A chaque fois qu’ Elisabeth Quin présente un livre dans son émission sur Arte, elle le fait avec tellement de conviction, de flamme, que j’ai envie de le lire ! C’est comme ça que Le souffle de la forêt s’est retrouvé sur ma table de chevet.
De quoi ça parle ?
Il s’agit d’une biographie (pas empesée pour un sou) de Simona Gabriela Kossak né en 1943 à Cracovie. Biologiste, zoologue, professeure de sciences forestières, elle a vécu plus de 30 ans dans une maison dans la forêt sans eau courant ni électricité à Bialowieza. Simona Gabriela Kossak est aussi une importante figure écoféministe.
Elle a, selon la formule, de l’autrice une « enfance sur la pointe des pieds » : on dirait aujourd’hui de sa mère qu’elle était toxique, rejetant ses filles à la naissance alors que son père était lâche.
La mère règne, tyrannique. Elle bat ses filles. Son fouet, usée à force d’être manipulé est accroché aux murs de la chambre, au dessus de son lit. Il ne prend jamais la poussière. Les caresses sont bannies.
Est ce pour cette raison que très tôt, Simona, recueille des animaux, les soigne et les étudie avant plus tard de s’inscrire en faculté de biologie ?
Trahie par sa soeur (elle est l’objet d’un pari entre elle et un ex), elle quitte la maison familiale, écrit un mémoire et obtient son diplôme en psychologie animale (éthologie).
Simone a toujours considéré que les animaux ont une psyché, que les animaux éprouvent, tout comme les humains, la joie, la douleur, la perte, la nostalgie; toutes les émotions attribuées à l’homme, les animaux les ressentent également (P52)
L’ amour de sa vie, en dehors des animaux, est le photographe animalier, Lech Wilgek, appelé Leszeh :
Parmi ses oeuvres les plus marquantes, un livre va se distinguer : une série de portraits d’animaux sauvages saisis dans une proximité troublante, quasi sacrée. Lech ne les aborde ni en prédateur ni en observateur distrait mais en semblable. Son appareil n’est plus un rempart mais un pont. Il capte des regards -lynx, hiboux, ours, tous plongés dans l’objectif, comme si le temps d’un cliché, l’homme et l’animal se reconnaissaient, s’accordaient.
J’ai appris à l’occasion ce qu’était une forêt primaire (la forêt où Simone va vivre pendant 30 ans est une des dernières forêts primaires d’Europe) :
Cela veut dire qu’elle n’a jamais été plantée. Elle n’a pas été dessinée, ni corrigée…Elle s’est construite seule, avec le vent…
Lorsque les scientifiques décident d’étudier les lynx en posant des pièges, Simona intervient. Elle obtient que les pièges soient enlevés mais elle est discréditée par la communauté scientifique qui la traite d’exaltée, de sorcière. Peu de temps après elle trouve un lynx en très mauvais état dans la forêt. Elle le nourrit, elle le soigne et celui-ci ne la quitte plus (dans le livre, sur une photo, il est dans ses bras).
Simone cuisine aussi beaucoup les plantes dont elle a une connaissance très fine.
Elle se bat toute sa vie durant contre l’abattage des forêts, sujet toujours malheureusement actuel.
Le souffle de la forêt : A lire pour sortir des sentiers battus, découvrir une femme qui a une communion totale avec la nature et une vie vraiment pas banale (toutes les photos dans le livre sont étonnantes dans sa cohabitation avec les animaux).
Merci !
merci à vous d’avoir mis en lumière cette femme !