romans Archives - Chroniques d'une Chocoladdict
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J’ai ouvert Je sens grandir ma peur, sans en avoir entendu parlé, sans connaitre l’histoire (et d’ailleurs ne lisez pas la 4ème de couverture, il y a un élément que je considère comme un indice et c’est bien dommage). En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire j’étais dans une voiture sur une route de campagne américaine enneigée. La main posée sur le volant (qui apparait sur la couverture) c’était celle de Jack, le petit ami de celle, assise côté conducteur et qui était  la narratrice.

Ce jeune couple se parlait de temps en temps mais le tableau m’a vite semblé peu idyllique : d’abord elle avait en tête de le quitter et cherchait le bon moment, la bonne façon de lui annoncer et puis elle n’était pas franchement dans son assiette, harcelée par d’incessants appels provenant de son propre numéro.

Entre deux souvenirs liés à leur couple (la rencontre, les premières fois, les petites habitudes de l’autre…), la peur grandit chez la jeune femme (cette peur ne cessera d’être alimentée par la suite des événements) et si vous êtes un lecteur./une lectrice qui se laisse embarquer par les histoires qu’on lui raconte du moment qu’il n’y ait pas d’incohérences ou qu’elles ne soient pas trop visibles, et du moment surtout que le style fasse mouche, alors cette peur vous la sentez aussi grandir en vous.

Pas d’avalanche de meurtres, pas de description morbides, pas de scènes sanglantes mais un malaise diffus s’installe et s’intensifie jusqu’à la scène finale.

crédit photo : D.R.

En bref, 3 raisons de lire Je sens grandir ma peur :

  • Les dialogues entre ce couple et les monologues intérieurs de la narratrice nourrissent une réflexion riche sur le couple.
  • Ian Reid m’a manipulé avec habilité. J’ai émis plein d’hypothèses au fur et à mesure de ma lecture jusqu’au twist final qui éclaire tout depuis le début de l’histoire (je n’ai pas pu m’empêcher de relire certains passages à la lumière de cette révélation et alors tout s’explique !)
  • Je sens grandir ma peur n’est pas « vendu » comme un page turner, pourtant une fois que j’ai commencé à le lire, je voulais absolument connaitre la suite, je voulais avoir la réponse à la liste de questions qui grandissait. Résultat je ne l’ai plus lâché !

Je sens grandir ma peur, Ian Reid, Presses de la Cité. 

NB : Ian Reid sera présent au Festival littéraire America (auquel j’irai si j’habitais à Paris !)

je sens grandir ma peur

La prochaine fois je vous parle d’une histoire d’amour décrite comme inoubliable …et qui l’est vraiment !

Et vous, avec ou sans thriller votre été ? 

 

Si je devais placer une tête d’épingle sur tous les endroits où j’ai pu « aller » grâce aux livres, je crois que je serais une super globe-trotteuse. Ainsi grâce à ma dernière lecture, j’ai été télétransportée en Italie à Naples puis en Arabie Saoudite et à Cuba.

L’enfant perdue d’Elena Ferrante

J’ai attendu longtemps avant d’ouvrir le dernier tome de la saga italienne d’Elena Ferrante comme pour reculer le moment où je dirais au revoir à Lila, Lenu et tous ceux dont je suis la vie depuis l’enfance et l’Amie prodigieuse.  Comme à chaque fois, les premières pages j’en ai un peu de mal à me retrouver dans les différentes familles et puis j’ai été de nouveau transportée à Naples.

On retrouve dans ce dernier tome la violence de la société, la violence du quartier, la violence d’une époque mais aussi la violence qui anime les personnages d’Elena Ferrante et qui se traduit par une écriture jamais tiède. On retrouve aussi cette ambiguïté dans les relations entre Lila et Elena (entre fascination et répulsion, amour et haine, admiration et déception) et aussi au sein même des personnages. J’aime particulièrement la façon dont l’auteure nous parle de ces deux femmes devenant mères à nouveau, aimant à la fois leurs enfants et prêtes à tout pour eux mais les fuyant quand l’occasion se présente pour exister en tant que femmes et se comportant de manière parfois « irresponsable ».

