Si maman si

Peut mieux faire dès la maternelle

J’aime bien les institutrices (on dit professeur des écoles je sais) : ma sœur est instit, deux de mes très bonnes amies sont instit. Je connais un peu leur quotidien, je sais que n’a pas le concours qui veut. Jamais tu ne m’entendras critiquer leurs vacances car je n’envie pas leurs journées entières, debout face à  des classes de 30 élèves dont le niveau de décibels peut vite atteindre Lara Fabian s’époumonant sous sa douche, leurs conditions de travail qui, ces dernières années, se sont empirées vu la suppression de personnel et des parents qui ne leur prêtent parfois que peu d’estime.

Mais j’avoue la maîtresse, cette année, je ne suis pas sa plus grande fan et de manière générale la façon de considérer l’enfant dans l’école maternelle de mon fils je n’arrive pas à y adhérer.

J’ai du adresser deux fois la parole à celle qui s’occupe de la classe du chérubin cette année (bonjour et au revoir mis à part, je suis polie tout de même) mais les deux fois j’ai eu une pluie de remarques négatives. Mon fils n’est sûrement ni en avance, ni un génie. Il ne sait pas lire avant l’heure, il ne dessine pas particulièrement bien et niveau psychomotricité il est même en retard sur un certain nombre de points mais c’est un enfant plein d’imagination, créatif, qui adore les livres, curieux de tout.

Qu’elle veuille m’alarmer, je ne le nie pas..d’ailleurs tous les lundis, je fais la navette école-psychomotricien, profitant de mon 50%. J’ai vu aussi ses progrès, son désir « d’essayer » prendre le pas sur sa peur de ne pas y arriver mais les retours positifs je les attends toujours.

Dépassionnons le débat et éloignons nous de mon fils. Ils ont des dividendes sur chaque consultation chez l’orthophoniste, les instits? non parce dès la petite section, la maitresse prend tous les parents dont les enfants ont des défauts d’élocution à part et leur conseille d’emmener leur progéniture en séances. Je ne suis pas spécialiste du langage, j’ai juste observé qu’à cet âge là, les choses évoluent grandement en un an.

Bref je m’interroge sur cette médicalisation de l’enfance au sein de l’école, ce discours qui met en avant uniquement ce qui ne va pas (j’ai entendu aussi à propos d’un autre enfant et de la part d’une autre maîtresse « votre enfant est lent, à part lui mettre des piles je ne vois pas ce qu’on peut faire »…et je t’assure que je ne suis pas dans une maternelle, prépa du lycée Henri V), ce besoin de rentrer dans le moule à tout prix. Je croyais qu’il fallait encourager l’enfant, ce n’est plus à l’ordre du jour?

Je me demande s’il y a une place pour les enfants qui ne pigent pas tout tout de suite, qui mettent plus de temps que les autres, qui ont des difficultés ou si l’école finalement n’est là que pour les bons élèves (si on peut utiliser cette notion si tôt).

Que mon fils sache lire avant d’entrer en primaire, qu’il saute une classe ou qu’il passe son bac à 16 au lieu de 18, quel intérêt cela a ? cela le rendra-t-il plus heureux dans la vie?

Ce que j’observe aujourd’hui c’est un gamin, très sensible à la base, qui a mal au ventre tous les matins.

J’aimerais surtout c’est qu’il ne perde pas le goût de l’école, le goût d’apprendre et vu la pédagogie à l’œuvre, je ne suis pas certaine qu’on soit sur la bonne voie.

J’attends vos avis, nombreux j’espère !

Edit : Sur Fais-toi la belle, je parle aussi enfants puisqu’on mercredi  !

 

87 Comments

  1. Tu ne précises pas qi ton fils est en quelle section est ton fils. As-tu dit à la maîtresse qu’il allait chez le psychomotricien ? Si oui, elle exagère et doit prendre en compte ses difficultés. Les défauts d’élocution c’est fréquent et c’est vrai que c’est bien d’aller chez l’orthophoniste si ils perdurent en GS car en général, ces enfants identifient moins les sons et du coup c’est plus dur pour la lecture… Mais je suis de ton avis, il faut arrêter, on ne prépare pas HEC dès la maternelle…
    Mon expérience de maman et d’instit de CP me dit que si ton fils comprend bien, est curieux etc, il y arrivera. Le mien a eu du mal à apprendre à lire et on me disait parfois que sa scolarité était foutue et franchement c’est nul… Il est dysorthographique et une fois les difficultés de lecture passées, je peux te dire qu’il a des notes honorables et qu’il s’en sort mais cette année (6e) j’ai du me battre pour faire reconnaître sa dysorthographie et faire admettre aux profs qu’il avait juste besoin d’un peu plus de temps pour les contrôles…

    Cette expérience de maman a beaucoup chnagé ma manière de faire face aux difficultés de mes élèves et de les encourager…

