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J’ai peut être été trop influencée par Stone et Charden mais à la Normandie, jusqu’à présent, j’associais surtout les vaches et les fromages, les champs de pommes et le cidre, les maisons à colombages et les paysages verts que j’avais pu voir autour de Cambremer. Alors quand on m’a proposé de découvrir un autre visage de cette région, celui de la pêche, et une destination bien précise, Granville, je n’ai pas hésité une seconde. Cet été j’étais en vacances à Douarnenez, très marquée par son histoire autour de la sardine et  aujourd’hui encore, par l’univers des pêcheurs. Le coup de foudre est peut être moins facile et immédiat qu’avec une station balnéaire et ses belles villas mais j’ai vraiment aimé l’ambiance et l’identité de cet endroit. J’étais donc très curieuse d’en apprendre plus sur cette activité que je ne connais qu’à travers la fiction (Noir Océan, Le grand marin…)

1-Partir en mer à la rencontre des pêcheurs

La vie est pleine de surprises. J’étais loin de m’imaginer, avant d’être à Granville, me retrouver, assise à bord d’un zodiac, vêtue d’une combinaison jaune de marin et sauter de vague en vague. On avait eu quelques consignes au petit déjeuner : surtout ne pas partir le ventre vide, éviter les laitages et manger une banane. Mince c’est le seul fruit que je n’aime pas, pour le reste j’ai tout bien fait comme on m’a dit… et par précaution, j’ai pris du nausicalm dans mon sac. Au début en sortant du port, je me suis un peu demandée pourquoi on portait toutes cette tenue pas forcément seyante sur nous (on nous repérait de très très loin )). Et puis après une première séance de rodéo sur les vagues, j’ai compris que 1)  je ne sortirai pas mon appareil photo de mon sac par peur de le mouiller et 2 ) que j’aillais d’ailleurs mettre mon sac à l’abri dans un compartiment étanche (adieu nausicalm). Pendant le trajet du retour, en voulant aller plus vite que les vagues, on s’en ai pris une ou deux en pleine face (c’est ce qui s’appelle un soin visage à l’eau de mer) et cette fois je me suis rappelée le sms reçu le jour de mon départ « pense bien à prendre une paire de chaussures de rechange ! « .

Bref cela secouait pas mal mais cela ne tanguait pas, ce qui n’était pas forcément le cas au bord des bateaux de pêche que nous avons « rencontrés  » et suivis en mer. Du coup quand il a été question de monter à bord de l’un d’eux (un spécialisé dans la pêche des bulots, l’autre dans celle des homards), mon intuition m’a dit « tangage + odeur du moteur +odeur du poisson + station debout prolongé »= mal de mer. Comme j’avais très moyennement envie de vomir mon petit déjeuner devant tout le monde (même devant personne d’ailleurs),  je suis restée seule avec le conducteur du zodiac quand même qui me demandait sans cesse si j’allais bien. (Je devais être un peu pâlichonne faut croire). Le ciel n’a jamais été aussi bleu qu’à ce moment là, les oiseaux tournoyaient autour d’un bateau, les rayons du soleil se reflétaient dans la mer, le moment était magique.

Seule sur le zodiac (limite de loin, on aurait pu croire que c’était MON zodiaque et que je le pilotais….ok de très très loin), j’ai pu observer les pêcheurs remonter les casiers à bulots, les trier sur le bateau en les passant dans une machine pour rejeter aussitôt à la mer les bulots trop petits. Une fois que tous les casiers d’une même ligne (on parle de filière repérable en mer grâce à un petit drapeau) étaient vides sur le pont et rangés dans un ordre précis, j’ai regardé ces hommes remettre les casiers, un à un, à l’eau dans une succession de gestes faisant penser à un ballet (c’était pas vraiment le moment de leur demander s’ils avaient déjà vu Philippe Katherine dans les rues de Granville..oui il parait qu’il vient en vacances régulièrement ici ).

 

 

Cerise sur le sel marin, en continuant notre traversée vers Chausey, nous avons eu la chance d’être accompagnés pendant quelques minutes pour un groupe de dauphins. Le dauphin n’étant pas très au fait avec le concept de selfie, il est bien difficile sans mode rafale – et mon appareil photo était toujours dans le compartiment étanche- de le saisir au bon moment mais je vous assure que j’étais émerveillée de les voir d’aussi près.

2-Débarquer aux îles Chausey

Aller à Granville et ne pas faire la traversée jusqu’aux iles Chausey (si les conditions météo le permettent bien-sûr) c’est un peu comme être en vacances à Saint Malo et ne pas se balader sur la digue ou venir à Lyon et ne pas s’offrir une douceur aux pralines. J’y suis restée peu et le ciel était alors gris mais j’ai tout de suite aimé l’atmosphère de « bout du monde » qui s’en dégage. Je n’aurais pas marché comme un manchot  dans ma salopette jaune imperméable légèrement trop grande, j’aurais peut être filer plus loin. Là je me suis contentée de regarder le chapelet de rochers en face de l’endroit où nous avons débarqué, les quelques habitations plantées ici et là, et les chemins montant derrière et promettant d’autres découvertes et panoramas.

10 choses à faire à Granville

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10 choses à faire à Granville .

La compagnie Vedettes Jolie France permet d’effectuer la traversée depuis Granville jusqu’aux îles Chausey avec des horaires qui varient selon les saisons.

3-S’attabler à l’Hôtel du Fort et des îles pour des bulots mayo et un homard rapido

Les îles Chausey ce ne sont pas les Champs Élysées  : pas de vendeur de cartes postales avec des jeux de mots sur le bulot (allez je suis sûre que vous en avez au moins un en tête), pas de commerces pour ceux qui auraient oublié leur pique nique et un seul hôtel restaurant, l’Hôtel du Fort et des îles dont la terrasse  avec vue est à elle seule une raison de s’y arrêter. 

