Fausse couche : et après? - Chroniques d'une Chocoladdict
Si maman si

Fausse couche : et après?

Chouette un billet gai, tu as pensé, en lisant le titre du billet…ben oui mais la vie ce n’est pas que le mariage de Will et Kate (et la nuit de noces aux Seychelles à 4500 euros la nuit..je me demande ce que tu as pour ce prix là ..une baignoire en or et du caviar en petit déjeuner?) et puis si jamais mon expérience pouvait être utile même à quelques personnes…

Si cela pouvait éviter les réactions stupides qu’on se prend en pleine tronche le jour où ça arrive…

Reprenons au début : un jour, tu trouves ton prince charmant, ta motié, celui qui te donne envie d’avoir un enfant…oui parce que personnellement je n’avais pas l’envie d’enfant chevillée au corps, ex-nihilo, dès le lycée…la maternité je l’ai envisagé comme le prolongement d’une histoire d’amour…

Bref arrêt de pilule et quelques mois plus tard, le fameux test pipi, la joie partagée à deux et la projection qui commence déjà, l’avenir encore bien flou mais pensé non plus à deux mais à 3…

Jusqu’à cet après-midi où les tâches de sang m’ont conduites aux urgences et où une interne m’a annoncé sans prendre de gants que l’embryon n’ avait plus d’activité cardiaque

Et là c’est la chute, le vertige, le trou noir …aucune de mes copines déjà enceinte ou maman n’est passée par là, j’en ai entendu parler vaguement mais c’était un peu comme si cela n’arrivait qu’aux autres…

L’interne en face de moi qui voit peut-être plusieurs fausses couches par jour me parle curetage, cytotec, élimination de l’œuf…je suis à 12 semaines de grossesse et le lendemain j’ai rendez-vous pour la première échographie officielle…dans ma tête, je suis encore enceinte …

Je m’effondre, je m’accroche aux bras de l’homme, j’ai l’impression que je suis la première à qui cela arrive, pourtant les infirmières n’arrêtent pas de me répéter que c’est courant, que je suis jeune, que la nature fait bien les choses…si seulement elles pouvaient se taire …

L’interne m’engueule car je ne comprends rien à son injection de sérum anti-rhésus (je suis rhésus négatif)..j’ai rarement vu quelqu’un d’aussi peu psychologue…il est 3h du matin, elle doit être fatiguée…

Les jours passent, je me sens vide, seule et en même temps je n’ai envie de parler de cela à personne…ou plus exactement seules les femmes qui sont déjà passées par là ont une certaine légitimité à mes yeux et sont susceptibles de me comprendre ….je surfe sur les forums, je m’abrutis d’histoires les plus terribles les unes que les autres…je ne retiens que le pire, celles qui enchaînent fausse couche sur fausse couche…

Je trouve mes proches maladroits quelque soit leur réaction : s’ils n’évoquent pas le sujet, c’est qu’ils s’en foutent; s’ils m’en parlent, je me braque…je ne supporte pas les conseils (attends trois mois que ton corps se nettoie; change-toi les idées…)

Je culpabilise aussi : je pars à la recherche des actes dans mon passé qui auraient pu causer la fausse-couche ( qui reste souvent sans cause précise)..n’ai-je pas couru l’autre jour pour attraper le bus? est-ce que finalement j’en avais vraiment envie de cet enfant? tout y passe, du plus farfelu au plus absurde…

J’ai l’impression que cette histoire glisse sur l’homme, j’en conclus très vite que pour lui c’est plus simple, il n’a pas vécu ce début de grossesse, tout cela était abstrait…le jour où nous sommes assez forts pour en parler vraiment je découvre que je me plante dans les grandes largeurs, qu’il s’est senti aussi coupable que moi, atteint dans sa virilité, persuadé d’être la cause du problème…

Et puis le temps passe et un jour je me sens prête à recommencer …et cela se solde par une seconde fausse-couche que je vis paradoxalement de manière très différente comme si cette fois le ciel ne me tombait pas sur la tête, comme si cette fois j’y étais préparée…ce n’est pas pour autant plus facile à vivre..

