La correspondante : le plaisir du roman épistolaire !

Dans La correspondante, Sybil Van Antwep vit aux Etats-Unis, elle est retraitée et tous les jours ou presque vers 10h, après s’être acquittée de ses tâches ménagères quotidiennes, elle s’assoit à son bureau pour écrire et répondre à des lettres.

La première lettre datée de juin 2012 est destinée à son frère qui vit en France. La seconde à l’écrivaine Ann Patchet (Sybil est une grande lectrice) dont elle a dévoré le dernier livre. Toutes les lettres ne sont pas envoyées, preuve en est, celle écrite à Poulain (nous comprendrons seulement à la fin du livre qui est Poulain) dans laquelle elle se confie sans censure : victime d’un accident de voiture, elle avoue qu’elle n’a plus rien vu pendant un court instant et craint de devenir aveugle.

Certaines lettres sont plus formelles, comme la lettre de remerciement à un voisin qui lui a offert des fleurs, comme la lettre d’excuse à son club de jardinage pour une réunion à laquelle elle ne peut pas assister ou comme une lettre envoyée à une journaliste suite à un papier sur sa carrière professionnelle qu’elle juge erronée.

Au fil des lettres, on apprend des éléments sur la vie de Sybil : son passé professionnel, le fait qu’elle a été adoptée comme son frère et qu’ils étaient tous les deux orphelins, que ses enfants vivent loin et qu’elle les voit peu.

A travers sa correspondance, s’établit aussi une liste de lecture (celle de l’écrivaine) : Anatomie de la stupeur d’Ann Patchet, La porte des larmes d’Abraham Venghese…

La correspondante
oplus_32

Mes lettres ont plus d’importance pour moi que n’importe quelle étape de mon parcours de droit.

J’écris à tous les gens qui me marquent. Amis, confrères, rédacteurs en chef, enseignants, diplomates, auteurs. Les auteurs sont mes préférés.

Je n’achète jamais de timbres spéciaux, seulement les classiques avec nos chers étoiles et rayures pour qu’il y ait une certaine structure, un ORDRE à respecter. Si l’on maintient la mécanique en ordre, alors le contenu dans la correspondance, la substance des lettres, je veux dire, peut aller n’importe où. Etre n’importe quoi. On peut écrire quoi. Dire ce que bon nous semble.

Sybil parait parfois rigide, pleine de principes et de certains préjugés mais au fil des lettres et des années, elle reconnait ses erreurs et est ce la volonté de « nettoyer son bureau » avec le grand âge, mais cherche à en réparer certaines.

La correspondante

Ce que j’ai aimé Dans la correspondante

Je commence par ce qui m’a le moins plu : le côté « américain » de la fin où pour l’écrire de manière très schématique, tout finit bien pour tout le monde (c’est rarement le cas dans la vie non ? )

En dehors de cette réserve, j’ai été touchée d’apprendre avant les remerciements de l’écrivaine que ce livre a mis longtemps à être publié, qu’elle a failli abandonner et choisir définitivement le droit, qu’elle a pu compter sur le soutien constant de personnes et qu’un jour ce « bébé » auquel elle tenait tant à voir le jour.

Comme pour tous les romans épistolaires que j’ai lus (pas si nombreux que ça malheureusement), j’ai pris beaucoup de plaisir dans la forme même et le plaisir ressenti d’écrire une lettre et d’en recevoir une. Virginia Evans a aussi le talent d’adopter des voix différentes en dehors de son personnage principal : celle de son frère, de Rosalie, sa meilleure amie, d’Harry un jeune garçon mal dans son peau entre autres. La lettre la plus émouvante de La correspondante pour moi est celle que lui écrit son ex-mari, Dan mais je vous laisse découvrir le contexte sans en dire plus.
Quand on ouvre le livre, la couverture intérieure est en forme d’enveloppe. C’est peut-être un détail pour vous mais j’y suis sensible.

Et bien entendu cela m’a donne envie de reprendre ma plume (j’ai vraiment un stylo plume) pour correspondre par écrit.

La correspondante, Virginia Evans, éditions de la Table Ronde.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Retour en haut