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Je me demande si le fait de partager, ici, mes 5 prochaines lectures, n’est pas un moyen de m’y tenir (du style je l’ai écrit, c’est quasi une promesse) ou peut être un moyen de m’arrêter à un choix quand  j’aimerais pouvoir passer mon temps à lire, quand je voudrais lire plus, plus souvent mais que le quotidien contrarie mes envies.

L’enfant perdue, le dernier volet de l’amie prodigieuse d’Elena Ferrante

Pendant ces vacances de printemps, je devais être pour quelques jours en Italie. Train annulé, voyage aussi. J’aurais bien changé d’air mais à défaut de glaces crémeuses comme on n’en trouve pas en France, de grandes places et d’accent chantant, j’ai mis en haut de la pile de mes prochaines lectures, le dernier volet des aventures de l’amie prodigieuse, L’enfant perdu. J’ai hâte de retrouver Elena et Lila, l’ambiance de Naples et tous les ingrédients de cette saga italienne même si j’ai un peu peur d’avoir oublié qui est qui (et dès que je l’ai fini Estelle, je te le passe ).

Si vous n’avez pas lu les volets précédents, j’ai parlé de L’amie prodigieuse et Le nouveau nom sur le blog.

Le cosmonaute et Nerfititi….de Philippe Jaenada

Dimanche dernier, j’étais en train de flâner dans les allées de la grande librairie installée dans le palais de la Bourse à l’occasion de Quais du Polar, quand j’apprends que dans 5 minutes, Philippe Jaenada sera présent sur un des stands pour faire dédicacer ses livres. Or c’est un de mes écrivains préférés. Peu d’auteurs me procurent un tel plaisir de lecture et je crois que j’ai compris pourquoi après avoir écouté Philippe Jaenada lors d’une conférence de Quais du polar. En dehors de l’intrigue du roman, il créée une véritable connivence avec le lecteur, il s’adresse quasi directement à lui. Peu d’auteurs ont pour moi un style aussi immédiatement reconnaissable, un sens de la digression aussi drôle.

J’ai dévoré ces 3 derniers livres : La petite femelle, Sulak et La serpe, j’ai appris plein de choses sans jamais m’ennuyer et quand on a l’impression en refermant un livre, d’être un tout petit plus intelligent, c’est forcément valorisant.

Bref me voici, quasi seule (je suis arrivée pile à la bonne heure,) devant ses livres et avant qu’il n’arrive, avant d’échanger quelques mots avec lui (lui aussi drôle que dans ses livres, moi empêtrée dans mes mots et l’esprit peu dégourdi) et de faire dédicacer La serpe, j’ai acheté deux de ses poches plus autobiographiques.

Nefertiti dans un champ de canne à sucre raconte les débuts d’une rencontre amoureuse et les ébats passionnés qui suivent.La femme du cosmonaute osculte le couple quelques années après. J’ai pioché des pages au hasard et j’ai l’impression que je vais bien m’amuser avec ces prochaines lectures.

My absolute darling de Gabriel Tallent

J’ai lu de très bonnes critiques à propos de My absolute Darling, best seller aux Etats-Unis, encensé par Stephen King. L’histoire est celle de l’émancipation d’une jeune fille qui a grandi aux côtés d’un père charismatique et abusif. Sophie du blog C’est quoi ce bazar le déconseille aux âmes sensibles et comme je suis hypersensible, je me demande comment je vais accueillir ce livre mais ma curiosité l’emporte. A suivre !

Le goût d’Emma d’Emmanuelle Maisonneuve et Kan Takahama

Si c’est trop asphyxiant, j’irai peut-être prendre quelques bouffées d’air dans le manga Le goût d’Emma où l’écriture d’Emmanuelle Maisonneuve s’allie aux dessins de Kan Takahama. Forcément on pense au Gourmet Solitaire de Jiro Taniguchi (que je n’ai pas encore lu) mais la spécificité de ce titre est qu’il raconte les expériences culinaires et professionnelles, d’Emma promue inspectrice au Guide Michelin.