    • mon fils est en MS et oui elle le sait pour le psychomotricien puisque je viens le chercher en classe tous les lundis après-midi
      je suis atterrée par le discours  » sa scolarité est fichue »..c’est tellement définitif ! raide !
    • Ma fille est suivie depuis la petite section et elle est en grande section aujourd’hui. Je suis ravie de ce suivi précoce parce que la rééducation orthophonique peut parfois être longue. Elle n’a que des problèmes de prononciation mais à raison d’une demi-heure par semaine on ne peut pas tout régler en 6 mois (enfin en ce qui la concerne).
      Aujourd’hui ça va mieux pour elle mais avec les petits défauts de langage qu’elle traine encore on se rend compte que le découpage des mots en syllabes et la reconnaissance des sons dans un mot, ce sont des choses difficiles pour elle et il faut les acquérir car elle en aura besoin pour l’apprentissage de la lecture et l’écriture. S’il avait fallu attendre le CP pour agir, ce n’est pas une AVS qu’on aurait demandé pour l’année prochaine, c’est une école spécialisée…
      Et puis l’instit propose de passer un bilan, c’est l’orthophoniste qui décide s’il y a un réel besoin de suivi.
    • Je peux t’expliquer mon point de vue sur ce point : je suis instit en GS, mais je vois les problèmes que rencontrent ma collègue de petite section, et il est vrai qu’elle propose parfois aux parents de rencontrer une orthophoniste dès cet âge… on voit des gamins arriver à l’école avec de gros problèmes d’élocution, je pense à une petite fille qui est maintenant dans ma classe, et a un très bon niveau scolaire, beaucoup de vocabulaire, intelligente etc mais en PS, quand elle me parlait dans la cour, je ne comprenais absolument rien !! On aurait dit qu’elle avait des Krispols dans la bouche ! Il est vrai que les gamins progressent très vite à cet âge, et il est normal qu’ils ne sachent pas très bien parler à cet âge, mais là, quand on pense qu’il y a un problème autre, c’est dommage de passer à côté, ou de perdre 2 ans à régler le problème s’il y en a un. D’autre part, on n’est pas qualifié pour détecter ce genre de problème, on essaie juste de ne pas passer à côté, en proposant un simple « dépistage », et c’est l’orthophoniste la mieux placée pour faire un diagnostique. S’il l’enfant n’en a pas besoin, elle ne le prendra pas, et c’est réglé et on a rien à se reprocher. Voilà, c’est mon point de vue.
  2. Tu comprends mieux mon écoeurment du système alors? Y a des parents qui me disent : mais c’est du bourrage de crâne ces programmes! Ben oui… mais que voulez vous… y a les évaluations nationales en mai, on a des comptes à rendre…
  3. Je suis assez atterrée par de nombreuses choses à l’école tu t’en doutes vu le profil de mon fils, cette volonté de les faire rentrer dans des cases, ce souci de ne souligner que les choses qui en vont pas, alarmer les parents, punir les enfants à tour de bras, les isoler trop souvent pour les punir, culpabiliser les parents sur le temps de l’enfant passé à l’école … MAIS cette année je suis si ravie de son instit que ça m’a pas mal réconciliée avec le corps enseignant et quand je lis Chrys ou Mimilady sur leur blog je me dis que oui ces instits là existent aussi. En maternelle il en avait une formidable aussi qui a arrêté de le punir en le mettant toujours à l’écart et a préféré le valoriser quand il faisait bien. C’en était terminé des « il a été puni aujourd’hui » tous les soirs en venant le chercher. La solution ? Patienter et attendre une autre instit ou changer d’école si ça va vraiment trop loin. On ne va quand même pas les bourrer de cachets pour qu’ils ne stressent pas en allant à l’école !!!
  4. Le système scolaire actuel est fait pour des enfants qui rentrent dans des cases bien définies et c’est affreux car quand c en’est pas le cas un enfant plus rêveur, qui prend son temps etc paf les réunions pour établir un suivi psychomteur psy tout court les court de soutien à tout va..PAr contre quand on s’aperçoit que nos minis ont quelques lacunes que l’on demande un support pour les aider (livres etc) la réponse est « je ne sais pas ». Effectivement ce qui est mit en place est efficace pour certains enfants c’est évident maintenant ne pas faire comme tout le monde s’appelle avoir de la personnalité pourquoi tenter de gommer cela??Je ne comprends pas…
  5. (je compte tenter le concours d’orthophoniste, et tu me mets en joie, j’aurai un boulot de dingue si on commence dès la maternelle !!! pfff je suis atterrée…)

    Je n’aime pas ces jugements à l’emporte pièces sur les enfants…
    Je crois que l’important c’est de les valoriser quand ils font bien, comme dit maman@home, on a bien le temps de mettre le doigt sur leur lacunes!!

  6. je me reconnais dans ton article, je reconnais aussi mon fils. Les miens ont tous les deux un retard de langage. Le plus grand au début de l’année parlait tres mal on le comprenait pas tes bien, maintenant c’est une piplette qui arrive a nous souler serieusement. Aprés l’histoire du pseudo autisme qu’il n’avait pas, j’ai eu droit à une matiresse qui nous a forcé a faire une demande d AVS parce que le mien n’est pas au même niveau que la pluparts des autres, tu comprend à 4 ans il ne sait qu’ecrire son prénom, mais récite mal l’alphabet et les chiffres donc elle en déduit qu’il est en retard. Bon sang il est en moyenne section!
    Suivie depuis ces deux ans par une orthophoniste ainsi que son petit frere, ici la question du psychomoteur pour le grand se pose aussi, pour le moment on le laisse aller a son rythme il a deja vu un peu trop de pseudo spécialiste qui nous ont enduit en erreur.

    Oui enmener son enfant chez le pedopsy, ortho et psychomoteur cest la grande mode, si tu ne le fait pas t’es une mauvaise mere, enfin si c’est pour un simple probleme d’élocution je ne vois pas l’urgence, contrairement a un retard de langage la oui il y a necessité.

    pareilje n’aime ps sa maitresse de moyenne section, pourtant celle d’avant etait un ange…et j’ai un paquet de copines instits aussi 😀

    • moi non plus je n’ai pas envie qu’il passe son temps chez les spécialistes juste parce qu’il prend un peu plus de temps que les autres
  7. Ici aussi, on peut dire que l’école fait des ravages… Ma fille déteste l’école… Pas étonnant avec pas moins de 9 instits en 2 années de maternelle… Un suivi désastreux…. Elle qui était de début d’année et était plutôt en avance, s’est trouvée être scolarisée avec des plus jeunes, et perd totalement intérêt pour l’école et tout ce qui s’y fait…vaste sujet…
  8. Je pourrai écrire des pages et des pages sur ce thème… La 1ère année d’école j’ai pris toutes les remarques et réflexions à cœur et au premier degré, j’ai fait tout ce qu’on m’a dit de faire bien consciencieusement. Maintenant qu’on a connu pas mal de maitresses et donc de méthodes différentes, je prends davantage de recul, j’écoute ce qu’on me dit mais j’écoute d’abord et surtout mon fils, je connais ses limites et ses craintes (dues en grande partie à son hypersensibilité) et j’ai confiance en ses capacités.
    Et surtout, surtout tout peut changer d’un instit à un autre, cette année la classe de mon garçon (en GS) a fait péter le record de remplaçants, tu n’imagines pas les différents sons de cloche qu’on a pu avoir de l’un à l’autre.
    J’en ai les larmes aux yeux de lire que ton p’tit bonhomme en est malade tous les matins…
    • comme nous nous ressemblons, tu ne peux pas savoir c’est fou !
      je suis coincée entre deux discours : d’un côté les psychomot (et psy car nous avons déjà vu des psy également) qui me disent qu’il faut rassurer l’enfant, faire confiance en ses capacités et de l’autre le discours de la maitresse assez alarmant qui insiste sur son retard…mais je vais essayer de prendre plus de recul peut-être..déjà je refuse d’aller chez l’orthophoniste cette année, on verra l’an prochain
  9. Ca me serre le coeur pour ton petit…avoir mal au ventre quand on va à l’école (en maternelle qui plus est)…
    les instits du mien sont bien mais le cas est à part c’est nous qui sommes arrivés avec le problème clé en main 😉

    Je suis sidérée de voir comment la société évolue, la performance, le meilleur, les cases (et les bonnes de préférence) toujours et encore plus!