Mes fausses couches sont restées sans explication…inutile de te préciser que les grossesses sereines je n’ai jamais connues, j’ai vécu chaque mois qui passait comme un sursis…pour ma première grossesse, je n’ai absolument rien acheté pour le futur bébé avant mon sixième mois, j’ai commencé à « respirer » à l’échographie morphologique et à « souffler » le jour de sa naissance…

Même une fois né, j’ai eu peur de le perdre ce bébé…j’étais obnubilée par la mort du nourrisson et chaque nuit pendant longtemps j’allais vérifier qu’il bougeait bien, je me réveillais en catastrophe parce qu’il n’avait pas pleuré…

Un billet juste pour dire que les fausses-couches sont peut-être fréquentes mais pas banales…elles ne s’effaceront jamais …malgré ma joie d’être maman deux fois aujourd’hui, j’ai toujours autant de mal à en parler  presque 5 ans après, sans être saisie d’émotion…

 

57 Comments

  1. Un témoignagne très poignant, merci de nous avoir confié ton histoire! C’est l’une de mes peurs de faire une fausse couche le jour où je serais +++ et même si c’est « banal » tu as sans doute raison, ds la mémoire d’une femme qui y est confronté ça ne s’efface pas comme ça!
  2. Je suis médecin & maman, donc forcément j’ai une double vision de la FC.
    Mais je n’oublierai jamais cette nuit de garde aux urgences gynéco… je n’étais qu’une externe & une femme enceinte arrive car elle avait des saignements… J’appelle mon interne, qui me dit ‘examine-la, fais une écho ; si le coeur bat, renvoie-la chez elle avc du repos »… Je fais l’écho, je galère, je ne vois rien… Alors je tente de la rassurer en disant « je ne vois rien, ms je ne suis qu’externe… dc c’est possible que c’est moi qui suis nulle »… J’appelle mon interne. le verdict tombe : pas d’activité cardiaque… Elle fond en larmes, toute seule, dans le box des urgences, à qq semaines de sa FIV… Au secours, je me sens impuissante & maladroite… Que dire ? que faire ? Je tente des mots réconfortants, mais ils st nazes…
    Une FC est un drame, car la grossesse est un espoir, un rêve… Sans doute que seules les pers qui la vivent peuvent comprendre… ms qd on fait parti de l’entourage, on voudrait aussi avoir des mots empathiques… c’est vraiment pas simple… Ms je crois qu’effectivement, échanger avc des femmes qui ont traversé les mêmes épreuves apportent sans doute plus de réconfort & on se braque moins…
    Des bisous…
  3. Ton billet est en effet très touchant.µ
    Pour ce second bébé, j’ai eu TRES peur de faire une fausse couche, j’ai vécu les deux premiers mois dans l’angoisse quotidienne de perdre le bébé. Je perdais du sang tous les jours! je n’osais même plus aller aux toilettes…
    Mais j’ai préféré ne pas me faire suivre par l’hôpital et aller dans une clinique, pour avoir un suivi plus régulier donc là, j’en suis à 12 semaines de grossesse et déjà trois échos et RV avec mon obstétricien. Je ne dis pas que je sens ma grossesse sauvée mais j’ai des réponses régulières aux questions que je me pose et cela m’évite d’aller me faire du mal dans les forums (même si je l’ai quand même fait 😉
    J’ai beaucoup pensé à mes copines, aux témoignages de celles qui avaient fait des fausses couches, à la tristesse, l’angoisse du quotidien.
    Mais c’est aussi de manière beaucoup plus pragmatique, renouveler l’horreur des trois premiers mois plusieurs fois de suite…
  4. Je n’ai jamais vécu de fausses couches, j’ai eu la chance de vivre une grossesse superbe, mais l’une de mes amies en a fait beaucoup avant de réussir enfin à donner la vie.Je sais que le chemin est long, j’imagine la douleur, et cette sensation de vide, mais il n’est pas facile de trouver les mots justes, pour réconforter, apaiser, calmer, comprendre…je souhaite juste à toutes les femmes qui le désirent, de pouvoir enfin donner la vie, après de telles épreuves…
  5. la bande à Jules Reply
    Un très beau témoignage qui aidera les femmes qui sont passées par là !!!!
  6. je n’ai pas vécu ce genre de choc, mais l’ai côtoyé pas mal autour de moi, entre sœur et amies.Un sujet difficile. J’imagine la douleur. La déception. Mais aussi la frayeur pour la suite.
    Pour moi, le vrai problème résidait dans le fait même de « tomber » enceinte, et une fois fait j’ai beaucoup balisé à l’idée de tout perdre, comme ça, en quelques heures, après des mois de bataille, et sans raison vraiment explicable.
    Je crois aussi que dans ces moments-là, le personnel hospitalier n’est pas forcément formé du point de vue psychologique.
  7. J’avais 20 ans et c’était une grossesse pas vraiment désirée, mais acceptée, je commençais à y croire, l’envie d’enfant était venue avec lui. Jusqu’à cette nuit, ces saignements, cet interne maladroit qui me fait une écho et qui me dit ‘y a pu rien’… J’étais à moins de 6 semaines, j’avais probablement évacué le foetus toute seule pendant les longues heures que j’avais passées aux toilettes, pliée en deux avec mon hémorragie…
    On m’a dit d’aller dans le couloir, qu’on allait venir me chercher. 2 heures plus tard, c’est moi qui ait dû me signaler aux infirmières, aucune prise en charge, pas une personne bienveillante pour vérifier que j’encaissais…
