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J’aurais pu intituler ce billet « le temps des suites » cela aurait été assez peu parlant (quoique glop/pas glop, pas sûre que cela soit clair comme de l’eau de roche) mais il se trouve que récemment j’ai vu et lu beaucoup de « suites » avec quelques déceptions (pas glop, vous suivez ?) à la clef :

Glop : The Missing saison 2

Après une saison 1 où un couple de jeunes parents anglais affrontait la disparition de leur petit garçon lors de vacances en France un 14 juillet, la saison 2 -sans reprendre les mêmes personnages si ce n’est l’inspecteur joué par Tchéky Karyo (bien plus mal en point) axe son intrigue autour de la disparition de jeunes filles en Allemagne.

Au fur et à mesure des épisodes, on pense forcément au roman Room d’Emma Donughue mais aussi à des histoires réelles comme celles de Natacha  Kampusch et le physique fantomatique et inquiétant de l’actrice Abigail Hardingham ajoute une dose de frissons. Les personnages ne sont pas caricaturaux (la mère mange dort respire en pensant à sa fille disparue mais n’est pas hystérique ça change).

Jusqu’à ce qu’on ait le nez sur celui qui enlève les jeunes filles, on ne le soupçonne pas. C’est très addictif (quasiment impossible de ne regarder qu’un épisode) mais si vous avez des enfants, attention vous allez avoir encore plus de mal à leur lâcher la main après avoir regardé cette saison 2 (j’en ai fait des cauchemars !).

 

(C) New Pictures – Photographer: Sophie Mutevelian

Glop : Bureau des légendes saison 3

Qu’il est mal traité l’agent secret interprété par Mathieu Kassowitz dans la saison 3 du Bureau des légendes. On se doute bien que les scénaristes ne vont pas le faire mourir car Malotru, c’est le personnage central de la série mais prisonnier de Daesh, on souffre avec lui et pas qu’un peu.  Marina Loiseau (joué par Sarah Girardeau), quant à elle, est confrontée à de graves crises d’angoisse et doit faire à de nouvelles situations périlleuses, si bien qu’on se demande un peu pourquoi elle ne retourne pas à une vie plus « normale ».

Par rapport aux saisons précédentes, les scènes sur le terrain sont plus nombreuses, ce qui rend la série encore plus prenante. C’est joué sans fausse note, peut être que certains détails manquent de crédibilité (il y a eu plusieurs articles à ce sujet) mais aux yeux d’un spectateur lambda qui ne bosse pas à la DGSE cela est insoupçonnable. C’est rythmé et si le tableau est noir, il y a parfois aussi ses petits touches d’humour qu’on ne retrouverait pas forcément je pense dans une version adaptée.

Pas glop : The Affair, saison 2

Pas glop c’est un peu sévère parce que je n’ai pas détesté la saison 2 de The Affair, je l’ai même regardé jusqu’au bout sans déplaisir. N’empêche que je l’ai trouvé bien moins réussie que la saison 1 (j’étais assez peu convaincue par la nécessité de faire une suite et je ne comprends pas que les scénaristes, quand une saison 1 marche bien, veuillent absolument pondre une suite au risque de tout saborder).

Le scénario mélange les époques, je me suis sentie perdue …pendant pas mal de temps. Il se recentre sur les époux délaissés s’intéressant à Cole pour en dessiner, au fil des épisodes, un portrait beaucoup plus nuancé (et sympathique) que dans la saison 1. Je suis beaucoup moins convaincue par le personnage d’Helen. Enfin il y a un côté soap qui n’était pas présent au début et qui m’a pas mal gêné.

Une saison 3 et une saison 4 ont été tournées et diffusées depuis ..alors stop ou encore ?

Glop : Celle qui fuit et celle qui reste

Je vous ai déjà parlé du tome 1 et du tome 2 de la saga italienne d’Elena Ferrante, je ne vais donc pas écrire des tartines sur ce troisième volet. Au début de la lecture, il faut un petit temps d’adaptation (même si l’auteur, comme pour une pièce de théâtre, rappelle en marge du texte, qui est qui, quels sont les liens de parenté) pour se remémorer la place des personnages, leur histoire jusqu’à présent mais une fois qu’on est plongé dedans, on est plus dans le métro, dans le train, dans son lit mais dans l’Italie des années 70.