    • je crois que tu mets vraiment le doigt sur la source du problème : l’école est à l’image de la société !
  10. oh là là… mon expérience en la matière a des hauts et beaucoup de bas… cette année je suis à fond pour les instits de mes grands mais l’année dernière ce fut l’horreur pour les deux…. je déteste tout simplement qu’elles (oui des femmes) veulent à tout prix faire rentrer tous les enfants dans les mêmes cases !!!! grr grrr
  11. Je suis consternée mais pas étonnée : la fille de l’une de mes amies s’est vue confiée également aux bons soins d’un orthophoniste sur les conseils pressants de la maitresse. Alors qu’elle prenait rendez-vous, la secrétaire médicale lui a demandé si le nom de la maitresse était madame Truc. Mon amie étonnée lui a répondu que oui. En fait, la maitresse a « orienté » plus de 40% des enfants ! Quelle classe !!! ou quelle maitresse …?
  12. Je vais donc apporter une petite note positive dans cette discussion, car j’ai beaucoup de chance, mon fils est dans une école formidable, sa maîtresse est juste géniale, se comportant avec TOUS les enfants de la classe de la même manière. Il y a un gamin très difficile dans la classe, elle a expliqué très fermement aux parents lors de la réunion de début d’année qu’elle ne supporterait pas d’entendre de critiques et de jugements négatifs sur quelque enfant que ce soit (et nous avons tous compris qu’il s’agissait de ce petit), elle gère, avoue que parfois c’est dur en fin de journée, surtout au niveau des décibels. Bref, elle est humaine, et c’est un vrai bonheur. Mais je pense que si j’avais affaire au même genre que la tienne, je le prendrai carrément mal !
    • elle est super ta maitresse…je voulais redire que le but de mon billet n’était pas de faire de l’anti-maitresse parce que derrière les personnes, il y a aussi un système, un mode de pensée (être le plus rapide, le plus performant, etc..) …
  13. J’ai fait 2 ans de maternelle en Belgique et 1 an en France, bien déjà à mon époque, quel contraste ! En Belgique, nous étions 9 dans la classe et je crois que c’est le secret de la réussite. La maîtresse a le temps pour tout le monde et s’adapte au rythme de chacun. Je me souviens aussi que chacun pouvait faire l’activité qui lui plaisait (moi je ne faisais que des colliers de perle !) 😉
    En France, j’ai débarqué dans une classe de 60 avec 2 maîtresses et je pense qu’elles ne devaient même pas connaître mon prénom à la fin de l’année… je n’en ai qu’un souvenir de froideur et d’abandon au bout milieu d’activités de groupe auxquelles je n’étais pas habituée. Je souhaite que ton fils tombe sur une personne plus adaptée (et adaptable) l’an prochain ! Il n’y a plus que 2 mois à tenir !
    • 9 en classe, ça existe? mais pourquoi on ne s’inspire pas de ce qu’il y a de bien ailleurs en France?
      oui espérons que l’an prochain les choses soient plus positives
  14. Gloups … tu m’effrayes un peu .. Ma naine fera sa rentrée en PS en septembre.

    Depuis longtemps, i’ai compris qu’à l’école il n’y a pas de place pour les enfants qui ne rentrent pas dans les cases … Mais si tôt ça me sicère !!

    Puis arrêtons avec tous ses pseudo machin chose : quand nous étions enfants, nous n’avions pas tous ses spécialistes et nous ne sommes pas tous abrutis ?!
    Il faut être à l’écoute de l’enfant, et il n’y a pas mieux qu’une maman et un papa. Comment une maîtresse peut elle s’occuper ou évaluer ou juger un enfant parmis 30 autres …

    grrr il faut que le système scolaire change, mais là c’est un autre débat …

    • en effet comment connaitre vraiment un enfant, sa personnalité quand on en a 30 en permanence en même temps..Impossible !
  15. Je suis tout à fait d’accord avec toi ! Maintenant dès la maternelle, on a l’impression qu’ils ont un concours à préparer à la fin de l’année. Mon fils est entré cette année en petite section, et dès le début de l’année, la maitresse a parlé des évaluations… J’ai failli m’étouffer… Des évaluations en petite section de maternelle ??? Je rêve !!!
    Ma grande de 10 ans plus âgée n’a jamais eu d’évaluation en maternelle, il y avait à l’époque un cahier de vie avec les exercices réalisés en classe. Si elle repérait un problème, elle faisait le point avec les parents, et encore, je pense que l’on prenait plus en considération le rythme d’apprentissage propre à chaque enfant.
    Ici on vient même de nous parler de séances d’aide personnalisée, en maternelle !!!
    Le monde tourne à l’envers ou quoi ? Veux t’on vraiment que nos enfants deviennent tous de petits génies ???
    • je m’interroge surtout sur les résultats car niveau lecture les élèves qui ont des problèmes sont parait-il de plus en plus nombreux ..
  16. J’ai une amie dont le fils est en 1ère maternelle et a droit à des cours d’aide personnalisée. A 3 ans et 3 mois, on lui a proposé ça et ça m’a fait hurler. Mais il est tout petit, c’est quoi ces conneries? Quoi, en plus ils ont des livrets d’évaluation? Mais c’est des bébés, et la maternelle c’est pour jouer à la dînette et faire des coloriages, non? Je ne vois pas ce qu’ils cherchent à faire, à part mettre à l’écart certains élèves au profit des autres. Attendons la primaire, et laissons les tranquilles avant!
    • il y a eu aussi des cours d’aide personnalisée dans la classe de mon fils ..pour tous les élèves à priori…je ne sais pas trop quoi en penser mais j’avoue que j’aurais préféré des cours de théâtre comme en parle Ange étrange dans son commentaire vu l’âge des enfants (mais peut-être ne suis je pas assez exigeante ? )
  17. Je crois malheureusement que plus ça va aller, plus l’école sera la plus grande source d’inégalités ce qui est en total désaccord avec la philosophie de base… Il n’y a en effet pas de place pour ceux qui sont plus « lents », moins vifs, rêveurs, poètes… à 30 dans une classe je ne vois pas comment ça peut être autrement. Et imagine que pour toi ou d’autres, les enfants ont la chance d’avoir des parents qui font attention, qui sont là, qui s’intéressent et qui font bouger les choses car pour certains, c’est fichu d’avance, soutenus ni par l’école, ni par les parents (parce que différences de cultures, de langues, de milieu social ou pire…) Je vois tous les jours les inégalités en allant à l’école et ça me rend dingue…
    Tu connais ton fils, tu sais de quoi il est capable et comment c’est ce qui compte… Il faut espérer que l’an prochain sa maitresse sera plus pédagogue. Si tu le sens demandeur dans un domaine artistique ou autre, à toi peut être de l’encourager à la maison. J’ai toujours dit à ma fille qu’on ne pouvait pas tout apprendre en même temps, au même moment. Ses copines savent faire des choses mieux qu’elle et vice versa…
    Ma fille ne saura pas lire avant le CP, j’ai eu des complexes en milieu d’année par rapport à d’autres enfants mais j’ai arrêté de flipper, elle apprendra comme tout le monde et ya pas de raison, à priori! qu’elle n’y arrive pas en temps utile…on pourra en reparler si tu veux!
    • l’école facteur d’ascenseur social n’est-t-elle pas un mythe finalement?
      mais pourquoi faudrait-il savoir lire avant le CP maintenant? c’est fou car paradoxalement on entend qu’il y a de plus en plus d’enfants qui ne savent pas lire correctement à la fin de la primaire !
  18. Oh punaise j’ai un roman à faire sur le sujet !
    Au début de la moyenne section on s’est un peu frité avec la maitresse, rapport à la Clochette, ses problèmes de motricité, de timidité, de concentration… elle a finalement compris après un rendez-vous avec elle quand on lui a fait l’historique de son parcours, les suivis en route. Tellement bien compris qu’on a resigné avec elle en grande section quand elle a proposé de garder Clochette avec elle (elle a une double section cette année). Elle fait hyper attention à elle maintenant, elle l’encourage dès qu’elle peut, c’est elle aussi qui nous a parlé en premier de la demande d’AVS, des démarches à faire…
    Parce que c’est clair, notre fille ne rentre pas dans le moule, l’année prochaine c’est le CP et la pauvre ne s’est toujours pas remettre ses boutons, ses chaussures, son cache-nez, j’en passe et des meilleures. Elle est intelligente mais a de gros problèmes d’attention, elle décroche facilement et se met dans sa bulle, s’isole. Seule elle va galérer, j’ai peur de cette nouvelle maitresse qu’on aura et qu’on ne connait pas encore, à qui il va falloir tout réexpliquer et j’ai peur de tomber sur une qui ne comprend pas, qui ne prendra pas le temps de comprendre et qu’à cause de cela ma puce décroche complètement, se perde dans un système qui ne sera pas adapté à ses petits handicaps.
    L’AVS c’est notre bouée de sauvetage et pour l’instant on ne sait pas du tout si ça sera accepté ou pas, si nos critères de demande sont les bons et s’il y aura bien une personne disponible pour s’occuper d’elle.
    Certaines sont contre les instits qui orientent vers un spécialiste ou pointent ce qui ne va pas. Moi j’ai aimé ça parce que ma fille n’est pas la même à l’école et à la maison, à la maison on ne se rend pas compte de ses handicaps, on n’a pas d’enfant plus âgé ou de son âge dans notre entourage, on ne peut donc pas « comparer » (dans le sens positionner notre fille par rapport aux autres, à savoir ce qu’on est en droit d’attendre d’elle à son âge). Elle ne sait pas s’habiller, on le fait pour elle, ça ne nous dérange pas mais qui le fera quand elle ira à la piscine avec l’école l’année prochaine ? (et ça n’est qu’un exemple)
    La maternelle n’est pas une garderie où on ne fait que s’amuser, on y apprend aussi des choses, on se prépare doucement au CP. Mais je rejoins aussi celles qui pensent qu’on leur en demande parfois trop aux enfants, on se prépare DOUCEMENT au CP, on a le temps quand même hein…
    • je vois que le sujet t’inspire..dans ton cas particulier, bien-sûr qu’il faut que ta fille soit suivie ..ce que je voulais dire c’est qu’aujourd’hui, j’ai l’impression, peut-être fausse, qu’on envoie beaucoup d’enfants chez les spécialistes (psy, ortho) dès qu’ils sont un peu plus lents ou différents et que ce n’est pas toujours pertinent
  19. N°1 est sensible et timide, mais N°1 a cette « chance » d’être scolaire. Il ne se rebelle pas, il reste en place, il fait ce qu’on lui demande. J’imagine que ça aide. Cependant, la maitresse de N°1 a pris le temps de voir chaque parent individuellement pour parler de l’enfant. N°1 a de nombreux soucis concernant son comportement, car à trop vouloir bien faire et ne aps decevoir, il arrive à faire des blocages et se met en echec tout seul. L’instit m’a tres bien expliqué cela, elle y travaille de son côté et moi aussi… depuis decembre. Et sincerement, je vois la différence aujourd’hui.
    Je sais que tomber sur des profs comme ça est rare, et je goute ma chance!

