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Le temps passé à regarder la vie parfaite des gens sur Instagram ou la colère du monde sur twitter empiète probablement sur mon temps de lecture mais les jours sans lire sont rares, si bien que j’ai du mal à partager toutes mes lectures ici. Du coup, je cède au récapitulatif plus succinct, histoire d’être « à jour »:

Il n’y a rien de mieux -sauf si votre voisine a décidé de raconter toute sa vie au téléphone au wagon entier…oui c’est du vécu -pour avancer dans ses lectures que de voyager en train. Lors d’un aller-retour Lyon-Paris, j’ai tenté de trouver l’entrée et la sortie du labyrinthique Sympathisant de Viet Thanh NGuyen mais je me suis très vite perdue. Je n’ai pas de complexe à abandonner la lecture de livres qui m’ennuient, certains m’agacent tellement que je les referme brutalement (je pense au dernier Grégoire Delacourt que j’ai trouvé insupportable de clichés) mais là je voulais aller jusqu’au bout. Ce qui m’avait attiré est que l’histoire commençait au Vietnam (et c’est cette partie trop courte que j’ai préféré) et j’espérais en apprendre plus sur ce pays. J’ai eu du mal à comprendre le rôle de ce sympathisant (agent double ?), j’ai attendu le moment où j’étais enfin dans le livre et pas sur mon siège TGV..en vain. Rencontre manquée.

N’en restez pas là : une interview de l’auteur qui vous donnera peut être envie de le lire (car l’idée sur ce blog a toujours été de donner envie de …et pas de couper l’envie de …))

Dans  Fief de David Lopez, il est question d’une bande de potes qui vit entre banlieue et campagne, qui fume beaucoup, qui boxe, qui joue aux cartes et au foot. Bref rien qui me passionne. Tout est raconté par le narrateur comme dans une phrase unique avec beaucoup de dialogues. Il parait que la force de ce premier roman est son écriture, son style. Je l’ai lu jusqu’au bout en me disant qu’à un moment il allait m’embarquer enfin avec lui. Raté.

N’en restez pas là : une critique positive de Fief

Il est aussi question de boxe dans Comment vivre en héros de Fabrice Humbert mais cette fois je n’ai pas trouvé cela chiant du tout. L’idée que le style l’emporterait sur le thème (ou rendrait lisible/intéressant des sujets qui, de prime abord, ne le seraient pas pour moi), se vérifie de plus en plus souvent. N’allez pas croire que ce roman parle de boxe : non son axe principal est comment une décision, une façon de réagir peut avoir des conséquences sur toute une vie.

Tristan, personnage principal, laisse son entraineur se faire tabasser par 3 types dans le métro et prend la fuite. Il ne digère jamais vraiment sa réaction et cette « lâcheté » (selon lui) aura des conséquences sur sa vie amoureuse, sa vie de prof, son rôle de père. Réflexion sur la violence, sur les valeurs de la société, sur la transmission, c’est intelligent et drôle parfois. Cela m’a donné envie de lire le précédent roman de Fabrice Humbert, l’Origine de la violence (il y a eu un film du même nom, mais visiblement le roman est beaucoup mieux )

Noir dehors de Valérie Tong Cuong braque son projecteur sur la vie de plusieurs New-Yorkais (tous très seuls) dont le destin va basculer quand un après midi d’été d’intense chaleur, la ville est plongée dans le noir suite à une panne générale de courant. Naomi, la jolie prostituée, Simon Schwartz, l’avocat médiatique, Canal le jeune homme recueilli nourrisson par un grand père chinois qui l’exploite, verront leur chemin se croiser. Un roman choral fort alors qu’il est très court.