Cette ambivalence se retrouve sur bien des points et c’est pour moi une des grandes forces de cette saga. Et puis il est question d’amour, de fidélité et d’infidélité, de tremblement de terre, de vieillesse et de maladie, de corruption, de racines, de tout ce qui constitue la condition humaine !

Elena Ferrante nous embarque dans de nouveaux drames personnels et dans de nouvelles pages de l’histoire. Elle nous bouscule, émeut, questionne et même si j’ai ressenti une certaine tristesse en lisant le dernier mot de L’enfant perdu, la boucle est bouclée.

Guatanamo Kid

Mohammed El-Gorani n’a pas plus de 14 ans lorsqu’il quitte son pays natal, l’Arabie Saoudite, pour étudier l’anglais au Pakistan. Peu après les attentats du 11 septembre 2001, il est arrêté et transféré vers la base militaire américaine de Guantanamo Bay à Cuba. Il va passer 8 ans dans ce bagne où le droit n’a plus court, 8 ans jusqu’à ce que son innocence soit reconnue.

Vous vous dites peut-être que le pitch de départ de Guatanamo Kid est un peu exagéré sauf qu’il s’agit d’une histoire vraie et c’est d’autant plus glaçant. On note au passage que si Mohammed veut quitter son pays c’est parce qu’il est d’origine tchadienne et qu’il n’a, de ce fait, pas accès en premier à l’école, n’a pas le droit d’ouvrir un commerce et, même en vivant des années en Arabie Saoudite, est toujours vu comme un étranger.

En lisant Guatanamo Kid, j’ai bien-sûr pensé à S’enfuir, récit d’un otage de Guy Delisle car il est question dans les deux cas d’enfermement, de prison et de comment tenir quand on n’a peu d’espoir. Sauf que Mohammed n’est qu’un gamin et qu’il subit un traitement bien pire que cet otage. Torturé, battu, humilié, placé en isolement, Mohammed El-Gorani ne courbe pourtant jamais l’échine, ne manquant pas une occasion de mettre ses bourreaux face à leurs actes.

La guerre (car il s’agit bien d’une guerre après le 11 septembre) justifie-t-il d’oublier toute humanité ? la torture est-elle justifiable selon certaines situations ?

Mohammed El-Gorani finit pour être libéré mais sa vie n’est pas pour autant plus paisible comme nous le raconte l’auteur dans le texte  » La vie après Guantanamo » qui suit le roman graphique. Alors qu’il a été probablement vendu aux américains à qui il fallait des coupables, Mohammed porte toujours le soupçon d’avoir été un terroriste et fuit de pays en pays. Il porte, de plus, de nombreux séquelles physiques de ces mauvais traitements. J’espère qu’il finira par trouver (et avant d’être tout à fait usé)  une vraie terre d’accueil.

Et vous, dans quel endroit avez-vous voyagé dernièrement grâce aux livres ?

Nefertiti dans un champ de canne à sucre et Le cosmonaute faisaient partie de mes 5 prochaines lectures et comme une bonne élève, malgré la tentation d’aller piocher ailleurs, j’ai lu les 2 poches de Philippe Jaenada achetés lors de Quais du Polar. Ils ont tous les deux pour thème, le couple (avec on imagine une part autobiographique) et se suivent même si on peut lire l’un sans l’autre.

Il est donc question dans Nefertiti dans un champ de canne à sucre, de Titus rencontrant Olive et comme à chaque fois que j’ai eu un livre de Philippe Jaenada entre les mains, j’ai ri. Ce n’est pas l’histoire d’amour qui m’a fait rire (ce n’est pas sensé être hilarant ce genre de choses) mais plutôt tous les tracas qui arrivent au narrateur, toutes ces choses quotidiennes qu’on a tous vécues un jour, qui sont banales, qui ne nous amusent pas du tout sur le coup, qui sont même parfois anxiogènes mais que l’écrivain, par sa plume, arrivent à rendre amusantes.