Est ce que l’une de mes prochaines lectures vous tente ?

Il est 22h23 et je me demande si je dois me lancer à cette heure dans un billet « lecture » alors que je mets toujours un certain temps pour ne pas dire un temps certain lorsqu’il s’agit de parler de livres me refusant 1) à trop raconter l’intrigue 2) à aller voir sur d’autres sites ce qu’ils en disent. Alors je vais faire court pour vous parler des 4 derniers livres que j’ai lus. Il s’agit de 4 romans noirs et ce n’est pas un hasard mais une mise en bouche avant le week-end Quais du Polar qui se tiendra cette année du 6 au 8 avril 2018.

La femme à la fenêtre  : le plus « page turner »

Mon pitch : Une femme vit seule dans une maison et passe une grande partie de son temps à espionner la vie de ses voisins. Jusqu’au jour où elle aperçoit une voisine qui lui a rendu visite se faire poignarder. Elle appelle la police mais problème la femme qu’elle pense avoir identifié n’a jamais habité dans cette maison, aucun corps n’a été retrouvé et tout ce qu’elle raconte ressemble de plus en plus à des hallucinations. Comme elle prend médicaments et alcool, personne ne la croit et elle même doute. Alors a t elle rêvé ou pas ?

Ce que j’en ai pensé : Il y a sûrement pas mal de références à Hitchcock, les chapitres sont construits de façon à ce que le lecteur ait toujours envie d’aller plus loin. Le souci, c’est bien que ne lisant pas des tonnes de polars, j’ai deviné un des twists de l’intrigue et une autre bizarrerie m’a frappé alors qu’elle n’aurait pas du me mettre la puce à l’oreille. Je n’ai tout de même pas deviné le retournement final mais ce page turner m’a laissé une sensation très mitigée.

A.J Finn sera présent à Quais du Polar

Emma dans la nuit : le thriller psychologique

Mon pitch : Les soeurs Tanner, Emma 15 ans et Cass, 13 ans , sont tristement célèbres dans la région car elles ont disparu un soir sans qu’aucune piste plausible n’ait été trouvée. 3 ans plus tard, Cass frappe à la porte de ses parents et interrogée par le FBI raconte ce qu’il lui est arrivé à elle et à sa soeur.

Ce que j’en ai pensé : on se doute d’emblée que le récit de Cass est une construction, une invention du coup le lire jusqu’au bout perd, pour moi, un peu d’intérêt. J’ai été aussi assez gênée par le style laissant une très grande part au dialogues.

Natt: le plus islandais

Mon pitch : Bonne nouvelle l’inspecteur Ari Thor est de retour pour un troisième volet (après Snjor et Monk que j’avais beaucoup aimé). Cette fois un cadavre est retrouvé au bord d’un fjord et l’action ne se déroule pas en hiver mais en été.

Ce que j’en ai pensé : Plaisir de repartir en Islande, plaisir de lecture avec cette façon de construire l’intrigue comme un puzzle dont chaque chapitre serait une pièce, plaisir de retrouver un personnage en proie à ses questionnements personnels….bref je signerais pour un autre volet sans problème !

Jake : le plus bouleversant

Mon pitch : Simon est père au foyer, ce qui n’est pas toujours simple mais ses enfants sont le centre de sa vie. Le jour où il apprend qu’une fusillade a eu lieu dans l’école de son fils et que ce dernier pourrait être impliqué, son monde bascule. Et si son fils qu’il a vu grandir bien plus que de nombreux parents, était tout de même un inconnu ?