10 choses à faire à Granville A l’intérieur de l’hôtel restaurant, le petit salon où j’imaginais déjà le feu crépiter évoque l’intérieur d’un navire avec sa petite porte lambrissée et quand on grimpe les escaliers de bois, on parvient à des chambres où j’aurais bien pris mes quartiers étant donné la vue offerte à chacune des fenêtres.

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10 choses à faire à Granville Mais je n’étais là ni pour dormir ni pour prendre le petit déjeuner dans cette pièce avec vision panoramique sur la mer. J’étais là pour le déjeuner et au menu, vous avez deviné, les fameux bulots-mayonnaise (aussi traditionnel ici que le pâte en croûte à Lyon) suivi d’un homard rapido ou comment servir du homard de manière totalement décomplexée c’est à dire avec des frites, façon « ici on mange cela souvent ».

Hôtel restaurant du Fort et des îles 
île Chausey
en haut à gauche de la cale, face à la mer

4-Humer l’air iodée sur la promenade du Plat Gousset

Les lyonnais ont leur promenade sur les bords de la Saône ou du Rhône, les granvillais, eux, ont celle du Plat Gousset avec un départ juste au pied de l’hôtel des Bains où je logeais. Avec ses 160 cabines planches (qui peuvent se louer, même si aujourd’hui se changer sur la plage est rentré dans les usages), ses gros rochers surplombés de belles villas d’un côté et la plage avec sa piscine d’eau de mer, de l’autre côté, elle est le rendez-vous des locaux comme des touristes, des baigneurs ou des flâneurs, des rêveurs solo ou des couples de tout âge. Je n’ai pas trafiqué mes photos : je l’ai parcourue une fois avec un ciel gris et une autre fois avec plus de soleil.

Le Plat Gousset est le nom de la plage (en centre ville) de Granville. Elle doit son nom à une petite poche du gilet dans lequel on mettait son porte monnaie. Quand cette poche était plate, cela signifiait que le promeneur n’était plus en mesure d’aller flâner au Casino alors payant d’accès  (celui que vous voyez un peu plus bas sur mes photos)

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10 choses à faire à Granville 10 choses à faire à Granville 10 choses à faire à Granville 10 choses à faire à Granville Contrainte de rebrousser chemin  au moment où la promenade disparaissait sous les flots, j’ai levé la tête vers une volée d’escaliers que j’ai décidé d’emprunter.

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5-Marcher sur les pas de Christian Dior

Parvenue en haut des escaliers, je suis arrivée dans le jardin du Musée de Christian Dior. Je n’ai pas eu le temps de visiter la villa dite « Les rhumbs’, qui fut la maison d’enfance du célèbre couturier. Elle accueille aujourd’hui des expositions temporaires ou présente les collections du musée selon les périodes de l’année.

Aménagé entre 1906 et 1930 avec sa mère Madeleine, le jardin qui surplombe la mer, face aux îles anglo-normandes, fut une source d’inspiration pour lui et en y restant, même un court passage, on comprend pourquoi.

10 choses à faire à Granville

10 choses à faire à Granville 6-Grimper en haut des remparts de Granville

Il faut croire que les pentes de la croix rousse me manquaient (ou qu’elles me donnent un peu d’entrainement ) mais à peine après être redescendue des hauteurs côté promenade du Plat Gousset, j’ai emprunté une nouvelle volée d’escaliers pour aller voir Granville depuis les remparts.

Ceinturant la Haute Ville de Granville (à visiter aussi), le tour des remparts offre au regard de nouvelles perspectives sur les différentes côtes et plages d’un côté, sur le port et encore la mer de l’autre côté.

10 choses à faire à Granville 10 choses à faire à Granville cet effort méritait bien un bulot au chocolat, non ? 10 choses à faire à Granville Échauguette ou porte de garde où les pères de famille assuraient la surveillance de la ville 10 choses à faire à Granville Si vous longez les remparts jusqu’au bout, vos pas vous mèneront à la Pointe du Roc10 choses à faire à Granville

7-Prendre un bain chaud en écoutant le bruit des vagues à l’hôtel des Bains

Oui on dirait une phrase tirée d’un papier du magazine Elle « 48h dans la vie de .. »  où une star essaie de convaincre son lectorat que son quotidien est absolument normal et banal alors que pas du tout. N’empêche que je prends peu de bains chez moi (plus par manque de temps -vous savez la fameuse seconde journée, celle qui se termine par un soupir de soulagement quand les enfants sont enfin au lit- que par conscience écologique, avouons-le) et puis j’avais  la chance d’avoir une chambre avec vue sur mer (et  la mer est vraiment au pied de l’hôtel) alors, en rentrant d’une ballade,  j’ai ouvert grand les fenêtres et j’ai écouté leur roulis dans une baignoire plein de mousse (cliché jusqu’au bout).

10 choses à faire à Granville 10 choses à faire à Granville Le gros point fort de l’Hôtel des Bains est bien entendu son emplacement et j’ai essayé d’en profiter autant que j’ai pu, non pas en allant jouer au casino mais en m’asseyant juste derrière les fenêtres de ma chambre pour admirer les milles lumières qu’offre la Normandie.

A noter : au petit déjeuner est proposé un très bon viking …c’est de pain dont il s’agit ) (vous pouvez l’acheter dans la boulangerie juste derrière l’hôtel).