    Quand je lis ce que disent les profs dans l’ecole de ton fils, j’ai simplement envie d’hurler! Je sais que toi, de ton côté, tu peux arriver, chez toi, à expliquer à ton fils ce qui va et ne va pas et le valoriser, mais qu’en est il des familles moins stables? Des parents qui ne prennent pas le temps? Des parents qui prennent les dires des instits comme argent comptant et qui en rajoute chez eux? Je me demande vraiment ce qui passe par la tête de ces profs. Sont ils à ce point là des sadiques d’enfoncer de si petits enfants (quoi que je pense pareil de ce genre de situation au college ou au lycée).

    Argh…j’suis énervée!

    • pas d’entretien individuel contrairement à l’an dernier…la communication n’est pas à son summum entre les parents de la classe de manière générale et la maîtresse
  20. Pas mal ton post, ça m’a bien fait rire le coup des dividendes chez l’orthophoniste !
    Je suis maîtresse de petits / moyens et je me suis sentie bien concernée 😉 j’ai commencé en effet à alerter sur une petite qui a de forts problèmes d’élocution (elle ne prononce que les voyelles, ce qui est embêtant car c’est une vraie pipelette !), en précisant que l’orthophoniste ce n’est qu’à partir de la moyenne section.
    Ce n’est pas pour effrayer, mais pour préparer. On se fait trop engueuler quand on pointe les difficultés d’un élève du jour au lendemain, sans que rien n’ai été signalé avant, du coup on se retrouve à être « la méchante prof qui n’y connaît rien aux enfants de toute façon »…
    Après je ne me suis pas sentie visée, j’essaie de toujours finir mes commentaires sur une note positive 😉
    Et je suis tout à fait d’accord sur le fait que l’école ne prend pas en compte les différences de niveau, ce qui devrait pourtant être le cas (on appelle ça le travail de différenciation). Seulement étudions les faits : un prof, de 23 à 31 élèves auxquels enseigner la même chose mais différemment, en même temps (hum !) ; un cycle de 3 ans pour acquérir l’ensemble des notions, mais pourtant un découpage en année avec compétences à avoir intégrées au fur à mesure…
    Il faut arrêter de se leurrer, l’école c’est toujours pour les meilleurs. Les autres essaient malheureusement de se maintenir à flot 😐 (j’ai oublié de dire que je suis prof dans le département le plus « sensible » de France !)
    • ah tu avoues les dividendes ))…est-ce qu’à force de vouloir préparer, on ne dramatise pas? parce qu’au final, il n’y a pas de moins en moins d’élèves en échec si ?
  21. Une de mes petites filles va avoir 4 ans en septembre, elle habite à Berlin, et là-bas, les enfants ne vont pas à l’éocle avant 6 ans, voire 7 ans (si on peut, c’est mieux).
    Savoir lire avant l’heure est très mal vu etc.
    Avant cela, ils sont à la garderie, où il n’est pas question de « travailler ».
    Les enfants sont là pour jouer, il ne faut surtout pas les stresser.
    Un livre à lire : « Cousins par alliance : Les Allemands en notre miroir »;
    Tu verras à quel point les Allemands sont « laxistes » avec leurs enfants (ma fille comprend mieux du coup l’attitude de mères allemandes, dans la vie quotitidenne).
    Les Allemands prennent le contre-pied de l’éducation trop rigide du passé, qui est peut-être une cause de la naissance du mal en 1933. (le ruban blanc de Michael Hanneke)
    • merci pour le livre, cela doit être très intéressant d’avoir un point de vue radicalement différent du nôtre …et toi là-dedans tu en penses quoi? quel est le meilleur système selon toi?
      • Moi je pense qu’il faut laisser les petits aller à leur rythme.
        Et je trouve que c’est dommage que les enfants de maternelle appréhendent déjà l’école.
        Mon neveu qui a 21 ans aujourd’hui, savait lire à 3 ans au grand dam de la maîtresse ! Aujourd’hui il est étudiant à l’école normale supérieure rue d’Ulm en philosophie.
        Quand il était petit, il a été mis dans une poubelle par les autres, il a été mis dans un placard à balais (cp) 1 an d’avance, donc pas la maturité… jusqu’à ce que la maîtresse conseille à ma soeur de le mettre dès l’année suivante dans une école privée de Juan Les Pins (Ma soeur habite à Vallauris-Golfe-Juan) et qu’il soit avec des enfants « comme lui », un peu en avance.
        Mes petits enfants qui ont 3,4 et 6 ans (gs de maternelle) ne savent pas encore lire et tout va bien 😉
  22. J’ai oublié de dire un truc important, quand ma fille rentre et me dit « tu sais j’ai pas su faire ça » je lui réponds que l’école c’est pour apprendre, pas pour étaler tout ce qu’on sait déjà et que pour apprendre eh bien on peut se tromper, il y a des étapes, on n’y arrive pas et un jour on a tout compris… ça lui enlève la pression quand même car à presque 6 ans elle se compare elle-même aux autres alors je valorise ce qu’elle sait bien faire. Foutu sentiment de compétition !
    • moi aussi j’insiste sur ce point car quand il n’arrive pas à faire quelque chose, il prend ça comme un drame !
  23. laissons les enfants avancer à leur rythme !! surtout en maternelle ! la maternelle certes ça n’est pas une garderie mais c est un apprentissage avant tout ludique!
    je crois que tu devrais faire part du fait que ton fils a mal au ventre, qu’elle comprenne qu il serait bon de cesser cette pression adhérente! et lui redonner avant tout le gout d apprendre sans avoir peur !
    • je suis d’accord quand tu dis que ce n’est pas la garderie mais qu’il doit y avoir encore une part ludique vu leur âge…c’est peut-être le cas cela dit, je ne suis pas avec eux en classe…ce n’est peut-être qu’une question de manque de psychologie avec l’enfant (même si c’est embêtant tout de même)
  24. le gros problème du système actuel.
    Une amie maman a eu un pb aussi avec l’instit de ses enfants, mon mec – instit en petite section – lui a répondu qu’ils n’étaient personne pour dire aux parents d’aller consulter. A priori ils doivent demander au personnel spécialisé de l’établissement !
    et surtout elle n’ pas à tenir ce genre de propos. Alors soit tu t’entends bien avec le directeur de l’établissement et tu lui en parles, soit tu attend patiemment l’an prochain de changer de maitresse (qui doit être une vieille aigrie comme il y en a malheureusement beaucoup).
    bon courage!!
  25. Cet article aurait pu être écrit par moi, même si ma fille ne rentre qu’à la maternelle en septembre, je me suis occupée de mes neveux de nombreuses années, et j’étais surprise de voir à quel point un enfant pouvait etre mis de coté, s’il ne rentrait pas dans le moule! Mes neveux aujourd’hui s’en sortent très bien, un d’entre eux a choisit un parcours professionnel mais qu’importe il est intelligent malgré ce qu’on pouvait lui faire croire à l’école, car le pauvre a été bien rabaissé, j’étais outrée d’entendre les maitres(ses) dire qu’il n’étais « pas comme les autres », qu’il ne se concentrait pas, qu’il n écoutait pas, qu’il était turbulent, qu’il allait mal finir…etc….enfin tout ça l’a suivit toute sa scolarité car en plus quand un enfant a des soucis, c’est écrit a vie dans son dossier, et ça le suit!!!! Il a été voir des psy qui disaient qu’il n’avait qu’un trop plein d’énergie et que l’école ne lui correspondait pas, mais aucun enseignant ne s’est remis en cause! Voila ce que je n’aime pas dans l’école, ce moule ou il faut rentrer pour être intégré!
    • « allait mal finir » cela me fait penser à cette étude qui prédisait soi disant les futurs délinquants dès la petite enfance )
