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J’aime pas les chiens. Je corrige : j’aime pas les propriétaires de chiens qui les laissent circuler sans laisse en ville. Tu sais ceux qui te font un signe de la main de loin alors que leur clépart est en train de te renifler les mollets ou de s’approcher un peu trop de tes enfants en criant « vous inquiétez pas, il n’est pas méchant ».

J’aime pas les chiens sans laisse parce qu’il laisse leurs souvenirs partout sur la voie publique et que tu sois à pied, en poussette, à roller, en trottinette, en fauteuil roulant, il est toujours désagréable de vérifier tous les deux mètres l’état de tes semelles. Dans ces cas là, je pense aux aveugles …on se géolocalise maintenant  avec nos téléphones portables mais pour l’instant pas de canne qui détectent les crottes de chien.

Ce week-end j’étais dans une petite ville de l’Hérault surnommée Cacanas par les gamins du coin. C’est bien simple, le jeu consiste à slalomer parmi les déjections canines : prends garde à ne pas trop admirer les belles portes ou l’architecture des maisons car il y a fort à parier que tu te retrouves quelques instants plus tard à chercher une flaque d’eau dans laquelle rincer ta  chaussure.

J’aime pas non plus les pigeons. Ça vient se mettre dans mes pieds quand je suis dans les squares en quête d’une miette de goûter ou de pain. Un jour en passant près d’une allée de platanes, je me suis ramassée un vol plané de fiente sur la tête…depuis entre eux et moi, la rupture est consommée.

Je te parle même pas des lézards, des tortues ou de toutes formes de reptiles vu qu’ils me rendent hystériques. L’autre jour à Jardiland, il y avait une promo sur un python. Tu pouvais le rapporter chez toi pour 999 euros…sont fous les gens !

J’aime pas non plus les mites alimentaires…elles ont envahi ma cuisine régulièrement dans l’ancien appartement où j’habitais. Je ne suis pas du genre à les observer tranquillement assise sur mon siège. Je leur ai mené une guerre sans merci à coups de produits désinfectants, plaques anti-tout, éliminations de paquets de féculents…j’ai fini par bazarder le vaisselier en bois (non traité?) avant qu’elles ne me rendent complètement folles.

J’aime pas non plus les pinces-oreilles, les cousins, les moustiques (et ils me le rendent bien), les poissons d’argent, ces minuscules insectes qui rampent sur le carrelage des pièces humides, si possible des toilettes c’est plus répugnant.

Bref, si tu veux me faire plaisir, ne m’abonne pas à 30 millions d’amis )

Et chez toi, c’est l’arche de Noé ou pas?


Voilà une phrase que je ne sortirai jamais à mes enfants…faut me voir face à un lézard, stupeur et tremblements comme dirait Amélie Nothomb, je suis prête à vivre dans le noir total plutôt que me risquer à ouvrir les volets et tomber nez à nez avec ces affreux reptiles.

Et puis parfois la bête a beau être petite, elle n’en est pas moins dangereuse. Septembre 2002, je suis en Guadeloupe, dans une chambre d’hôtel, quand je vois ça, avancer sur le sol :

scolopendre de son petit nom , avoue que c’est moche?

L’animal qu’il vaut mieux éviter de croiser selon le Routard (plein de bonnes adresses mais un brin alarmiste je trouve quand tu l’étudies dans le détail le monde est rempli de pickpockets et d’endroits surfaits car dépassant les 100 habitants)  et selon la réceptionniste. Il paraitrait que cette bestiole minuscule t’envoie à l’hôpital avec une fièvre de cheval si elle te pique et qu’elle se sépare en deux si tu lui marches dessus. Ce n’est pas la multiplication des pains, c’est la multiplication des insectes rampants.

Je me retrouve  donc debout sur le lit en train de hurler comme une possédée, persuadée que la bête va sauter jusqu’au couvre-lit (championne du monde !). L’homme tente de maîtriser le prédateur à coups de tongs mais ne réussit qu’à faire sauter celui-ci à travers la pièce. Il file à la réception, revient avec un pulvérisateur mais avec la consigne de ne pas l’utiliser car cela pourrait encore plus énerver la bestiole (avec le recul, je me demande si ce jour-là on ne s’est pas un peu payé notre tête). Le nuage de vapeurs toxiques a autant d’effets qu’une galette de riz soufflé sur l’appétit  quand tu meurs de faim.

