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Je crois que cette rentrée restera parmi les plus marquantes : le fiston au CP, Miss Zen en petite section de maternelle...deux grands pas d’un seul coup, ça justifie bien un minute par minute, non ?

7h00 : je suis réveillée avant que cela ne sonne, assez rare pour être signalé. Hier soir je me suis endormie en repensant à eux bébés…ambiance, non je ne suis pas tout touchée par cette rentrée

7h45 : tout le monde est déjà prêt, ça aussi c’est très rare à cette heure ci mais le grand connait l’excitation des premiers jours (et visiblement pas d’appréhension). Miss Zen veut emporter deux doudous, on négocie pour qu’elle laisse la sucette dans son magnifique sac à dos rose, je lui demande 10 fois si elle n’a pas envie de faire pipi.

8h15 : ça bouchonne dans l’ascenseur, je descends avec ma voisine qui après avoir accouché de jumeaux il y a tout juste 9 mois,  a une taille 36…elle est toujours impeccablement coiffée, maquillée, habillée..je me sens moche et molle à chaque fois que je la croise…tout va bien )

8h30 : un bisou au grand et il file avec l’homme direction l’école primaire…j’aurais aimé l’accompagner aussi mais je n’ai pas encore le pouvoir de me dédoubler

 8h32 : Miss Zen prend connaissance des lieux et je l’emmène illico aux toilettes …où je découvre qu’elle a trempé culotte et legging sur le chemin de l’école sans rien me dire …je n’ai donc plus de tenue de rechange pour la matinée

8h40 : je glisse deux mots à la maitresse sur l’apprentissage de la propreté sans édulcorer les faits et en comptant sur ce fameux déclic qui marche très bien chez les autres enfants (oui mais j’ai tiré un numéro qui a décidé de jouer systématiquement les originales)

8h45 : Miss Zen s’est installée à une table et s’applique à mettre des pions sur un tableau..je la trouve vraiment mini par rapport aux autres enfants…en face d’elle, une petite fille porte presque le même prénom…comme l’accueil a lieu en deux matinées, il y a seulement 14 élèves ce matin et ça me parait déjà bien rempli

8h48 : l’homme qui a déposé le grand apparait dans l’encadrement de la porte…il voulait voir sa petite fille absolument en ce premier jour mais c’est pas un bon plan, elle le repère, veut sortir et pleure quand la maitresse lui dit qu’elle ne peut pas franchir la petite ligne blanche toute seule

8h55 : pour la troisième fois, Miss Zen me dit qu’elle a envie de faire pipi…on file jusqu’aux WC petite taille et là rien, le manque totale d’inspiration, la page blanche…on se rhabille et on repart…

9h : la maîtresse me fait comprendre qu’il serait temps que je quitte les lieux…enfin si je suis prête )

9h (bis) : pour info, je ne suis pas du tout le seul parent encore présent )

9h01 : Miss Zen est installée devant un puzzle, très concentrée..je lui glisse à l’oreille que je m’en vais et que je viendrais la récupérer quand elle aura fini de jouer (les instits grinceront peut-être des dents mais ça passe mieux le premier jour)…elle acquiesce, je lui donne un dernier bisou et je quitte la salle sur la pointe des pieds…

Les autres mamans et papas présents quand la porte de la classe se referme m’empêchent de laisser ma glande lacrymale s’exprimer mais une grosse rentrée comme celle-là, c’est fort en émotion…

Miss Zen deviendra -t-elle vraiment propre d’ici vendredi ? comment sa première matinée en maternelle s’est elle passée? le grand est-il avec des copains des années précédentes ? j’ai vu venir cette rentrée avec un certain soulagement (lire à ce propos l’article d’Et Sinon Rien dont je partage tout à fait le point de vue) mais maintenant j’ai hâte de les retrouver pour qu’ils me racontent ces quelques heures sans moi )

Alors cette rentrée ?

Je ne sais pas si cela trahit mon « vivement la rentrée intérieur » après un été non stop avec les enfants mais à la maison on a déjà essayé et posé avec les cartables.

Pour Miss Zen, je voulais quelque chose à sa taille (elle est plutôt du genre mini par rapport au frère), pratique (qu’elle puisse ouvrir sans l’aide d’un adulte si possible), à mettre sur les épaules (histoire d’éviter les « je veux le même que mon frère » ). J’aurais pu aller contre sa passion pour le rose mais au moins j’étais sûre en choisissant cette couleur qu’elle allait l’aimer tout de suite.

J’ai complètement craqué pour le sac de la créatrice Mimi Lutine avec ses princesses espiègles et en particulier cette petite fille aux ailes de libellule. Les bretelles sont réglables, en tissu le sac peut être lavé en machine, il suffit de le repasser à l’envers.

 

On a déjà mis un doudou à l’intérieur, on a aussi tenté la version avec douillette (que ma fille traîne toujours partout, pratique), le sac est suffisamment  grand pour qu’on puisse mettre à l’intérieur une tenue de rechange.