Ainsi la prochaine fois que j’aurais une analyse d’urine à effectuer, la prochaine fois que j’aurais un rdv chez le médecin ou la prochaine fois que je me retrouverais sur le siège d’un dentiste (en espérant que ce ne soit pas le boucher décrit dans Néfertiti), je penserais forcément à Philippe Jaenada :

Pendant ving-quatre heures, je dois pisser dans des bouteilles en plastique (« Evian, Vittel, comme vous voulez… ») et tout lui rapporter.
-Même s’il y a trois ou quatre litres, me dit-elle. Je veux tout.
[…]
Le jour suivant, je lui apporte tête basse mes deux bouteilles pleines : si je déposais sur le comptoir du laboratoire mes déficiences, mes erreurs et mes doutes gluants et puants sur du papier journal, ce serait pareil. Tenez, voilà ce que je suis : ma pisse jaune et mousseuse. Je n’ose pas la regarder en face, mais elle me dit :
-Vous savez, il ne faut pas vous sentir gêné. On a tous les jours des vieux qui nous apportent leur pisse, c’est mal bouché parce qu’ils n’ont pas de force, souvent ça dégouline et on s’en fout plein les mains. Vous, au moins, le bouchon est bien vissé.
Ah, je ne suis pas au fond du trou. Il y a pire que moi : les vieillards qui en foutent partout.

Et notre couple ? Titus et Olive c’est un peu l’Empire des sens sans le raffinement asiatique, l’amour charnel jusqu’à la destruction. On a affaire à deux adultes consentants mais à côté 50 nuances de grey c’est un peu Martine petite maman, non pas que les scènes soient particulièrement crues (quoique l’auteur ne lésine pas sur les détails) mais parce qu’Olive apparait -en tous cas à mes yeux- particulièrement maso (un peu comme les runners de mon quartier qui se tapent la montée d’escaliers la plus longue de la Croix Rousse à la montée et à la descente 10 fois de suite, juste pour le plaisir de souffrir …ça m’échappe !).

le cosmonaute Cette femme, assez timbrée de l’aveu même de l’auteur, ne s’appelle plus Olive dans Le cosmonaute mais Pimprenelle, Titus est devenu Hector, ils ne se sont pas rencontrés dans un bar mais dans la forêt allemande lors d’un mariage, toujours est il qu’on comprend qu’il s’agit bien des mêmes personnages, quelques années plus tard.

Le roman débute dans une maternité pendant l’accouchement de Pimprenelle et l’auteur, qui , a écrit des papiers pour le journal Privé (des faits divers particulièrement sanglants) sait parfaitement comment installer le suspense dans un roman qui n’est pas un thriller, créer une atmosphère de plus en plus irrespirable, mettre son lecteur sous pression.

Si j’ai préféré Le cosmonaute à Néfertiti dans Un champ de canne à sucre, c’est peut être parce que la grossesse et l’accouchement sont vus par les yeux d’un homme et cela m’a permis de comprendre avec justesse combien les hommes peuvent se sentir impuissants alors qu’on souffre (oui la plupart du temps, on douille désolée !) sur la table de travail.

Je n’existe plus pour Pimprenelle qui accouche. C’est triste et déconcertant, car cela ne correspond pas du tout à ce qu’on voit au cinéma et à la télé (où le mari fait corps avec sa femme, elle s’agrippe à son bras, plante ses ongles et serre si fort que comme elle il grimace de douleur (mais c’est de la bonne douleur, je t’aime), leurs regards sont soudés, leurs yeux rivés par des flux intenses d’électricité amoureuse, ils transpirent ensemble, crient ensemble, tous leurs muscles se crispent ensemble, exactement comme s’ils étaient en train de baiser (mais pas du tout), c’est l’harmonie parfaite, c’est la passion dont tout le monde parle, et l’homme joue le plus grand rôle de sa vie, vas-y ma chérie, pousse, pousse, oui mon ange, pousse, pousse, pousse, tu es formidable, oui, pousse, POUSSE ! -parfois, malgré la torture et l’angoisse, dans le masque de souffrance que chacun arbore se dessine un sourire complice, timide et incrédule). Nous, c’est moins spectaculaire : elle ne m’a pas regardé une fois depuis que l’accoucheur a commencé son travail d’extraction, elle a la tête tournée vers madame Bouteille et s’agrippe désespérément à son bras. Leurs regards sont rivés l’un à l’autre. Je me sens un peu à l’écart, encombrant, seul.

