Donnez-moi une île très inhospitalière, des personnages pas trop simplistes et une intrigue qui mêle destins personnels et enjeux sociétaux et je ne quitte plus mon fauteuil /mon lit, calée bien au chaud. Et ça tombe bien c’est précisément ce que propose Charlotte McConaghy dans son dernier roman, Les fantômes de Shearwater.
Au moins 3 raisons de lire Les fantômes de Shearwater
L’intrigue !
Sur une île très isolée, au climat très hostile mais féconde en faune et en flore, un homme Dominic et ses trois enfants (Raph, Orly et Fen) sont les gardiens d’une réserve de graines pour le monde et habitent un phare. Au début du livre, Fen trouve sur un rocher, une femme échouée, en seul état mais toujours vivante. Son arrivée va faire voler en éclats leurs vies et leurs secrets.
Les questions sont nombreuses et nous tiennent en haleine
Pourquoi et comment cette femme Rowan est arrivée sur cette île ? Pourquoi trouve-t-elle les affaires de son mari dans un cabanon et du sang ? Pourquoi Raph est-il si en colère ? Qui a saboté l’électricité et tous moyens de communication ? Qu’est-il arrivé à Fen qui dort désormais loin du phare ?
La construction
J’hésite à parler de page turner : les chapitres sont relativement courts et on progresse dans l’histoire en adoptant les points de vue successifs de chacun des personnages. Sauf que souvent les page turner n’ont pas une grande qualité d’écriture, l’efficacité prime sur le reste. Ce n’est pas le cas ici : les personnages se dévoilent peu à peu via leur histoire personnelle et sont en proie à des questionnements qui les font évoluer.
Le roman pose aussi la question de la transmission, du deuil, de la responsabilité (individuelle mais aussi collective avec les questions de l’environnement), des relations homme/animal, de ce qu’aimer veut dire, de ce qui a vraiment de la valeur à l’aube d’un monde qui disparait.
Bref cela me donne très envie de lire le première roman de Charlotte McConaghy, je pleure encore la beauté du monde.

En postface des fantômes de Shearwater, l’écrivaine précise que cette île n’existe pas mais qu’elle est très inspirée par une île d’Australie où elle a passé du temps avec son mari et sa famille et sur laquelle travaillaient aussi un groupe de chercheurs.
Les fantômes de Shearwater, Charlotte McConaghy, traduction de Marie Chabin, Gaïa editions. (une maison d’éditions dont je guette les parutions car quelques unes sont d’auteurs islandais).
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