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J’ai découvert Laura Kasischke lorsque je travaillais en bibliothèque. Une fois en rangeant un bouquin, je me suis arrêtée sur une de ses couverture et le livre s’est retrouvé dans mon sac.  Depuis j’ai lu presque tout ce qu’elle a écrit mais j’ai toujours un mal fou à orthographier correctement son nom.

Quand un ami m’a offert Les revenants, je n’ai pas pu attendre très longtemps avant de l’ouvrir. Il est passé devant d’autres livres qui sont rangés depuis des mois dans ma bibliothèque. Je l’ai lu tout doucement (600 pages) comme pour savourer mon plaisir, comme pour prendre le temps de vivre avec chacun des personnages et rester le plus longtemps possible dans leur vie.

Avec Laura Kasischke, tout commence souvent avec légèreté (jusque dans le choix des titres de ses livres, A moi pour toujours par exemple qui évoque un mauvais livre sentimental) évanescence comme pour mieux nous amener au delà des apparences et du superficiel. La lecture n’est jamais difficile, heurtée, pourtant l’intrigue est complexe et l’écrivain navigue  entre roman psychologique, thriller, enquête, roman d’apprentissage.

Les revenants est bien plus qu’une histoire de fantômes, de morts-vivants et de vaudou. C’est une plongée dans l’univers des sororités (ces associations d’étudiantes américaines), construite en flash-back et qui fonctionne tellement bien que je n’ai plus lâché une seule ligne pour trouver l’explication à la scène d’ouverture, un accident grave de la route d’un couple d’étudiants.

 Je me suis cramponnée à ces destins qui se croisent et s’emmêlent (Craig, l’étudiant accusé d’avoir tué intentionnellement en voiture Nicole Werner, sa petite amie qui revient hantér le campus; Mina, professeur d’anthropologie et spécialiste du folklore entourant la mort; Shelly, qui a assisté à l’accident)  comme dans un film choral et dans un décor où neige, brouillard et pleine lune m’ont envoûté progressivement.

Laura Kasischke est une virtuose : elle multiplie les points de vue narratifs,  balade son lecteur aux frontières du réel et du poétique dans une langue à la fois simple et imagée, s’amuse avec lui et l’amène là où elle en a envie. Elle suggère au passage le caractère destructeur de la rumeur et fait voler en éclats le visage pudibond de l’Amérique.

Un roman à  découvrir absolument !

(lu dans le cadre du challenge 1% de la rentrée littéraire proposé par Délivrer des Livres)

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