Tag

livres

Browsing

Lautrec : Un portrait bouillonnant

Dès la scène d’ouverture, Matthieu Mégevand donne le ton : le lecteur ne va pas s’ennuyer en découvrant la vie de Toulouse Lautrec (je ne peux en dire plus, ça gâcherait la surprise).

Je ne connaissais quasi rien sur cet artiste. Ainsi j’ai découvert ses origines aristocratiques (pour une fois l’image de l’artiste vivant dans la pauvreté ne colle pas ), sa croissance stoppée très jeune à cause de la consanguinité et les conséquences que cela a non seulement sur son physique, sa santé mais plus largement sa vie.

Envoyé en cures régulièrement pour se soigner, Lautrec s’ennuie et se met à dessiner. Ce qui n’est au tout début qu’un passe temps, devient vite une obsession.

Possédé il l’est lorsqu’il peint ses modèles :

Affairé de la sorte, ni Carmen, ni l’atelier, ni le monde n’existait; la ville et les hommes, les odeurs et les sons, les désirs et les ambitions, tout cela s’est dissous, englouti dans ce seul entêtement : tenter de rendre un peu de cette rousseur furieuse sur le blanc du lin.

ou lorsqu’il tombe fou amoureux de Maria, modèle qui a posé pour Chevanne, Renoir, Utrillo, Degas (elle a aussi dessiné des portraits sous le pseudo de Suzanne). Il est raide dingue, elle s’amuse de lui et est volage alors il noie son chagrin dans l’alcool.

Lautrec

Cette biographie romancée est aussi une plongée dans l’atmosphère de Montmartre avec ses ateliers, ses lieux de fête (Mirlitin, le Chat noir rue de Laval), ses figures mythiques (Bruant, la Goulue, …) , ses danseuses aux noms hauts en couleur (Grille d’égout, la môme fromage, Nini Patte en l’air…).

Lautrec aurait-il laissé derrière lui l’oeuvre que l’on connait aujourd’hui s’il n’avait pas été aussi malheureux en amour ? Sans ses excès (excès de boissons, excès de bonne chère et de bonne chair), ses tableaux auraient-ils été les mêmes ?

A 25 ans, il peint un tableau saisissant du Moulin de la Galette :

On croirait entendre la rumeur de l’orchestre, le bruit des rires et des pas sur le sol, sentir l’odeur des femmes et des boissons. Il a l’impression que son établissement est là, tout entier, contenu dans la toile, sur le point de prendre vie.

J’ai l’impression d’en avoir beaucoup trop dit sur tout ce que j’ai appris mais l’expression « la vie est un roman » n’est en rien usurpée pour lui.

Loin d’une biographie classique, Lautrec montre un homme à la sensibilité débordante qui dévore la vie jusqu’à l’excès, quitte à y laisser la peau. C’est une vie à la fois bouillonnante et infiniment triste portée par une plume vive et truculente.

Lautrec, Matthieu Mégevand, Flammarion.

Edit : jusqu’au 27 janvier 2020 a lieu au Grand Palais une exposition consacrée à Toulouse Lautrec

10 poches pour passer l’hiver

Le plaisir de la lecture ne connait pas de saison mais quand il fait froid, que les jours sont courts et que les envies de cocooning prennent le dessus, les têtes à tête avec un bon bouquin ont une saveur particulière. Et puis ils peuvent faire oublier les blues de saison, les débuts d’année comme des pages blanches qui filent le vertige en nous emmenant ailleurs dans le temps, dans l’espace et dans d’autres vies. C’est cette idée à l’esprit que j’ai sélectionné 10 poches pour passer l’hiver :

1-Savourer l’instinct présent : Délices de Tokyo

Voir cette publication sur Instagram

🇯🇵CHRONIQUE : ÉCOUTER LA VOIX DES HARICOTS🇯🇵 Si je vous dis, la prochaine fois que vous préparez à manger, écoutez les aliments 🍒🍓 vous parler, vous allez vous demander si je n’ai pas abusé sur le saké. Non je n’entends pas de voix dans ma cuisine mais j’aime l’idée de traiter avec un certain respect, une certaine douceur les cadeaux que nous fait la nature. Lorsque je regarde les chefs pâtissiers travailler avec admiration, j’y vois souvent cette délicatesse. 🇯🇵Dans Les Délices de Tokyo, Tokue, une vieille femme aux doigts étrangement déformés, écoute ce que lui disent les haricots rouges pour préparer la garniture des dorayaki. 🇯🇵 Sentarô qui tient une échoppe de dorayaki, embauche Tokue. Elle connait tous les secrets pour confectionner le « an » dans les règles de l’art et la clientèle de la boutique se met alors à être de plus en plus nombreuse. 🇯🇵 Si on était dans un film américain, Sentarô apprendrait à son tour à faire la meilleure pâte de haricots rouges de la ville, les clients seraient tellement nombreux que bientôt la presse et les réseaux sociaux ne parleraient plus que de lui. Il deviendrait riche et célèbre et il épouserait sa cliente la plus fidèle et la plus timide. 🇯🇵 Vous vous en doutez les choses ne se déroulent pas ainsi et la suite est à lire sur le blog. #bookstagram #bookish #booklover #reading #lire #lecture #livrestagram #roman #poche #japon #litteraturejaponaise #dorayaki #duriansukegawa #lyonnaise #blog

