Lectures d’été : naviguer, pêcher, danser

Signe qu’il n’a pas beaucoup plu cette année en Bretagne, je n’ai pas lu énormément (et je ne suis pas une grande adepte des vacances serviette sur la plage toute la journée). Hormis Des cornflakes dans le porridge, dans la PAL prévue, j’ai lu :

La traversée amoureuse de Vitta Sackville-West

La croisière s’amuse version ambiance surannée et désuète, tout se passe en effet à bord d’un énorme paquebot dans lequel nos deux protagonistes se sont embarqués pour un tour du monde. Le narrateur, Edward, a une raison bien particulière de faire ce voyage : atteint d’un mal dont on ne saura guère de choses, il sait qu’il vit ces dernières semaines et qu’à bord de ce paquebot, se trouve, Laura, la femme dont il est follement amoureux en secret.

Avec un pitch pareil, j’aurais du adorer ce roman mais je ne suis jamais vraiment rentrée dans l’histoire même si les dernières pages gagnent en intensité romanesque et que la fin n’est pas de celle qu’on oublie.

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Rudik, l’autre Noureev de Philippe Grimbert

J’ai été plus happée par l’écriture de Philippe Grimbert mettant en scène la rencontre entre le célèbre danseur Noureev et un psychanalyste. J’ai été fascinée par ce monstre sacré comme l’est son thérapeute qui, très vite, enfreint les règles les plus basiques de sa profession, pour continuer à suivre et à aider l’artiste.

Noureev captive-t-il le psychanalyste (comme le lecteur) du fait de sa personnalité hors du commun, excentrique ou démesuré ou vient il réactiver des blessures enfantines ? Parfois on se demande qui a besoin de l’autre et on aimerait poser la question à Philippe Grimbert qui a réllement fréquenté le danseur.

Au delà du portrait et de ce duo-duel, c’est un roman émouvant sur le remords, la solitude et le chagrin.

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Le grand marin de Catherine Poulain

Intriguée, questionnée, je l’ai été aussi par Catherine Poulain (ou par son personnage principal largement inspirée de sa propre histoire) qui fuit la France, arrive à Kodiak en Alaska et n’a plus qu’une obsession : faire partie de l’équipage d’un navire et partir pêcher la morue noire ou le flétan. Dormir à même le sol, supporter la fatigue, le froid, les tâches très physiques, la peau rongée par le sel,  les blessures, les brimades des hommes qui ne lui font aucun cadeau, rien ne semble abattre sa volonté. Repoussant toujours plus loin ses limites, Lili sauve-t-elle sa peau en la risquant autant ? Il n’y a qu’à bord d’un bateau, en plein stress, hurlements, roulis, qu’elle semble revivre.

Parfois j’ai eu un peu de mal à visualiser certaines actions décrites, ne connaissant pas assez le monde nautique (il y a un glossaire assez complet à la fin du roman) mais j’ai ressenti la même impression qu’avec le polar Noir Océan, j’étais à bord et en pleine mer.

Ce que j’ai le plus aimé dans ce roman c’est son côté sensoriel, le corps y est central dans la souffrance comme dans le plaisir.

 

J’ai commencé aussi (pour rester dans l’ambiance marine), La mémoire des embruns, mais j’avais un peu l’impression de lire une saga de l’été sur TF1 alors je l’ai abandonné.

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4 commentaires
  • Djpingouin
    août 27, 2016
    Genial ! Moi qui ne savait pas quoi lire pour combler la fin de mes vacances et l’autre Nourev me dit bien merci du conseil
    Bonne journée !
  • lalydo
    août 28, 2016
    Le grand marin me tente, je ferais bien une balade en mer par procuration 🙂

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