue est drôle, évitant le misérabilisme dans lequel le roman aurait pu tomber. Drôle quand elle nous parle de cet ado submergé par ses désirs sexuels, drôle quand elle surnomme les filles en jilhab des Batman et les « pseudo-iman façon 2.0 » les Barbapapa, même si la réalité derrière ne l’est pas.

« Celles habillées tout en noir comme des fantômes qui passent dans la rue Léon en rasant les murs« .

Cette langue est lucide. Les parents d’Abad triment comme des dingues pour 3 francs 6 sous. Abad nous montre une réalité sociale absente des médias en règle générale, très loin de la vie léchée et rêvée d’Instagram et qui fait un peu tâche dans cette idée très répandue aujourd’hui selon laquelle « quand on veut, on peut, tout est une question de motivation et de volonté ». Si les influences musicales de l’auteure sont la soul music et le hip hop (en annexe, elle propose une playlist pour accompagner la lecture de son roman), j’avais plutôt en tête la chanson de Maxime Leforestier « Etre né quelque part« .

Mais par dessus tout ce qui m’a touché, c’est l’humanité de ce premier roman. J’ai pensé à Ken Loach, un des rares réalisateurs qui ose encore faire des films « sociaux », à qui on peut reprocher d’être trop démonstratif dans ce qu’il veut dénoncer mais dont les personnages sont toujours incroyablement humains et touchants.

Ces oubliés sont Gervaise, qui tapine pour rembourser une dette qui n’en finira jamais, Odette, la vieille voisine, Ethel, la femme qui « soigne de l’intérieur » mais aussi ce premier amour aperçu de fenêtre à fenêtre d’appartement et séquestré par son frère. Toutes ces femmes vont aider Abad, chacune à leur manière, à s’ouvrir dans cette ville où personne ne se parle. Elles vont l’aider à se réconcilier avec son enfance, à s’autoriser à croire à un plus loin même si le présent le cloue au sol.

C’est cash, sensible, singulier, étouffant parfois, virevoltant aussi, bref je ne regrette pas une seconde de m’être mêlée à la Rhapsodie des oubliés !

Rhapsodie des oubliés, Sofia Aouine, Editions de la Martinière

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