Hôtel des Bains
19 rue Georges Clémenceau
Granville

8-Découvrir le bulot de la Baie de Granville

Le produit star associé à Granville est le bulot, qui répond aussi aux noms de « calicoco » (je suis sûre que Julien Doré pourrait le mettre dans une de ses chansons) ou Buccin. Les 3/4 de la production française sont pêchées en Normandie dont la baie de Granville. C’est à l’occasion de la remise de la certification « pêche durable MSC » du bulot que j’ai été invitée à Granville : ce grand week-end a donc été l’occasion de faire connaissance avec le bulot, d’en savoir plus sur la pêche durable de la « récolte » à l’assiette.

Le bulot : Une pêche raisonnée et la cerfication MSC

L’histoire de la pêche du bulot n’est pas sans rappeler celle de la sardine découverte cet été à Douarnenez. Dans les deux cas, fut un temps où les hommes ne se posaient pas la question de l’épuisement de la ressource jusqu’au jour où la pêcherie a montré des signes d’essoufflement. La profession s’est alors engagée dès 2004 dans une politique volontariste de restauration de la ressource . Les quotas journaliers ont été réduits de 15%, le temps de pêche a été réduit à partir de 2007 avec une fermeture complète en janvier, le nombre de licences de bateaux de pêche a diminué et l’écartement des barrettes de tri a lui augmenté changeant la taille moyenne des bulots capturés.

Concrétisation de ces efforts : la pêcherie de Bulot de la Baie de Granville est entrée officiellement en avril 2014  dans la démarche d’écolabellisation « Pêche Durable MSC » de l’ONG Marine Stewardship Council (MSC), un label que les pêcheurs normands connaissent bien puisqu’il a déjà été attribué en juin 2011 à la pêcherie de Homard du Cotentin et de Jersey.

Pour Didier Leguélinel :

La certification « Pêche Durable MSC » s’inscrit dans une suite de démarches de qualité entreprises depuis de nombreuses années et qui visent toutes à mieux valoriser le travail des pêcheurs. « Pendant longtemps, nos efforts ne se sont pas traduits par une meilleure rémunération. Maintenant, c’est le cas : la qualité supérieure du bulot de la Baie de Granville est reconnue. De plus, la moindre pression de pêche a permis de ne plus avoir de surproduction. Mieux encore, qualité et durabilité riment avec nouveaux marchés : « Le marché asiatique, qui se fournissait auparavant à bas prix chez les anglo-saxons, a découvert
la qualité de notre production. Nous avons su faire la différence. »

En tant que consommateur, sachez que le label « pêche durable » se retrouve aussi bien sur les emballages de poissons surgelés, que sur des conserves ou des poissons emballés au rayon frais.

Parallèlement à cette certification, les professionnels de la pêche se sont lancés dans une démarche d’Indication Géographique Protégée (IGP), qui permettra de protéger la dénomination « Bulot de la Baie de Granville »au sein de l’Union Européenne et qui assurera au consommateur que le produit qu’il a dans son panier a les caractéristiques de son origine géographique.

Le bulot dans l’assiette !

Ici ce n’est pas l’heure de vérité mais j’ai toujours essayé d’écrire les choses avec le plus de sincérité possible alors autant le dire : je n’avais jamais mangé de bulots avant de venir à Granville et juste avec de la mayonnaise, je n’ai pas eu le coup de foudre (si vous aimez les escargots alors vous devriez aimer les bulots). Heureusement Jonathan Datin, chef cuisinier du restaurant l’Edulis, est arrivé et m’a prouvé que les bulots cela pouvait être très bon selon la manière dont on les prépare.

Jonathan Datin nous a conseillé de soigner l’assaisonnement de l’eau dans laquelle vous faites dégorger les bulots (il y met entre autres du laurier, du thym, des carottes ) et d’enlever certains parties du bulot (les parties noires) pas très agréables à la dégustation. Ensuite il a imaginé 3 recettes :

10 choses à faire à Granville 10 choses à faire à Granville 10 choses à faire à Granville des tartelettes aux bulotsdes choux aux bulots en  croquemis

Au restaurant La Citadelle,  je les ai dégustés en maki (donc découpés en dés très fins) et -si les vrais amateurs pourront s’écrier « ça ne sent pas assez le bulot », j’ai beaucoup aimé cette façon de les accommoder et de les servir.

Normandie Fraicheur Mer propose plein d’autres idées de recettes sur leur site :

9-Monter à bord d’une bisquine

On me dit bisquine, j’entends biguine (et je pense à Marc Lavoine). Trêve de plaisanterie, en 1900, les bisquines étaient des bateaux qui servaient, avec leur 18 m de coque, à draguer l’huitre sauvage. Au nombre de 200 à Cancale et 200 à Granville dans le port actuel et l’avant port, les bisquines partaient à Terre Neuve (correctif du 21 nov : un lecteur me signale que les bisquines étaient destinées principalement à la pêche dans la baie alors que les bateaux qui partaient à terre neuve étaient des terre-neuva comme le marité, bateaux à trois mats destinés à la pêche à la morue )

La Granvillaise a été construite sur les plans d’une bisquine de 1900. Lorsque je suis montée à son bord, nous ne sommes restés que dans le port mais elle fait des sorties en mer et nous avons d’ailleurs vu la Cancalaise, l’autre bisquine, reproduction de l’époque, en arrivant à Chausey.

Une fois à bord, chacun est mis à contribution par l’équipage pour hisser la grand voile (après Marc Lavoine, Céline Dion, faites taire ce mange-disques dans ma tête) et s’initier aux manœuvres de base. Soit je me suis contentée de filmer et de prendre des photos mais le coeur y était.