Ce que j’en ai pensé : D’abord au niveau du style, j’ai su dès les premières pages que l’auteur m’accrochait et puis je me suis reconnue dans certains traits de ce père de famille qui n’est pas très à l’aise avec les autres mamans, ni au square, qui savoure chaque minute de temps libre…bien qu’il aime ses enfants comme la prunelle de ses yeux. Il y a aussi des passages très justes sur la façon dont les enfants peuvent éloigner un couple. Et puis il y a ce suspense que l’auteur installe progressivement. Jake, le fils de Simon est introuvable et la recherche physique de ce dernier se double d’une recherche d’indices dans le passé pour savoir ce qui a pu cloché (avec des chapitres alternant présent et passé). Simon est très fort pour culpabiliser et là encore en tant que parent, on se reconnait forcément à un moment ou un autre. Si je rajoute que le dénouement est glaçant, j’espère vous avoir convaincu de le lire.

D’autres romans noirs dont les auteurs seront présents à Quais du Polar

🔪 Hannelore Cayre dont je vous conseille les romans noirs Commis d’Office, Toiles de maître ou le dernier La daronne (c’est drôle, c’est méchant parfois, c’est émouvant aussi avec une dose de rocambolesque)

🔪Michel Bussi dont je vous invite à lire Nymphéas Noirs (vous passerez quelques soirées à Giverny et si vous avez eu la chance d’y aller en vrai c’est encore mieux !)

🔪Carl Férey que j’irais bien saluer en dédicace si je n’étais pas aussi  persuadée de lui sortir de tristes banalités (lisez Mapuche, lisez son autoportrait, lisez Zulu)

🔪le génial Philippe Jaenada que j’espère pouvoir écouter lors d’une conférence et qu’il faut absolument mettre sur votre table de chevet si vous n’êtes pas rebuté par les pavés car il est drôle, il a un sens de la digression extraordinaire, il sait mêler petite et grande histoire, il s’arrange pour qu’on mène l’enquête avec lui et c’est juste passionnant (je vous conseille en particulier La serpe et La petite femelle )

J’aime bien les romans noirs mais pas trop à la suite alors après ces mauvais genres, je vais peut être passer à un autre genre ; )

Et vous, vous lisez des polars, des thrillers ?

Des poches, des romans graphiques, une bande dessinée, un essai, mes dernières lectures ont été assez variées. Comme il m’est impossible, par manque de temps, de tout chroniquer dans le détail mais que j’avais quand même envie de les partager, voici un court résumé de chacune d’entre elles :

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ?

Mon pitch : Vous vous êtes déjà demandés pourquoi depuis la nuit des temps et partout sur la planète, les femmes n’ont jamais été traitées de manière égale aux hommes ? Pour répondre à cette question, cette bande dessinée remonte aux origines des inégalités entre les hommes et les femmes soulignant avec humour toute l’absurdité de cette situation. Expliquer pour repartir sur des bases plus justes c’est l’idée de cette chronologie dessinée.

Saviez vous que jusqu’en 1875 les hommes pensaient qu’il était l’unique responsable de la création d’un enfant ? que tous les textes de loi et tous les textes religieux ont été pensés et écrits par des hommes posant un regard uniquement masculin sur la société ? ou encore qu’au Moyen Age les filles étaient promises à un homme dès l’âge de 7 ans, qu’elles étaient majeures à 13 ans et mariées entre 13 et 17 ans ?

Pour qui ? à la fois histoire des inégalités hommes et femmes et histoire de l’évolution des droits des femmes (avec des femmes qui ont œuvré pour que les choses changent), j’aimerais que tous les collégiens et collégiennes le lisent. En tous cas, je vais le faire lire à mon fils et à ma fille.

 

Le colis

Mon pitch : Direction le quartier rouge de Bombay où Madhu, une hija (sorte de troisième sexe, née dans un corps d’homme mais amputée de ses attributs sexuels masculins), qui mendie pour vivre après des années de prostitution, doit s’occuper d’un colis. Alors qu’elle doit s’acquitter de cette mission (pour le moins glaçante je ne vous en dis pas plus), les souvenirs de sa vie reviennent à la surface.