Je somme l’homme d’oublier deux secondes son orgueil et de demander de l’aide à un jardinier occupé à cet instant devant notre fenêtre. Un coup de botte en caoutchouc plus tard et c’en est fini du sort du scolopendre… non sans un bruit de verre pilé fort désagréable. Le jardinier affiche un sourire moqueur mais je ne peux pas m’empêcher de vérifier que la bête n’a pas pondu en deux temps trois mouvements des œufs dans le sac de voyage posé par terre.

Ce jour là j’ai eu la confirmation que le ridicule ne tue pas et que je ne suis pas vraiment une amie des bêtes….

Et toi, peur d’un animal?

(ceci est ma participation au défi Animal de Virginie B.)

Prendre l’avion, peu de temps après un accident super médiatisé, ça peut rendre anxieux le plus placide des voyageurs…surtout quand on vole avec la même compagnie que celle qui a fait la une des journaux et que la cause du krash reste toujours mystérieuse….

Alors sur une phobique de l’air, vous imaginez un peu le topo? eh bien je l’ai vécu, en direct live, dans le vol du retour Barcelone-Lyon qui, dieu merci, ne durait qu’1h et 10 minutes.

Une dame d’une cinquantaine d’années, peu de temps après le décollage, a été prise d’une crise assez impressionnante de panique, créant l’animation dans l’avion entier. Elle a fait tout le voyage les genoux sur son siège,  pleurant, criant , apostrophant l’ensemble des rangs derrière elle de « Vous allez tous mourir ! » « Donnons-nous de l’amour avant de mourir! »

Se donner de l’amour devant mon fils ? mouais je trouve pas l’idée super emballante., je crains même que cela me coupe toute envie…et puis le steward aux yeux azur, au sourire ravageur et SURTOUT à l’accent si sexy quand il m’a demandé mon passeport à l’embarquement, est resté à terre (mais non chéri je déconne ! )

Les copines de la phobique ont tenté de la raisonner, de la calmer en la prenant dans leurs bras mais la dame semblait en plein dans son trip et très convaincue de notre sort. Les hôtesses sont alors intervenues et l’une d’entre elles s’est prise une bonne baffe…forcément j’ai pensé à Delarue qui avait agressé le personnel volant avec un saumon )…c’était quand même plus drôle…euh pour les spectateurs…parce que l’hôtesse elle était nervous breakdown, ce genre d’angoissé elle n’en a connu que 2 en 7 ans de vol…à croire que tous les stressés de l’avion se shootent au cachet, se font assommer par leur conjoint ou compagne au moment du décollage, souffrent en silence en déformant les accoudoirs de leur siège ou ont renoncé à voyager dans les airs…

Le commandant de bord lui a même dédié un message spécial pour qu’elle s’assoit  lors de l’atterrissage pour des raisons de sécurité mais pas la peine de préciser que ça n’a pas eu le moindre petit effet…alors que les roues de l’avion touchées la piste, elle essayait de sortir de sa travée !

L’avion a ralenti, s’est garé, s’est immobilisé mais la dame ne s’est pas calmée…elle a continué à délirer et les enfants présents dans l’avion ont commencé à pleurer (ça faisait un peu peur à vrai dire!)…heureusement on est sorti rapidement et en passant devant la cabine de pilotage, je l’ai entendu engueuler le commandant de bord « Vous êtes contents, vous avez failli nous tuer !« 

En bas de l’escalier, des gendarmes, sûrement prévenus (en vol?) l’attendaient car elle était toujours totalement en crise…visiblement elle flippait tellement de prendre l’avion qu’elle n’avait pas dormi depuis deux nuits…reste à savoir si elle souffrait de problèmes psychologiques à la base ou si l’angoisse l’avait métamorphosé à ce point…

J’ai trouvé ma phobie des serpents nettement moins handicapante après ça…

Et vous, vous êtes dans quel état quand vous prenez l’avion?

Edit 1 : l’illustration a été prise sur le blog apatrolo

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