Le cosmonaute est aussi une « formidable » description de l’enfer que peut devenir le couple (encore une fois à mes yeux, tout dépend peut être si on est épris de liberté ou pas mais moi j’étouffais en lisant la deuxième partie du roman), Pimprenelle devenant particulièrement timbrée du ménage et de l’ordre une fois maman (c’est -je l’espère-très exagéré ).

Forcément j’ai refermé Le cosmonaute en me demandant ce qu’était la part autobiographique dans tout cela, l’auteur ayant bien un fils dans la vraie vie et si Pimprenelle qui lui mène la vie dure (euphémisme) était toujours celle qui partageait sa vie.

Je me demande si le fait de partager, ici, mes 5 prochaines lectures, n’est pas un moyen de m’y tenir (du style je l’ai écrit, c’est quasi une promesse) ou peut être un moyen de m’arrêter à un choix quand  j’aimerais pouvoir passer mon temps à lire, quand je voudrais lire plus, plus souvent mais que le quotidien contrarie mes envies.

L’enfant perdue, le dernier volet de l’amie prodigieuse d’Elena Ferrante

Pendant ces vacances de printemps, je devais être pour quelques jours en Italie. Train annulé, voyage aussi. J’aurais bien changé d’air mais à défaut de glaces crémeuses comme on n’en trouve pas en France, de grandes places et d’accent chantant, j’ai mis en haut de la pile de mes prochaines lectures, le dernier volet des aventures de l’amie prodigieuse, L’enfant perdu. J’ai hâte de retrouver Elena et Lila, l’ambiance de Naples et tous les ingrédients de cette saga italienne même si j’ai un peu peur d’avoir oublié qui est qui (et dès que je l’ai fini Estelle, je te le passe ).

Si vous n’avez pas lu les volets précédents, j’ai parlé de L’amie prodigieuse et Le nouveau nom sur le blog.

Le cosmonaute et Nerfititi….de Philippe Jaenada

Dimanche dernier, j’étais en train de flâner dans les allées de la grande librairie installée dans le palais de la Bourse à l’occasion de Quais du Polar, quand j’apprends que dans 5 minutes, Philippe Jaenada sera présent sur un des stands pour faire dédicacer ses livres. Or c’est un de mes écrivains préférés. Peu d’auteurs me procurent un tel plaisir de lecture et je crois que j’ai compris pourquoi après avoir écouté Philippe Jaenada lors d’une conférence de Quais du polar. En dehors de l’intrigue du roman, il créée une véritable connivence avec le lecteur, il s’adresse quasi directement à lui. Peu d’auteurs ont pour moi un style aussi immédiatement reconnaissable, un sens de la digression aussi drôle.

J’ai dévoré ces 3 derniers livres : La petite femelle, Sulak et La serpe, j’ai appris plein de choses sans jamais m’ennuyer et quand on a l’impression en refermant un livre, d’être un tout petit plus intelligent, c’est forcément valorisant.

Bref me voici, quasi seule (je suis arrivée pile à la bonne heure,) devant ses livres et avant qu’il n’arrive, avant d’échanger quelques mots avec lui (lui aussi drôle que dans ses livres, moi empêtrée dans mes mots et l’esprit peu dégourdi) et de faire dédicacer La serpe, j’ai acheté deux de ses poches plus autobiographiques.

Nefertiti dans un champ de canne à sucre raconte les débuts d’une rencontre amoureuse et les ébats passionnés qui suivent.La femme du cosmonaute osculte le couple quelques années après. J’ai pioché des pages au hasard et j’ai l’impression que je vais bien m’amuser avec ces prochaines lectures.

My absolute darling de Gabriel Tallent

J’ai lu de très bonnes critiques à propos de My absolute Darling, best seller aux Etats-Unis, encensé par Stephen King. L’histoire est celle de l’émancipation d’une jeune fille qui a grandi aux côtés d’un père charismatique et abusif. Sophie du blog C’est quoi ce bazar le déconseille aux âmes sensibles et comme je suis hypersensible, je me demande comment je vais accueillir ce livre mais ma curiosité l’emporte. A suivre !