Enfin je suis en train de lire Un personnage de roman de Philippe Besson, ce qui m’a valu une scène plutôt marrante. La semaine dernière j’ai accompagné mon fils à un prix littéraire et pendant qu’il délibérait, plutôt que de parler à d’autres parents (#modesauvage #modejaidumalaveclesmèresquisonttoutespersuadéesqueleursenfantssontdespetitsgénies), j’ai sorti le roman qui était dans mon sac et j’ai commencé à lire. Et là j’ai senti le regard d’une maman qui m’a catalogué « fervente macroniste » quand elle découvrait la couverture que je tenais entre les mains. Perdu. J’ai aimé la plume de Philippe Besson parfois (Son frère, Un garçon d’Italie, L’arrière saison) et j’étais curieuse de découvrir les coulisses d’une campagne électorale. L’auteur revendique sa subjectivité, on sent même une certaine admiration sans tomber dans l’hagiographie. Je ne suis pas certaine d’aller jusqu’au bout….fainéante? )

Et vous, quelles ont été vos dernières lectures ?

Mes sept premiers livres étaient directement inspirés de la ma vie. A un certain moment, j’avais raconté à peu près tout ce qui m’était arrivé d’intéressant. Comme je n’allais pas décrire mes courses au Franprix, je me suis lancé dans un roman de fiction pure. Au bout de 250 pages, je l’ai relu, il n’avait aucun intérêt. Et puis, un beau jour, j’ai réalisé qu’il y avait d’autres vies que la mienne… Philippe Jaenada, l’Express, 16 août 2017

Je n’ai pas lu les 7 premiers livres de Philippe Jaenada, ma rencontre avec cet écrivain s’est faite lorsqu’il est passé à ce qu’on nomme exofiction. Je l’ai déjà raconté à l’époque de ma chronique sur La petite femelle mais c’est l’homme avant son œuvre qui m’a plu. Je l’ai écouté parler de ce « roman » (je mets des guillemets parce que l’écrivain ne change rien aux faits, n’invente pas, il s’appuie sur des documents d’archives, des rapports de police mais il y a quand même de la fiction dans la construction du livre, dans ses digressions) que je n’avais pas encore lu, je l’ai trouvé drôle, loin de certains clichés de l’écrivain parisien autocentré sur sa petite personne et surtout défendant avec un tel enthousiasme son personnage principal que je n’avais qu’une envie …m’isoler en quelque part et plonger dans son histoire.

crédit photo : DR

Dès les premières pages de La serpe, j’ai su que j’avais retrouvé tout ce qui distingue et fait la force de Philippe Jaenada : son art génial de la digression (il arrive à ouvrir plusieurs parenthèses mais jamais il ne me perd en route et surtout il retombe sur ses pattes comme un chat), son humour, son empathie pour ses personnages (sans jamais cacher leur noirceur), son sens du récit, sa façon de raconter à la fois l’histoire d’un homme et celle d’un pays à une époque bien particulière, sa manière d’enquêter en conviant son lecteur à ses côtés (et pour moi c’est bien plus « jouissif » qu’un roman policier).

Comment après avoir enquêté et dressé les portraits de Pauline Dubuisson et de Bruno Sulak (qui défraya la chronique comme ennemi public numéro 1), comment Philippe Jaenada est-il « tombé » sur Henri Girard et a décidé d’en faire le personnage principal de La serpe ?

Un jour, l’un de mes amis me dit « Tu devrais faire un livre sur mon grand-père, Georges Arnaud, il a été millionnaire, clochard, militant FLN, c’est lui qui a écrit Le Salaire de la peur, adapté au cinéma avec Montant et Vanel ». Je n’étais pas très chaud. Et puis, il ajoute :  » Ah oui, il a aussi été accusé d’avoir tué une partie de sa famille, dont son père, à coups de serpe, en 1941… ». Là ca changeait tout, je me suis dit que je tenais un personnage de méchant comme j’en cherche toujours. Même si, en enquêtant, j’ai fini par gratter les couches de noir dont on l’avait recouvert… »

Comme avec La Petite Femelle, Philippe Jaenada débute son livre en se posant comme narrateur/enquêteur par une scène drôle dont il a le secret (et qui sera le début d’une longue série de sourires et de rires provoqués par ses lignes) et nous plonge dans la vie d’Henri Girard en brossant un portrait de ses parents, de ses grands-parents et en racontant son enfance (Henri a perdu sa mère Valentine à l’âge de 9 ans, cela aura une incidence sur toute sa vie).

