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A l’occasion du dernier Festival Lyon BD, était distribué un numéro spécial Le Bouchon déchaîné consacré en grande partie à la bande dessinée comme média du réel avec plusieurs articles que j’ai trouvé très intéressants. La situation politique à Jérusalem avec Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle, la science vulgarisée par Marion Montaigne avec l’excellente série Tu mourras moins bête (si vous avez un moment jetez un oeil à une des vidéos comme Pourquoi les ados sont-ils si mous ?  sujet susceptible de me concerner prochainement, mon fils rentrant au collège en septembre ), les figures du féminisme, la jungle de Calais ou les élections présidentielles, la bande dessinée explore depuis quelques années de nouveaux terrains de jeu, sortant de la fiction et touchant probablement de nouveaux lecteurs qui n’auraient pas lu de BD avant.

Cela ne marche pas à tous les coups, le piège du propos trop didactique n’est jamais très loin et on peut vite s’ennuyer (je pense à quelques bios qui, pour moi, auraient été beaucoup plus passionnantes et puissantes en « roman » qu’en BD) mais lorsque l’auteur sait y distiller de l’humour et un sens aigu de l’observation, cela peut s’avérer au contraire très percutant comme le souligne Lisa Mandel :

« Montrer c’est toujours plus efficace qu’expliquer. »

 

« La BD, ça oblige à la synthèse. »

Peut être aussi que cela fait mouche chez des personnes qui lisent peu d’essais (ce qui est mon cas…il semblerait que sociologiquement les hommes lisent plus d’essais et les femmes plus de romans).

Toujours est-il que Lisa Mandel et Yasmine Bouagga ont imaginé une collection Sociorama chez Casterman, collection qui présente des thèses en BD et dont les deux derniers titres sont Les nouvelles de la Jungle et Prézizidentielle.

Les nouvelles de la jungle est un reportage de longue durée (par rapport à un papier d’un journaliste sur le sujet). Lisa Mandel (la dessinatrice) et Yasmine Bouagga (la sociologue) sont en effet parties sur le terrain pendant 1 an, ce qui leur a permis de tisser des liens avec les personnes qu’elles ont côtoyé et d’avoir une analyse tout en nuances sans misérabilisme ni angélisme sur cette fameuse jungle de Calais.

Personnellement j’ai appris plein de choses dans Les nouvelles de la jungle, j’ai ri plusieurs fois alors que la situation de bien des personnes là-bas n’a rien de drôle et j’ai été admirative du travail des associations sur place qui tentent d’améliorer le quotidien de milliers de femmes, d’hommes, d’enfants qui fuient la guerre (non on ne paie pas des fortunes, on ne risque pas sa peau juste parce qu’on pense que l’herbe est plus verte ailleurs).

Depuis des années, j’ai tendance à penser que les petites et grandes améliorations dans notre société et notre environnement passeront par des associations et par des actes citoyens individuels et non par les politiques et lorsqu’on voit ici comme des hommes politiques au préfet, on se passe le bébé sans jamais vraiment vouloir affronter le problème (si ce n’est « il faut raser la jungle », ok mais on fait quoi des gens ?), cela me conforte dans cette idée.

 

Le titre PréZiZidentielle montre les élections présidentielles vues par deux classes (CE1 et CM2) d’une école primaire de Seine Saint-Denis. En dehors de la perspicacité des enfants quant au vainqueur des élections, on note une manière bien à eux de vivre ce moment, assez décalée. A plusieurs reprises, Julie Pagis, sociologue en CNRS, qui a discuté avec les élèves de mars à mai 2017 revient sur leurs propos en proposant une grille d’analyse sociologique. Cela m’a rappelé pourquoi j’aimais tant les sciences sociales lorsque j’étais étudiante.

Et vous, avez vous déjà des bandes dessinées qui se confrontent au réel ? des titres à conseiller ?