Une publication partagée par bookaddict (@bookaddictlyonnaise) le

2-Mettre ses pas dans celui d’un grand écrivain : Mrs Hemingway

Voir cette publication sur Instagram

🍹CHRONIQUE 🍹 « Les livres sont comme les gens, ils sont bien meilleurs quand on ne les comprend pas tout à fait. » Naomi Wood a choisi de livrer une version parcellaire, romancée, subjective d’Ernest Hemingway à travers le regard des 4 Mrs Hemingway qui ont partagé sa vie. En ouvrant ce roman, j’ai entendu le bruit des cigales de la riviera française et senti l’humidité des maillots de bain après la baignade, la chaleur poisseuse de la Floride m’est tombé dessus, la végétation luxuriante de La Havane et des images colorées de Cuba ont envahi mon esprit. Au fil des pages, le décor change, les seconds rôles aussi, le temps passe mais tous les regards restent tournés vers Hemingway. Charismatique mais en perpetuel besoin d’amour, mari infidèle mais amant voulant à tout prix épouser ses maîtresses, solide physiquement mais noyant son mal être dans l’alcool, lâche et touchant, Naomi Wood brosse tout en nuances quelques facettes de cet écrivain mais dresse aussi de beaux portraits de femmes qui l’ont aimé différemment chacune à leur manière. Il serait peut être temps maintenant de lire au moins un des romans d’Ernest Hemingway. Lequel me conseilleriez-vous en priorité ? #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #reading #roman #poche #hemingway #litteratureamericaine #lyonnaise #blog

Une publication partagée par bookaddict (@bookaddictlyonnaise) le

3-Croire à l’incroyable : Les mains du miracle

Voir cette publication sur Instagram

// INOUÏ MAIS POURTANT VRAI // Inouï de penser qu’un homme, Félix Kersten, qui s’est formé auprès d’un maître chinois arrive à soulager les souffrances pour lesquelles les médicaments ne peuvent rien juste avec ses mains ; Inouï qu’il se retrouve, un jour, à soigner Himmler « le technicien sans rival en exterminations massives  » d’incessants maux d’estomac. Encore plus inouï de voir comment Félix Kersten par la confiance qu’il a su installer, par la connaissance psychologique très fine qu’il a acquis du dignitaire nazi, par de fines manoeuvres et par le pouvoir qu’il avait sur lui, du fait de ses mains aux dons extraordinaires, a réussi à sauver des milliers de vies. Oui c’est dans un état de sidération que j’ai lu Les mains du miracle (livre longtemps introuvable et republié bien heureusement par Folio en 2013 ) du fait du caractère quasi impensable de ce volet peu connu de l’histoire mais aussi du fait du contexte dans lequel il s’insère. Comment expliquer que des hommes dangereux, prêts à tout, brutes, sans affect, se soient retrouvés concentrés tous à des postes sous les ordres de Hitler et comment autant d’hommes ont rejoint la Gestapo pour semer partout terreur et mort ? Au delà de cette rencontre entre Félix Kersten et Himmler,Les mains du miracle éclaire sur le contexte, les rouages d’une organisation, l’endoctrinement et nous plonge dans les coulisses d’une période de l’histoire où une poignée d’hommes haineux ont décidé du sort de millions d’autres ! J’avoue que j’ai douté de la véracité des faits, les vies humaines semblant tenir à si peu de choses mais la plus grande majorité des actions racontée à Joseph Kessler par Kersten a été vérifiée et attestée. Invraisemblable et pourtant vrai, Les mains du diable est à la fois glaçant et passionnant ! #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #reading #histoire #secondeguerremondiale #poche #lyonnaise #blog

Une publication partagée par bookaddict (@bookaddictlyonnaise) le

4-S’armer de patience : Une longue impatience

Voir cette publication sur Instagram

🔺MAL DE MÈRE 🔺 Second roman de Gaelle Josse que je lis et gros coup de ❤️. Pourtant l’histoire–une mère dont le fils de 16 ans ne rentre pas un soir et dont l’absence va la ronger- ne m’enthousiasmait pas vraiment. Et puis au bout de quelques paragraphes à peine, j’ai été totalement réceptive à la musicalité d’Une longue impatience . 🔺Pour qui ? 🔺 Pour ceux et celles qui ne comprennent pas vraiment quand on leur dit que l’insouciance s’arrête le jour où l’on a des enfants. Pour ceux et celles que le couple de Meghan Markle et du prince Harry fait rêver (beaucoup si on en juge le nombre d’abonnés de leur compte Instagram tout neuf) mais qui se demandent si c’est facile d:épouser quelqu’un qui n’est pas de son milieu social Pour ceux et celles qui aiment la Bretagne et la mer Sur le blog je vous dis plus en détails pourquoi j’ai tant aimé ce roman. Vous l’avez lu ? #bookstagram #bookish #booklover #reading #lire #lecture #livrestagram #roman #poche #litteraturefrancaise #bretagne #amour #lyonnaise #bloggueuse #blog

Une publication partagée par bookaddict (@bookaddictlyonnaise) le

5-Donner vie à une statue connue : La petite danseuse de 14 ans

Voir cette publication sur Instagram

♦️PETIT RAT ♦️ J’aurais Camille Laurens en face de moi (si j’arrivais à faire taire l’idée que toute question posée par moi, sera forcément mauvaise voire stupide) je lui demanderais comment lui est venue l’idée de ce livre ou comment est né un intérêt tel pour la danseuse de Degas. À travers cette célèbre œuvre de l’artiste (que je serais allée voir à Orsay après avoir fini ce roman si j’habitais à Paris), Camille Laurens nous plonge dans un Paris qui nous paraît bien éloigné de l’actuel. Elle nous apprend comment cette sculpture si admirée et connue aujourd’hui a été reçue lors de son exposition au salon des Indépendants en 1881. Mais surtout elle se penche sur la vie de celle qui a servi de modèle et nous entraîne dans les coulisses de l’opéra de Paris. 💪 Le super pouvoir de la petite danseuse de quatorze ans ? 💪 Camille Laurens redonne vie à une sculpture de cire avec tellement de vigueur qu,’elle confie avoir eu du mal à dire adieu à son personnage.. Peut être parce que celui ci a réellement existé. Original et stimulant ! ♦️ De Camille Laurens, j’ avais également beaucoup aimé Celle que vous croyez et j’ ai maintenant très envie de lire Dans ces bras là. Vous connaissez cette auteure ? ♦️♦️ #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #reading #roman #poche #degas #danseuse #lecturedumoment #lyonnaise #blog #vendredilecture