Des 3 tomes, c’est celui qui m’a le plus transporté je crois : peut être parce que le personnage d’Elena ose enfin peu à peu, peut être parce que le roman en dit long sur la place des femmes dans la société, sur leur sexualité, que la Grande et petite histoire se mêlent encore plus que dans les volumes précédents et que l’intrigue n’a jamais été autant romanesque. A peine fermé, on aimerait lire la suite ….Elena Ferrante a vraiment un don !

Pas Glop : Vernon Subutex, tome 3

Je suis embêtée parce que j’aime bien Virginie Despentes, son parcours, ses prises de position, son féminisme, son côté « à prendre ou à laisser » (et peut être le fait qu’elle ait vécu sur les pentes où je passe à la monté ou à la descente au moins une fois par semaine) mais autant dire les choses clairement : j’ai été beaucoup moins emballée par le tome 3 de Vernon Subutex que par les tomes 1 et 2.

Je cerne à peu près ce qui à qui a fait que je ne suis pas rentrée dans le roman : ce qu’elle appelle les convergences, une forme de mysticisme qui m’a laissé dubitative.

Ceci étant dit, elle fait dire à ses personnages des choses sur la maternité ( absolument pas politiquement correct et qui feraient probablement scandale dans la brigade des mamans parfaites), ou sur le libéralisme qui sont saisissantes et elle pose un diagnostic sur la société qui me semble d’une justesse incroyable.

 

Glop : Fabrice Luchini et moi

Je finis ce billet avec un spectacle que j’ai vu mercredi soir à la Comédie Odéon à Lyon, Fabrice Luchini et moi, et qui joue jusqu’au 15 septembre. Olivier Sauthon nous raconte qu’un soir, alors qu’il était jeune et qu’il errait dans Paris, il est tombé sur Fabrice Luchini et, rêvant de devenir comédien comme lui, il lui a demandé de lui donner quelques leçons.

Pendant une heure et demie, un dialogue entre le maître (dont il a repris le phrasé, les tics de langage, les postures, les expressions du visage d’une telle manière qu’à un moment donné on a quasi l’impression de voir Luchini sur scène) et l’élève sont l’occasion de jouer avec les mots, de faire découvrir ou redécouvrir quelques grands auteurs, d’apporter une réflexion sur ce qu’est la culture,  l’art de la séduction, le génie ….toujours avec intelligence et humour.

Les citations sont si savoureuses qu’on aimerait toutes les noter (j’entendais le monsieur à côté de moi dire régulièrement « il faut que je m’en souvienne, faut que je m’en souvienne ») et je ne lirai plus jamais la fable de la Cigale et de la fourmi sans penser à l’interprétation de texte exaltée et drôle que j’ai vue sur scène.

Voilà j’aurais pu ajouter quelques titres de DVD et de livres vus ou lus cet été mais ce billet est déjà trop long. N’hésitez pas à partager vos coups de coeur en commentaire.

Mes sept premiers livres étaient directement inspirés de la ma vie. A un certain moment, j’avais raconté à peu près tout ce qui m’était arrivé d’intéressant. Comme je n’allais pas décrire mes courses au Franprix, je me suis lancé dans un roman de fiction pure. Au bout de 250 pages, je l’ai relu, il n’avait aucun intérêt. Et puis, un beau jour, j’ai réalisé qu’il y avait d’autres vies que la mienne… Philippe Jaenada, l’Express, 16 août 2017

Je n’ai pas lu les 7 premiers livres de Philippe Jaenada, ma rencontre avec cet écrivain s’est faite lorsqu’il est passé à ce qu’on nomme exofiction. Je l’ai déjà raconté à l’époque de ma chronique sur La petite femelle mais c’est l’homme avant son œuvre qui m’a plu. Je l’ai écouté parler de ce « roman » (je mets des guillemets parce que l’écrivain ne change rien aux faits, n’invente pas, il s’appuie sur des documents d’archives, des rapports de police mais il y a quand même de la fiction dans la construction du livre, dans ses digressions) que je n’avais pas encore lu, je l’ai trouvé drôle, loin de certains clichés de l’écrivain parisien autocentré sur sa petite personne et surtout défendant avec un tel enthousiasme son personnage principal que je n’avais qu’une envie …m’isoler en quelque part et plonger dans son histoire.

crédit photo : DR

Dès les premières pages de La serpe, j’ai su que j’avais retrouvé tout ce qui distingue et fait la force de Philippe Jaenada : son art génial de la digression (il arrive à ouvrir plusieurs parenthèses mais jamais il ne me perd en route et surtout il retombe sur ses pattes comme un chat), son humour, son empathie pour ses personnages (sans jamais cacher leur noirceur), son sens du récit, sa façon de raconter à la fois l’histoire d’un homme et celle d’un pays à une époque bien particulière, sa manière d’enquêter en conviant son lecteur à ses côtés (et pour moi c’est bien plus « jouissif » qu’un roman policier).