Il ne le lâche plus jusqu’à sa mort et à travers les différentes étapes de sa vie, ses amours, ses coups d’éclat, ses colères, ses engagements, son travail en tant qu’auteur (avec en prime, une comparaison très intéressante entre le roman Le salaire de la peur et le film…et c’est un autre point fort de Philippe Jaenada, on apprend toujours plein de choses en le lisant sans que ce soit jamais rébarbatif). Il dresse le portrait d’un homme atypique, tout en demi-teintes et, malin, en faisant une ellipse volontaire sur l’évènement central de La serpe (il le fait tellement bien qu’à la limite, on ne s’en rend pas compte).

la serpe

On « juge » alors la suite à l’aune de tous les éléments accumulés dans cette première partie de La serpe avant d’attaquer le cœur de l’enquête elle-même, celle où l’écrivain épluche les archives, se rend sur les lieux du crime dans le Périgord, tâte l’atmosphère de la ville, lit tout ce qu’il peut sur l’affaire et son traitement à l’époque pour revenir sur les faits un par un.

Cela pourrait être un peu aride parfois car il rentre vraiment dans les détails (Philippe Jaenada intitule même un de ses chapitres « Le tunnel »), reprenant élément par élément, déclaration par déclaration, preuve par preuve mais l’écrivain s’arrange pour rendre son récit beaucoup plus digeste (et drôle souvent) en mêlant à son enquête des scènes de la vie quotidienne avec un sens de l’observation et du détail pour le moins savoureux. Ses scènes dans les restaurants quand il dépeint les autres couples ou qu’il est victime d’un quiproquo, par exemple, sont vraiment très réussies !

L’écrivain a, en plus, un sens poussé de l’auto-dérision qui contrebalance de manière bienvenue les détails glaçants du triple meurtre dont est accusé Henri Girard.

La serpe est un pavé de plus de 600 pages (je ne sais pas combien de temps il a fallu à l’écrivain pour écrire ce livre mais quel travail !), peut être moins facile à lire que ….(fill the blank) mais il a une façon d’analyser les âmes comme les faits avec une telle minutie, y allant couche par couche, avec une gouaille qui n’appartient qu’à lui que cela cela est passionnant de la première à la dernière page !

Peut-on retomber amoureuse à 50 ans bien sonnés ? Oui et cela pourrait être même la plus belle histoire d’amour d’une vie, en tous cas celle de Joyce Maynard. Un jour tu raconteras cette histoire est en effet  le récit  de la dernière histoire d’amour de cette auteure américaine dont je vous conseille Long week-end et L’homme de la montagne (elle a écrit d’autres romans mais je n’ai pas encore tout lu pourtant à chaque fois, sa plume fait mouche).

Joyce Maynard s’était déjà prêtée à l’exercice autobiographique racontant sa correspondance avec Salinger, elle revient avec ce titre qui fait partie de la rentrée littéraire, sur les quelques années qu’elle a vécu avec Jim, après avoir été pendant plus de 25 ans célibataire.

Le récit est construit en deux grandes parties : Avant et Après …avant et après l’annonce de la maladie de Jim.

La première partie d‘Un jour tu raconteras cette histoire raconte ainsi leur rencontre mais revient aussi sur la vie amoureuse de Joyce Maynard (elle pose un regard sur elle sans concession). Au fil des pages, se dessine le visage d’une femme qui a toujours été libre et indépendante, fantasque parfois, blessée souvent. Joyce comme Jim ne sont pas vierges sentimentalement  : il est question des rancœurs suite au divorce (ils ont été tous les deux mariés et ont eu des enfants de leur premier mariage) qui ne s’oublient pas, du rapport aux enfants  impacté par la séparation.