J’ai choisi ce sac à dos sur le site Decobb.com parmi tous les cartables proposés (coups de cœur aussi pour le cartable muffin et pour  le cartable étoile bleu nuit -je veux le même version grande -).

Comme j’ai profité de l’été pour reconfigurer un peu la chambre de la Miss (mais j’en reparle bientôt), j’ai aussi jeté un œil dans la rubrique « chambre décoration enfant« , les jolis objets et idées cadeaux ne manquent pas !

Edit : en ce moment sur la page facebook de la boutique Decobb une gourde et une boîte à goûter sont à gagner.
Edit (bis) : la créatrice Mimi Lutine sera présente au salon Maison & Objet à Paris

Mon tout premier amour s’appelait Joël, il avait l’accent chantant de Toulouse et il me protégeait des éventuels enquiquineurs de la grande section de maternelle…je crois même qu’une fois il s’est battu parce qu’un garçon avait soulevé ma jupe et qu’il a reçu un coup de pied mal placé…j’ai une vague image d’un retour de l’école, lui plié en deux…dans mon souvenir il habitait le même immeuble mais il faudrait peut-être que j’interroge des sources plus sérieuses qu’une mémoire d’enfant de 4 ans.

30 ans plus tard, mon fils parsème ses phrases du doux prénom de N., me demande si je l’ai bien regardé et insiste « non mais tu as vu son visage? » « tu as vu ses tresses? » sûrement parce que je ne manifeste pas assez bruyamment mon enthousiasme. Je ne sais pas si on peut vraiment parler d’amoureuse. Il ne met pas de dessins avec des coeurs dans son sac, il ne rêve pas d’elle mais elle est dans toutes les conversations :

Moi « C’était bien la piscine? » Lui « oui mais N. n’était pas là car elle était malade« (un seul être vous manque et l’eau est dépeuplée)

Moi « C’était bien ta sortie au ski?  » Lui « oui j’ai fait de la luge avec N. »

J’ai eu la confirmation officielle de la maitresse qu’il ne jure que par elle. Amitié, admiration ou un peu plus que ça, difficile à déterminer vu de l’extérieur. Quand je la croise, elle l’ignore royalement (elle a déjà tout compris cette petite) mais visiblement ils sont souvent ensemble en classe, à la récréation.

L’autre jour, on a croisé l’intéressée dans la rue et il s’est mis à crier (hurler?) son prénom. Elle s’est à peine retournée alors qu’il se lançait dans une sorte de danse Maori …pour la technique d’approche, faudra peut-être affiner ça )

Et toi, ta première amourette tu t’en souviens?

Souviens-toi fin 2005 l’Inserm publiait une expertise sur « les troubles de conduite chez l’enfant et l’adolescent » et préconisait le dépistage des troubles de conduite dès le plus jeune âge alors que dans le même temps un plan gouvernemental de prévention et de délinquance prônait une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l’enfant.

6 ans plus tard, l’idée de repérer les enfants « à risque » et « à haut risque » refait son apparition dans un dispositif d’évaluation en plusieurs volets présenté par le ministère de l’éducation nationale aux inspecteurs ces jours-ci. Bien entendu, tout est encore conjugué au conditionnel, bien entendu le dispositif se présente comme un outil de lutte contre l’échec scolaire précoce )

Au delà même du débat sur la prévention prédictive de la délinquance, c’est cette obsession de l’évaluation dès la maternelle qui me pose problème. Lors de la réunion de rentrée, la maitresse nous a alerté sur le fait que jamais les élèves de grande section n’avaient autant parlé du cp, de la lecture et de l’écriture comme si la pression scolaire les concernait déjà, comme si cette société toujours un peu plus « ou tu marches ou tu crèves » ils la sentaient intuitivement.

Tests en CE1, en CM2 et maintenant en maternelle, poussons l’absurde jusqu’au bout :

surveillons les accros à la tétine  dès le berceau, évaluons leur degré de dépendance future

consignons les faits et gestes des enfants mordeurs et bagarreurs dans les carnets de liaison des crèches

passons les bacs à sable, les squares, les petits bassins des piscines municipales sous vidéo surveillance

Et derrière ce besoin de classer les enfants en catégories (rien à signaler, à risque, haut risque) , n’y a t-il pas l’idée que tout est déjà joué à 5 ans ?

Lundi les papas étaient en force pour la rentrée des classes…en tous cas devant l’école de mon fils.

Avaient-ils aussi mal au bide que les mamans ce jour un peu spécial où une page se tourne, où un nouveau cycle se dessine? se posaient-ils des questions sur la maîtresse et sur la classe de leur enfant? ont-ils réprimé une larme en vivant ce moment un peu symbolique du temps qui passe? ont-ils repensé à leur propre rentrée, mélange d’excitation et d’appréhension? Étaient-ils là de manière exceptionnelle ou accompagnent-ils régulièrement leur progéniture?