Comment après avoir enquêté et dressé les portraits de Pauline Dubuisson et de Bruno Sulak (qui défraya la chronique comme ennemi public numéro 1), comment Philippe Jaenada est-il « tombé » sur Henri Girard et a décidé d’en faire le personnage principal de La serpe ?

Un jour, l’un de mes amis me dit « Tu devrais faire un livre sur mon grand-père, Georges Arnaud, il a été millionnaire, clochard, militant FLN, c’est lui qui a écrit Le Salaire de la peur, adapté au cinéma avec Montant et Vanel ». Je n’étais pas très chaud. Et puis, il ajoute :  » Ah oui, il a aussi été accusé d’avoir tué une partie de sa famille, dont son père, à coups de serpe, en 1941… ». Là ca changeait tout, je me suis dit que je tenais un personnage de méchant comme j’en cherche toujours. Même si, en enquêtant, j’ai fini par gratter les couches de noir dont on l’avait recouvert… »

Comme avec La Petite Femelle, Philippe Jaenada débute son livre en se posant comme narrateur/enquêteur par une scène drôle dont il a le secret (et qui sera le début d’une longue série de sourires et de rires provoqués par ses lignes) et nous plonge dans la vie d’Henri Girard en brossant un portrait de ses parents, de ses grands-parents et en racontant son enfance (Henri a perdu sa mère Valentine à l’âge de 9 ans, cela aura une incidence sur toute sa vie).

Il ne le lâche plus jusqu’à sa mort et à travers les différentes étapes de sa vie, ses amours, ses coups d’éclat, ses colères, ses engagements, son travail en tant qu’auteur (avec en prime, une comparaison très intéressante entre le roman Le salaire de la peur et le film…et c’est un autre point fort de Philippe Jaenada, on apprend toujours plein de choses en le lisant sans que ce soit jamais rébarbatif). Il dresse le portrait d’un homme atypique, tout en demi-teintes et, malin, en faisant une ellipse volontaire sur l’évènement central de La serpe (il le fait tellement bien qu’à la limite, on ne s’en rend pas compte).

la serpe

On « juge » alors la suite à l’aune de tous les éléments accumulés dans cette première partie de La serpe avant d’attaquer le cœur de l’enquête elle-même, celle où l’écrivain épluche les archives, se rend sur les lieux du crime dans le Périgord, tâte l’atmosphère de la ville, lit tout ce qu’il peut sur l’affaire et son traitement à l’époque pour revenir sur les faits un par un.

Cela pourrait être un peu aride parfois car il rentre vraiment dans les détails (Philippe Jaenada intitule même un de ses chapitres « Le tunnel »), reprenant élément par élément, déclaration par déclaration, preuve par preuve mais l’écrivain s’arrange pour rendre son récit beaucoup plus digeste (et drôle souvent) en mêlant à son enquête des scènes de la vie quotidienne avec un sens de l’observation et du détail pour le moins savoureux. Ses scènes dans les restaurants quand il dépeint les autres couples ou qu’il est victime d’un quiproquo, par exemple, sont vraiment très réussies !

L’écrivain a, en plus, un sens poussé de l’auto-dérision qui contrebalance de manière bienvenue les détails glaçants du triple meurtre dont est accusé Henri Girard.

La serpe est un pavé de plus de 600 pages (je ne sais pas combien de temps il a fallu à l’écrivain pour écrire ce livre mais quel travail !), peut être moins facile à lire que ….(fill the blank) mais il a une façon d’analyser les âmes comme les faits avec une telle minutie, y allant couche par couche, avec une gouaille qui n’appartient qu’à lui que cela cela est passionnant de la première à la dernière page !