Une publication partagée par bookaddict (@bookaddictlyonnaise) le

6-Devenir un champion : Einstein, le sexe et moi

(Il est sorti en livre de poche )

Voir cette publication sur Instagram

📘 JE SUIS AUTISTE ASPERGER.. 📘 « Ce n’est pas une maladie, je vous rassure. C’est une différence. » Drôle c’est ce que j’ai pensé d’abord d’Einstein, le sexe et moi quand @olivierliron m’a invité dans les coulisses de l’émission de Questions pour un champion. Drôle ses observations attentives des autres candidats (il est l’un d’eux), des tics de langage et de la mélopée (ses envolées, ses hors sujet) de Julien Lepers. J’ai même souvent ri. Rageuse aussi son écriture quand il revient sur la violence, le harcèlement, la moquerie, la stigmatisation vécus au collège. Rageuse je l’étais en lisant ce tableau d’une école normative, qui, au lieu de valoriser la différence, fait tout pour l:étouffer. Touchée par cet homme qui dit ne pas avoir les codes avec les filles mais qui face à un tableau de Rothko ressens un « orgasme de nuances » ; touchée par celui qui a une connaissance encyclopédique mais qui se trouve souvent démuni face aux autres; touchée lorsqu’il confie que l’écriture et la poésie l’ont sauvé. Proche de ce narrateur qui aurait aimé dire tant de choses à Barbara, cette fille dont il était fou amoureux mais qui est resté muet. Émue enfin de retrouver, par ces séquences de jeu télévisé construites comme un thriller et une tension croissante, mes grands parents. Chez eux il ne fallait surtout pas rater cette émission, pas question de prévoir autre chose à ce moment là. Alors je les ai revu face à l’écran, quasi silencieux, s’autorisant tout juste parfois un « il est fort lui ! ». Moi j’essayais de trouver des réponses pour impressionner mon grand-père mais c’était rare. Cela aurait pu être sombre c’est lumineux. Cela aurait pu être pathos, c’est sans fard, sans tricherie mais plein d’humour. Derrière les feux des projecteurs et des madeleines trempées dans le coca, une sincérité et une sensibilité qui vont droit au coeur. L’avez vous lu ? #bookstagram #bookish #booklover #reading #lire #lecture #livrestagram #litteraturefrancaise #asperger #roman #lyonnaise #rl2018 #blog

Une publication partagée par bookaddict (@bookaddictlyonnaise) le

7-Se sentir poète(sse) : Entre ciel et terre

Voir cette publication sur Instagram

//NULLE CHOSE NE M’EST PLAISIR EN DEHORS DE TOI. // ❤️❤️❤️ Vous croyez au coup de foudre ⚡ littéraire ? Celui qui vous ensorcelle, vous éblouit, vous subjugue ? ⚡Ce coup de foudre je l’ai vécu avec Àsta de Jón Kalman Stefánsson. J’avais un peu peur que la magie n’opère qu’une fois alors j’ai attendu avant de me lancer dans un autre livre de l’auteur. Et puis j’ai ouvert Entre ciel et terre, premier volet d’une trilogie et premier roman de cet écrivain islandais traduit en France par le formidable Éric Boury. Et le ciel a été traversé de miliiers d’étoiles filantes 🌌. L’histoire se déroule il y a un siècle, dans un petit village de pêcheurs en Islande (ces pêcheurs qui ne savent pas nager.. De toute façon ça ne sert à rien l’eau est trop froide) bref à des années lumières de ma vie et pourtant tout fait écho. La plume de l’auteur est si poétique et si mélancolique que j’ai noirci mon carnet d’extraits. J’avais envie de noter une phrase sur deux ! La foudre a encore frappé ⚡⚡. Chronique complète sur le blog où je vous parle aussi de la rencontre aux Assises internationale du roman. #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #vendredilecture #litteratureislandaise #ecrivainirlandais #jonkalmanstefansson #poche #vieuxlyon #lyonnaise #blog

Une publication partagée par bookaddict (@bookaddictlyonnaise) le

8-Rire : Le discours

(il est sorti en livre de poche depuis mon post)

9-S’émanciper : La vie invisible d’Euridice Guismao

10 poches pour passer l'hiver

C’est sûrement parce que j’ai lu Miss Islande il y a peu mais j’ai vu un lien entre ces deux histoires.

Euridice vit à Rio de Janeiro au début du 20ème siècle. Euridice est double : celle qu’elle aimerait être (une femme qui aime créer, écrire) et celle qu’on attend qu’elle soit (attente de ses parents, attente de la maîtresse d’école, attente de son mari).

Enfant, elle est très douée pour la flûte mais envisager qu’elle puisse être musicienne ne fait pas partie des possibles pour sa famille. Mariée, elle est si douée en cuisine qu’elle imagine un livre de recettes et espère pouvoir le publier. Quand elle le montre à son mari, il ricane et est à mille lieux de comprendre qu’elle puisse vouloir être autre chose qu’une femme au foyer.

Euridice étouffe, rêve de liberté dans une société patriarcale, se sent comme invisible car elle n’existe pas telle qu’elle aimerait être.

« Je suis en train d’écrire un livre. Sur l’histoire de l’invisibilité »

Et puis il y a aussi l’histoire de Guida, sa soeur, qui essaie d’échapper à sa condition sociale plus abruptement, en quittant tout.