Sous les yeux du lecteur, né un amour à la fois plus sage qu’un amour adolescent car les deux personnes ont un long vécu et savent quelles erreurs ne pas reproduire et très passionné.

« L’humilité devant mes erreurs, l’ouverture d’esprit à l’idée qu’il pouvait y avoir des choix valables autres que les miens, était une attitude nouvelle pour moi »

 

« J’aimais sa façon de m’aimer; il était inébranlable, immanquablement passionné et j’aimais son attitude protectrice. Quelqu’un se mit à poster des commentaires sur ma page Facebook. Il créa un personnage « George l’Épicurien » dont l’unique fonction consistait à réfutait implacablement tout commentaire déplaisant à mon encontre ».

Rita Mitousko avait-t-elle raison quand il chantait Les histoires d’amour finissent mal ….en général ? En tous cas, la parenthèse de rêve que vivent Joyce Maynard et Jim prend fin quand ils apprennent que Jim est atteint d’un cancer du pancréas dont la chance de guérison est de -5%.

« Comment décrire le moment où son univers s’effondre. Je l’ai senti dans mon cœur, aussi réel qu’un coup de poignard. J’ai cru que j’allais vomir ».

Si vous êtes hypocondriaque, la seconde partie d’Un jour tu raconteras cette histoire, qui plonge le lecteur dans l’univers médical, risque d’être très éprouvante pour vous (et si vous avez des dysfonctionnements lacrymaux ou êtes hypersensible, vous afficherez probablement, en refermant le livre, les même yeux rouges que moi).

Est ce qu’on passe par les mêmes étapes que celles d’un deuil après l’annonce de la maladie à savoir le déni, la colère, la tristesse, l’acceptation ? Ces deux là sont prêts à tout pour saisir la moindre chance de guérison, les traitements conventionnels et les médecines douces, les injections à 6000 dollars l’une (cela me parait dément, faute de frappe ?) et les régimes tellement draconiens que manger n’est plus du tout un plaisir (on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a un véritable « business » autour du cancer aux États-Unis).

Face à cette épreuve, l’un comme l’autre font preuve d’une force et d’une bravoure que je leur envie. On pourrait s’attendre à un tableau très noir mais Joyce Maynard insiste sur le fait que ces longs mois de maladie les rendent tous les deux meilleurs l’un pour l’autre. Finies les critiques acerbes qui polluent souvent la vie de couple. Joyce Maynard consacre toute son énergie à améliorer le quotidien de Jim, à lui offrir des beaux souvenirs sans jamais tomber dans la niaiserie.

L’auteure brise aussi un tabou en osant dire sur sa page Facebook qu’elle met totalement sa vie entre parenthèses, qu’elle ne travaille plus et est parfois furieuse de ne plus exister. Elle reçoit alors des centaines de réponses de personnes qui ressentent la même chose mais qui, par culpabilité, l’ont toujours tu.

N’en concluez pas en lisant les quelques lignes qui précédent qu’Un jour tu raconteras cette histoire est un livre sur la maladie. Ce roman est avant tout le récit d’une histoire d’amour très forte et bouleversante entre deux personnes qui savourent chaque instant de leur vie jusqu’au dernier souffle, une histoire portée de bout en bout par la puissance d’écriture de Joyce Maynard.

 

 

Rien ne vous plaisait dans ma sélection de lectures estivales précédentes ? ou vous avez déjà tout lu ? ou bien encore vous êtes du genre dévoreur de livres, vous en lisez un par jour ? (pas en diagonale j’espère, l’idée d’efficacité et de rentabilité appliquée au plaisir que devrait être la lecture me parait terrible ). Quand y en a plus, y en a encore, me revoilà avec 4 romans (dont 3 poches) que j’ai classés, un peu vite peut être tant ils sont différents les uns des autres, dans la catégorie romans noirs. Disons qu’ils ont au moins le point commun, d’avoir tous, une bonne dose de suspense.