Pour qui ? ceux qui ont une image idyllique de l’Inde même si je ne sais pas quelle est la part de fiction et la part de réalité dans ce destin et le terrible sort des colis.

 

Chroniques de la fruitière

Mon pitch : Que celui qui aime le fromage et qui n’aura pas envie de déguster un morceau de comté après la lecture de cette bande dessinée , lève le doigt ? Au fil des saisons, l’auteur part à la rencontre des Hommes qui, dans le Jura, l’Ain ou le Doubs, produisent le comté. A travers des anecdotes et des rencontres, on comprend à quoi tiennent la qualité et le caractère unique d’un produit qui a su résister à la mondialisation dans une filière restée indépendante.

Pour qui ? les gourmands, les gourmets, ceux qui aiment en savoir plus sur les produits du terroir, les fous de fromage.

 

Comme un chef

Mon pitch : Raconter une vie à travers son rapport à la nourriture et l’amour pour la cuisine, voilà le parti pris de Comme un chef.  Repas d’enfance avec une mère qui n’aime pas passer du temps derrière les fourneaux, frustration de ne pas pouvoir préparer grand chose dans une piaule étudiante, révélation » lors du premier grand restaurant, un déjeuner chez les frères Troisgros, expériences en tant que chef à domicile, on découvre Benoît Peeters presque toujours autour d’une table même si l’autre pan de sa vie (chercheur et romancier) a aussi son importance. Hymne à la vie, chronique d’une époque, Comme un chef donne envie …de remettre le couvert sans attendre : )

Pour qui ? Ceux et celles qui peuvent passer des heures à parler cuisine, bonne bouffe et bonnes adresses

 

Un fils parfait

Mon pitch : Il est le fis parfait, le gendre idéal, celui que vos copines vous jalousent, il a « bien réussi » et puis un jour, un petit caillou se met dans la mécanique d’un emploi du temps bien huilé et c’est la sortie de route. Et si celui avec qui vous partagiez votre vie depuis des années était en fait un monstre ?

Pour qui ? Ceux et celles qui aiment lire les faits divers (d’autant plus que ce roman a été inspiré par une histoire vraie)

 

Petit traité d’éducation lubrique

Mon pitch : L’auteur s’amuse à enseigner, dans ce court livre, à son lecteur les plaisirs charnels avec beaucoup d’humour et un amour des mots incontestable.

Pour qui ? Selon Lydie Salvayre, « petit traité à instruire les analphabètes du sexe, à désengourdir les gourds et à défâcher méchants. » Si vous êtes du genre pudibond, passez votre tour.

 

Les revenants

Mon pitch : La méthode de travail de David Thomson, qui a obtenu le prix Albert Londres avec cet essai, est d’utiliser les sources primaires. Il a ainsi suivi pendant plusieurs années ( jusqu’à 5 ans et certains jusqu’à la mort)  une centaine de jihadistes (tunisiens, français, belges, suisses), menant entretiens et reportages.
Dans ce livre il racontent l’histoire de quelques uns en  leur donnant la parole une fois de retour en France, en revenant sur les raisons qui les ont poussé à partir en Syrie et en leur demandant comment se sont passées les choses une fois là bas. Leur parole est toujours accompagnée d’une analyse et d’une contextualisation pour aider à mieux comprendre leur cheminement et garder un sens critique entre ce qui est dit et la « réalité ».
Au delà de ces témoignages, l’objectif de cet essai est de déconstruire la mécanique sociale, religieuse, politique, familiale et psychologique qui les a fait basculer. Il est aussi question de leur déception, de l’inefficacité de la déradicalisation.
J’ai toujours été intriguée par ces personnes qui se laissent totalement embrigadées par les sectes et j’ai eu souvent, l’impression, au fil de ma lecture, de voir la même mécanique à l’œuvre avec des cibles la plupart du temps « fragiles » ou à la recherche de sens dans leur vie. Passionnant et terrifiant.