10 choses à faire à Granville 10 choses à faire à Granville Jonathan Datin était aussi à bord de la Granvillaise, navire considéré d’utilité collective car il embarque des passagers et il n’était pas venu les mains vides. Pour ce pique-nique 4 étoiles, le chef a prouvé, une nouvelle fois, combien il était talentueux pour cuisiner le poisson et on s’est régalé avec du chou fleur à la grecque/maquereau mariné, un tartare de dorade,  une brandade de merlan pommes de terre olives champignon et une crème mascarpone abricots prunes.

10 choses à faire à Granville

10 choses à faire à Granville 10- Visiter le quartier de la Haute Ville de Granville

Si vous avez l’occasion de suivre une visite guidée de la Haute Ville et d’avoir un guide de l’Office du Tourisme aussi intéressant à écouter que Mélodie, n’hésitez pas une seconde. Vous apprendrez plein d’anecdotes historiques sur ce quartier mais aussi sur l’histoire de la pêche à Granville depuis ses origines, emprunterez les rues les plus typiques et prendrez un peu plus le pouls de la ville.

10 choses à faire à Granville 10 choses à faire à Granville Lorsque vous êtes dans le port, impossible de ne pas remarquer la maison du Guet qui, au départ, avait des colombages des deux côtés. Comme elle est située dans une zone protégée, le propriétaire a du retapisser sa façade sud en ardoise, ce qui lui donne son aspect si atypique.Le Bar La Rafale a l’air plutôt calme mais vu son nom, ça doit tanguer à l’intérieur et il parait que ce bar est un des lieux incontournables de la Haute Ville.Depuis plusieurs années, les artistes et les brocanteurs se sont installés dans ce quartier

Bonus : Y a pas que le bulot dans la vie (et à Granville )

Il y a les poissons oubliés aussi

Contribuer à une pêche durable quand on n’est pas pêcheur cela se traduit pour Jonathan Datin, chef cuisinier, par le fait de mettre à sa carte des poissons oubliés (et donc pas surexploités) comme on a vu revenir sur les étals des marchés des légumes oubliés. Il nous en a donné une belle démonstration lors d’un dîner dans son restaurant.   En tant que consommateur ou cuisinier amateur, on n’a plus qu’à suivre son exemple. 10 choses à faire à Granville ok il y avait quand même un peu de bulot en amuse-bouche dans des mini choux (on est à Granville !) 10 choses à faire à Granville la dorade grise est un des poissons oubliés, servie avec un ragoût de pieds de mouton (dont le goût est assez proche de celui des girolles pour moi) elle était délicieusele Maquereau marine une heure dans le gros sel puis dégorge une heure dans l’eau puis est plongé une heure dans du vinaigre blanc pour obtenir une cuisson parfaite. Il est servi avec une concassée de tomates à l’orange, une émulsion d’orange et une brunoise de tomates rouges, jaunes et vertes.10 choses à faire à Granville peut -être la première fois que je goûtais du  filet de grondin rouge servi avec du chou rave  et une mousseline de carotte 10 choses à faire à Granville 10 choses à faire à Granville Le dessert m’a tellement plu avec son petit chapeau que je l’ai pris en photo sous toutes les coutures sous l’oeil amusé d’une cliente anglaise qui a ensuite détaillé tout le contenu à son mari :  gâteau noisettes/ sorbet fromage blanc citron (chef si votre proposition tient toujours, je veux bien la recette)/ figues au vin rouge.

Restaurant L’édulis
8 rue de l’abreuvoir
Granville

Il y a la coquille Saint Jacques aussi

Le week-end où j’étais à Granville coïncidait avec le début de la saison des coquilles Saint Jacques (une bonne année visiblement, les conditions de reproduction ayant été idéales et les pratiques de pêche  jouant aussi un rôle non négligeable ). J’ai donc vu lors du festival toute la mer dans l’assiette, des coquilles Saint Jacques vendues à 4 euros le kilo ! Je vous assure que j’ai cru avoir mal lu.

Pour info 60 % des coquilles Saint Jacques sont pêchées en Normandie et j’en eu la chance d’en retrouver dans mon assiette au restaurant La Citadelle (chef cuisinier : Cyrille Doraphe), snackées très légèrement puis finissant de cuire dans un bouillon (allumé au dernier moment à table) très parfumé à la citronnelle …un véritable régal (servies avec des tagliatelles à l’encre de seiche )

Restaurant La Citadelle
34 rue du port
Granville

Il y a le homard du Cotentin et de Jersey aussi

Le homard du Cotentin et de Jersey est une autre espèce certifiée pêche durable (et plus précisément re-certifiée depuis décembre 2016). Le homard n’est pêché que par des petits bateaux comme celui vu plus haut (violet) avec des casiers, simplement posés sur le fond, ce qui a peu d’impact sur les habitats. Ces homards certifiés arborent désormais un « bracelet » d’identification. Estampillé du label bleu du MSC, celui-ci atteste que ce homard est issu d’une pêcherie respectueuse des ressources naturelles et de l’environnement.

Je suis repartie de Granville avec deux beaux homards (cuits) dans un sac réfrigéré et de retour à Lyon, je les ai préparés en risotto, une idée recette pour les fêtes de fin d’année (oui c’était un peu Noël avant l’heure ). J’ai préparé un risotto au safran et avec un bouillon dans lequel j’avais mis toutes les carcasses des homards. En toute fin de cuisson, j’ai ajouté la chair de homard avant de dresser.

D’autres raisons de venir (ou revenir à Granville)

  • Le Carnaval en février, Sortie de bain, le festival des arts de la rue, La nuit des soudeurs, Les voiles du travail…le programme des événements qui rythme l’année est riche !
  • Les adresses sucrées que je n’ai pas eu le temps de tester : le chocolatier pâtissier Yver, le salon de thé Picorette et ses -parait-il- très bons scones
  • Dormir dans une des chambres d’hôtes de la Villa St Jean à Granville (et si on peut y aller sans voiture -je n’en ai pas -, la maison de pêcheurs à Saint Pair sur mer )
  • Rapporter des bulots en chocolat !

