Dire qu’à chaque fois que j’envoie ma newsletter, je me triture le cerveau pour trouver un titre qui fasse mouche, un titre jeu de mots à la Libé, un titre comme celui de la dernière bande dessinée de Marion Montaigne, Space Montaigne. Mot compte double comme dirait l’autre puisque dans cette bande dessinée, Marion Montaigne nous entraîne dans les coulisses de l’écriture de « Dans la combi de Thomas Pesquet« et partage les montagnes émotionnelles vécues alors.
En le commençant, je me suis promis de ne pas la lire trop vite cette bande dessinée, surtout qu’elle compte 168 pages et que j’imagine le boulot que cela doit représenter (d’autant plus, qu’elle fait tout, le scénario, les dessins, la mise en couleur) . Mais comme à chaque fois que j’ai ouvert une bd de Marion Montaigne (Dans la combi de Thomas Pesquet /Nos mondes parfaits / Riche, pourquoi pas toi ?, …), j’ai été happée.

Ce que j’ai aimé en particulier dans Space Montaigne
- Son auto-dérision (je suis allée voir sa photo sur le site de Dargaud et j’ai vu le fossé entre la réalité et la façon dont elle se représente)
- Son humour et les fous rires que j’ai eus plusieurs fois durant ma lecture
- Le fait qu’elle parle de santé mentale, des crises d’angoisse qui la saisissent qu’elle traduit par des images très parlantes (suer à grosses gouttes, visage déformé, estomac relié à un aspirateur pour traduire l’impression qu’on l’aspire de l’intérieur)
- Ses contradictions « Je suis flippée mais je suis toujours partante pour tester des trucs nouveaux au danger limité‘, avant de s’installer dans le simulateur Soyouz. Souffrant de phlébite suite à un long voyage en avion où elle ne s’est pas du tout hydratée, elle est la plus décontractée du monde quand elle est assise aux urgences (alors que pour moi c’est une des situations les plus stressantes que j’imagine).
- Ses références, quand par exemple, elle s’admoneste intérieurement en convoquant ses modèles « La Florence Aubenas de l’espace », « Tom Wolfe » « Elise Lucet », « Fabrice Arfi »
- C’est peut-être plus une appréciation de dessinatrice autodidacte et tardive mais Marion Montaigne est capable de tout dessiner : une fusée spatiale de 110 m de long, des gars serrés dans une camionnette aux portes ouvertes qui filment Thomas Pesquet en train de courir ou deux personnes dans une décapotable (au passage, elle suggère le mouvement, le fait que la voiture roule par seulement quelques traits en arrière plan et des cheveux légèrement en arrière mais sans se perdre dans des détails)
- On voyage avec cette bande dessinée puisque pour comprendre comment Thomas Pesquet se prépare avant une mission, elle l’a retrouvé à Cologne, Houston, Baïkanour, Moscou et à chaque fois, on savoure son sens de l’observation et du détail (d’ailleurs, regardez attentivement le dessin qui ouvre chaque passage, vous verrez comment elle suggère les voyages précédents)
- Son talent à vulgariser l’information scientifique comme dans ses bandes dessinées précédentes
- Les échanges avec Thomas Pesquet souvent savoureux (avec un gros décalage entre ce qu’il lui dit et ce qu’elle imagine)
- Space Montaigne raconte les coulisses de sa rencontre avec Thomas Pesquet et au-delà les coulisses de la création litttéraire.
Bref, j’ai refermé trop vite Space Montaigne en me maudissant de ne pas l’avoir lu plus lentement et en pensant vivement la prochaine !
Space Montaigne, Marion Montaigne, Dargaud, 2026.