    Je crois qu’au delà de la douleur de perdre un ‘avenir’ (j’ai longtemps eu le réflexe, le mois où il aurait dû naitre, de penser ‘tiens, il aurait 1 an, 2 ans, 5 ans’…), c’est le manque d’explication, le ‘ça arrive’ qui clos toute discussion, le fatalisme et le détachement des gens qui m’a fait le plus mal. Je vous raconte pas combien de « tu es jeune, tu as tout le temps » j’ai pu entendre. Comme si on disait à des parents. Dont l’enfant décède « Hey, ça va, il t’en reste un ».
  8. merci pour cet article, je m’ y retrouve toalement. Moi ça fait 3 ans et je n’ arrive pas non plus a en parler ouvertement et sans chagrin.
  9. Je confirme, ça ne s’efface jamais, il faut arrêter de culpabiliser et se dire, comme l’infirmière, que la nature fait bien les choses. On le disait autrefois, je suis persuadée que c’est vrai.
  10. Une amie vient d’en faire une, c’est difficile de trouver les mots surtout quand on le pas vécu. Je ne sais pas pourquoi on tente de banaliser les fausses couches, cela reste un moment traumatisant à vivre…
  11. je n’ai pas connu ces terribles épreuves…. et j’imagine assez facilement combien ça doit bouleversant…. tu as bien fait de coucher ces mots…
  12. merci pour ce billet….
    j’ai vécu une fausse couche entre mes deux grossesses et ce qui m’a fait le plus de mal, ceux sont les autres car j’ai perdu mon bébé a presque 3 mois de grossesse entre Noêl et le Jour de l’An alors crois -moi, les fêtes n’ont pas été joyeuses… et nos amis proches et bien n’ont pas compris, ils n’ont pas compris que j’aille mal, n’ont pas compris que je ne veuille inviter personne chez moi… bref et j’en passe (on m’a quand même sorti et ça ne s’invente pas « oh ben moi j’ai des problèmes d’impôts….), je suis sortie de là dedans au plus bas; ma mère qui vit à la Réunion s’est déplacé pour rester un moment avec moi; mais après ça j’ai fait une croix jusqu’à aujourd’hui, sur beaucoup de personnes
    je suis retombée enceinte 6 mois plus tard, une grossesse difficile où j’ai dû être hospitalisée et le spectre de la fausse couche qui planait au dessus de moi…..
    c’est peut être passé mais j’y pense encore et c’est parfois douloureux……
  13. Coucou,
    on se voit sur facebook, j’avais avant le blof de familylove….
    Cet article fait écho en moi…..bcp de douleurs…..
    J’ai fait 2 fausses couches….et 2 ans après 1 grossesse extra utérine où je me suis vu mourir…ma trompe gauche a éclaté et j’ai fait une hémorragie interne où j’ai perdu 3 litres de sang…pour te dire que mon état était uger sévère…bref il c’est passé bcp de choses, une erreur médicale….la veille de ce terrible drame j’ai eu des pertes de sang…j’apelle mon gygy qui me dit de passer…mon homme m’emmene et là il voit un embryon dans mon utérus comme prévu car j’était enceinte!!!il me dit qu’il ne voit pas de rythme cardiaque, mais peut-être trop tôt….prise de sang pour le tx bhcg et il est super bon!!Donc le gygy me dit soit tout va bien et que le bb est trop petit encore pour voir le coeur ou bien je suis en train de faire une fausse couche…il me renvoie chez moi…mais la nuit suivante, plus de saignements, mais une douleur horrible,insoutenable…mon mari m’emmène aux urgences et là ça ne vapas du tout…les sages femmes et infirmières me traitent de douillette ca rje suis surement en train de faire une « simple » fausse couche…moi qui en avait déjà fait 2 je savais que ça n’allai pas et que ce n’était pas ça…mais bien sûr le corps médical reste sur le bilan que m’a fait le gygy la veille!!!Je tombe dans les pommes toutes les 10 min, je sens que je pars….d’abord elle me dise que j’angoisse, qu’il faut que je me calme…mais je suis calme!!je tombe dans les pommes a cause de la douleur!!!et là une infirmière très gentille a quand même la conscience de me prendre ma tension..j’ai tout juste 6…………….elle est paniquée!!!Et oui!!!du coup le corps médical s’affole pendant que moi je ne vois plus tellement je pars…et quand je dis que je pars, c’est que je me sens mourir, je vous assures, je me vois partir……….et ils font venir une gygy intenre de garde…elle me fais une écho en rapidosse car ma tension frole maintenant les 5, c’est vital, je les entends dire que je vais pas tenir longtemps,mais je n’ai pas la force de parler, et je ne vois plus, c’est un voile blanc devant les yeux, mais je les entends….et je l’entends elle, la gygy de garde, dire que je fais une hémorragie interne que le bb était coincé dans la trompe et que tout a éclaté…on m »emmène au bloc, j’ai même pas le temps ni le courage de parler a mon chéri…arriver au bloc, le soucis, c’es tque je suis trop faible, ils ne peuvent pas m’opérer…donc pendant un très long moment, ils s’affolent autour de moi, me branche de partout et ensuite le trou…je me réveille en salle de réveille….on me ramène dans ma chambre que 2 jours après…et mon ancien gygy me dit que l’erreur est humaine!!quel con!!il a pas su me dire pardon, il a répondu seulement ça!!
    J’ai été faible pendant 1 an….j’ai eu très très peur de ne plus revoir mon fils et mon mari…
    Depuis rien ne va plus, je me suis fais opérer 2 fois de fibromes……………..tout c’est abimés…ma nouvelle gygy veut croire encore que je vais avoir un autre enfant….mais je suis décourager……………….et après ma GEU, nous avons essayer de faire bb, ça n’a plus jamais remarcher…j’ai fait 3 inséminations et une FIV, mais rien ,ça ne marche pas..alors que nous n’avons apparmeent dans nos bilans médicaux aucun soucis..ma GEU ça fait 6 ans maintenant qu’elle est passé, mais jamais je n’oublierai….