Voilà ce billet un peu fleuve est fini, merci à ceux et celles qui ont lu jusqu’au bout,  j’espère vous avoir envie donné envie d’aller à Granville !

Un Grand Merci à Elsa de Michèle Frêné Conseil, à l’équipe MSC France et en particulier Stéphanie et Camille,  à Arnaud de Normandie Fraicheur Mer  pour cette invitation iodée et normande (en compagnie de  Sandra, Patrick, Létitia, Annie, Amélie) qui m’a permis d’en savoir plus sur la pêche durable et sur le bulot !

Fin avril, j’ai traversé une bonne partie de la France, direction la Normandie (et Stone Charden de raisonner dans ma tête, oui j’ai des références très actuelles…c’était ça ou Gérard Blanchard..je crois que je viens de perdre mes lecteurs les plus jeunes )) pour assister et participer aux Rencontres de Cambremer.

Je connais assez peu cette région, mises à part les falaises d’Etretat et Giverny. Je l’admire régulièrement à travers les photos d’Anne-Laure T (qui m’a donné très envie d’aller à Chausey) ou d’ @alice_de_blondinie et sans grande surprise, j’ai repéré aux moins deux pâtisseries (Alban Guilmet et C & Choux) où j’aimerais aller à Caen.

J’ai découvert des paysages normands très bucoliques avec ses étendues vertes, ses champs de pommiers en fleurs, ses vaches et ses moutons, ses maisons à colombages et cette lumière si particulière.

L’Hôtel de charme Au Repos des Chineurs où j’ai posé mes bagages, était parfaitement raccord avec ce décor de carte postale du Pays d’Auge avec son jardin fleuri, ses chats et ses canards. La propriétaire voue une grande passion pour la vaisselle et le mobilier anglais et la particularité du lieu et  que quelque soit la pièce dans laquelle vous vous trouvez, vous pouvez acheter un des objets qui vous entoure. D’ailleurs pendant le week-end, une chaise a « disparu ».

Dans cet ancien relais de poste datant du 17ème siècle, ma pièce préférée est sans hésitation, le salon où l’on peut bouquiner au coin de la cheminée, savourer un thé avec une pâtisserie maison l’après-midi et petit déjeuner le matin. …le tout dans une ambiance très british.

Breakfast en Normandie au repos des chineurs

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Pain frais,  confitures, brioche….tout est fait maison pour le petit déjeuner et on a bien du mal à ne pas s’attarder

 

Les Rencontres de Cambremer, édition 2017

Venons-en à la raison de ma venue, les Rencontres de Cambremer, festival des AOC/AOP en Normandie créé  en 1995. Si le village de Cambremer a été choisi, c’est parce que -au-delà de son incontestable charme- il est situé au début de la route du Cidre et au coeur du Pays d’Auge qui affiche avec fierté la production de 7 des 14 AOC/AOP normandes.

Pour rappel, un AOC/AOP est un produit alimentaire original et de qualité qui tient sa spécificité de son terroir. Les producteurs sont, eux-mêmes, responsables de leur Appelation d’Origine. Ils doivent suivre un cahier des charges très précis et proposent des règles de production, qui sont arrêtés par les pouvoirs publics.
Avec un AOC/AOP, on cherche avant tout la qualité (et pas la surproduction). Le fait de respecter des règles communes n’aboutit pas à une uniformisation du produit, celui-ci variant au contraire selon le terroir auquel il est lié.

Le festival, Les Rencontres de Cambremer, a lieu sur deux jours, il est libre d’accès (il faut juste s’acquitter de 4 euros par voiture à son arrivée et on vous donne alors un verre qui vous permettra de déguster les boissons présentes sur de nombreux stands). Il est un lieu de promotion, de découverte, de pédagogie des AOC/AOP et de rencontres avec les producteurs (vous pouvez bien entendu acheter des produits, il y a même des enfants avec des brouettes qui vous portent le tout jusqu’à votre voiture si vous êtes chargé). Le festival est aussi le cadre de réflexions autour de la notion d’origine de produits alimentaires (avec des conférences).

 

 

C’est un festival qui est à taille humaine, on accède facilement aux différents stands présents et au fil de la journée, on a le temps de connaitre les 14 produits reconnus en AOC ou AOP en Normandie (le Calvados, le Calvados Pays d’Auge, le Calvados Domfrontais, le Pommeau de Normandie, le Cidre Cotentin, le Cidre Pays d’Auge, le Poiré Domfront, les Prés-salés du Mont-Saint-Michel, le Camembert de Normandie, le Livarot, le Pont-l’évêque, le Neufchâtel, le beurre et la crème d’Isigny) ainsi que les produits en AOC et AOP d’autres régions de France.

Si on vous dit Normandie, à part Stone Charden, vous pensez aux fromages ? Ici il est partout : servi au restaurant Au P’tit Normand en entrée dans une tarte feuilletée à l’andouillette, dans les burgers, au cœur d’un concours de créations d’étiquettes pour une boîte de fromage, dans les ateliers enfant (ils peuvent apprendre comment on fabrique du camembert de Normandie, les 5 sens de la dégustation ou les accords du Comté par exemple).

Gérard Petit, fromager MOF passionné et passionnant, animait un atelier du Goût autour des accords entre le Pont-l’évêque (doux et crémeux en début d’affinage, plus intense en fin d’affinage; c’est la couleur de sa croûte qui permet d’en juger : plus il est orangé, plus son goût est prononcé), le cidre et le pommeau.
Après avoir fait macérer le Pont-l’évêque pendant 1h15 dans du pommeau et du cidre doux et l’avoir « roulé » dans des chips de pomme croustillantes, place à la dégustation. Une des choses que j’ai apprises lors de ce week-end est que certains fromages se marient très bien avec le cidre.