Nous, nous étions carrément venus tous les deux parce que nous en avions la possibilité matérielle…lui avait une décharge horaire, moi je ne travaillais pas ce jour là. Mais le fiston a trouvé que le cortège d’accompagnement était trop important, il a peut-être eu peur de craquer en franchissant le seuil de la classe, en lisant dans nos regards toute l’émotion que nous cachions sur le chemin de l’école en chantonnant alors je suis restée devant le portail, je l’ai embrassé et j’ai laissé le papa franchir les dernières mètres vers cette nouvelle année.

J’en ai vu passer des papas, à l’air tranquille ou inquiet, nonchalants ou pressés, seul ou avec un autre enfant tenu dans la main ou dans les bras..peut-être que certaines mamans les ont envoyé au front car elles les savaient plus rassurants ce jour là. Certains sont arrivés presque en courant, la trace de l’oreiller encore sur la joue et sont ressortis très vite…dur de reprendre le rythme.

Et puis l’homme, à son tour, est réapparu… c’est le fiston qui l’a congédié d’un « bon, tu peux y aller maintenant » alors qu’il savourait l’occasion qui ne se reproduira pas de rentrer et visiter la classe. En grande section, les parents restent sur le pas de la porte, c’est comme ça.

Et chez toi, qui a accompagné les enfants à l’école? à la crèche? chez la nounou ? ou qui t’accompagnait quand tu étais gamin(e)?

Edit : les papas, racontez-moi votre rentrée si vous l’avez vécu  !

J’aime bien les institutrices (on dit professeur des écoles je sais) : ma sœur est instit, deux de mes très bonnes amies sont instit. Je connais un peu leur quotidien, je sais que n’a pas le concours qui veut. Jamais tu ne m’entendras critiquer leurs vacances car je n’envie pas leurs journées entières, debout face à  des classes de 30 élèves dont le niveau de décibels peut vite atteindre Lara Fabian s’époumonant sous sa douche, leurs conditions de travail qui, ces dernières années, se sont empirées vu la suppression de personnel et des parents qui ne leur prêtent parfois que peu d’estime.

Mais j’avoue la maîtresse, cette année, je ne suis pas sa plus grande fan et de manière générale la façon de considérer l’enfant dans l’école maternelle de mon fils je n’arrive pas à y adhérer.

J’ai du adresser deux fois la parole à celle qui s’occupe de la classe du chérubin cette année (bonjour et au revoir mis à part, je suis polie tout de même) mais les deux fois j’ai eu une pluie de remarques négatives. Mon fils n’est sûrement ni en avance, ni un génie. Il ne sait pas lire avant l’heure, il ne dessine pas particulièrement bien et niveau psychomotricité il est même en retard sur un certain nombre de points mais c’est un enfant plein d’imagination, créatif, qui adore les livres, curieux de tout.

Qu’elle veuille m’alarmer, je ne le nie pas..d’ailleurs tous les lundis, je fais la navette école-psychomotricien, profitant de mon 50%. J’ai vu aussi ses progrès, son désir « d’essayer » prendre le pas sur sa peur de ne pas y arriver mais les retours positifs je les attends toujours.

Dépassionnons le débat et éloignons nous de mon fils. Ils ont des dividendes sur chaque consultation chez l’orthophoniste, les instits? non parce dès la petite section, la maitresse prend tous les parents dont les enfants ont des défauts d’élocution à part et leur conseille d’emmener leur progéniture en séances. Je ne suis pas spécialiste du langage, j’ai juste observé qu’à cet âge là, les choses évoluent grandement en un an.

Bref je m’interroge sur cette médicalisation de l’enfance au sein de l’école, ce discours qui met en avant uniquement ce qui ne va pas (j’ai entendu aussi à propos d’un autre enfant et de la part d’une autre maîtresse « votre enfant est lent, à part lui mettre des piles je ne vois pas ce qu’on peut faire »…et je t’assure que je ne suis pas dans une maternelle, prépa du lycée Henri V), ce besoin de rentrer dans le moule à tout prix. Je croyais qu’il fallait encourager l’enfant, ce n’est plus à l’ordre du jour?

Je me demande s’il y a une place pour les enfants qui ne pigent pas tout tout de suite, qui mettent plus de temps que les autres, qui ont des difficultés ou si l’école finalement n’est là que pour les bons élèves (si on peut utiliser cette notion si tôt).

Que mon fils sache lire avant d’entrer en primaire, qu’il saute une classe ou qu’il passe son bac à 16 au lieu de 18, quel intérêt cela a ? cela le rendra-t-il plus heureux dans la vie?

Ce que j’observe aujourd’hui c’est un gamin, très sensible à la base, qui a mal au ventre tous les matins.

J’aimerais surtout c’est qu’il ne perde pas le goût de l’école, le goût d’apprendre et vu la pédagogie à l’œuvre, je ne suis pas certaine qu’on soit sur la bonne voie.

J’attends vos avis, nombreux j’espère !

Edit : Sur Fais-toi la belle, je parle aussi enfants puisqu’on mercredi  !

 

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