Pour qui ? Ceux et celles qui ont envie de comprendre (ce qui ne signifie pas justifier bien-sûr), aller au delà des propos « café du commerce » avec une grille de lecture jamais simpliste mais pourtant éclairante.

 

Et vous, qu’avez-vous lu en février ?

Hasard ou pas, j’ai lu dans la foulée 3 livres -2 romans et une biographie- dans lesquels la seconde guerre mondiale est plus qu’un élément capital. Si je vous dis qu’en plus, j’ai été voir le film La douleur (tirée du livre de Marguerite Duras) en avant première et que dans mon sac à main, se trouve le livre de poche Par amour de Valérie Tong Cuong qui se passe à la même époque, il serait facile de conclure que cela vire à l’obsession.

L’origine de la violence

Comment un livre est-il choisi plutôt qu’un autre ? Pour L’origine de la violence, la raison est toute simple : j’avais lu Comment vivre en héros de Fabrice Humbert , j’avais trouvé le propos ambitieux, j’avais aimé la plume et logiquement j’avais envie de lire d’autres titres de cet auteur. Je ne connaissais rien sur l’histoire, celle d’un jeune professeur, qui a l’occasion d’un voyage scolaire en Allemagne découvre dans le camp de Buchenwald la photo d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père est frappante.

Le personnage principal aurait pu en rester là, ranger cette ressemblance étrange dans un coin de sa tête mais depuis qu’il est enfant, il sent une rage et une violence tapie en lui et cette découverte est pour lui l’occasion de s’interroger sur l’origine de la violence (celle de l’Homme et pas que la sienne), l’origine du Mal.

Question existentielle et quête personnelle se mêlent alors sans que l’auteur ne soit jamais ridicule (pourtant la situation de départ est tout de même très improbable). Même lorsqu’il décrit l’horreur des camps, il n’y a pas une fausse note.

J’ai cru un instant que L’origine de la violence allait devenir une sorte d’essai philosophique sur le Mal mais très vite j’ai plongé dans ce roman haletant avec la volonté de connaitre les secrets de famille du personnage principal.

Winston de Boris Johnson

Boris Johnson, l’auteur de Winston, a été maire de Londres. On reconnait, malgré la traduction, cet humour typiquement anglais et l’amour qu’il nourrit pour son île sans pour autant qu’il ne perdre tout esprit critique. De la même façon, on ressent, dans cette biographie consacrée à Winston Churchill, l’admiration qu’il a pour l’homme sans que cela ne tombe dans l’hagiographie.

On connait Churchill pour son sens de la formule mais saviez-vous qu’il est le fondateur avec Lloyd Georges de l’État Providence ? il a mis en place la loi instaurant le salaire minimum (1908), créé des bureaux de placement pour lutter contre le chômage,  il est le père de l’assurance chômage et il a réduit l’âge de la retraite de 70 à 65 ans.

Chapitre après chapitre, Johnson souligne la bravoure de Churchill qui a combattu et était un fou d’aviation qui a eu de multiples accidents. Ses détracteurs lui reprochaient de vouloir toujours être sur le devant de la scène mais il admettait volontiers vouloir épater autrui comme pour « effacer » « rattraper » les relations glaciales qu’il a eues avec son père.

J’ai trouvé très intéressant le chapitre détaillant la façon dont Churchill préparait et écrivait ses textes. Il en a produit plus que Dickens et Shakespeare réunis. Il a lu un nombre de livres impressionnant (cela nous change des présidents qui déclarent sans vergogne ne jamais lire un roman) et il connaissait une foule de poèmes par cœur du fait de son incroyable mémoire.

Si j’ai mis Winston dans cette sélection, c’est que la guerre est au centre de cette biographie. Parmi toutes les opinions courantes entendues sur Churchill (et sur lesquelles l’auteur revient une à une ), l’image de belliqueux lui colle à la peau. Boris Johnson essaie de démontrer que, lors de la seconde guerre mondiale, il a, au contraire, dépensé une énergie considérable pour éviter la guerre. Par la suite, il a agi en fin stratège pour convaincre les USA de rentrer dans le conflit.