Pour qu’on puisse parler d’AOP, il faut que 50% des vaches qui produisent le lait soient de race normande et que 80% de leur alimentation soit produite sur l’exploitation. Les vaches doivent également pâturer au moins 6 mois au sein de la ferme.

Minute conso : attention quand vous faites vos courses en supermarché, de nombreux industriels utilisent pour le camembert l’appellation « fabriqué en normandie » et font passer un produit industriel pour un produit du terroir.

Périco LEGASSE (interview du Figaro datant 21 janvier 2017)– Le camembert «fabriqué en Normandie» est un leurre grossier et sa non-interdiction est en train de virer au scandale alimentaire. Comme le dit la loi, le seul camembert à avoir le droit d’user du terme Normandie est le «camembert de Normandie» dont l’appellation d’origine protégée (AOP) certifie qu’il s’agit d’un fromage normand élaboré avec du lait provenant de Normandie, c’est-à-dire de vaches élevées et nourries sur des pâturages de la région normande. À l’inverse, le camembert «fabriqué en Normandie» n’est soumis à aucune norme, aucune règle, puisque cette mention interdite par la loi signifie seulement que le fromage a été fabriqué dans une usine située dans le département du Calvados ou de la Manche, mais en aucun cas que le lait utilisé provient de ce territoire. Ce subterfuge a pour but de faire croire au consommateur qu’il achète un fromage normand, ce qui est faux car le lait utilisé pour le fabriquer peut provenir de n’importe quelle région du monde. On peut en effet fabriquer du camembert générique avec du lait importé de Pologne, de Roumanie ou du Brésil.

Bref pour faire court, on prend une fois de plus les consommateurs pour des couillons mais vous, en tant que consommateurs, vous avez le pouvoir de choisir un camembert DE Normandie avec l’étiquette AOC/AOP bien visible sur la boîte.

 

Tout le monde dit cheese aux @les_rencontres_de_cambremer

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De tous les fromages AOC/AOP normands, mon préféré est le NeufChâtel (d’ailleurs si vous savez où je peux en trouver du bon à Lyon, je suis preneuse).

Le Portugal, invité 2017 des Rencontres de Cambremer

A chaque édition, les Rencontres de Cambremer accueillent un invité (région ou pays) et cette année, il s’agissait du Portugal et plus particulièrement le centre du Portugal. Ana Soeiro, directrice de Qualifica, qui est une association de producteurs de produits AOP et IGP portugais, a montré lors de son intervention, les richesses de son pays et a présenté les produits IGP en préparation. C’était passionnant et cela donnait vraiment envie de partir en voyage au Portugal.

Étaient donc présents sur plusieurs stands les produits du Portugal suivants :
-le Queijo (fromage) da Beira Baixa AOP, un fromage cylindrique à pâte molle et à croûte fine qui se décline en trois goûts
-le fromage Serrada da Estrela  AOP, un fromage au lait cru de brebis à pâte onctueuse
-l’huile d’olive de Beira AOP à la saveur fruitée et dont il ne restait plus une seule bouteille le samedi soir
-le vin blanc et le vin rouge de la région du Centre Quinta Dos Platanos, appelation de Alenquer
-les Ovos de Aveiro IGP, littéralement les oeufs mous d’Aveiro, une douceur d’origine monastique dont la production remonte à plusieurs siècles.

Un des ateliers de cuisine était d’ailleurs consacré à cette confiserie dont l’extérieur aux motifs marins fait penser à de l’hostie et qui n’est composé que d’oeufs et de sirop de sucre (et de beaucoup de savoir faire).

J’ai aussi eu l’occasion de présenter ces ovos moles de Aveiro dans un dessert imaginé par Rémy Subileau, chef au Café Forges (situé à Beuvron-en-Auge).  Je l’ai assisté lors d’un atelier où nous avons dressé un dessert mariant influences normandes et influences portugaises, à savoir une quenelle de mousse de teurgoule (la teurgoule étant un riz au lait cuit au four et un incontournable normand) servie avec des suprêmes de clémentine et un « topping » mixant noix concassées et biscuits ovos moles de Aveiro. Pas le temps d’être aux fourneaux et derrière l’appareil photo pour vous montrer le résultat mais j’ai pu en goûter une bouchée et c’était délicieux !

Mangez des pommes

Impossible d’aller en Normandie sans boire au moins du cidre mais pas n’importe lequel s’il vous plait : le cidre pays d’Auge AOP ou le cidre Cotentin AOP. J’en ai goûté dès le premier soir à Cambremer ainsi que du Poiré Domfront dont j’ai ramené une bouteille. En Normandie, d’après ce que j’ai saisi, le poiré est servi pour les fêtes comme du champagne.

Lors des visites des Caves Huet, j’en ai appris plus sur le processus de fabrication du cidre : les pommes sont ramassées à la machine (une machine avec balai) une fois au sol, elles sont lavées puis triées à la main, les pommes sont ensuite broyées, elles macèrent avant de passer au pressoir. On obtient alors du moût de pommes qui deviendra soit du jus de pomme, soit du cidre, soit du pommeau, soit du calvados.

Le pommeau est un alcool relativement récent, il est peu alcoolisé et personnellement je préfère cela au calvados. Le vieillissement, dans les deux cas, se fait dans des fûts en bois. C’est ce dernier qui apporte une coloration au calvados. Contrairement à du vin, le vieillissement s’arrête dès que le calvados est mis en bouteille.