Le goût d’Emma d’Emmanuelle Maisonneuve et Kan Takahama

Si c’est trop asphyxiant, j’irai peut-être prendre quelques bouffées d’air dans le manga Le goût d’Emma où l’écriture d’Emmanuelle Maisonneuve s’allie aux dessins de Kan Takahama. Forcément on pense au Gourmet Solitaire de Jiro Taniguchi (que je n’ai pas encore lu) mais la spécificité de ce titre est qu’il raconte les expériences culinaires et professionnelles, d’Emma promue inspectrice au Guide Michelin.

Est ce que l’une de mes prochaines lectures vous tente ?

Des poches, des romans graphiques, une bande dessinée, un essai, mes dernières lectures ont été assez variées. Comme il m’est impossible, par manque de temps, de tout chroniquer dans le détail mais que j’avais quand même envie de les partager, voici un court résumé de chacune d’entre elles :

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ?

Mon pitch : Vous vous êtes déjà demandés pourquoi depuis la nuit des temps et partout sur la planète, les femmes n’ont jamais été traitées de manière égale aux hommes ? Pour répondre à cette question, cette bande dessinée remonte aux origines des inégalités entre les hommes et les femmes soulignant avec humour toute l’absurdité de cette situation. Expliquer pour repartir sur des bases plus justes c’est l’idée de cette chronologie dessinée.

Saviez vous que jusqu’en 1875 les hommes pensaient qu’il était l’unique responsable de la création d’un enfant ? que tous les textes de loi et tous les textes religieux ont été pensés et écrits par des hommes posant un regard uniquement masculin sur la société ? ou encore qu’au Moyen Age les filles étaient promises à un homme dès l’âge de 7 ans, qu’elles étaient majeures à 13 ans et mariées entre 13 et 17 ans ?

Pour qui ? à la fois histoire des inégalités hommes et femmes et histoire de l’évolution des droits des femmes (avec des femmes qui ont œuvré pour que les choses changent), j’aimerais que tous les collégiens et collégiennes le lisent. En tous cas, je vais le faire lire à mon fils et à ma fille.

 

Le colis

Mon pitch : Direction le quartier rouge de Bombay où Madhu, une hija (sorte de troisième sexe, née dans un corps d’homme mais amputée de ses attributs sexuels masculins), qui mendie pour vivre après des années de prostitution, doit s’occuper d’un colis. Alors qu’elle doit s’acquitter de cette mission (pour le moins glaçante je ne vous en dis pas plus), les souvenirs de sa vie reviennent à la surface.

Pour qui ? ceux qui ont une image idyllique de l’Inde même si je ne sais pas quelle est la part de fiction et la part de réalité dans ce destin et le terrible sort des colis.

 

Chroniques de la fruitière

Mon pitch : Que celui qui aime le fromage et qui n’aura pas envie de déguster un morceau de comté après la lecture de cette bande dessinée , lève le doigt ? Au fil des saisons, l’auteur part à la rencontre des Hommes qui, dans le Jura, l’Ain ou le Doubs, produisent le comté. A travers des anecdotes et des rencontres, on comprend à quoi tiennent la qualité et le caractère unique d’un produit qui a su résister à la mondialisation dans une filière restée indépendante.

Pour qui ? les gourmands, les gourmets, ceux qui aiment en savoir plus sur les produits du terroir, les fous de fromage.

 

Comme un chef

Mon pitch : Raconter une vie à travers son rapport à la nourriture et l’amour pour la cuisine, voilà le parti pris de Comme un chef.  Repas d’enfance avec une mère qui n’aime pas passer du temps derrière les fourneaux, frustration de ne pas pouvoir préparer grand chose dans une piaule étudiante, révélation » lors du premier grand restaurant, un déjeuner chez les frères Troisgros, expériences en tant que chef à domicile, on découvre Benoît Peeters presque toujours autour d’une table même si l’autre pan de sa vie (chercheur et romancier) a aussi son importance. Hymne à la vie, chronique d’une époque, Comme un chef donne envie …de remettre le couvert sans attendre : )

Pour qui ? Ceux et celles qui peuvent passer des heures à parler cuisine, bonne bouffe et bonnes adresses

 

Un fils parfait

Mon pitch : Il est le fis parfait, le gendre idéal, celui que vos copines vous jalousent, il a « bien réussi » et puis un jour, un petit caillou se met dans la mécanique d’un emploi du temps bien huilé et c’est la sortie de route. Et si celui avec qui vous partagiez votre vie depuis des années était en fait un monstre ?