      • Voila tout à fait…j’ai d’ailleurs vu une émission des Maternelles consacrée a ce sujet « les enfants turbulents » et justement ils disaient que ces enfants souffraient de l’étiquette qu’on leur donnait à l’école….j’avoue que j’ai peur pour la rentrée de ma fille en Maternelle, surtout que mes 2 puces se suivent donc la dernière rentrera peut être l’année prochaine…bon je ne mets pas la charrue avant les bœufs mais bon j’avoue que j’y pense…
  26. Je partage ton point de vue sur l’école d’aujourd’hui qui ne laisse pas grand place à l’évolution de chacun. C’est pour ça que pour Loulou je voulais trouvais une école un peu différente. J’ai trouvé la méthode Montessori géniale mais malheureusement les prix sont exorbitants (ici on me demande 750e par mois !!!)
    J’étais, petite, beaucoup poussée à l’école, j’ai sauté une classe etc… Et d’après mon expérience cela ne sert à rien. Ça a même été plus difficile qu’autre chose.
    Si toi déjà tu ne lui mets la pression et tu lui expliques que la celle chose que tu attends de lui c’est qu’il fasse de son mieux quelque soit le résultat cela peut peut-être l’aider. Mais je crains que tu ne puisses pas changer l’instit !
    Courage à ton petit bonhomme: faire de son mieux et ce qu’on peut c’est ça le plus important !
    • je ne connais pas grand chose de la méthode Montessori, j’imagine qu’il y a tout de même obligation comme base les mêmes apprentissages mais peut-être que la personnalité de l’enfant est plus mise en avant, que ses points forts sont mis en avant? de toute façon, vu les prix, la question n’est pas d’actualité mais le fait qu’il n’y ait actuellement dans le système actuel de l’école publique qu’un seul modèle quelque soit l’élève tend à prouver que la machine est dure à réformer !
  27. Réponse d’une jeune (pas par l’âge, mais par « l’ancienneté » – 6 ans – dans l’institution) instit 😉
    – Notre inspecteur vient juste de nous demander quand nous commencions l’aide personnalisée à la rentrée prochaine (en maternelle) : 2 ou 3e semaine de rentrée (ben voyons… on connaît à peine les enfants et hop). Il a reproché à une collègue de PS/MS à l’automne dernier de ne pas avoir commencé l’aide perso dans sa classe (elle a répliqué qu’il ne fallait pas abuser, que c’était des petits moyens, qu’il ne fallait pas paniquer les parents et en plus, il n’y avait pas de réels besoins)
    – Notre inspecteur nous a demandé de faire passer des évaluations en fin de GS nationales (ou qui vont tendre à l’être). Toutes les mêmes sur la circonscription. Il y en a qui sont bien trop difficiles, mais on ne peut pas se faire entendre de l’institution. De toute façon, il y en a également en rentrée au CP, sur la ZEP où je suis, avec pourcentage que l’on doit faire remonter et tout le bastring. ça m’a toujours énervée, je n’ai jamais rendu de moi-même les pourcentages, je les ai gardés pour moi, pour organiser le travail dans la classe
    – le livret d’évaluation qui suit votre enfant depuis la PS n’évalue pas les mêmes choses en fonction de son âge, bien sûr. Chez les petits, on s’attachera à sa socialisation, au développement de son autonomie, de son langage, on lui apprend à devenir élève (à rentrer plus ou moins bien dans le moule… ben oui, notre institution veut ça malheureusement… à nous instit de leur permettre de garder leur personnalité, tout en se conformant à certaines règles, à nous de savoir doser… chez les grands, on s’attachera à tout ce qui est pré-requis pour le CP… quand je lis qu’une maîtresse s’inquiète qu’un MS ne sache pas son alphabet et ne sache qu’écrire son prénom, je crois qu’un petit stage en ZEP lui ferait du bien… je suis contente quand ils connaissent leurs lettres en fin de GS, mais plus d’un ira au CP sans toutes les connaître. Et je ne vous parle pas du nombre d’enfants, en fin de GS, qui malgré un travail depuis 3 ans, dessinent encore des bonhommes têtards… sans bras qui plus est..
    Le mot évaluation est fort, je dirai que ce livret de SUIVI est important dans l’équipe pour savoir où en est l’enfant, quels sont les points où il a plus de difficulté, ceux où il réussit et sur lesquels on pourra s’appuyer pour positiver sa réussite, etc.
    – Un-e instit reste un humain et comme tous ceux que nous cotoyons au quotidien, il y a certaines personnalités plus « difficiles » 😉 le concours ne contient aucun test de personnalité. Comme dans les autres milieux professionnels, on trouvera les pervers-es, les dépressifs-ves, les alcooliques, les odieux-odieuses, les je menfoutistes et puis des biens aussi, heureusement, des personnes ouvertes à la discussion, qui visent le bien être et le développement de l’enfant avant tout, car oui, le problème, c’est qu’en face, ce n’est pas un adulte, mais un enfant (hormis les parents).
    – Mon inspecteur, encore lui, me reprochait d’avoir mis un petit mot sur un exercice qui disait que l’enfant n’avait pas réussi à suivre l’exercice en collectif et n’avait pu le refaire seul, malgré de l’aide. « Vous vous rendez compte de ce que vous renvoyez aux parents »… ça m’a interrogée. Certes, mes mots étaient peut-être mal choisis, mais en tant que maman, j’aimerais savoir (et j’aurai aimé savoir quand ce fut le cas cette année pour mon cadet), que ça ne va pas (il avait des crises de panique en classe, il pleurait (CE1), je l’ai su par ses copains…). Pour mon inspecteur, on ne doit mettre que du « vert », c’est à dire on ne mentionne que lorsque l’enfant a acquis la compétence, pour le reste, on ne met rien… là aussi, je suis partagée : oui dans un sens, mais dans l’autre, si l’enfant a réellement besoin d’aide, c’est ne pas aider les parents dans leur travail d’acceptation de la difficulté, qu’elle soit passagère ou plus lourde. J’ai trop vu des parents qui soutenaient que l’année d’avant, tout allait bien pour leur enfant… Il est essentiel d’être positif et je signale tout progrès aux parents, mais je les tempère aussi lorsque malgré ces progrès, l’enfant va rencontrer des difficultés l’année suivante… il faut que les parents acceptent l’aide, qu’ils la maintiennent si elle est en place. L’institution ne laisse guère de temps aux enfants, c’est aussi ça le problème. Quand on dit qu’un enfant a besoin de plus de temps (et c’est vrai pour certains), l’école ne l’offre pas ce temps supplémentaire
    – les instits n’ont pas la tâche facile quand ils doivent faire part de choses désagréables à entendre, ils ne sont pas formés pour le dire (mais je ne veux surtout pas décharger tous les instits, loin de là). Ils sont au front, ils ont l’enfant 6 heures par jour, 4 jours par semaine, ils observent des comportements, des progrès ou non. Quand ils le peuvent, ils en parlent autour d’eux (en ZEP, on a encore la chance d’avoir le RASED et personnellement, deux enseignantes formidables qui m’aident à avancer avec les enfants et leurs parents). En tous les cas, s’il ne faut jamais être péremptoire, je crois qu’il est de notre devoir de prévenir : le développement moteur et cognitif de l’enfant se fait suivant de grandes étapes, sur une durée dans le temps… l’enseignant est généralement bien placé pour voir si cette durée est trop longue, si l’étape suivante peine à arriver (ou si au contraire, les étapes se passent très vite… il n’est pas non plus aisé dans le système scolaire d’être précoce…).