J’ai emporté Les corps brisés d’Elsa Marpeau lors d’un trajet à Paris : 2h aller, 2h retour, assez pour le commencer et le terminer alors que les paysages défilaient derrière la fenêtre. C’est presque un plaidoyer pour les transports en commun mais à Lyon, je marche beaucoup et la durée entre quelques stations est trop courte pour se plonger vraiment dans un livre.

J’avais d’abord vaguement lu la quatrième de couverture et le début de l’intrigue et j’ai pensé retrouver un peu « Patients » de Grands Corps Malade (« chronique » qui est un des billets les plus lus, le titre ayant été probablement donné à étudier à des élèves et histoire de gagner du temps, j’imagine qu’ils viennent lire le résumé, espérant aussi un avis très détaillé….perdu )). En effet l’intrigue se passe dans un centre de rééducation pour grands accidentés de la vie et l’héroïne principale se retrouve dans un fauteuil roulant suite à un accident. Néanmoins la comparaison s’arrête là : Les corps brisés est un titre de série noire chez Gallimard et le bandeau entourant le bouquin annonce à ses futurs lecteurs « A la croisée de Sade et de Misery« .

Le livre commence par la sortie de route de Sarah, coureuse émérite, lors d’un rallye automobile. Son co-équipier meurt sur le coup, elle se réveille paralysée des deux jambes. Après un séjour à l’hôpital, la jeune femme se retrouve dans un centre hospitalier où l’isolement est total (isolement géographique, isolement numérique -pas de wifi, pas de réseau vous imaginez un peu ?, isolement familial) et où certains membres du personnel paraissent étranges. Quand la compagne de chambre de Sarah disparait, le côté « enquête » du livre s’accélère mais l’ambiance pleine de mystère règne depuis longtemps.

Ce thriller a tellement bien fonctionné pour moi (le fait qu’il soit inspiré d’un fait réel « les torturées d’Appoigny » et que certains détails n’ont malheureusement pas été inventés n’y est pas étranger) que j’ai cauchemardé, la nuit suivant ma lecture, au sujet d’un boucher prélevant de la chair humaine (comme on est heureux de se réveiller dans ces cas là).

Si la dernière partie du livre est plus axée autour de la résolution de la disparition, le suspense montant alors crescendo, l’auteur parvient  à nous faire ressentir, dans Les corps brisés, toutes les étapes psychologiques par lesquelles passent Sarah face à son handicap et le fait que son corps est comme une prison. L’écrivain montre aussi très bien la multiplicité des regards que les autres posent sur elle (de l’infantilisme de certains membres du personnel soignant à la tendresse d’autres patients).

Quand ils étaient petits, l’un et l’autre avaient cette pensée magique « T’as qu’à appeler papa, il saura. » Le mantra marchait pour tous les ennuis. Un grand qui embêtait l’un ou l’autre dans la cour. Un réfrigérateur vide. Une panne d’électricité. Un orage. Et même plus tard, au début de leur vie d’adultes, ils continuaient à convoquer la divinité paternelle : un tuyau encrassé, une fuite d’eau, une recette de tartiflette, un bon bouquin à lire, le meilleur fromager de Paris… »T’as qu’à appeler papa, il saura. »
Aujourd’hui, la divinité s’est rompue avec la même facilité que le verre du pare-brise. Il n’est pas venu parce qu’il le sait aussi bien qu’elle : il ne peut rien devant sa souffrance. Son impuissance s’est révélée si brutalement, si clairement pour eux deux, qu’ils préfèrent s’éviter.

Vous est-il arrivé de cauchemarder suite à la lecture d’un livre ?

J’ai attendu d’être en vacances en Sardaigne pour lire, Le nouveau nom, le second tome de la saga d’Elena Ferrante, après avoir fermé il y a trois mois L’amie prodigieuse. J’avais hâte de retrouver les deux héroïnes, leur famille et leurs amis, leurs aspirations et les déceptions, le fil de leur vie, Naples et les rapports complexes entre elles deux.

Nées dans le même pays, dans le même quartier, dans une classe sociale similaire, les chemins d’Elena et Lila sont pourtant bien différents et cette différence se creuse dans ce second tome (je vous laisse découvrir comment pour ne pas vous dévoiler trop de l’intrigue).