 

La distillation du calvados AOC aux caves Huet, s’effectue dans deux alambics (un alambic à simple distillation et un alambic à double distillation). Le processus complet dure 18h …inutile de vous faire un dessin quant à la différence avec un produit industriel.

Autre taille d’exploitation, autres méthodes de travail (j’en retiens tout de même un travail très physique, si le propriétaire est un ancien prof de sport ce n’est pas un hasard !) avec la ferme du bout du chemin de Luc et Nicole Bignon qui produit 20 000 bouteilles de cidre vendues sur place.

 On va voir les vaches ?

Mon week-end normand s’est terminé par la visite du Manoir de Grandouet, propriété de Stéphane et Lucile Grandval. Stéphane Grandval est à la fois producteur cidricole et laitier, il est très impliqué dans les Rencontres de Cambremer et dans la défense de la qualité des produits de la région.

l’instant « mais que c’est mignon ! »

Stéphane Grandval a installé un séchoir en grange de manière à ce que le foin reste humide . Il y ajoute de la luzerne indispensable à la mastication. Dans sa ferme, il n’y a pas d’ensilage de maïs, ce qui permet à la fois une autonomie alimentaire, l’élimination du risque de listeria et une meilleure qualité du lait.

 

une façon fort agréable de se quitter : )

Et vous, les produits AOC/AOP de la Normandie vous les connaissez ?

Un grand merci à Elsa pour l’invitation et pour son énergie, à l’agence Michèle Frêné Conseil, aux producteurs pour leur accueil et un petit coucou à tous mes camarades (Christelle de Cuisine de tous les jours, Muriel de Cooking Mumu, Anne-Laure de Chez Anne-Laure T, Sandra de Cuisine Addict, Létitia de Piment Oiseau, Sylvain de Un peu Gay dans les coings et Virginie de Plus on est de food Plus on rit), lors de ce week-end.

 Dans toutes les villes touristiques, il se passe le même phénomène : tous les touristes sont massés autour de l’attraction principale et dès qu’on s’en écarte, on se retrouve rapidement seul. Je me souviens de la place Saint Marc à Venise noire de monde (et ma trouille qu’un pigeon se pose sur moi alors qu’un gugus mettait ses bras en croix pour accueillir le plus de volatiles possibles sur lui … j’aime pas les pigeons) et quelques mètres plus loin, des rues étroites désertes le long des canaux. Etretat n’échappe pas à la règle, tout le monde file voir les falaises pourtant le village a un charme anglo-saxon mélangeant énormes demeures (je me demande immanquablement comment on arrive à chauffer ce genre de maisons dans une région -les Normands bouchez vous les oreilles – à priori pas mal humide), toits à chaumières, bow-windows (gros fantasme personnel un thé/un bouquin/ une bow window…appelez-moi mamie) et petits jardins très bien entretenus.

L’autre fil rouge d’Etretat c’est la figure du gentleman cambrioleur, mi-Don Juan mi-Robin des bois, Arsène Lupin (bon là je me la joue calée mais en vérité je n’ai pas lu un seul livre ou vu un seul film avec ce personnage de fiction). C’est d’ailleurs vers le clos Lupin la maison de son créateur, Maurice Leblanc, que j’ai commencé ma balade même si je suis restée à l’extérieur, préférant profiter du soleil.

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Etretat 11Etretat 12Etretat 16

Etretat 17Etretat 19Etretat 18etretat collage 5Prière de ne pas emprunter la porte de droite après avoir goûté une des spécialités normandes au Livarot

Le Détective hôtel joue à sa façon avec la légende locale. Ici point de numéro de chambre mais des noms de détectives célèbres comme Hercule Poirot ou Miss Marple, un décor sur le thème de l’enquête de l’entrée à la salle de réception en passant par la salle du petit déjeuner (très bonnes viennoiseries, yaourts maison) mais surtout des chambres avec des petites énigmes. Une fois installé, si vous ne trouvez pas la salle de bains ou la télé soit vous ravalez votre fierté et vous demandez de l’aide soit vous faites sans (le patron qui a imaginé des meubles-cachette sur mesure m’a raconté qu’un seul couple de clients s’était plaint de l’absence de salles de bain en partant )).

Comme la chambre donnait sur LA route principale d’Etretat, j’ai eu un peu peur que ce soit bruyant la nuit sauf qu’Etretat en pleine semaine en avril ce n’est pas le boulevard des Pyrénées (souvenir d’un été caniculaire à Paris où il fallait choisir entre crever de chaud ou supporter le bruit incessant des mobylettes), c’est très calme.

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hotel collage 3hotel détective 16petit déjeuner Etretat

Même calme au petit matin dans les rues où je n’avais pas eu le temps de flâner la veille, l’occasion de jeter un dernier oeil sur les allées privées, d’imaginer des vies derrière des portes entrouvertes avant de reprendre le chemin du retour.

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Aller à Etretat et ne pas parler des falaises, cela aurait quand même été un peu ballot..je vous montre ça la prochaine fois.

Detective Hôtel
6 avenue George V
Etretat

Dimanche dernier en fin d’après-midi je suis allée voir dans mon cinéma de quartier L’art de la fugue, adapté d’un roman de Stephen McCauley. Je me souvenais peu du livre, pas assez en tous cas  pour ne pas avoir envie de voir le film (vous avez des exemples d’adaptations plus réussies que l’original ? ), la présence au casting d’Agnès Jaoui et Benjamin Biolay était un argument suffisant et je venais de passer une grosse partie du week-end dans des tâches ménagères sans intérêt (pléonasme). Si j’ai trouvé horripilant le couple de parents étouffant leurs enfants et prenant leurs décisions à leur place, que Nicolas Bedos au cinéma ne ressemble à rien d’autre qu’à lui même, j’ai une fois de plus été convaincue par le jeu d’acteur de Laurent Lafitte, j’ai aimé le personnage de femme indépendante  jouée par Agnès Jaoui et l’idée -qui peut paraitre  simpliste mais qui confrontée à la réalité, ne l’est pas forcément – qu’il vaut mieux dans sa vie avoir des remords que des regrets.