    Etre en ZEP permet de bien relativiser les difficultés, de bien identifier celles qui sont réelles de celles qui se résoudront dans les mois à venir avec la maturité de l’enfant, et les apprentissages qui lui seront offerts l’année suivante. Pourquoi en ZEP, parce que oui, malheureusement, c’est ici que se concentrent les difficultés sociales, économiques, culturelles. Nous le constatons au quotidien, le langage est à la base de tout ce qui s’apprendra plus tard. Nos familles ont des difficultés à communiquer au sein de leur cellule familiale et l’école ne parvient pas à compenser ce déficit. Je ne suis pas inquiète pour les enfants dont vous parlez dans les commentaires et dans l’article, car vous communiquez avec eux, vous échangez, vous nommez les choses, vous les expliquez, vous leur offrez de la sécurité affective, un cadre, un rythme et c’est à partir de ça qu’ils se construisent.
    A part si vraiment cela ne passe pas avec la maîtresse, il est important de lui dire que votre enfant ne veut pas venir à l’école, a mal au ventre. Dès que j’entends ça dans ma classe, je cherche à savoir : un mot qui m’a échappé, qui a fait mal (et oui, on est humain), on répare, on panse, on explique ou un problème avec un copain (cela arrive plus souvent qu’on ne croit et qu’on ne voit). Quant à la punition, heureusement que je n’informe pas chaque parent, chaque soir du fait que son enfant a été « puni » D’abord, à part gros débordement de comportement (violence surtout), je ne m’en rappelle pas généralement. Un enfant qui perturbe le travail en collectif (en classe, en salle d’évolution où il y a là des facteurs sécurité en plus) va se calmer quelques minutes un peu plus loin (tout en pouvant suivre) et doit être ramené le plus tôt possible dans l’activité, quand on juge qu’il est prêt et quand en
    tant qu’instit, on est prêt-e également.
    Si l’instit de votre enfant n’est pas prête au dialogue cette année, courage, plus que 5 semaines 1/2 (comment ça je compte ?) et je suis sûre que l’année prochaine sera une autre année, bien meilleure !
    Il faut croire au formidable potentiel de nos enfants mais il ne faut pas nier la difficulté, se voiler la face car mettre en place la bonne aide suffisamment tôt, c’est aussi amener notre enfant sur le chemin de sa réussite. L’orthophonie en PS ou MS, c’est rare, c’est effectivement en cas de troubles du langage (et pas de l’élocution) de retard de langage (qui attention, peut ne pas être du ressort de l’orthophoniste mais être plutôt d’ordre psychologique), mais pas pour un simple défaut d’élocution/articulation. Si celui-ci persiste, on peut envisager un bilan et quelques séances en GS.
    Aileen, j’espère vivement que l’AVS sera là l’année prochaine, leur aide est précieuse pour les enfants qui en ont besoin. Certains de mes élèves en ont eu en CP et CE1, puis ont pu s’en passer à partir du CE2.
    • Merci pour tout ce que tu viens de dire, je t’aurais aimé comme instit !
      La demande d’AVS s’est faite dans le sens que tu décris, un coup de pouce pour un an ou deux et après, hop, vitesse de croisière sans trop ramer… ce serait chouette…
    • merci pour ce témoignage, cette expérience et cette réponse très instructive ! je sens l’amour pour votre métier à travers ces lignes, il faudrait peut-être pouvoir offrir des reconversions aux instits qui n’en peuvent plus pour n’avoir que des gens motivées et enthousiastes (oui je rêve)…vous ne voulez pas venir enseigner dans mon école à la rentrée prochaine? ))
    • Merci Aileen et Chocoladdict 😉 Oui, j’aime mon métier, c’est une reconversion, il est mûrement choisi, mais je sais aussi qu’en y entrant, je n’y resterai peut-être pas jusqu’à ma retraite et si je dois en partir un jour, on pourra dire que l’institution y aura été pour beaucoup (d’autres instit en témoignent dans cette page) … en plus, impossible de s’y reconvertir 😉 J’espère que je saurai dire stop si je sens que je n’y arrive plus.
      Je voulais juste rajouter que le métier le plus difficile reste à mes yeux, celui de parents !
  28. rhoo lala mais foutez leur la paix à nos momes si petit, je comprends ton angoisse.
    mon fils n’a connu qu’une seule maitresse avec qui il a fait très petite et petite section et elle est géniale pas prise de tete, patiente…idéal poru mettre en confiance un enfant quoi
    mais je suis dan sune petite école (c est aussi pour cela qu’on est pas rester en centre ville) la maternelle est composée de 2 classes de 22/23 enfants et ca change qd meme bcp de choses. par la suite ca risque de se compliqué legerement, je vois bien deja qu’on leur demande pleins de choses avec les minis évaluations.
    Allez l année prochaine une nouvelle instit.
    • oui 22 ou 30 élèves c’est déjà pas la même chose tu as raison….et si l’instit de l’année prochaine était encore pire ? (quoi je vois tout en noir??)
  29. L’école, c’est la loterie… Il y a certainement des profs qui se réfugient derrière des paravents médicaux ou autre pour ce faciliter la tâche, soit dit sans mépris aucun.
    Que dire, si ce n’est d’entourer ton fils le plus possible, je connais un peu le souci avec le mien, il a eu une année de petite section difficile, ça ne passait pas avec son instit, après ça s’est arrangé, mais l’angoisse est restée longtemps…
  30. L’école ne fait pas davantage de place aux enfants en avance, crois-moi ! Mon fils rentre en septembre prochain au CP et il est déjà bon lecteur. Nous avons eu le droit à des tonnes de reproches l’année dernière de la part de sa maîtresse qui avait identifié son avance. Comme toi, j’ai du mal à adhérer au modèle de l’école publique qui imose aux enfants de rentrer dans un moule sans considération pour leurs réelles sensibilités. Mon fils atteint avec impatience l’entrée en CP, pour ma part je suis un peu inquiète de voir comment son instit gérera son avance. Nous n’hésiterons pas à le mettre dans le CP si c’est toujours ce discours normaliste que l’on nous sert. L’école est pour moi un lieu d’épanouissement personnel, ce qui veut dire composer avec chacun !
    Pour te rassurer un peu, mo fils pleurait l’année dernière pour ne pas aller à l’école, tout est rentré dans l’ordre en changeant de maîtresse, tout simplement ! Cela ne passait pas avec l’enseignante de l’année dernière qui nous harcelait au sujet du comportement de notre enfant qui ne s’intéressait pas assez à son goût au travail proposé en classe. Je suis persuadée qu’il s’ennuait mais elle n’a jamais voulu l’entendre. Cette année, il a deux maîtresses bienveilantes, il est bien dans ses baskettes d’après ce que l’une d’entre elles m’a dit. J’en suis vraiment soulagée. Allez courage, plus qu’un bon mois à tenir et je suis sûre, cela passera comme une lettre à la poste l’année prochaine. Bonne soirée à toi.
    • j’espère en effet que cela s’arrangera l’an prochain même si je pense que la journée cela se passe bien (d’après l’atsem oui)…des classes deux fois moins nombreuses permettraient sûrement de s’adapter aux enfants en avance ou en retard mais vu qu’il faut à tout prix réduire le nombre de fonctionnaires et les dépenses de l’état nous ne prenons pas du tout le chemin j’ai bien peur
  31. C’est vrai que l’école, et l’apprentissage, c’est surtout une histoire de personnes, de relations entre individus…
    Que la grande machine soit de plus en plus inhumaine n’arrange rien du tout…