Une vraie leçon d’histoire et le portrait d’un homme extra-ordinaire.

L’amour après

Marceline Loridan-Ivens est une écrivaine, une cinéaste, rescapée des camps de concentration. A 15 ans, elle était à Birkenau. A la question que l’on se pose souvent : peut-on vivre après l’horreur, Marceline Loridan-Ivens (que je connaissais sans le savoir : c’est la jeune femme qui, dans une chanson de Vincent Delerm, demande aux gens s’ils sont heureux ) en substitue une autre, peut-on aimer un jour après les camps ? comment peut-on aimer quand son rapport au corps a été totalement ravagé ? peut-on avoir un jour du plaisir ?

Marceline Loridan-Ivens se décrit à plusieurs reprises comme n’ayant plus aucune sensation, comme une poupée de chiffon dans les histoires charnelles qu’elle a avec les hommes après la guerre. Pour nous raconter sa vie amoureuse, elle prend comme prétexte une valise retrouvée chez elle, qu’elle appelle « sa valise d’amour » contenant des lettres qu’elle nous dévoile.

Il y a un peu de Jules et Jim dans cette femme qui, à 36 ans, avait deux hommes dans sa vie. Aujourd’hui à 89 ans, sur le plateau de l’émission La grande librairie, elle réaffirme sa conception de l’amour : un amour synonyme de liberté et sans possessivité. Marceline Loridan-Ivans dit se sentir toujours jeune dans sa tête, seul son corps ne suit pas.

En refermant son livre, je me suis demandée qui, après elle, restera pour témoigner.

Y-a-t-il des sujets qui reviennent souvent dans vos lectures ?

 

 

A chaque fois que j’entre dans une librairie, j’ai envie de repartir avec une pile de livres, j’aime lire les bandeaux coup de cœur des libraires (je me suis peut être plantée plus jeune, j’aurais peut être du être libraire et pas bibliothécaire mais j’imagine que le métier de libraire est aussi décevant que celui de bibliothécaire dans le sens où il ne consiste pas à être « payé » pour lire des livres ) et le temps semble s’arrêter. Bref samedi alors que je flânais dans les rayons d’une librairie indépendante lyonnaise, j’ai pensé à cette année de lecture qui s’achevait et je me suis dit que plutôt qu’un grand récapitulatif, j’allais écrire sur les livres qui m’avaient vraiment marqué en 2017 (option flemme diront les mauvaises langues).

Au final il n’en reste pas tant que cela (peut être à cause de ma mauvaise mémoire mais pas que )). Elena Ferrante et sa saga italienne fait indéniablement partie de ceux là. Si vous avez du mal à entrer dans l’histoire (le volume 1, L’amie prodigieuse, est très axé sur l’enfance, c’est celui dont on a le plus parlé mais des 3 tomes, rétrospectivement, c’est celui que j’aime le moins), accrochez-vous et ensuite ne laissez pas trop passer de temps entre les différents tomes pour garder le souvenir des différentes familles et personnages.

En savoir plus ? Le nouveau nom Celle qui fuit et celle qui reste

roman l'amie prodigieuseImpossible de ne pas citer Philippe Jaenada et La serpe qui a une plume, un sens de l’humour, une façon de mêler petite et grande histoires et un art de la digression uniques. J’ai rarement eu autant de plaisir de lecture qu’avec ce roman ou avec La petite femelle.

La serpeSans consulter les titres lus mois après mois (en général je note ce que j’ai lu ou vu au cinéma dans mon agenda papier), j’ai repensé à Comment vivre en héros ? de Fabrice Humbert, peut être parce que son axe narratif était original (comment une décision peut avoir des répercutions sur toute une vie), peut-être parce qu’il nous interroge sur la notion de courage et de lâcheté (dans telle ou telle situation, comment aurions-nous agi ?) ou parce qu’il suit la vie d’un homme et des siens sur des décennies et que j’ai toujours aimé ce genre de fil narratif (il y a un côté Une vie de Jean-Paul Dubois dans ce livre).

