C'est un beau roman

Celle qui aimait les écrivains

J’ai toujours passé beaucoup de temps la tête dans les livres, je me souviens qu’on me houspillait parfois pour que je prenne l’air plutôt que de rester enfermée mon bouquin à la main. Le monde pouvait bien s’agiter autour de moi, j’étais entrée dans ma bulle et aujourd’hui encore je voudrais que le trajet de métro dure plus longtemps, je voudrais n’avoir besoin que de peu de temps de sommeil par nuit pour pouvoir continuer un roman, je suis capable de continuer à lire en pleine rue tout en marchant si je suis prise dans un chapitre. J’ai aussi toujours aimé écrire, j’ai noirci un nombre incroyable de journaux intimes, j’ai écrit beaucoup de lettres manuscrites, j’ai inventé des intrigues dès la primaire, j’adorais les rédactions à l’école et à mon tout petit niveau aujourd’hui j’essaie de raconter des histoires ici d’une autre façon.

Je ne sais pas si j’ai besoin de fiction parce que la vraie vie me parait trop routinière, parce que j’ai toujours ressenti le quotidien comme quelque chose d’étouffant, parce que je n’aime pas les plannings, les trucs trop prévus d’avance (la fin totale de choses improvisées, décidées au dernier moment, c’est vraiment ce qui est le plus dur à accepter pour moi quand on devient parent )…je ne sais pas si j’y cherche des réponses ou plutôt des pistes de réflexion …peut-être est ce un moyen de vivre cent vies quand on n’en a qu’une seule, peut-être est ce un moyen de s’évader à moindre frais, peut-être est ce un shoot d’émotions mais j’aime qu’on me raconte des histoires et sûrement plus en livres qu’au cinéma car l’imagination n’a alors aucune frontière.

9782221139950

De manière assez prévisible, j’ai une grande curiosité pour les écrivains, leur quotidien, leur rituel, leur façon de travailler  alors quand je suis tombée sur le livre L’Amérique des écrivains dont le sujet n’est pas tant l’Amérique mais l’écriture, je me suis lancée dans sa lecture avec un émerveillement quasi enfantin. En plus parmi les écrivains qu’a rencontré l’auteur, Pauline Guéna, se trouve Laura Kasischke dont j’ai lu presque tous les livres et dont l’univers est si singulier. Dès le début de l’entretien elle m’a bien plu Laura Kasischke avouant qu’elle lit les critiques favorables en diagonale mais connait par cœur celles qui sont défavorables. Moi aussi mon cerveau est très sélectif, les mots blessants effacent tous les mots doux même si les premiers sont très peu nombreux par rapport aux seconds.

Si je n’écris pas pendant une journée, je me sens mal. C’est une sensation quasi physique […] Il y a toujours l’envie désespérée d’écrire et l’empêchement de le faire.

Interrogée sur ses sources d’inspiration, l’écrivain répond qu’elle n’utilise pas forcément sa vie comme matériau mais des anecdotes autour d’elle comme ce mot anonyme reçu par une de ses collègues qui a été le point de départ de son livre A moi pour toujours (à lire ! ). J’imaginais qu’elle vivait en banlieue étant donné que c’est le cadre de beaucoup de ses romans mais elle habite une maison dans le Michigan à la campagne pleine de livres et a un fils (il est toujours question de fille dans ses histoires).

Ne vous attendez pas à de grandes révélations, à de recettes miracle, plutôt à des éclairages sur une œuvre, un peu comme dans certains bonus de DVD. Elle explique par exemple que si l’adolescence est si présente dans ses livres c’est parce que c’est une période extrême, douloureuse, entière et qu’elle l’a vécu elle-même de manière très intense. Pour elle, le moteur de l’écriture est de « retraiter ses expériences » mais aussi tenter de lutter contre l’oubli. En finissant de lire cet entretien, je l’ai imaginé portant son prochain roman à son mari, qui est toujours son premier lecteur, et qu’elle décrit comme « brutalement honnête » et j’ai eu envie, plus que jamais, de continuer à lire et écrire des histoires.

11 Comments

  1. plus jeune, j’avais des envies d’écriture, mais cela m’a passé. Enfin, hormis, sous la forme d’un journal comme le blog, mais c’est différent hein….
  2. Lectrice compulsive aussi, j’écris parfois un peu (et pas que des billets de blog…)… Mais j’ai du mal à lire sur les écrivains (tout comme je ne regarde jamais les bonus sur les DVDs… )
    Par contre, si ça peut te rassurer, le truc de l’improvisation, ça finit par revenir quand les enfants grandissent !
    • c’est encore plus intéressant quand on a lu les écrivains en question car cela donne quelques éléments sur leur univers et des choses qu’on peut retrouver dans leurs livres
    • le prochain écrivain qui m’attend est Russel Banks (je continue un roman en même temps, + un poche dans mon sac à main )

Write A Comment

Pin It