    Mathieu (le mari) a été en échec scolaire dès le CP; une instit tyrannique qui le terrorisait, lui et son frère jumeau. En CE1 on les a laissés dans leur échec (difficultés de lecture et écriture) sauf qu’en CE2, on les prenait pour des débiles car ils étaient super en retard dans tous les apprentissages;
    Résultat: une souffrance trainée jusqu’en fin de collège sans JAMAIS redoubler ni prendre les bonnes décisions! Les parents sont certes aussi responsables mais… mais… fallait-il, peut-être penser à les aider avant de les juger et stigmatiser?!

    Je trouve ça chouette cette vigilance des parents, aussi bien pour tenter de comprendre l’enfant mais aussi pour l’accompagner. Et ça, ce n’est pas une évidence pour tous; alors quand on ajoute à cela un enseignant peu à l’écoute, ça peut détruire une scolarité…

    Je suis tout à fait d’accord avec ta manière de penser. Et cela me rappelle beaucoup à quel point,k dès leur naissance, ou presque, on nous dit de ne pas trop les « aimer », les porter, cajoler. On ne sait jamais… qu’à 15 ans ils pleurent encore pour obtenir un calin supplémentaire…
    Chacun son rythme. Ils auront bien le temps de rentrer dans des cases…

    • quand je lis l’histoire de ton mari, je me dis que traîner cette souffrance autant de temps c’est dingue !
      et en effet c’est peut-être avant tout une histoire de personnes !
  32. Petites précisions pour l’aide personnalisée, la plupart des instits (j’en suis) trouvent ça ridicule et surtout en maternelle, certains ont tentés de résister ou de faire du théâtre à la place et on leur a enlevé un mois de salaire pour une demi heure par jour, d’autres ont eu des blames… On nous met une pression d’enfer et de plus en plus d’élèves par classe…

    Je n’excuse pas le comportement des instits qui « catalogue » les enfants d’autant que mon fils a souffert de ça avec certains de mes collègues mais il faut savoir qu’on a de plus en plus de pressions qu’on nous demande des les évaluer dès la petite section etc….

