C'est un beau roman

Sur ma table de chevet : antihéros, artiste amoureux et ado mal dans sa peau

Le mois dernier, j’ai suivi Virginie Despentes aux Buttes Chaumont (j’ai habité pas loin) et Vernon Subutex, ancien disquaire, dans sa chute, j’ai découvert le trait de crayon de Joann Sfar et un peu de ses pensées et j’ai passé une soirée en tête à tête avec une adolescente en plein mal être.

Vernon Subutex (1 et 2) de Virginie Despentes

J’ai écris plusieurs fois ici que si je lisais beaucoup de littérature anglo saxonne, c’est parce que j’aime les romans choraux et qu’à part Une vie Française de Jean-Paul Dubois, il y en a peu d’exemples dans la littérature française actuelle. Virginie Despentes et son Vernon Subutex vient contredire superbement mon propos. Si elle dresse le portrait d’un homme dont le surnom est le titre à cette trilogie (car un tome 3 devrait sortir), elle donne aussi de l’épaisseur et de la consistance à tous ceux et celles qui vont croiser son chemin ou qui jouent un rôle dans sa vie, formant un kaléidoscope et une photographie de notre époque incroyablement riches.

J’ai aimé la hargne de Virginie Despentes, son regard sans concession ni complaisance, sa rage, sa justesse à décrire le monde en braquant sa plume sur différents univers (celui de la musique, celui du cinéma, celui de l’industrie pornographique) et sur différentes réalités sociales (du trader au sdf). Elle a aussi ce talent de se glisser dans la peau d’un homme sans qu’on ne voit une seule seconde les coutures du costume apparaitre. Je crois que le milieu dont je viens me rend plus proche d’elle que de Beigbeder et autres écrivains germanopratins, même si dans les deux cas, l’alcool et la drogue sont des éléments très présents (j’ai une vie beaucoup moins mouvementée et rock’n’roll qu’elle, c’est certain).

Si la fin du tome 2 m’emballe moins que le reste, j’aimerais offrir Vernon Subutex à tous ceux qui se sont laissés enfermés dans un « prêt à penser », à tous ceux qui pensent que la galère ne les concernera jamais et qui se sentent au dessus, à tout ceux qui comptent pour moi.

Le tome 3, annoncé pour le printemps, devrait bientôt sortir et je me demande quel sort Virginie Despentes réserve à ses personnages.

Tu n’as rien à craindre de moi de Joann Sfar

J’ai commencé à suivre Joann Sfar sur Instagram au lendemain des attentats du 13 novembre 2015. Il est, parait-il, toujours en train de dessiner et il s’est exprimé de cette façon après ce drame. Alors qu’un concert de voix partout dans le monde appelait à « Priez pour Paris », il publiait ce dessin :

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et je me sentais en accord avec lui.

Tu n’as rien à craindre de moi est la première bande dessinée de Joann Sfar que je lis. J’ai été un peu déroutée par l’absence à proprement parler de narration ou d’intrigues. Il s’agit plus d’une série de réflexions sur la création, sur le désir et sur l’amour. On y croise Mireille Darc : la « vraie » et la jeune femme qui partage sa vie, sa  muse à qui il trouve une ressemblance frappante avec l’actrice.

Même si je me suis sentie un peu perdue parfois dans les pensées de l’auteur, j’ai trouvé l’idée de montrer l’amour (dans ses meilleurs jours) et l’histoire d’un couple, à travers l’Art, originale.

Bianca de Loulou Robert

Je pensais être plus emballée par Bianca de Loulou Robert que je ne l’ai été . Est ce que les louanges entendus à son égard sont liés en partie au fait qu’elle n’a que 22 ans et qu’elle est mannequin (une fille sublime ET en plus intelligente, gardez en pour les autres )) ou est ce que je suis passée  à côté de l’histoire de cette ado qui raconte son séjour dans un service psychiatrique suite à une tentative de suicide ?

J’ai lu ce roman, sans déplaisir et très vite (et je sais que les livres que je lis très vite, je les oublie aussi très vite), sans croire vraiment aux personnages, si ce n’est peut être à Bianca qui doit avoir pas mal de Loulou en elle (il est beaucoup question d’anorexie mais peut être que je tire des conclusions hâtives).

J’ai aussi lu deux ouvrages, très différents, qui parlent de régime, mais je vous en parlerai dans une prochaine chroniques livres.

8 Comments

  1. Je n’aime pas tout de Joann Sfar, j’ai lu son Chat du rabin, son Vampire et Petit Vampire, et surtout son travail sur la Série Donjon avec Trondheim (et qq autres choses dont j’ai perdu les titres). J’aime son univers, j’aime son trait et j’aime son regard sur le monde. Cela étant dit, je ne suis pas hyper attiré par cette BD. Si je la trouve en bibliothèque je la lirai malgré tout avec intérêt!
    J’ai vu quelques Interviews avec Loulou Robert et effectivement, tout le monde dit du bien de son bouquin. Si le récit de son adolescente ne m’intéresse pas le moins du monde, je dois avouer que je voue une admiration sans borne pour son père (Denis Robert) qui est une personne brillante et pertinente.
    Voilà, ce commentaire n’avait d’autre but que de dire que je n’ai rien lu de tout ça, mais que je connais un peu malgré tout! 😉
    • d’abord merci pour ton commentaire, un blog sans commentaire meurt ; )
      je vais voir si ma bibliothèque a des titres de Joann Sfar pour avoir une idée moins partielle de cet auteur.
      j’avais oublié que le père de Loulou Robert était Denis Robert que je trouve admirable aussi !
      • De Sfar, tu peux lire sans crainte Le Chat du Rabin. Je pense que ça pourrait te plaire. Le reste, c’est moins sûr. Donjon par exemple, c’est un univers très particulier, il faut aimer l’heroic-fantasy. C’est parfois drôle, parfois sombre, et puis ça ne se finit jamais, c’est compliqué si tu entres pas dans leurs délires (et y’a plein de dessinateurs différents). En revanche, il paraît que son adaptation du Petit Prince est excellente! (Et j’avais beaucoup aimé aussi son livre La Vallée des Merveilles.)
        • merci je vais voir ce qu’il y a dans ma bibliothèque, sinon faudrait que j’aille à Vaise le choix est nettement supérieur ..petite chose que j’aurais pu ajouter à propos de Joann Sfar c’est que c’est l’une des personnes qui a été aux côtés du chanteur de Dionysos pendant sa maladie (journal d’un vampire en pyjama dont j’avais parlé) et les amis on les reconnait surtout quand ça ne va pas …rien que pour ça je le trouve sympathique
  2. Jamais entendu parler de cette loulou (sur quelle planète vis -je?) et virginie despentes me fait peur. A tort? Je ne sais pas …mais je n’ai jamais eu envie d’ouvrir un de ces livres.
    Je trouve cependant que tu en parles admirablement
    • je peux comprendre quand tu dis qu’elle te fait peur mais elle a un parcours d’écrivain pas banal qui m’a donné aussi envie de la connaitre

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