Comment expliquer l’énorme succès de cette saga ? Pour ma part, je retrouve chez Elena quelque chose de très familier : elle est à la fois la plus « raisonnable » de deux jeunes femmes, elle n’ose pas toutes les folies de Lila mais est déchirée intérieurement entre admiration et désapprobation. Elena est toujours assaillie par les doutes et si ceux ci sont balayés parfois par un compliment ou un succès, ce n’est toujours que temporaire. Elle passe toute la première partie de sa vie à ne pas se sentir à la hauteur, inférieure aux autres, plus laide que Lila et les autres femmes en général.

Elena souffre aussi d’un complexe social qui me parait, si ce n’est universel, tout du moins, souvent éprouvé : elle a grandi dans un milieu où personne n’a suivi d’études. Quand elle se retrouve à Pise après le bac, elle se force, pour être conforme à ce que les étudiants « attendent » d’elle, à perdre son accent napolitain et à adopter les attitudes de ceux et celles qui l’entourent mais elle ne se sent pas vraiment des « leurs ». Or quand elle revient dans sa famille à Naples, elle réalise que, là non plus, elle n’est plus vraiment à sa place.

Enfin Elena semble incapable d’exprimer ses sentiments : elle fréquente des hommes pour qui elle éprouve, au plus, une certaine tiédeur et tait ce qu’elle ressent à celui dont elle est profondément amoureuse. Si le personnage de Lila a le destin le plus brillant et romanesque, c’est le personnage d’Elena que je trouve le plus attachant.

On retrouve, dans Le nouveau nom, de manière encore plus amplifiée que dans le 1er volet, la violence des Hommes. Elle s’exprime dans cette société machiste où il n’est pas anormal ou choquant de taper une femme (et dans laquelle quand un couple n’arrive pas à avoir d’enfant, c’est forcément la « faute » de la femme) mais elle est sous-jacente, comme prête à exploser, chez les caractères féminins aussi.

Comme dans le premier volet de cette saga, L’amie prodigieuse, ce que je trouve particulièrement réussi est la manière dont l’écrivain renverse les perspectives. Alors que Lila est présentée comme l’héroïne qui a le plus de tempérament, qui n’en fait qu’à sa tête, au fil des pages l’auteur suggère à son lecteur qu’Elena pourrait être la jeune femme qui a le plus de pouvoir.  En effet elle maîtrise son destin et on s’en remet à elle pour faire entendre raison à Lila, comme si elle était la seule que cette dernière écoutait.

Au fil des chapitres des vies de Lila et d’Elena, on en vient à se demander qui se sert de qui. Suite à un nouveau rebondissement, elles paraissent n’avoir jamais été aussi éloignées l’une de l’autre. Pourtant dans les dernières pages, une scène très forte les rapproche à nouveau avant que l’écrivain conclut Le nouveau nom par une phrase qui donne envie de lire très vite la suite.

 

La première fois que mon attention a été attirée par l’Amie prodigieuse, c’était à cause de son bandeau rouge « le livre que Daniel Pennac offre à tous ses amis » (ou conseille ?). Puis j’ai appris qu’un journaliste italien avait épluché les comptes bancaires (entre autres) d’Elena Ferrante (qui est un nom d’emprunt) pour  révéler sa vraie identité (procédé qui me semble assez minable !). Je ne savais toujours pas sur quoi porter le livre L’amie prodigieuse. J’ai alors lu par hasard un papier très positif sur le 3ème volet de ce qui est annoncé comme une saga italienne (on sait déjà que le 4ème volet sortira en octobre prochain) et cela m’a donné envie de me plonger dans le premier volet.

J’avais aussi en tête un film vu il y a des années au cinéma (2003 me renseigne google) et qui existe maintenant en DVD, Nos meilleures années (l’histoire d’une famille italienne de la fin des années 60 jusqu’au début du XXIème siècle). Je ne sais pas si ce film a bien vieilli mais à l’époque malgré son très long format (deux fois 3 heures), cela m’avait beaucoup plu. Si vous aimez les chansons italiennes (j’avoue j’avoue même les trucs un peu sirupeux, je ne résiste pas quand c’est en italien), la langue italienne et la pasta, cela fait déjà au moins 3 raisons de voir ce film :

Bref j’ai vu dans L’amie prodigieuse, l’occasion de passer quelques soirées en Italie, cette saga débutant dans les quartiers pauvres de Naples à la fin des années 50. Pour nous raconter l’enfance et l’adolescence de Lila et d’Elena (les deux personnages principaux), l’écrivain ouvre habilement son roman par un coup de téléphone du fils de Lila à Elena. Lila, qui a 70 ans, a disparu depuis 15 jours et n’a laissé aucune trace d’elle dans sa maison.