  33. humm sujet compliqué ! je pense que d’un coté, il y a la demande de vigilance des enfants dès le plus jeune âge pour prendre au plus tôt les difficultés.
    mais comme pour tout, quand on n’a des gens pas compétents, pas humains, pas pédagogues, on tombe dans des dérives !
    c terrible, pcq on confie nos enfants, et on n’a pas le choix ! et à voir les dégats que ça peut faire… ça me fait peur ! cette année, ma princesse est en PS, sa maitresse a l’ai bien, mas en fait, ma fille a vraiment des facilités, alors on va dire que j’ai de la chance, mais ce n’est pas représentatif. mais ce qui m’importe cette année, c que tout va bien ! j’espère seulement que ça ira aussi bien l’année prochaine en priant qu’elle ait une maitresse comme Chrys qui est fabuleuse !!!
    mais je dis toujours : il faut se faire confiance, et faire confiance à son enfant !
    bon courage et j’espère que ça s’arrangera un peu l’année prochaine !
  34. Je ne souhaite écrire un roman (need time), mais je suis aussi profondément déçu par le système scolaire français, mon fils à du mal aussi, et pareil, j’ai toujours eut un discour très négatif de ses prof, il fut maintenu en grande section une année de plus, et la est au CP à présent. Il n’a pas le niveau pour passer au CE1 mais la directrice ne veux pas le faire redoubler.

    Bref, excusez moi je balance comme ça alors que ça demanderai de plus amples détails, mais oui les profs c’est n’importe quoi aujourd’hui (merde me ferais-je vieux à 30 ans?!? :p)

    • je ne savais même pas qu’il était possible de redoubler la GS de maternelle ! courage pour la suite…vous n’avez pas songé à une école avec de plus petits effectifs par exemple?
  35. Tout à fait d’accord avec toi !!! Lorsque mon fils est entré en maternelle, en décembre la maîtresse m’a dit qu’il aurait besoin d’orthophonie, il allait avoir 4 ans et il y a 33 ans aujourd’hui… si tu savais ce qu’il est devenu !… sans orthophonie je te rassure.

    J’ai 3 enfants, le 2ème n’était pas fait pour ce système scolaire, c’était un sportif, un « remuant gentil » sa vie va très bien et je m’étais juré de ne pas recommencer avec sa soeur la bêtise de m’énerver tous les soirs pour les devoirs. Elle, très bonne élève s’est mise à glander en seconde , elle est actuellement en DUT, ce qu’elle fait ne lui plaît pas et elle cherche encore sa voie mais je ne m’en fais absolument pas pour elle car je la connais ! Pareil, en maternelle, elle ne voulait pas parler avec la maîtresse, j’ai fait fi de ce que cette dernière disait et la petite a fait ce qu’elle avait dit « je lui parlerai quand j’aurai 4 ans ^^ » mais ce n’est toujours pas une bavarde comme son frère aîné.

    Tu dois avoir confiance en eux et suivre leur rythme, ne pas trop forcer les activités extra-scolaires sauf s’il te les demandent… je pense que tous les enfants sont intelligents de façon différente mais qu’effectivement on ne tient compte que de ceux qui rentrent dans le moule, un tort, un grand tort !

    Je sais que tes enfants ont des parents qui leur donnent un cadre, c’est le principal ne t’en fais pas !!! Aie confiance 😉 Bisous

  36. je dois commenter ?? 🙂
    pour faire vite, perso, et tu demanderas à ta soeur elle doit penser comme moi puisqu’on n’est pas tarée comme la maitresse de ton fils (pardon, mais c’est vrai !!)
    1/ hors de question de commencer l’orthophoniste en PS . Deja eu des petits qui n’ont jamais ouvert la bouche et devenu de vraies bavards qqes annees plus tard. laissons leur le temps bordel !!!
    2/ on nous demande de + en + de faire rentrer les enfants ds des cases, noter, chiffrer …. un vrai monde d’entreprise… à nous d’aller contre ça !!! en maternelle on peut encore se le permettre !!! mettons l’enfant face à ses propres difficultés et progres, laissons le evoluer et mettons le en concurrence avec lui même, pas avec les autres !!
    3/ pour l’orthophoniste, je commence en MS, mais il s’agit de bilan, à prevoir avant l’entree en GS pour que si réeducation il y a, elle se fasse en GS c’est à dire avant l’entree au cp. Sauf que la maitresse ne fait qu’orienter vers un spécialiste, c’est lui qui jugera de la necessité ou pas d’une prise en charge.

    bon j’ai fait long !!! faut avoir confiance en lui… 🙂
    bisous !

    • ben oui je me disais mais qu’est ce qu’elles attendent les copines )
      bon pour l’orthophoniste on en a déjà parlé avec la psychomotricienne qui nous a dit que comme il fait déjà ses séances on allait peut-être lui ficher un peu la paix et on verra l’an prochain
      bisous !
  37. J’espère que ton bout de chou ne fera pas de blocage à cause de cette instit.
    Il est en maternelle d’après ce que j’ai compris ? Il ne sait pas lire … Et alors ? Il apprendra.
    Il a des problemes psychomoteurs soi disant ? Il est peut etre réservé et timide. Un peu de sport d’expression comme la danse ça ne pourra que l’aider sans qu’il se sente « different »

    C’est comme une amie qui s’inquiete parce que sa fille de 6 mois ne marche toujours pas à quatre pattes et ne s’assoit pas … Oui mais bon quand elle aura 20 ans qu’est ce qu’on en aura à faire qu’elle savait s’asseoir à 6 mois ou à 8 mois hein franchement.

    Ton petit bonhomme il évolue à son rythme et c’est tout ! 🙂

  38. Moi suis d’accord avec toi, j’ai l’impression qu’on laisse peu de place a l’enfant dans notre société… En petite section ils doivent savoir faire ci ca dans un temps donné….
    Pour moi ce n’est pas aux enfants de s’adapter mais a l’enseignant de s’adapter a l’enfant qu’il a en face… Alors effectivement faute de moyen, de temps ce n’est pas toujours possible et c’est surement pour cela qu’on deploie tous un arcenal ( ortho, cmpp and co).

    Femme d’instit ( ouais personne n’est parfait) et maman d’un presque 5 ans. Au réunion que l’instit fait pour me remettre le livret de mon presque 5 ans… y a qu’une chose qui m’interesse dans son discours savoir s’il aime être en classe, s’il joue, s’il se fait des copains… Car pour nous l’école maternelle est avant tous un lieu de sociabilisation et d’amusement… le reste c’est juste de l’angoisse, de la culpabilisation pour nous chers parents.

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