 

Enfin rayon roman, Un jour tu raconteras cette histoire de Joyce Maynard, n’est pas un livre qu’on referme et qu’on oublie. Est ce que le « contexte de lecture » a une incidence sur la façon dont on « accueille » un livre? Je l’ai lu en Bretagne, dans une chambre avec vue sur la mer, l’esprit pollué par aucune préoccupation quotidienne (les vacances quoi), plus sereine que je ne le suis jamais à Lyon. Si vous êtes victime de déprime saisonnière et que vous êtes, comme moi, en manque de luminosité et de soleil, reportez cette lecture à plus tard ou lisez un des autres titres de Joyce Maynard (Un long week-end; L’homme de la montagne), la plume de cet auteur vous donnera sûrement envie d’y revenir.

J’aurais aimé citer un ou deux polars qui m’ont filé des sueurs froides, empêché de dormir mais tous les titres auxquels je songe datent d’autres années. J’ai été plus enthousiasmée par les bandes dessinées qui ont atterries sur ma table de chevet : Les cahiers d’Esther et Dans la combi de Thomas Pesquet dont je vous parlais très récemment mais aussi Les nouvelles de la jungle,  L’arabe du futur  3 ou Le journal de mon père.

histoires de mes 12 ansMauvaise passe

En novembre j’ai enchaîné les lectures qui m’ont laissé « en dehors » : Me voici de Jonathan Safran Foer (qui a eu de très bonnes critiques) m’a perdu en cours de route pourtant tous les ingrédients étaient là, l’histoire de tueur à gages de Lawrence Block dans Tue-moi, n’était pas déplaisante mais c’est comme si j’avais attendu tout le livre un rebondissement qui n’est jamais arrivé, le dernier roman de Delphine de Vigan Nos loyautés ne m’a pas du tout convaincu alors que j’avais été manipulée par son précédent livre D’après une histoire vraie, j’ai abandonné Malin et malin et demi de Richard Russo alors que j’étais persuadée que je n’allais pas le lâcher et je n’ai pas retrouvé dans La mise à nu de Jean-Philippe Blondel  ce que j’avais aimé dans 06h41, Un hiver à Paris ou Et rester vivant. Bref une mauvaise passe de lectrice …

Lectures en cours

Je finis l’année avec un pavé (812 pages), Une vie comme les autres d’Hanya Yanagihara. Il ne m’a fallu pas plus qu’un début de description (« ce roman balaie plusieurs décennies de la vie de quatre amis de fac venus conquérir New York « ) pour avoir envie de me plonger dedans. Comme j’étais un peu perdue au début, j’ai pris des notes dans un carnet sur chacun des protagonistes comme je le fais trop rarement (je n’écris jamais dans les livres et vous, vous le faîtes ?). Il parait que ce roman se lit comme on regarde une très bonne série : une fois qu’on est dedans, on a du mal à s’arrêter. Pour l’instant je n’en suis qu’au début (page 70) mais j’ai déjà ressenti combien l’auteur « aime » ses personnages et il y a de fortes chances que je vous reparle de ce roman en 2018.

En parallèle et comme je ne pouvais pas emporter ce gros livre dans mon sac à main (non je ne suis toujours pas passée à la liseuse, c’est mon côté « vieux jeu »), j’ai commencé L’Origine de la violence (qui a été adapté en film…visiblement très mauvais) de Fabrice Humbert dont je vous ai parlé plus haut. Le pitch ? Un professeur dans un lycée visite, un jour, avec sa classe un camp de concentration et sur une photo, est frappé par le visage d’un prisonnier tant il ressemble à son père. Il se lance alors dans une grande enquête sur cet homme. La suite je ne peux pas vous raconter d’abord parce que si vous connaissez toute l’histoire, le livre n’aura plus beaucoup d’intérêt et puis je n’ai pas pu aller beaucoup plus loin jusqu’à présent (j’ai toujours l’espoir de lire en train oubliant …mes enfants « on fait des mots fléchés ? » )).