Si vous êtes des fidèles parmi les fidèles, vous reconnaitrez deux titres dont je vous ai déjà parlé. Comme pour le volet 1, j’ai trouvé plus « amusant » (tout est relatif) de vous proposer ce best-of sous forme de vidéo (un jour où tous les marteaux piqueurs du monde semblaient s’être réunis pour un concert sous mes fenêtres alors qu’en général, bien qu’habitant en pleine ville, je peux dormir les fenêtres grandes ouvertes sans bruit de voiture ou de mobylette..bonheur ). Le débit de mon élocution laisse penser que j’ai été piquée par une mouche tsé-tsé..même pas ) C’est que c’est un métier de parler dans un micro et assurément pas le mien.

Pour ce volet 2 (qui sera probablement le dernier au moins pour les lectures d’été), vous avez donc le choix avec ces 4 romans entre une saga initiatique par l’auteur du Maître des illusions (que je n’ai toujours pas lu, pourtant je suis sûre que je ne pourrais plus m’en défaire une fois prise dedans), un thriller très cinématographique dans lequel il est question d’un réalisateur de films d’horreurs (typiquement le genre d’histoires que je ne pourrais pas voir sur écran mais que j’ai lu avec frisson), une intrigue diablement efficace où la folie rôde et un polar qui vous plongera dans l’hiver islandais même si vous êtes sur la plage.

 

4 polars pour l ete from virginie on Vimeo.

 

N’hésitez pas à partager en commentaire les lectures prévues cet été ou dites-moi si un de ces 4 titres vous tente plus qu’un autre.

Admettons que cet été vous ayez plus de temps pour lire parce que vos enfants sont chez leurs grands-parents ou en colonie, parce que vous n’avez pas envie d’allumer votre télé ou votre ordinateur, parce que vos amis sont au bout du monde et boivent des spritz/mojito sans vous, parce que vous avez regardé toutes les saisons de toutes les séries jugées incontournables (bon ok c’est peu probable), parce que vous n’arrivez pas à dormir avec la canicule même avec le ventilo à fond, parce que que vous êtes en vacances ou bien encore parce que vous avez des heures de libre de transat/serviette sur la plage/chaise sur le balcon de prévu bref admettons que vous avez du temps et que vous cherchez des idées de lecture …tandam voici quelques idées pour vous aider, à commencer par 5 romans à lire cet été. Je vous ai déjà parlé, sur ce blog, de chacun de ces titres (mais vous ne lisez pas pieusement tous mes articles, si ?), du coup plutôt qu’écrire un best-of, j’ai retenté l’expérience vidéo avec des euh, des hésitations, des phrases pas finies, des phrases avec une négation manquante (les correcteurs d’orthographe vont frémir) et  …que des couvertures de livres : )

Pour que la vidéo ne soit pas trop longue à visionner (je lisais récemment que seuls les formats très courts « marchent », quelle époque quand même #minutevieilleconne), j’ai prévu un épisode 2 avec d’autres titres #artduteasing.

Pour ce volet 1, je vous propose de plonger dans un roman choral en entrant dans le destin d’un groupe d’amis depuis leurs 16 ans jusqu’à leur cinquantaine, de suivre l’histoire d’une jeune femme entre le Nigeria et l’Amérique et celle d’un homme en quête d’identité des années 50 aux années 80 mais aussi de vous glisser dans la peau d’une femme de presque 50 ans ou dans celle d’un ex-agriculteur reconverti en recouvreur de dettes vivant à Paris. Clap de début, c’est parti :

5 romans en poche pour l’été from virginie on Vimeo.