Ce que j’ai aimé ?
Plonger dans ces familles portugaises et dans la culture brésilienne à travers la cuisine (bien entendu j’ai eu envie de préparer un bolo de fuba, des brigadeiros), les radionoveles
Le regard de l’auteure sur ses personnages (dont pas mal « hauts en couleur ») : elle ne les juge pas, elle essaie tous de les comprendre, même les moins sympathiques
La combativité d’Euridice et de Guida qui ne renoncent jamais vraiment à s’émanciper

10-Etre rital : Une saison en enfance

10 poches pour passer l'hiver

Une saison en enfance est le dernier poche que j’ai lu en 2019, offert par Peonies_in_october. Je n’ai pas pris beaucoup de notes à son sujet (alors que c’est tellement plus simple ensuite pour en parler) car je l’ai lu dans le train et je me suis complètement laissée entraîner par cette histoire, celle de l’enfance romancée de l’auteur.

André est un petit garçon de 12 ans dont les parents déménagent souvent. Il n’a jamais le temps de se faire des amis, de se créer des habitudes. En arrivant à Genève, il est vu comme un étranger, il est « le rital » pour la bande qui rode au pied de sa barre d’HLM comme pour les élèves de sa nouvelle classe.

Le fait de n’être pas d’ici, le fait d’être habillé « comme un pauvre », les autres vont lui faire payer. Au déracinement, s’ajoutent le racisme et le violence et cette année scolaire signe la fin de l’enfance pour André.

Le retour en Sicile à l’occasion de vacances est une respiration bienvenue dans ce roman sous tension qui m’a laissé avec un amer goût de révolte face à l’indifférence des adultes.

Est ce qu’un de ces 10 poches pour passer l’hiver vous tente ?

Pour retrouver facilement ces 10 poches pour passer l’hiver, épinglez-le sur Pinterest grâce au bouton Pin situé en haut à gauche de cette photo.

10 poches pour passer l'hiver

Ordinary people : Futurs parents s’abstenir

Sur le bandeau du livre, Diana Evans est comparée à Dolstoï et Dickens. N’étant lectrice ni de l’un ni de l’autre, je ne me lancerai pas sur cette piste. Tout ce que je peux vous dire, c’est que j’ai été bluffée par l’analyse au scalpel du couple avec enfants faite par l’écrivaine dans Ordinary People. J’ai du dire au moins 10 fois « qu’est ce que c’est bien vu ! » ou « qu’est ce que c’est bien dit ! » (oui un peu pauvre linguistiquement parlant).

ordinary people


Ce n’est pas le livre le plus gai pour finir l’année (c’est le dernier roman que j’ai lu en 2019) ou pour la commencer. N’empêche que je n’avais qu’une hâte c’était de retrouver mon bouquin le soir et tous les livres sont loin de me faire cet effet.


Diana Evans pose ces questions universelles : comment continuer en exister quand on a l’impression d’être fondue dans l’entité famille ? Pourquoi rester ensemble quand tout est si loin des débuts ? Diana Evans pose son regard sur deux couples de la classe moyenne en pleine crise de la quarantaine. Elle le fait avec tant d’acuité et de minutie, faisant sentir page à page leur enfermement dans une situation que cela en est suffocant. 

On est loin du prêt à penser actuel (qui m’hérisse profondément ) à coup de mantras « vis ton rêve » « pour l’avoir, il suffit de le vouloir », gommant totalement ce qui est quand même bien souvent le nerf de la guerre : l’argent.   

A tous les hommes qui ne reconnaissent plus leur femmes depuis qu’elles sont « trop » mères, je recommanderais la lecture de ce livre. A toutes les femmes qui ne comprennent pas que leurs conjoints fassent la gueule en rentrant du boulot, je recommanderais ce livre aussi. Aux futurs parents, je conseillerais par contre de s’abstenir ; ) (de le lire, pour le reste c’est trop tard : )) 

Et puis pour finir sur une note plus douce, il y a aussi ses chansons qui accompagnent leur histoire et le lien vers la playlist du roman à aller découvrir. 

Ordinary People, Diana Evans, Editions du Globe.

Quel livre offrir à Noël ?

C’est un peu la tradition ici, chaque année en décembre, je me creuse la tête pour sélectionner une dizaine de livres différents à mettre au pied du sapin pour Noël. Cela ne correspond pas à mes livres préférés de l’année car mon goût me porte souvent vers les histoires sombres et qui dit fêtes dit joie et bonne humeur : ). Beau livre, guide, roman, essai, livre de loisirs créatifs, polar, voici des livres à offrir à Noël !

Pour un(e) esthète

Un livre qui s’ouvre comme un accordéon, un livre imprimé à seulement mille exemplaires, un livre assemblé manuellement et qui vous emportera sur les falaises d’Yport près d’Etretat

Du rêve, de la poésie, de la délicatesse avec la Côte d’Albâtre d’Alan Johnson aux éditions Apeiron.

Voir cette publication sur Instagram

//POURTANT QUE LES FALAISES SONT BELLES 🌊 // C’est bien plus qu’un livre. C’est un objet précieux tiré à seulement 1000 exemplaires, assemblé manuellement et dont la couverture a été façonnée .Il se présente sous forme de bandes pliées en accordéon (Leporello si vous voulez crâner dans les salons). La couverture est en carton teinté avec marquage à chaud et découpe des fenêtres. 🌊 Derrière ce livre qui s’admire avant de s’ouvrir, il y a la maison d’éditions Apeiron. Cette dernière nous emmène à Yport en Normandie, à une dizaine de kilomètres d’Etretat avec ce paysage de hautes falaises et de roche couleur craie. 🌊 L’idée, à travers ce livre-objet d’art, est de regarder cette côte plus profondément, en prenant le temps, et pas comme un produit de consommation. Cela est en parfaite adéquation avec le processus de fabrication du livre. 🌊 Sur une double page, le naturaliste Alan Johnson raconte un moment de vie, une lumière particulière, une ambiance. Tout est là : les couleurs, les sons environnants, la flore et la faune. 🌊 Mon aquarelle préférée est celle des falaises avec leurs ombres violacées (que l’on retrouve sur un marque page glissé dans le livre) et leur bandes de mer blanches. Magnifique ! 🌊 Ceci n’est pas un livre. Ceci est un cadeau à offrir ou à s’offrir. (je vous le montre un peu plus en story) #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #reading #livred’art #varionsleseditions #normandie #cotedalbatre #aquarelle #nature #alanjohnson #slowtourism #lyonnaise #blog