    Allez il faut pas que je repenses a ça, ca rça me fait mal…
    bisous

    Sof’

  14. Je l’ai vécu à de (trop) nombreuses reprises, c’est terrible. Tout s’écroule, on fait un bond en arrière, on prend une claque.
    Aujourd’hui je les ai digérées. La peine est toujours là, mais pas la douleur insupportable. Heureusement.
  15. Ton article est tres touchant et on recent encore ta peine en le lisant.
    Je n’ai jamais fais de fausse couche mais c’est vrai que ça fait peur surtout comme tu le dit, quand on lis les articles sur le net qui sont parfois horrible…
    biz
    anais
  16. ton témoignage est très émouvant et nécessaire aussi. Passée par là entre mon 1er et ma deuz, juste avant Noël (super cadeau…) , j’ai aussi eu besoin de bcp de temps pour digérer cette expérience.
  17. Je te suis sur twitter et en voyant le tweet qui contenait le lien pour ce post, je me disais « non non, je ne vais pas aller le lire… » car je n’ai pas vécu de fausse couche mais il y a une semaine, je sortais de l’hôpital parce qu’on m’a opéré d’une grossesse extra utérine. J’ai appris le même jours que j’étais enceinte de deux mois et que je devais oublier tout ça car le foetus était placé dans la trompe gauche… J’ai encore du mal à encaisser le choc mais en te lisant je vois qu’il faut continuer de l’avant. Merci pour cet article.
  18. ….

    Je pourrais écrire un pavé, pour confirmer tes dires. Mais je n’y arrive pas. Pas encore. ça fera 15 mois que nous avons perdu notre petite fille, à un mois du terme. Juste cette phrase, c’est glaçant.
    ça ne passe pas, mais j’espère qu’un jour, je pourrais y penser plus calmement.

