Si je prenais un café avec Julie Fuster (dans le domaine des possibles, Julie Fuster habitant à Lyon et moi aussi), je lui demanderais de suite si le titre de son premier roman La femme coupée en deux, est un clin d’oeil au film de Claude Chabrol avec Ludivine Saignier (dont l’intrigue se passe à Lyon comme une partie du roman). Ce film je l’ai vu il y a fort longtemps et je m’en souvenais vaguement. Je suis donc allée jeter un œil sur internet pour me remémorer l’intrigue et c’est ainsi que j’ai appris qu’il était inspiré d’un fait divers du XIXème, une histoire de jalousie. A moins que cela soit une référence à un tour de prestigitateur dont j’ai vu le secret parmi les images google !
Ce qui est certain c’est que l’héroïne principale de ce roman, Louise, est partagée, dès sa jeunesse, entre deux façons de vivre et de voir le monde : d’un côté, la stabilité offerte par son père, avec une vie quotidienne routinière et rassurante, de l’autre, l’excentricité de sa mère, une artiste qui foule au pied les conventions et étouffée par le train train familial.
Louise semble avoir choisi son « camp » : elle est restée vivre à Lyon, elle travaille dans un centre d’art contemporain, dans un sous-sol silencieux et sa vie est très calme et réglée. Contrainte d’aller à Bristol suite au décès de sa mère, Nina, ses repères se dérèglent et elle se dédouble d’une autre façon, partagée entre lucidité et folie, partagée aussi entre loyauté pour son père et curiosité pour sa mère qu’elle réapprend à connaitre à travers les rencontres sur son chemin.
Ce que j’ai aimé dans La femme coupée en deux
-Les lieux lyonnais qu’on reconnait, travestis ou pas, dans la lecture
-L’art très présent dans le roman que ce soit à travers le théâtre mais aussi les artistes et leurs oeuvres cités (j’ai découvert le canapé Bocca de Dali ou la cafetière -moi qui aime en dessiner-Ilonka Karatz)
-toute la partie qui nous replonge dans les premiers émois amoureux de Louise m’a particulièrement plu
-la complexité des relations entre Nina, la mère et Louise, la fille
-la paranoïa dans laquelle bascule Louise une fois à Bristol qui donne aux pages une coloration fantastique et décoiffe son personnage de jeune fille un peu trop sage
La femme coupée en deux, Julie Fuster, Le Quartanier