Une publication partagée par bookaddict (@bookaddictlyonnaise) le

Pour un(e) accro aux séries

Guide de voyage ou guide des séries tournées à New York ? Un peu des deux car c’est dans les pas de vos personnages préférés que l’auteur de ce livre vous fait visiter la ville.

Documenté, calé, parfait pour ceux et celles pensent déjà avoir regardé toutes les séries, Découvrir New York en séries existe aussi pour Londres !

Voir cette publication sur Instagram

🍩 NEW YORK NEW YORK 🍩 Marcher dans les pas de Seinfeld ou du personnage principal de Master of None, c’est ce que nous propose @marion_en_vo à travers son guide New York en séries. Carte à l’appui, l’auteure nous entraîne dans une visite inédite qui laissera sûrement à ceux et celles qui fouleront les trottoirs de la grosse pomme un sentiment de déjà vu. Mais ce guide est pour moi bien plus qu’un guide de voyage. Il analyse très finement un nombre assez impressionnant de séries et la façon dont les séries ont bouleversé certains codes (tant au niveau du fond que de la forme). Chronique complète sur le blog où je vous parle aussi d’un autre titre de la même collection, Découvrir Londres en séries. Des amateurs (trices) de séries parmi vous ? #bookstagram #bookish #booklover #reading #lire #lecture #livrestagram #vendredilecture #guidedevoyage #travel #newyork #londres #london #series #lyonnaise #blog

Une publication partagée par bookaddict (@bookaddictlyonnaise) le

Pour un(e) addict aux réseaux sociaux

Les rencontres amoureuses qui commencent virtuellement sont-elles forcément idéalisées ? finissent-elles en histoires d’amour ? Réponse dans Comme elle l’imagine qui décortique les jeux de séduction 2.0.

Touchant et juste, Comme elle l’imagine au mercure de France

Voir cette publication sur Instagram

❤️CHRONIQUE : RENCONTRE AMOUREUSE 2.0 ❤️ Si vous aimez les romans qui interroge les nouvelles façons d’aimer à l’ére des réseaux sociaux et des applications de rencontre alors Comme elle l’imagine devrait vous plaire ! Laure a « connu » Vincent sur Facebook. De commentaires publics ils sont passés aux messages privés puis aux SMS si fréquents à présent que Laure a l’impression que Vincent est avec elle le soir lorsqu’elle rentre du travail. Laure est tellement accro à leur relation virtuelle qu’elle préfère aux « vraies » sorties et soirées son écran. Mais bientôt Laure se demande pourquoi cet homme pour qui elle ressent une telle alchimie ne semble pas pressé de la rencontrer ? 💪Les supers pouvoirs de Comme elle l’imagine 💪 💪J’ai aimé chez Laure le réconfort qu’elle trouve dans les livres, ses rêveries (comme elle l’imagine c’est comme elle l’imagine lui mais aussi la rencontre.. idéalisée), sa façon de lier état amoureux et chansons. Sa solitude m’a touché, son hypersensibilité aussi. 💪J’ai aimé ce que j’appelle leur ping pong verbal ou plutôt écrit. 💪Stéphanie Dupays dissèque avec justesse le sentiment amoureux mais aussi l’addiction et la servitude créées par les écrans. À votre avis, la rencontre avec Vincent sera t elle à la hauteur des espoirs de Laure ? « Avec le smartphone, l’amoureux inquiet, le parent apeuré, le travailleur méticuleux se sentaient libérer de l’incertitude. Ils pouvaient joindre l’être aimé, l’enfant ou le chef à tout moment, savoir quand il ils s’étaient connectés à leur messagerie pour la dernière fois. Pourtant l’omniscience masquait une servitude volontaire. Oui ils savaient précisément à quelle heure leur interlocuteur avait lu leur message mais pourquoi ne répondaient-ils pas ? L’ objet magique devenait instrument de torture.  » #bookstagram #bookish #booklover #reading #lire #lecture #roman #romanfrançais #sentimentamoureux #virtuel #lyonnaise #blog

Une publication partagée par bookaddict (@bookaddictlyonnaise) le

Pour un(e) sans voiture

Même si on me regarde comme une extraterrestre à chaque fois que je dis que je vis sans voiture, je ne pense pas être la seule à ne pas conduire.
Slow train s’adresse aussi à ceux et celles qui ont envie de ralentir dans un monde où l’on veut tout, tout de suite.