 

Avez vous lu un de ces titres ? ou vous avez envie d’en lire un ? lequel ? Je sais que c’est un peu pénible de devoir remplir plusieurs champs pour laisser un commentaire mais selon la formule le blog se nourrit de vos mots alors n’hésitez pas : )

Est ce la soudaine augmentation des températures qui m’a donné envie de me plonger en plein hiver islandais sous la neige (qui se dit Snjór en islandais, pour la prononciation je ne garantis rien) au mois de mai ? En vérité je voulais lire Mörk (vous aussi, vous faites du copier-coller à la Pierre Croce   pour taper un caractère spécial ?)) du même auteur mais Lucky Sophie m’a conseillé de commencer par le volet 1 de cette série Dark Iceland avec Snjór et je l’ai écouté (bon là j’ai déjà perdu la moitié de mes lecteurs qui sont en train de regarder toutes les vidéos You Tube de Pierre Croce).

Pour éviter les fautes d’orthographe, je vais continuer avec mon copier-coller, ce polar se situant à Siglufjördur (à vos souhaits). Ari Thór (pourquoi Mylène Farmer arrive dans mon esprit à la lecture de ce nom c’est un mystère) est un jeune flic de 24 ans tout juste sorti de l’école de police et quand on lui propose pour sa première affectation, de prendre un poste dans cette ville perdue au nord de l’Islande, il accepte, laissant derrière lui Reykjavik et sa fiancée Kristin (à qui il ne demande pas du tout son avis…bizarrement elle lui en veut )).

A priori rien d’exaltant pour cette première affectation : il ne se passe jamais rien dans cette petite ville où tout le monde se connait et où personne ne ferme la porte de sa maison à clef.  Pourtant, et alors que Ari Thór essaie de s’acclimater (toutes les occasions sont bonnes pour qu’on lui rappelle qu’il n’est pas d’ici), un vieil écrivain fait une chute mortelle dans les escaliers du théâtre lors d’une répétition et une femme, quasiment nue et presque morte, est retrouvée devant chez elle, dans la neige.

 Là vous vous dites peut être (pour ceux et celles qui ne sont pas en train de regarder la vidéo de chat de Pierre Croce) qu’un polar islandais avec plein de neige, un jour qui ne se lève jamais, dans une petite ville qui semble au bout du monde, cela est un peu déjà vu.

Ce qui distingue Snjór des autres polars de la même veine ? son personnage principal Ari Thór qui n’est ni alcoolo, ni dépressif (quoique un peu quand même quand Noël arrive et que les échanges téléphoniques avec son amoureuse sont de plus en plus froids), ni revenu de tout. Il débute avec les tâtonnements et les bourdes qui vont avec, il a aussi l’avantage d’avoir un oeil extérieur sur cette communauté où tout le monde est le frère, le lointain cousin, le voisin de ..et peut se permettre de poser des questions qu’un flic né ici ne poserait pas.

L’autre réussite de Snjór est d’installer une atmosphère à la fois glaçante (du fait des conditions météorologiques) et étouffante. En effet, au fur et à mesure que le temps passe et qu’en grattant sous la surface d’une bourgade tranquille, on découvre que chacun a ses petits secrets et mensonges, le personnage principal se sent de plus en plus oppressé comme si un étau se refermait sur lui. Sa claustrophobie est accentuée par le fait que Siglufjördur, suite à une tempête de neige, est totalement coupée du reste du monde.

A mesure que la neige s’amassait autour du poste, un sentiment d’asphyxie de plus en plus intense l’enveloppait. Comme si les dieux de la météo avaient décidé de construire autour du bâtiment un mur qu’Ari Thór ne pourrait jamais abattre. Il voyait les choses autour de lui s’assombrir et, soudain, il se débattait pour reprendre sa respiration.

Bref j’ai hâte de retrouver Ari Thór dans Mörk (qui a reçu trois prix littéraires) pour m’offrir d’autres frissons en plein été.

Quand j’entre dans un roman, j’ai envie de laisser le plus de place possible à mon imagination (c’est peut être pour cela que je préfère la fiction écrite au cinéma) mais par curiosité, une fois le livre refermé, je suis allée voir à quoi ressemblait la ville de Siglufjördur sous la neige et je suis tombée sur un billet du blog Retour du Monde qui plante bien le décor.

Et vous, l’Islande vous connaissez ? (en films, en livres, en vrai ?)

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