  19. A l’époque où ça m’est arrivé, j’avais écrit ça http://pasfachee.unblog.fr/2008/06/17/de-la-vie/ .
    Le blog n’existe plus, et pour cause, une fois que j’ai réussi à écrire sur cet évènement et à partager avec les autres, je n’ai plus réussi à écrire (j’avais un truc à dire et je l’ai dit). Je trouve assez choquant avec le recul, que les fausses couches soient taboues dans notre société car en parler fait le plus grand des biens, on apprend à connaitre les autres et on se rend compte que cela arrive vraiment beaucoup plus souvent qu’on ne le croit !
    Aujourd’hui, j’ai eu mon deuxième (né un an et un mois après la date prévue initialement va-t’on dire) et tout va TRES bien.
    Malgré tout, le fait d’en avoir parlé autour de moi m’a aidée à accompagner deux amies dans cette épreuve et rien que ça, ça aide à passer le cap.
  20. Ton témoignage est poignant et moi qui suis actuellement dans la phase d’attente de mon premier enfant, je vais essayer de rester zen.
  21. ton témoignage est émouvant et précieux pour celles qui sont confrontées à ces douloureux moments .
  22. Je crois que dès qu’on aperçoit la barre bleue, on angoisse pour son enfant…
    Et parfois, le pire arrive, même si on aimerait parfois que ça n’arrive qu’aux autres.
  23. C’est vrai que bien souvent les gens ne savent pas quoi dire et finissent par dire des bêtises (sans forcément le vouloir).
    Je ne l’ai pas vécu, une amie à moi oui. Médecin elle disait que si ça c’était passé c’est qu’il y avait une raison, mais n’empêche qu’elle m’a avoué qu’ elle avait de la peine et que les gens ne comprenaient pas toujours vu que ce n’était « qu’un » embryon…
    C’est une chose qui m’a fait peur enceinte.
  24. comme je comprends… par cause : trois fausses couches ( donc les deux dernières a plus de 3 mois de grossesse) il faut vraiment faire un deuil …. et ça c’est fait toute seule… l’entourage même s’il pense aider avec ses phrases qui pensent anodines, ne fait par fois que foncer un peu plus le clou , et comme tu dis, seulement celles qui passent par là, peuvent vraiment, vraiment comprendre la complexité de la situation . bises
  25. trsè beau témoignage choco!
    simple, bien écrit….effectivement ca change de ce que l’on peut lire sur les forums ! Je ne suis jamais passé par là mais imagine à quelle point cela peut destabiliser.
  26. Merci d’avoir partagé ce moment douloureux.
    Cela m’est arrivé il y a treize ans, mais un mois après j’étais enceinte à nouveau alors c’était plus facile à vivre mais la grossesse a été difficile, étais-je stressée à cause de cette FC, je ne sais pas mais c’est fort possible.
    J’y pense encore sans tristesse, je me dis maintenant, que la nature a dû bien faire les choses, et moi, qui crois aux anges gardiens, je me dis que « mon bébé » est l’ange gardien de son petit frère. Pour moi, c’est rassurant.
  27. Ton article ainsi que tous les témoignages qui en découlent m’ont vraiment touchée. Je m’arrêterai là car je n’ai pas les mots pour exprimer l’émotion qui passe dans mon coeur et mon ciboulot en ce moment et j’ai peur que ces mots ne soient pas assez forts.
  28. C’est exactement le genre de chose que j’aurai adoré lire quand j’ai fait la mienne, de FC…
    Première grossesse, oeuf clair, tout simplement. L’accueil au CHU a été nul, j’ai dû demandé un arrêt de travail et des anti-douleurs (on m’a mise sous Cytotec pour évacuer l’oeuf plus rapidement, et pour m’éviter un curetage, ça a très bien fonctionné sur moi, c’est déjà ça)…

    Réactions de mes proches nulles à chier (pardon pour la politesse!), « mais tu en auras un autre », « mais c’est pas grave », « ah, tu saignes plus, c’est fini alors ,passes à autre chose »…

    Bon, on me demandait de mes nouvelles, sauf que y’avait un futur-pas-papa dans l’histoire aussi, mais que lui n’a eu que le droit de la boucler (ben oui, c’est pas lui qui était enceinte!!). Bilan, lui déjà fragile à cause d’une situation et d’une histoire familiale compliquée, a basculé dans la dépression, ça a été la goutte d’eau de trop.