Original, détaillé et écologique, Slow Train pour Voyager Autrement

Voir cette publication sur Instagram

🚞 Viens on ira on partira toi et moi, où je sais pas, il y a que les routes qui sont belles et peu importe où elles nous mènent 🚞 Si il y avait eu un bandeau racoleur pour Slow Train, cela aurait pu être « Recommandé par JJG ». Dans un monde où on va jusqu à regarder les séries en accéléré, Slow Train de @juliettelaba (avec les très chouettes illustrations de @floragrrr) nous invite à des voyages en train lents, avec plein d’arrêts, sans WiFi mais avec des paysages qui donnent envie de lever le nez de son écran (et avec des tarifs beaucoup plus doux que ceux du TGV). Sur le blog je vous dis pourquoi j’ai aimé ce guide pas comme les autres et quelles échappées ferroviaires parmi les 30 proposées me tentent le plus. Pour qui ? Les contemplatifs, les rêveurs et ceux qui aiment voyager en train. #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #reading #lecture #guidedevoyage #slowtrain #slowlife #train #travelgram #lyonnaise #blog #garedesaintpaul

Une publication partagée par bookaddict (@bookaddictlyonnaise) le

Pour un(e) italian lover

Dans un petit village des Pouilles, dans les années 60, la vie de 3 jeunes garçons va basculer pendant un été. Il fait chaud dehors, dans les ruelles de ce petit village où tout le monde se connait et qui est une peinture sociale en miniature (le poids de la religion et celui du patriarcat, la société divisée en clans).

Intense, plein de sensations, avec un suspense croissant, L’été meurt jeune est passé inaperçu et c’est totalement injustifié !

Voir cette publication sur Instagram

//🇮🇹COUP DE COEUR ITALIEN// Ce premier roman là, je ne l’ai pas vu passer (ou alors je l’ai raté). Pourtant il m’a transporté immédiatement, en quelques phrases, dans un petit village des Pouilles dans les années 60. Cet été là, la vie de trois garçons de 12 ans va basculer. Cet été sera la fin prématurée de leur jeunesse. Je l’ai ouvert un jeudi matin, je l’ai fermé le lendemain soir et entre temps je l’ai lu en apnée, saisie par l’écriture de l’auteur Mirko Sabatino, par sa violence, par sa force, par sa sensibilité. Sur le blog je vous dis pourquoi c’est un gros coup de cœur ❤️ ! Le lien est dans ma bio www.chocoladdict.fr L’avez vous lu ? #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #reading #roman #litteratureisraelienne #pouilles #premierroman #lyonnaise #blog

Une publication partagée par bookaddict (@bookaddictlyonnaise) le

Pour un(e) paper-addict

Connaissez-vous Fifi Mandirac et son univers coloré ? Elle a publié un livre que j’ai prévu d’offrir à ma fille à Noël (ouf elle ne lit pas encore mon blog) avec plus de 250 pages détachables à utiliser pour des heure de pliage, découpage, collage et création.

Lettres, enveloppes, cartes, guirlandes, vases et lampions, étiquettes, boîtes et pochettes, fanions, dés et cocottes, on trouve tout cela à l’intérieur.

Au tout début de All you need is papier, il est expliqué comment bien utiliser le livre. avec les différents pliages.

Je vous en reparlerai, à travers une des choses qu’elle aura créée, après les fêtes.

Pour un(e) bec sucré

La pâtisserie est devenue synonyme de glamour et de stars mais en coulisses comment cela se passe-t-il ? C’est par le biais de Philippe Conticini qui raconte son enfance mais aussi toute son expérience en cuisine et en pâtisserie que je suis rentrée en cuisine.

Sincère, doux et amer, Cochon de lait met aussi l’eau à la bouche !

Voir cette publication sur Instagram

//LE GOUT DE L’ENFANCE DOUX ET AMER DE PHILIPPE CONTICINI// Philippe Conticini fait partie de mon panthéon personnel : je suis en admiration devant le Chef pâtissier et sa créativité et sur le plan humain, j’ai toujours apprécié sa volonté de transmettre, sa pédagogie, sa « bienveillance » (le terme est tellement employé qu’il a perdu de sa force mais dans son cas, je n’en vois pas d’autre plus juste). ▪️ Alors forcément j’ai eu envie de me plonger dans ce récit qui mêle souvenirs d’enfance et de jeunesse, parcours, doutes, blessures, hauts et bas pour former le portrait d’un homme très touchant. ▪️ Cochon de lait est à la fois doux et amer et je vous dis pourquoi sur le blog (lien 👉dans la bio ). ▪️ #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #patisserie #pastry #chefpatissier #conticini #recit #gastronomie #lyonnaise #blog

Une publication partagée par bookaddict (@bookaddictlyonnaise) le

Pour un(e) dingue de polars

Ras le bol du flic alcoolique, des histoires d’enfants disparus et autres tics que l’on retrouve d’un polar à l’autre ? J.M Erre égratigne justement tous les clichés et appelle à la rescousse le lecteur pour le consulter sur tel ou tel bon supposé ingrédient de roman noir. Quant aux personnages, le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils sont hauts en couleurs !

Drôle et atypique, L’homme homard a, en plus, un dénouement inattendu.

Voir cette publication sur Instagram

//LE POLAR QUI NE MANQUE PAS D’AIR// Ca fait longtemps que je n’avais pas trouvé un polar aussi drôle et atypique ! Non seulement J. M. Erre égratigne tous les clichés des polars et dialogue avec son lecteur pour savoir quel ingredient peut marcher ou pas au fur et à mesure du roman mais côté personnages il n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il campe une truculente galerie de portraits de « monstres » réservant le premier rôle à une narratrice tétraplégique qui parle d’elle comme d' »un mollusque à moteur » et adore mettre mal à l’aise ceux qui la regardent avec pitié ou différence. 💪Les super pouvoirs de Qui a tué l’homme-homard ? 💪 🔺 Rire de tout et se moquer aussi bien des complotistes que des journalistes parisiens, des flics que des provinciaux 🔺Instaurer une vraie complicité avec le lecteur en le sollicitant sur la suite que devrait prendre l’histoire 🔺Construire une intrigue originale à mille lieux des polars habituels avec un dénouement que je n avais pas du tout deviné 🔺Pour qui ? Pour ceux et celles qui aiment les digressions, les polars rocambolesques et l humour noir ! #bookstagram #bookish #booklover #reading #lire #lecture #lecturedumoment #livrestagram #romannoir #polar #humournoir #polarfrançais #lyonnaise #blog #vendredilecture

Une publication partagée par bookaddict (@bookaddictlyonnaise) le

Pour un(e) passionné(e)

Le portrait plein de rage et de force de la femme et artiste, Frida Kahlo, à travers le prisme de sa relation passionnée avec le peintre Diego Riviera.