Pour qui ? Ceux et celles qui aiment lire les faits divers (d’autant plus que ce roman a été inspiré par une histoire vraie)

 

Petit traité d’éducation lubrique

Mon pitch : L’auteur s’amuse à enseigner, dans ce court livre, à son lecteur les plaisirs charnels avec beaucoup d’humour et un amour des mots incontestable.

Pour qui ? Selon Lydie Salvayre, « petit traité à instruire les analphabètes du sexe, à désengourdir les gourds et à défâcher méchants. » Si vous êtes du genre pudibond, passez votre tour.

 

Les revenants

Mon pitch : La méthode de travail de David Thomson, qui a obtenu le prix Albert Londres avec cet essai, est d’utiliser les sources primaires. Il a ainsi suivi pendant plusieurs années ( jusqu’à 5 ans et certains jusqu’à la mort)  une centaine de jihadistes (tunisiens, français, belges, suisses), menant entretiens et reportages.
Dans ce livre il racontent l’histoire de quelques uns en  leur donnant la parole une fois de retour en France, en revenant sur les raisons qui les ont poussé à partir en Syrie et en leur demandant comment se sont passées les choses une fois là bas. Leur parole est toujours accompagnée d’une analyse et d’une contextualisation pour aider à mieux comprendre leur cheminement et garder un sens critique entre ce qui est dit et la « réalité ».
Au delà de ces témoignages, l’objectif de cet essai est de déconstruire la mécanique sociale, religieuse, politique, familiale et psychologique qui les a fait basculer. Il est aussi question de leur déception, de l’inefficacité de la déradicalisation.
J’ai toujours été intriguée par ces personnes qui se laissent totalement embrigadées par les sectes et j’ai eu souvent, l’impression, au fil de ma lecture, de voir la même mécanique à l’œuvre avec des cibles la plupart du temps « fragiles » ou à la recherche de sens dans leur vie. Passionnant et terrifiant.

Pour qui ? Ceux et celles qui ont envie de comprendre (ce qui ne signifie pas justifier bien-sûr), aller au delà des propos « café du commerce » avec une grille de lecture jamais simpliste mais pourtant éclairante.

 

Et vous, qu’avez-vous lu en février ?

Hasard ou pas, j’ai lu dans la foulée 3 livres -2 romans et une biographie- dans lesquels la seconde guerre mondiale est plus qu’un élément capital. Si je vous dis qu’en plus, j’ai été voir le film La douleur (tirée du livre de Marguerite Duras) en avant première et que dans mon sac à main, se trouve le livre de poche Par amour de Valérie Tong Cuong qui se passe à la même époque, il serait facile de conclure que cela vire à l’obsession.

L’origine de la violence

Comment un livre est-il choisi plutôt qu’un autre ? Pour L’origine de la violence, la raison est toute simple : j’avais lu Comment vivre en héros de Fabrice Humbert , j’avais trouvé le propos ambitieux, j’avais aimé la plume et logiquement j’avais envie de lire d’autres titres de cet auteur. Je ne connaissais rien sur l’histoire, celle d’un jeune professeur, qui a l’occasion d’un voyage scolaire en Allemagne découvre dans le camp de Buchenwald la photo d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père est frappante.

Le personnage principal aurait pu en rester là, ranger cette ressemblance étrange dans un coin de sa tête mais depuis qu’il est enfant, il sent une rage et une violence tapie en lui et cette découverte est pour lui l’occasion de s’interroger sur l’origine de la violence (celle de l’Homme et pas que la sienne), l’origine du Mal.