    Et comme toi, mes deux grossesses suivantes ont été tout sauf zen (ajoute au stress de les perdre, une MAP à 7 mois pour l’un et une suspicion de spina-bifida pour l’autre) (les deux vont bien merci ;-)… pour la papa, ça a été 2 fois 9 mois de stress, avec une crise d’angoisse par mois…
    J’y ai cru que quand je les ai tenu dans mes bras (mon fils s’appelle Thomas, celui-qui-croit-que-ce -qu’il-voit!!)(j’ai tilté il y a peu!! Inconscient quand tu nous tiens….).

  29. Suis passée par là aussi… Entre bb1 et 2, alors qu’on n’arrivait pas à avoir bb2 justement, 2 ans d’attente et puis ce test enfin + et puis cet arret d’activité cardiaque à la veille de la première écho (comme toi !!).. Bb2 est arrivé 2 ans après….une grossesse pas zen du tout !
    Ce fut dur et je pense que ne peuvent comprendre que celles qui sont passées par là.
    Mais je me sens toute autant démunie pour « consoler » ma cousine qui vient de faire une fausse couche… enfin faut il parler de FC pour un arret d’activité cardiaque à 5 mois de grossesse ?
    Pourquoi ? Je pense que nous n’aurons jamais de réponse à ces questions….
  30. Je te suis et te comprends sur toute la ligne, pour avoir vécu (en partie) cela. La grossesse suivante ne s’envisage plus de la même manière, on s’empêche de « réaliser » avant des mois…
  31. Je n’ai pas de témoignage à apporter, une seule fois enceinte dans ma vie (ça me fait bizarre de l’écrire du coup) et vu mon âge à l’époque, 38 ans, inutile de te dire que la fausse couche a hanté mon début de grossesse, je pensais aussi que c’était mon unique chance d’être maman et que si ça foirait c’était fichu à vie…
    J’imagine seulement ta peine et celles de toutes les mamans qui ont vécu ça, le drame à chaque fois car malheureusement ça arrive plus souvent qu’une seule fois en majorité et je veux bien croire aussi qu’on se sente coupable… oui c’est peut être banal mais pas anodin, tu le dis très justement…
  32. Je suis très émue et très touchée par ton témoignage. J’ai deux enfant magnifiques, deux garçons qui sont ma joie et mon bonheur tous les jours, mais j’ai moi aussi vécu ce drame puisque j’ai fait une « fausse couche tardive », très tardive même, peu de temps avant ma deuxième échographie, où j’ai perdu ce petit garçon qui aurait dû être le 3ème. En lisant ton message, je me retrouvais dans toutes les maladresses du corps médical que nous avons vécu mon mari et moi cette nuit là. Le temps passe, et la vie reprend ses droits, mais cette douleur est toujours en nous. Ce traumatisme est toujours bien présent, et il est vrai que l’entourage est bien démuni devant notre douleur dans ces moments là. Cela m’a à l’époque apporté un peu de réconfort de pouvoir en parler avec d’autres mamans qui étaient passées par là, je les trouvais aussi plus aptes à me comprendre. Mais je suis toujours aussi triste quand je lis des témoignages comme le tien, car je ne souhaite cela à personne ! Je voulais juste te dire merci d’avoir eu le courage d’en parler, et t’envoyer un « petit brin d’amitié » virtuel, mais sincère d’une maman à une autre, et te souhaiter ainsi qu’à ta famille le meilleur pour l’avenir !
  33. ton billet est très touchant, merci de le partager. tu as raison d’en parler, non pas pour faire flipper les futures mamans, mais bien pcq c une réalité qui arrive. il me semble que ça arrive à une femme sur 2 ! c’est énorme, et pourtant, on en parle si peu…
    ça m’est arrivé aussi pour ma 1ère grossesse. étonnament, je ne l’ai pas vécu si difficilement alors que c’était ma pire crainte ! moi l’envie d’enfant, je l’avais dans mes tripes depuis l’enfance, à 14 ans j’ai décidé à quel âge j’aurais mon 1er enfant (pour m’éviter de faire une « connerie » à 18 ans).
    j’étais enceinte depuis peu, enfin, en tout cas, je ne le savais que depuis 3j, et je n’y croyais pas.. j’avais attendu très longtemps avant de faire un test, pcq ce n’était pas possible. on va dire que le choc a été moins dur. mm si aux urgences, on me fait les analyses etc.. je patiente puis je reviens, on me dit : « ah, c’est vous pour la fause-couche !! »….super, merci, comme ça je suis au courant…