Vibrant, fougueux, flamboyant, Rien n’est noir est de mes derniers coups de coeur.

Voir cette publication sur Instagram

//WITH OR WITHOUT You 🎨 // Quelle écriture fougueuse, vibrante, pleine de rage et de douleurs, de vie et de désirs, une plume qui mord dans la vie à 100% sans s’économiser à l’image de l’héroïne du livre Frida Kahlo ! Est ce que Claire Berest écrit toujours ainsi ou s’est telle fondue à ce point dans ses deux personnages principaux qu’elle a traduit cela en un tableau qui m’a porté de bout en bout ? 🎨 Rien n’est noir et rien n’est tiède. Ça brûle, ça pique et cela donne envie de vivre intensément ! 🎨 Chronique complète et citations sur le blog (lien dans la bio) #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #reading #roman #lecture #bio #fridakahlo #artiste #passion #mexique #lyonnaise #blog

Une publication partagée par bookaddict (@bookaddictlyonnaise) le

Pour un ado qui ne jure que par Youtube

Le choc des générations version 2019 c’est quand mon fils ne jure que par Youtube et que je lui réponds livres et blogs : ) . Mais j’ai peut être trouvé un terrain d’entente avec Mythes et légendes cultes de Max Bird. Ce comédien vulgarise les connaissances sur sa chaîne Youtube depuis 2016 et mon fils m’en a déjà parlé.

Il vient de publier un tour du monde des légendes mythologiques avec de l’aventure, de la romance, du gore, du suspense et vous l’aurez compris de l’humour.

Pourvu que mon fils ne me dise pas : je préfère regarder la vidéo : )

Pour un(e) adepte du retour à la nature

Dans une ambiance de fin du monde (les héros américains pour nous sauver des méchants en moins), deux soeurs apprennent à vivre autrement au milieu de la forêt.

Un hommage à la nature porté par la beauté des illustrations !

Voir cette publication sur Instagram

//DANS LA FORET, LE ROMAN GRAPHIQUE// J’ai lu d’abord le roman Dans la forêt dont est adapté ce roman graphique par Lomig et je me demande si l’idéal n’aurait pas été de commencer par le roman graphique. Mais peut être aussi qu’il faut s’empêcher de comparer les 2, que cela n’a pas beaucoup de sens. Dans l’un, en tant que lecteur, on est placé au coeur de la forêt mais aussi dans la tête de ces deux soeurs qui doivent apprendre à survivre, isolées et privées de tout. Dans le roman graphique, on met des traits sur leurs visages, sur leur environnement et la nature apparaît dans toute sa splendeur, sa richesse, son imprévisibilité. ▪️ . Lomig nous plonge Dans la forêt dès la couverture vraiment magnifique (bravo aussi aux éditions sarbacane pour la reliure verte et le soin apporté au livre en tant qu’objet) et nous montre au fil des pages combien la forêt est vue comme une menace, puis au contraire comme protectrice, comme ressources et enfin comme refuge. ▪️ . L’évolution psychologique des deux soeurs est aussi bien traduite de leurs rêves dans leurs vies d’avant cette quasi fin du monde à leur survie quotidienne avec toutes les questions et les heurts que cela peut engendrer. ▪️ . J’ai essayé de me détacher du récit du roman que j’avais encore bien en tête et que j’avais beaucoup aimé (notamment pour l’originalité de sa construction, ma chronique est sur le BLOG ) et j’ai été frappée par la beauté des dessins de Lomig représentant la nature. ▪️ Si vous n’avez pas lu le roman et que vous ouvrez ce roman graphique, je serais curieuse de savoir si cela vous donne envie de prolonger le récit autrement. ▪️ . #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #reading #romangraphique #lemoisamericain #litteratureamericaine #fablesurvivaliste #naturalwriting #retouralanature #adaptation #lyonnaise #blog

Une publication partagée par bookaddict (@bookaddictlyonnaise) le

C’est une sélection, il n’y a donc qu’un nombre réduit de propositions mais vous trouverez plein d’autres idées de lectures dans la rubrique « Idées lecture » (dans le menu horizontal) ou sur mon compte Instagram @bookaddictlyonnaise.

Pour retrouver facilement cet article, épinglez-le sur Pinterest grâce au bouton Pin situé en haut à gauche de cette photo.

With ou without you : Rien n’est noir de Claire Berest

Quelle écriture fougueuse, vibrante, pleine de rage et de douleurs, de vie et de désirs, une plume qui mord dans la vie à 100% sans s’économiser à l’image de l’héroïne du livre Frida Kahlo ! Est ce que Claire Berest écrit toujours ainsi ou s’est telle fondue à ce point dans ses deux personnages principaux qu’elle a traduit cela en un tableau flamboyant qui m’a porté de bout en bout dans Rien n’est noir

Sentir l’odeur c’est déjà manger le souvenir« .  

« Qu’elle est cruelle la conscience de ce qui a été perdu et dont on ignorait la simple jouissance. »

Et l’histoire dans tout ça ? Il y a déjà eu tant de posts sur ce livre, parlant souvent d’histoire d’amour passionnée. J’y ai vu surtout celle d’une jeune femme brisée très jeune par un terrible accident (quelle scène, j’avais l’impression d’y être !), qui souffre toute sa vie physiquement et moralement et cherche un amour jamais comblé pour remplir le vide abyssal qu’elle ressent. 