Ce sentiment de fugue je l’ai ressenti en changeant d’air, en me baladant dans le quartier de la Villette après une visite en famille à la Cité des Enfants (sortie que je vous conseille d’ailleurs car cela est très interactif et que le tarif me parait à peu près décent en comparaison à bien des expositions et autres activités parisiennes). Le nez en l’air, je me suis faite abordée par un passant et j’ai quitté l’espace de deux secondes mon corps de femme transparente … rencontre anodine et éphémère (le temps que le gars en question s’aperçoive que je n’étais pas seule )) mais pas déplaisante.

Arcs de cercle sur diagonale Felice Varini #Paris #lavillette

Une photo publiée par Virginie (@chocoladdict69) le

J’ai fugué ensuite direction la Normandie sous un soleil insolent pour un mois d’Avril et qui plus est sans enfant (fait d’autant plus appréciable que les 360 jours restant de l’année, à quelques rares soirées près, mes chères têtes blondes font partie de mon quotidien). La fugue était courte mais revigorante, une escale express au Havre qui a balayé les idées que je pouvais avoir de cette ville, une poignée d’heures à Etretat (pas eu le temps de rencontrer mes copines normandes mais j’espère vraiment que la vie nous donnera d’autres occasions) dont je vous reparlerai bientôt, des voyages en train le nez collé à la vitre et l’esprit dans mes rêveries.

 

 

Voyage voyage #gare #station #unephotounechanson #travelling

 

Une photo publiée par Virginie (@chocoladdict69) le

Ma’, voilà comment je me déplace quand ce n’est pas à pied

Non rien #Etretat #sea #sun #travelling

Une photo publiée par Virginie (@chocoladdict69) le

Parfois je mini-fugue dans mon quartier…je quitte les miens (non je ne laisse pas les enfants seuls, pas d’inquiétude) pour observer un détail dans une rue et prendre une photo. Parfois cela me vaut des regards interrogateurs (moqueurs ?), parfois aussi des drôles de conversation comme celle avec cette dame d’un certain âge qui m’a abordé ce matin me parlant de la norme et des grains de folie nécessaires pour tenir debout ….et si la fugue était aussi au coin de la rue ? : )

Si tu vas à Giverny n’oublie pas ton parapluie. Boutade gratuite puisque le jour de ma balade, le ciel a été clément une grande partie de la journée et j’ai pu visiter le village sans imper ni bottes de pluie (désolée mais à Lyon, on en a finalement assez peu usage). Sûrement un gros coup de chance si j’en crois la luxuriance des jardins des maisons, des massifs de fleurs en bord de route et la verdure partout autour de soi. Vous noterez tout de même que la couleur du ciel sur mes photos vire au gris au fur et à mesure de la journée.

 Dans les pas de Claude Monet

Si vous avez envie de vous promener dans le village en apprenant son histoire et son patrimoine, vous trouverez à l’Office du tourisme un plan de la ville avec un sentier de découverte culturelle qui suit 20 panneaux du Hameau à l’ancien Hôtel Baudy, de l’Eglise aux moulins et lavoirs.

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Voilà le fantasme incarné de la maison d’écrivain dans mon esprit (je suis prête à parier qu’il y a une cheminée dans le salon !)

giverny village 49giverny village 50giverny village 52giverny village 53giverny collageL’ancien Hôtel Baudy était un lieu fréquenté par de nombreux artistes dont Cézanne, Renoir, Rodin entre autres du temps de Monet. Il a conservé son décor 1900 et les visiteurs peuvent déjeuner ou boire un verre mais aussi visiter le parc, la roseraie et l’atelier d’artiste situés derrière le restaurant (il pleuvait à ce moment là, je ne me suis donc pas arrêtée). 

giverny village 60Quand j’ai vu ce cottage, j’ai pensé au film The Holidays. De là à penser qu’un charmant et éploré veuf anglais (à consoler donc), sosie de Jude Law, pourrait frapper à cette porte, il n’y a qu’un pas à franchir : )

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Le musée des impressionnistes

 La première image qu’il me restera du musée des impressionnistes, avant même son exposition temporaire consacrée alors à L’Impressionnisme & les Américains (et présente jusqu’au 29 juin), c’est bien entendu ses jardins (conçus par le paysagiste Mark Rudkin). Ils sont formés de carrés symétriques où se succèdent couleurs chaudes et couleurs froides comme autant de tableaux à savourer avant même de rentrer dans le musée.

J’avais pris un billet groupé avec la fondation Claude Monet et après avoir passé un temps fou dans la boutique du musée (entre biographies de Claude Monet, livres de cuisine normande, jolis mugs, beaux livres et sachets de thé dans des emballages très anglais, difficile de ne pas passer à la caisse), j’ai fait la connaissance des peintres américains associés à l’Impressionnisme avec des œuvres peintes aussi bien en France qu’en Amérique ( Mary Casset, John Singer Sarget, Theodore Robinson, Childe Hassam…). Si j’ai reconnu certains tableaux, j’avoue que j’aurais eu zéro pointé quant à leurs auteurs.

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La série de billets consacrés à Giverny s’achève ici, cette échappée m’a donné envie de revenir en Normandie pour découvrir d’autres coins …avec ou sans parapluie.

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