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le pacte des vierges

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En ouvrant Room, c’est la voix d’un petit garçon, Jack, 5 ans, qui personnifie tous les objets qui l’entoure « petite chaise », « petite plante » « monsieur tapis » qu’on entend. Il nous raconte avec minutie les milles et un détail de son quotidien. Peu à peu, dans l’anodin, dans les descriptions pleine d’imagination de Jack, s’insinue l’idée de l’enfermement. On comprend qu’il ne quitte jamais la pièce exigüe dans laquelle il vit avec sa mère. Puis apparait l’homme du soir, le grand méchant Nick, celui qui dépose des paquets, celui qui emporte la poubelle.

Difficile d’en dire plus sans déflorer l’essentiel. Il faut lire Room pour savoir pourquoi l’univers de Jack a pour frontières les 4 murs de cette pièce et pourquoi on est pressé de savoir comment l’histoire de cet enfant et de sa mère va se terminer. La force d’Emma Donoghe est d’avoir réussi à créer un suspense sans tomber dans le voyeurisme, écueil pas facile à éviter quand on s’inspire d’un fait divers sordide. Beaucoup de lectrices de ce livre ont souligné l’originalité du point de vue adopté : celui enfantin et parfois naïf d’un gosse de 5 ans. J’avoue que pour ma part, le « parler bébé » m’a souvent gêné, voire agacé même si son principal intérêt est d’éviter le glauque de certaines situations. Un ressenti mitigé même si une fois plongée dans le roman, j’avais envie de connaitre la suite.

En 2008, dans une ville de l’Amérique profonde, 17 jeunes filles du même lycée tombent enceintes en même temps. Intriguée par ce fait divers, Vanessa Schneider (que j’ai connu par le biais de l’émission Un café, l’addition animée par Pascal Clark sur Canal +) a choisi de traiter cette histoire en ouvrant chaque chapitre de son livre avec la voix d’une des jeunes filles interviewées par une journaliste étrangère. Peu à peu, à travers la version de Lana, Kylie, Cyndie et Sue qui ont en commun une situation familiale et affective loin d’être folichonne et cela malgré des origines sociales diverses, les liens entre ces jeunes filles se dessinent et s’intensifient.

Et si ce projet insensé était un moyen (radical certes) de changer le cours de leur destin et de donner un but à leur vie grâce à l’amitié, la solidarité et l’amour qu’elles porteront à leur enfant? et si ces adolescentes qu’on a tôt fait de juger inconscientes, irréfléchies, voulaient ainsi conjurer le sort, effacer les blessures de leur enfance avec l’espoir de construite un foyer stable et heureux, ce qu’elles n’ont pas eu ?

Si le sujet est intéressant car il dérange les jugements que l’on peut avoir face à des grossesses précoces, l’écriture de Vanessa Schneider ne m’a pas emballé. Néanmoins le livre se lit vite et sans déplaisir et la fin, en partie tragique, constitue un rebondissement inattendu.

A noter : ce fait divers a aussi inspiré un film 17 filles qui sortira le 14 décembre 2011.

Alors un de ces livres te tente ?

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