    ça a été dur quand mm, je n’en ai pas parlé, déjà pcq je ne voulais pas que mon entourage soit au courant de mes « essais », et puis pcq je ne voulais pas raviver les douloureux souvenirs de ma mère qui en parle encore les larmes aux yeux !
    finalement, j’ai eu un semblant de réponse, je suis tombée enceinte juste à l’arrêt de pillule, donc premièr cycle après 10 ans de pillule,ça laisse des traces.
    j’ai trouvé des réponses, de l’échange avec celles qui l’avaient vécu, du réconfort et l’aide pour repartir sur un forum, là où j’ai créé les liens du net les plus fort qui soient et qui perdurent encore aujourd’hui, 5 ans après !!
    j’ai perdu il y a qq jours, la plume que j’avais gardé et qui symbolisait pour moi cet enfant…un signe ? une page qui se tourne ??
    c’est une épreuve qu’on n’oublie pas, je te souhaite juste que la douleur s’atténue , un peu…
  34. touchant témoignage… qui me rappelle que j’ai de la chance car j’ai n’ai pas eu de mal à tomber enceinte (aucune attente les deux fois) et mes bb sont nés en bonne santé. ET je t’assure que ça me freine pour un 3ème…. me dire que la chance peut tourner… à quoi bon….
    il y a des choses comme ça qui ne s’oublient pas… et j’imagine que ça te fait encore verser des larmes ou au moins avoir des pensées nostalgiques… tout cela doit être bien compliqué à gérer…
  35. Je te comprends tellement…j’ai vécu la même douleur il y a presque 6 mois et même si c’est la vie, et même si je ne suis pas la seule à qui ça arrive, on trouve cela tellement injuste…surtout quand tout ça se conjugue avec années d’attente, traitement, espoir…
    Il est bon de savoir que d’autres peuvent comprendre! Merci pour cet article.
  36. J’avais fait une fausse couche entre la Clochette et le Petidom. 6 semaines de grossesse. J’ai un corps particulier, je « sens » les périodes d’ovulation et je « sens » aussi quand je suis enceinte, très rapidement. Ça faisait 5 semaines que je savais que j’étais enceinte donc. Des saignements, un tour aux urgences, « on voit rien mais c’est normal à ce terme », sur le coup j’ai encaissé mais après j’ai pleuré pendant 2 jours, une grosse chute d’hormones sans doute. Je n’ai pas eu de curetage, j’ai tout expulsé naturellement.
    Je me suis accrochée ensuite à la prochaine fois, j’attendais la nouvelle période d’ovulation. Un mois et demi après ma FC je tombais enceinte du Petidom. Ma chance de tomber rapidement enceinte s’est transformée en angoisse, j’ai flippé de le perdre pendant les 3 premiers mois de la grossesse. Ensuite j’ai eu peur d’avoir le même souci que pour ma fille (le retard de croissance et la prématurité).
    Aujourd’hui j’ai tourné la page car j’ai eu un après joyeux et puis comme j’étais assez tôt dans le terme je n’avais pas fait la connaissance d’un bébé… juste un faux départ en somme. Mais pour avoir vécu ça je peux comprendre à quel point ça peut être difficile quand le terme est plus avancé, quand on a déjà fait la connaissance de son bébé vi
    • @à toutes : merci pour vos témoignages..des histoires très dures dans le lot, bien plus dures que la mienne ..le besoin de dire, de partager n’efface pas mais permet d’avancer peut-être
  37. Merci pour ce témoignage.
    J’ai aussi fait une fausse couche l’an dernier et c’est un article comme le tiens que j’aurais voulu lire quand je cherchais des réponses sur internet.
    Ca me choque presque de voir à quel point ton histoire est similaire à la mienne, moi aussi je devais passer la première écho quelques jours après (officielle la première écho, car j’en avais déjà fait une et là je l’avais vu ce bébé, tout allait bien, j’ai même entendu son petit coeur). Idem le discours médical du « c’est courant, la nature est bien faite », ok le prochain qui me dit ça je le giffle…
    Les proches qui ne t’en parle pas, t’as l’impression qu’ils s’en fichent.
    Gros bug avec ma mère qui ne voulait pas en parler parce qu’il faut « rester positif »! Donc en attendant comme il faut pas parler de choses négatives moi je reste avec ma souffrance.
    Moi aussi je me suis abrutie sur le net avec des témoignages en tous genre.

