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J’ai d’abord été attirée par la couverture de cet essai et comme l’Islande est dans la longue liste des pays où j’aimerais voyager, cela a fini de me convaincre de partir à la rencontre des Islandais . Ce titre fait partie de la collection « Lignes de vie d’un peuple » qui invite le lecteur à s’ouvrir aux autres, à renouveler sa curiosité et par là même à briser cette tentation du repli sur soi.

L’auteur, Gérard Lemarquis, a été l’unique correspondant AFP en Islande pendant 29 ans et jusqu’à l’afflux de touristes. Il a travaillé dans le poisson, enseigné et traduit. A travers une série d’entretiens, il nous invite à partir à la rencontre des Islandais.

Ce pays, différent des autres, est surtout un pays comme les autres. Ce qui est finalement beaucoup plus fascinant.

Au fil des pages, j’ai été étonnée d’apprendre que les Islandais ont 6 mois pour choisir le prénom de leur enfant avec l’idée que celui ci colle à son caractère. Je me demande si mes enfants porteraient le même prénom si j’avais attendu 6 mois même si je trouve qu’il leur correspond plutôt bien.

Toute leur vie, les Islandais ont un numéro d’identification constitué des 6 chiffres de leur date de naissance et de 4 autres chiffres qu’on leur demande partout : à la banque pour consulter leur compte, à l’hôpital pour une prise en charge complète, à la pharmacie pour avoir directement l’ordonnance du médecin sans avoir de papier sur soi. Même quand ils louent un DVD, ils doivent donner ce numéro …je sais qu’avec internet, Facebook, Google on est suivi à la trace et on peut savoir beaucoup de choses sur nos goûts mais là ça donne quand même l’impression qu’au niveau étatique chacun a un gros dossier de données et je trouve ça un peu flippant au regard des libertés individuelles.

Voilà un peuple qui devrait plaire à celui qui place avant tout, la valeur travail puisque les Islandais sont de gros bosseurs : 51 h par semaine pour les hommes et 45h pour les femmes (et à priori il est très suspect de partir à la retraite avant 70 ans). Quand deux Islandais se rencontrent, ils ne se demandent pas si ça va mais échangent un « assez de travail ? ». Conséquence de la crise bancaire de 2008 ou changement de mentalité mais visiblement ils commencent tout de même à avoir envie de plus de temps libre.

Aucun lien de cause à effet (quoique), les Islandais sont les plus grands consommateurs d’anti-dépresseurs mais se plaindre publiquement ou en privé est rare.

Être jeune en Islande cela signifie avoir son permis de conduire à 17 ans, voter à 18 mais passer son bac et être autorisé à boire de l’alcool seulement à 20 ans.

Si la chanteuse Bjork est la plus connue à l’étranger, la musique est partout dans ce pays. La majorité des Islandais apprend à jouer d’un instrument de musique et les festivals se succèdent toute l’année dans la Capitale.

Ce qui me fait véritablement envie dans ce pays ce sont les piscines alimentées en eau chaude naturelle (et les jacuzzi aux températures différentes de 38° à 43°C) même dans les plus petits villages.

Comme on s’en doute la pêche est très présente dans ce pays et parmi les entretiens présents dans ce livre, l’auteur rencontre une femme pêcheur qui travaille à bord d’un chalutier avec une équipe de 25 personnes et qui reste en mer pendant un mois (suivi d’un mois à terre).

Plus anecdotique, saviez vous qu’en Islande il existe un musée national des Phallus (c’est le seul au monde) qui regroupe des phallus de mammifères et d’animaux imaginaires ?

14 titres de la collection « Lignes de vie d’un peuple » sont publiés chaque année (à chaque fois l’auteur francophone vit sur place et choisit un angle pour parler d’un peuple) et je partirais bien à la rencontre des Écossais (est-il question de kilt ? ), des Indiens, des Brésiliens ou des Napolitains par exemple.

 Les Islandais, Ateliers Henry Dougier, 12 euros.

Thriller ou roman catastrophe? c’est la question que l’on peut se poser en refermant ce roman qui donnera le mal de mer aux marins les plus aguerris. A moins que Noir Océan ne soit un huit clos car quand neuf membres d’équipage au passé ou présent sombre se retrouve en pleine mer en direction du Surinam, et que tous les moyens de communication sont en panne, la sensation d’étouffement est omniprésente.

Magnifiques portraits de vieux ou jeunes loups de mer : un commandant qui laisse à terre une femme à la dérive et qui projette de changer de vie une fois à destination, Jonas qui embarque sur le cargo les mains encore pleine de sang, Saeli le matelot perclus de dettes…tous ont leurs secrets.   

Ils espéraient peut-être fuir pour quelques semaines cette réalité, ils se trouvent confrontés à la culpabilité, l’angoisse et la solitude. Alors qu’à l’extérieur les éléments se déchaînent, sur le navire, une mutinerie se prépare et une tempête intérieure secoue vite l’équipage. Peu à peu chacun va sombrer dans la folie, alors que cramponnée à mes draps, tanguant à chaque vague, je me demandais, page à page qui survivrait à pareil voyage.

Stéfan Mani, auteur islandais, excelle aussi bien à décrire les noirceurs de l’âme que cet élément indomptable qu’est la mer. Suspense oppressant garanti, j’étais presque contente d’être sur la terre ferme en refermant le livre.

Un énorme coup de cœur pour ce roman noir sur lequel je ne peux que te conseiller d’embarquer !

 

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