Question existentielle et quête personnelle se mêlent alors sans que l’auteur ne soit jamais ridicule (pourtant la situation de départ est tout de même très improbable). Même lorsqu’il décrit l’horreur des camps, il n’y a pas une fausse note.

J’ai cru un instant que L’origine de la violence allait devenir une sorte d’essai philosophique sur le Mal mais très vite j’ai plongé dans ce roman haletant avec la volonté de connaitre les secrets de famille du personnage principal.

Winston de Boris Johnson

Boris Johnson, l’auteur de Winston, a été maire de Londres. On reconnait, malgré la traduction, cet humour typiquement anglais et l’amour qu’il nourrit pour son île sans pour autant qu’il ne perdre tout esprit critique. De la même façon, on ressent, dans cette biographie consacrée à Winston Churchill, l’admiration qu’il a pour l’homme sans que cela ne tombe dans l’hagiographie.

On connait Churchill pour son sens de la formule mais saviez-vous qu’il est le fondateur avec Lloyd Georges de l’État Providence ? il a mis en place la loi instaurant le salaire minimum (1908), créé des bureaux de placement pour lutter contre le chômage,  il est le père de l’assurance chômage et il a réduit l’âge de la retraite de 70 à 65 ans.

Chapitre après chapitre, Johnson souligne la bravoure de Churchill qui a combattu et était un fou d’aviation qui a eu de multiples accidents. Ses détracteurs lui reprochaient de vouloir toujours être sur le devant de la scène mais il admettait volontiers vouloir épater autrui comme pour « effacer » « rattraper » les relations glaciales qu’il a eues avec son père.

J’ai trouvé très intéressant le chapitre détaillant la façon dont Churchill préparait et écrivait ses textes. Il en a produit plus que Dickens et Shakespeare réunis. Il a lu un nombre de livres impressionnant (cela nous change des présidents qui déclarent sans vergogne ne jamais lire un roman) et il connaissait une foule de poèmes par cœur du fait de son incroyable mémoire.

Si j’ai mis Winston dans cette sélection, c’est que la guerre est au centre de cette biographie. Parmi toutes les opinions courantes entendues sur Churchill (et sur lesquelles l’auteur revient une à une ), l’image de belliqueux lui colle à la peau. Boris Johnson essaie de démontrer que, lors de la seconde guerre mondiale, il a, au contraire, dépensé une énergie considérable pour éviter la guerre. Par la suite, il a agi en fin stratège pour convaincre les USA de rentrer dans le conflit.

Une vraie leçon d’histoire et le portrait d’un homme extra-ordinaire.

L’amour après

Marceline Loridan-Ivens est une écrivaine, une cinéaste, rescapée des camps de concentration. A 15 ans, elle était à Birkenau. A la question que l’on se pose souvent : peut-on vivre après l’horreur, Marceline Loridan-Ivens (que je connaissais sans le savoir : c’est la jeune femme qui, dans une chanson de Vincent Delerm, demande aux gens s’ils sont heureux ) en substitue une autre, peut-on aimer un jour après les camps ? comment peut-on aimer quand son rapport au corps a été totalement ravagé ? peut-on avoir un jour du plaisir ?

Marceline Loridan-Ivens se décrit à plusieurs reprises comme n’ayant plus aucune sensation, comme une poupée de chiffon dans les histoires charnelles qu’elle a avec les hommes après la guerre. Pour nous raconter sa vie amoureuse, elle prend comme prétexte une valise retrouvée chez elle, qu’elle appelle « sa valise d’amour » contenant des lettres qu’elle nous dévoile.

Il y a un peu de Jules et Jim dans cette femme qui, à 36 ans, avait deux hommes dans sa vie. Aujourd’hui à 89 ans, sur le plateau de l’émission La grande librairie, elle réaffirme sa conception de l’amour : un amour synonyme de liberté et sans possessivité. Marceline Loridan-Ivans dit se sentir toujours jeune dans sa tête, seul son corps ne suit pas.

En refermant son livre, je me suis demandée qui, après elle, restera pour témoigner.

Y-a-t-il des sujets qui reviennent souvent dans vos lectures ?

 

 

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