    Et maintenant on essaye toujours de faire ce deuxième bébé, mais rien, nada…
    Je veux retomber enceinte mais en même temps ça m’angoisse, car à quoi bon si c’est pour le perdre à nouveau…

    Et mes deux amies qui sont enceintes (début de grossesse la même semaine que moi tant qu’a faire), tout ce qu’elles vivent en ce moment sous mes yeux on me l’a volé.
    Leurs bébés auront toujours le même âge que le mien s’il avait vécu.

    Depuis ça j’ai l’impression que les enfants ça n’arrive qu’aux autres et que moi j’ai juste eu les droit d’y goûter un peu et que maintenant c’est fini.

    Bon désolée j’arrête de m’appitoyer, merci encore pour cet article si émouvant qui nous aide car on je sent moins seule dans cette histoire.

  38. Je suis passée par là aussi… je me souviens parfaitement m’être sentie totalement démunie, entre l’homme (ex-homme, maintenant…) qui me disait que je « m’écoutais », alors que j’étais à l’équerre tellement j’avais mal, et un interne qui m’a dit tout de go et sans autre forme de procès que « mon foetus était en morceaux, en kit, quoi… mais que mon dossier était « intéressant »… »
    Aujourd’hui j’arrive à prendre du recul par rapport à ça, sans doute parce que depuis j’ai eu Barbalala…
    • je suis d’accord avec ton conclusion, le fait d’avoir eu des enfants ensuite permet de me prendre du recul par rapport à ça
  39. Ombres et Caresses Reply
    Je me reconnais dans ces mots… à une différence près : mon homme. Pour lui, c’était « la nature est bien faite, tu ne vas pas t’apitoyer, ressaisis-toi » et basta. 🙁
    ça a abimé notre couple, profondément. Je me suis sentie très seule, et reniée dans ma souffrance.

    Ma première grossesse a été difficile. 30 mois pour tomber enceinte, 5 mois dans un lit, avec la peur au ventre de perdre mon bébé, et césarienne en urgence, sinon je perdais mon bébé.

    Deuxième grossesse : rien d’alarmant, à part des contractions (comme la première) et donc un alitement prévu. Echo des 12 SA : la gynéco m’annonce froidement « le coeur ne bat plus, rhabillez-vous ». Et rien d’autre ! Le choc, et sa froideur.
    Aucun saignement, des nausées… en fait, la grossesse continuait son cours avec un foetus mort. Curetage, anesthésie générale… et mon homme qui ne me soutient pas.

    J’ai encore de la rage en moi, après lui, après sa famille aussi (la loi du silence, je devais être digne) et après les commentaires à la noix du genre « bah, vous ne vous connaissiez pas depuis longtemps, ça valait sûrement mieux » !

    Oui, la nature est bien faite. ça n’enlève rien à notre peine.

  40. Une émotion que tu as partagé avec nous. J’en suis toute retournée. Je n’ai pourtant jamais été touchée par les fausses couches, mais nombreuses de mes amies en ont eu. Et comme tu dis, je ne sais pas s’il faut leur en parler, s’il faut ne rien dire.
    Ca doit être tellement difficile à vivre.
  41. Merci pour cet article toujours d’actualité pour toutes celles qui n’oublieront jamais… il est important d’en parler car ce sujet reste encore un peu tabou mine de rien…
  42. Bonjour, je me retrouve dans ces lignes, je vis actuellement une fausse couche et c’est très douloureux. Tu ne parles pas finalement de l’alternative que tu as choisi: curetage, cytotec ? je suis complètement perdue…..
    • Bonjour,
      au départ on m’a parlé de curetage mais finalement la nature a fait les choses elle-même si on peut dire et j’ai pris du cytotec…je t’envoie plein de courage pour ce moment difficile et douloureux. Un jour on arrive à tourner la page, plus ou moins vite selon sa nature mais c’est quelque chose que l’on n’oublie pas.
  43. Merci de ta réponse, je préférerais aussi l’expulsion naturelle, mais cela va faire 3 semaines que j’attends et rien ne s’est encore produit, alors ma gynéco me pousse au curetage, bien que je préférerais attendre encore un peu… Combien de temps as-tu mis à expulser naturellement ?
    D’avance merci
    • cela s’est fait très vite …on m’a annoncé la fausse couche, je suis rentrée chez moi et la même nuit l’expulsion s’est faite en grande partie ..

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