« Adorable Nick, si tendre, qu’il pourrait presque rivaliser avec Diego et combler ce trou béant dans son thorax. Dans une autre vie. Avec une autre Frida. »

J’ai vu aussi une femme incroyablement libre (quand elle n’est pas asservie à Diego), qui se moque des conventions, qui rit des riches américains pour qui elle est une distraction rafraîchissante mais aussi des surréalistes français autocentrés, provocante, volcanique, battante.   

Et eux deux dans tout cela, se sont-ils vraiment rencontrés ? S’il fallait décrire leur amour, il faudrait passer par mille couleurs et mille nuances mais la fin balaie tout pour moi.   

Rien n’est noir et rien n’est tiède. Ça brûle, ça pique et cela donne envie de vivre intensément !     

Vous avez lu ce livre ? un autre signé Claire Berest ?   

(je ne regarderai plus les tableaux de Frida Kahlo de la même façon après avoir lu ce roman ! )

 
 

 

 
 
 
 
 
 
 

Honoré et moi : une biographie impertinente

Peut-on quand on est passionné par un auteur, qu’on connaît son oeuvre sur le bout des doigts, qu’on a passé des mois à faire des recherches à son sujet, écrire une biographie qui ne soit ni ennuyeuse (l’envie de tout dire et de montrer tout ce qu’on a appris ) ni hagiographique ? La réponse est oui ! C’est le pari réussi par Titiou Lecoq et son livre Honoré de Balzac et moi.

Après avoir expliqué en introduction comment l’idée d’écrire sur Balzac lui est venue, Titiou Lecoq se lance dans le récit de la vie d’un écrivain qui, malgré tout l’argent rapporté par ses succès, est ruiné à 43 ans.

Au passage, elle s’interroge sur le portrait effroyable qui a été fait de sa mère (par Balzac lui même, par Zweig aussi), revenant sur son mariage (à 18 ans avec un homme de 50 ans !) rappelant que cette mère qui n’a probablement pas su exprimer son amour, a toujours été là quand Balzac avait besoin d’elle. L’auteure montre, tout au long du livre, comment Balzac s’est servi de son imagination pour réécrire son propre passé.

Honoré et moi : Incroyablement moderne

Ce qui m’a frappé dans Honoré et moi c’est la modernité du propos à plusieurs reprises. Balzac angoisse face à l’argent (ou plutôt au manque d’argent). Titiou Lecoq commente :

« Dans la société de consommation, on est toujours pauvre parce qu’on se sent toujours le pauvre d’un autre. »

Balzac est critiqué car, pour subvenir à ses besoins, il fait de l’alimentaire. Aujourd’hui encore lier production littéraire et argent est considéré comme un blasphème.

On lui reproche aussi quelque chose qu’on entend toujours à propos des écrivains :

« Quelqu’un qui écrit autant ne peut pas respecter la littérature ».

Il écrit sur le mariage et sur la place des femmes dans la société, ce qui est déconsidérée par la critique littéraire de son époque. Pourtant en montrant que l’intime est politique, il a plus d’un siècle d’avance. S’il n’est pas un « féministe », lorsqu’il décrit, à travers l’un de ses personnages, le quotidien d’une mère de famille, c’est criant de vérité.

Terriblement humain

Titiou Lecoq, en prenant le parti de raconter les malchances, bides et fiascos de l’écrivain, déboulonne le mythe du génie littéraire. Balzac n’a pas un physique facile (mais un regard très pénétrant qui séduit les femmes) et souffre du décalage entre celui-ci (il est joufflu, robuste, petit) et sa nature profonde. Alors il se compose un personnage à l’aide de vêtements chers et excentriques. Obsédé par l’idée d’être célèbre et riche, il connaît échec sur échec dès qu’il pense faire des affaires et est de plus en plus endetté.

Il est plus pauvre à 38 ans qu’à 29 alors qu’il a travaillé comme un damné. »

Il est certes très talentueux, a une capacité de travail énorme mais il n’est pas un surhomme. Il est humain avec ses défauts et ses failles.

C’est précisément cela qui me touche le plus chez lui. Il n’arrive pas à être raisonnable, il est incapable de résister aux tentations, alors qu’il est criblé de dettes, il sort de plus de plus.

Le roman est bien plus riche que ce que je viens de vous en dire : il montre comment les problèmes constants de l’écrivain ont permis de faire entrer l’argent en littérature sous toutes les formes (système financier, rapport personnel à l’argent), il raconte ses histoires d’amour. Il construit des passerelles entre passé et présent, les interrogations soulevées étant intemporelles.

Si j’ai autant aimé Honoré et moi , c’est aussi parce qu’à bien des reprises, je me suis sentie en accord avec la vision de la vie de Titiou Lecoq :

L’un des innombrables problèmes posés par cette croyance en une hiérarchie du vivant comme des humains entre eux, c’est qu’elle fait perdre leur estime d’eux-mêmes aux simples mortels; elle tétanise les esprits, dissuade celles et ceux qui doutent -et déresponsabilisent les citoyens face à leur destinée. Le mythe du grand homme ou du surhomme est un poison infantilisant qui continue d’infuser notre société. Il nous fait attendre l’arrivée d’un homme fort pour sauver un pays ou une communauté, comme on espérait le croisement entre le Messie et un père de famille idéal.

Aurait-il dû pour autant économiser sa santé comme son père, Bernard-François, se coucher tôt tous les soirs, se priver de sucreries, prendre une position professionnelle sûre, ne pas faire d’excès, faire un mariage de raison, se faire chier pendant quatre-vingt simplement pour arriver à 80 ans ?

C’est drôle, c’est décapant et cela me donne très envie de lire l’essai de Titiou Lecoq sur la répartition des tâches entre hommes et femmes !

Honoré et moi, Titiou Lecoq, L’Iconoclaste

Pin It