Et vous, quels sont les livres qui vous ont marqué cette année ? avec quels titres terminez-vous l’année ?

 

Il parait que lorsque Thomas Pesquet était dans le ventre de sa mère, cette dernière n’arrêtait pas de lui chanter « Aller plus haut, aller plus haut ». Ces paroles se sont tellement gravées dans l’esprit de cet enfant qu’il n’a eu qu’une idée dès qu’il a su marcher : aller dans l’espace. Ne racontez pas cette histoire au prochain réveillon de Noël, je viens de l’inventer. Marion Montaigne qui s’est glissée, le temps d’une bande dessinée, Dans la combi de Thomas Pesquet, raconte juste que ce dernier a toujours été fasciné, obsédé, dès son plus jeune âge, pour les navettes spatiales.

Combien de gamins disent un jour que plus tard ils veulent être astronautes et le deviennent vraiment ? Combien de personnes ont une vue aussi dingue de la terre et grâce à la magie des internets, la partagent avec ceux qui sont  restés « en bas » ? Combien ont marqué l’histoire en flottant là-haut, tout là-haut ?

Peu, une poignée d’humains et ce sont toutes les étapes de la sélection que nous montre d’abord Marion Montaigne dans la première partie de la bande dessinée : problèmes mathématiques, scientifiques et logiques à résoudre puis tests psychologiques puis batterie d’examens médicaux, ils sont 8000 au départ et plus que 6 , tous pays confondus, à l’arrivée.

Et c’est pas fini comme dirait l’autre car Thomas Pesquet a beau avoir des fourmis dans sa future combinaison, la formation est longue, très technique, éprouvante. Il est un peu comme ces acteurs qui attendent près de leur téléphone qu’on leur propose un rôle, il ne sait pas quand on le choisira pour une mission.

Comment Marion Montaigne a-t-elle écrit Dans la combi de Thomas Pesquet ? Est ce qu’elle a rencontré l’astronaute français une fois, plusieurs fois ? est ce qu’elle a lu son journal de bord ? Elle n’hésite pas en tous cas à se moquer gentiment de lui et à révéler les détails les moins glamours de la vie à bord (le vomi, la sueur ou allez je suis sûre que vous vous posez la question -et il y a tout un passage très détaillé sur ce point crucial – comment faire caca lorsqu’on est en impesanteur).

Comme dans ses titres précédents, Marion Montaigne sait, par ses dessins et ses propos, rendre la science drôle et compréhensible même pour une « littéraire » comme moi. J’ai lu, par exemple, cette sortie dans l’espace appelée EVA comme un épisode de série particulièrement haletant, pourtant c’est à la base très technique et scientifique (bon cela est tellement fou que cela reste un peu surréaliste pour moi ). J’ai même envie d’en apprendre davantage avec toutes les sources que l’auteur cite à la fin.

Plus je m’installais Dans la combi de Thomas Pesquet, plus je me disais qu’il faut être un peu/beaucoup maso pour être astronaute. L’attente avant une mission est interminable (6 ans !), les examens médicaux font partie du quotidien et ne ressemblent pas franchement à une partie de plaisir, les entraînements et la formation s’effectuent la plupart du temps loin de la famille et des amis, le retour sur terre est rude physiquement (Marion Montaigne explique entre autres ce que l’impesanteur a comme conséquence sur les os) et pourtant, assez rapidement, Thomas Pesquet espère repartir.

N’empêche que Tina Arena, elle parlait peut être de l’espace :

« Aller plus haut, aller plus haut
où l’on n’oublie ses souvenirs » (ben oui l’effet de l’impesanteur))

 

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