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Tout à l’heure, suite à une très mauvaise nouvelle au téléphone, j’ai lâché les vannes sans prévenir et j’ai fondu en larmes. Mon fils était dans la pièce, il m’a demandé affolé si je pleurais et voyant mon visage, il s’est mis à sangloter lui aussi.

J’ai essayé de le rassurer, de lui dire qu’il n’y était pour rien, lui expliquer les vraies raison – mon oncle, très malade- et lui, avec sa logique d’enfant « t’inquiète pas, maman, tu vas le revoir, il va aller mieux ».

Je crois que c’est la première fois qu’il me voit pleurer…jusqu’à présent, le sachant si sensible, je me suis cachée. Aujourd’hui je lui ai expliqué qu’une maman avait aussi des émotions, qu’elle était parfois gaie mais triste aussi quelquefois. Ça m’a rappelé ce jour où j’avais surpris ma mère, assise sur son lit, dans l’entrebâillement de la porte de sa chambre, la figure dans ses mains trempées par les larmes. Cela m’avait bouleversé…elle est très pudique et n’a jamais montré ce qu’elle ressent.

En vieillissant, j’ai découvert en elle, quelqu’un d’autre que cette mère, avec ses désirs, ses blessures, son autre vie en dehors de ses enfants…même si encore une fois elle se confie peu.

Alors doit-on être une superwoman aux yeux de ses enfants pour les protéger ou se montrer telle qu’on est avec ses faiblesses aussi?

 

Certains soirs, avec l’homme, on a des conversations qui mettent la pêche en ce début d’année…il me raconte l’histoire d’un ami d’un collègue à qui on a découvert 4 cancers d’un seul coup suite à un banal mal de dos (t’es sûr que tu ne confonds pas avec un épisode d’Urgences, darling?) et qui vient de décéder en laissant une famille derrière lui. Bien-sur, on évite cette ambiance à la « et on fait tourner les serviettes « de Patrick Sébastien pendant le dîner…on attend plutôt le moment de la vaisselle, chacun occupé à sa tâche : moi les mains dans l’eau en train de frotter, lui à côté en train de me parler (nan il bosse aussi !).

C’est à ce moment de cette folle soirée, que je vois arriver le chérubin, la mine grise et défaite, se touchant le ventre :

« Maman, je ne me sens pas bien, j’ai un peu envie de romir (comprendre vomir)….et puis j’aime pas les histoires de Monsieur malade »

Zut, nous qui pensions pouvoir échanger deux mots plein de gaité, n’avions pas remarqué que le fiston a toujours l’oreille qui traîne.

Débriefing avec l’homme qui conclut d’un « tu es une vraie éponge, toi » et le chérubin qui lui répond « je ne suis pas une éponge, je suis un garçon ! ».

Bref, mon enfant est sensible, peut-être même hypersensible, je n’ai pas vraiment de point de comparaison. En tous cas, dès que je n’affiche pas un sourire à la Laetitia Hallyday (c’est à dire très souvent), je l’entends me demander : « qu’est-ce qu’il y a Maman, ça ne va pas? tu n’es pas content de moi?  » (c’est un peu la version 4 ans du Happy face de Mia Frye).

Du coup, avec l’homme, on a décidé de se remettre à l’anglais …

Et toi, des éponges tu en connais?

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