Je me suis sentie pleine de colère.
Voyons qui l’emporte cette fois, me suis je dit.
J’ai allumé mon ordinateur et ai commencé à écrire notre histoire dans ses moindres détails, tout ce qui me restait en mémoire

Elena (la narratrice et l’un des deux personnages principaux, vous suivez ?) se lance ainsi dans l’histoire de son amitié avec Lila. Si les deux fillettes sont du même milieu social et toutes les deux doués pour les études, elles suivent des chemins différents avec en toile de fond le portrait d’un quartier, de plusieurs familles (dont tous les membres sont rappelés comme dans une pièce de théâtre au début du roman, pour guider le lecteur ?), d’un pays.

On décrit souvent l’enfance comme un paradis perdu nimbé d’innocence mais ici l’enfance est pleine de violence. L’amitié entre ses deux fillettes puis jeunes filles est aussi plus complexe que ce qu’on en donne souvent à voir. Chacune semble sans cesse en compétition avec l’autre. N’est il pas plus question de possession que d’amitié tant Lila semble avoir du pouvoir sur Elena ? Lila est elle aussi belle, magnétique, brillante dans la réalité que dans les yeux de son amie ?

Alors que Lila est contrainte d’abandonner ses études pour travailler à la coordonnerie de son père, Elena va au collège et au lycée. S’éloignant du quartier dont elle n’est jamais sortie, elle s’émancipe aussi du « pouvoir » que Lila a sur elle.

L’amie prodigieuse est l’histoire de ces deux jeunes filles qui s’éloignent et se rapprochent au gré des évènements de la vie, l’histoire du passage de l’enfance à l’adolescence, mais aussi du poids des familles, des traditions, de la culture sur les destins individuels.

Autant vous dire que j’ai très vite envie de découvrir la suite de cette saga italienne

Et vous, vous l’avez lu ?

 

Se réveiller le matin avec des annonces de températures de plus en plus froides au fur et à mesure que la semaine avance, cela n’incite pas vraiment à s’extirper de la couette. Je me demande si je ne suis pas victime du syndrome » Alexandre le bienheureux » pendant les mois d’hiver. Pour ceux qui n’ont pas vu le film, le personnage principal joué par Philippe Noiret passe des semaines dans son lit.

Je resterais bien au chaud à regarder des DVD comme Le Fils de Jean, l’histoire d’un homme qui se rend au Québec pour assister à l’enterrement de son père…. qu’il n’a jamais connu et qui va aller de découverte en découverte. Comme dans ses précédents films, Tout va bien ne t’en fais pas et Welcome, le réalisateur Philippe Lioret pose une ambiance par petites touches, sans esbroufe mais avec beaucoup de finesse et de sensibilité (sans qu’on soit dans le mélo, cela reste très pudique même si la scène finale de l’aéroport tirera des larmes aux cœurs les moins endurcis).

Je pourrais aussi poursuivre la lecture du roman d’Elena Ferrante, L’amie prodigieuse (1er volet d’une saga dont le 3ème épisode vient de sortir, certains disent que c’est le meilleur) qui nous plonge dans un quartier pauvre de Naples, à la fin des années 50, à travers l’enfance et l’adolescence de deux filles.

J’ai commencé ce livre dans le train pour Bâle le week-end dernier, la tablette de chocolat au lait au bretzel sur la photo a été achetée en Suisse (le plaisir de ramener des choses qu’on ne trouve pas à Lyon )).

Je ne me lèverais que pour préparer des litres de thé (celui ci est un mélange de thé blanc et thé vert parfumé qui vient d’une thé box) sans sucre mais avec une cuillère de miel de temps en temps. Vous connaissez probablement les petites pommes de terre si savoureuses La Ratte du Touquet. Sur leur exploitation, 7 producteurs ont accueilli des ruches et produisent depuis du miel Ratte du Touquet.

 Mais il parait que pour garder le moral pendant la période de l’année la plus froide, il faut se forcer à aller prendre sa dose de luminosité dehors. Et quand c’est pour manger un bo bun en très bonne compagnie ou pour aller voir Julien Doré en concert privé (et voir son déhanché de si près, n’est ce pas Stéphanie ?) , cela vaut le coup de se cailler : )

Bonne semaine à vous : )

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