Vous avez passé un bon week-end ? J’avais envie de me lancer dans un fraisier et cela s’est terminé par une mousse au chocolat (#cherchezlerreur), j’ai bien avancé la saison 2 de The Affair et après avoir été assez embrouillée par la construction des premiers épisodes, j’ai maintenant du mal à décrocher. J’ai aussi vu un documentaire qui sortira en salle le 5 juillet prochain intitulé A la recherche des femmes chefs. Si celles ci sont de manière générale, peu médiatisées et peu mises en avant (car probablement moins enclines à faire parler d’elles), elles sont très nombreuses en cuisine et à travers le monde, comme le montre ce documentaire. La séquence consacrée à Anne-Sophie Pic m’a terriblement donné envie d’aller dîner chez elle (bon va falloir économiser) mais j’aurais aimé qu’on voit un peu plus de femmes chefs pâtissières.

Je n’aime pas me la jouer « c’était mieux avant », n’empêche que Roland-Garros c’était quand même vachement mieux quand c’était Agassi, Brugera, Felder, Edberg, Curtain, Chang non ? A l’époque je ne manquais pas un match. Là j’ai tenté de regarder la finale et j’ai trouvé cela tellement ennuyeux.

A part cela, cette semaine j’ai découvert :

La vitrine gourmande de La Fabriq

La particularité de la boutique de créateurs La Fabriq ? 5 fois par an la vitrine est entièrement décorée sur un thème précis (et tout est « fait maison »). Très récemment, elle s’est mise au diapason estivale avec des glaces en veux-tu en voilà …et forcément cela plait à la gourmande que je suis. Vous avez vu les jolies petites broches en forme de glace ? Il y a plein d’autres dans la boutique (gros penchant pour la pastèque et la fraise) et à un prix que je trouve très raisonnable. Bref si vous aimez autant les bijoux fantaisie que moi, si vous cherchez une idée de cadeau original sans vous ruiner, je trouve que c’est une chouette adresse située montée de la Grande-Côte ! (et je viens de découvrir en regardant leur site, que des ateliers sont organisés les samedis matins, celui pour fabriquer un bracelet manchette m’aurait bien plu ).

 

 

Baguette à bicyclette

Parmi les plaisirs du week-end, en pole position se trouve celui de pouvoir prendre tout mon temps pour petit déjeuner tranquillement et sur la terrasse (encore à l’ombre et au frais le matin). Cerise sur le gâteau, Baguette à Bicyclette, une start-up lyonnaise qui existe depuis 3 mois, est venue me livrer pain et viennoiseries* à domicile.

Le fonctionnement est très simple : il suffit de se connecter au site Baguette à Bicyclette, de passer sa commande (pain frais et viennoiseries issus d’artisans boulangers lyonnais) sans minimum de commande et choisir le créneau horaire qui vous convient et ensuite vous êtes livrés chez vous à bicyclette. La livraison s’effectue 7j/7 de 6h45 à 9h en semaine et jusqu’à 10h le dimanche dans Lyon et à Villeurbanne. Le paiement se fait à la livraison.

J’ai testé ce service ce week-end mais c’est peut-être plus pertinent en semaine quand on n’a pas vraiment le temps de courir jusqu’à la boulangerie la meilleure de son quartier (qui n’est pas forcément celle qui est la plus proche de chez soi) et qu’on a envie de pain frais (oui on peut congeler le pain mais pour moi, rien ne vaut du pain frais).

 

Lyon BD festival et quelques auteurs chouchou pour vous mettre à la BD

Ce week-end Lyon BD festival avait investi l’Hôtel de Ville (l’occasion aussi de voir ses beaux salons) et la place des Terreaux pour un programme riche d’expositions, de conférences, de dédicaces et d’animations pour les enfants. Je ne suis pas une grande lectrice de bande dessinées mais je suis assez friande des festivals littéraires et je me sens bien entourée de livres.
Enfant, je ne lisais pas beaucoup de bd, j’y suis venue très tard, lorsque je bossais en lecture publique à la médiathèque du Bachut à Lyon. J’avais, à l’époque, un collègue (Pascal, si tu me lis )) qui savait communiquer avec passion sur le sujet et qui avait, en plus , assez vite cerné mes goûts plutôt restrictifs.

 

 

Si vous n’avez jamais lu de BD mais que vous êtes curieux ou que vous avez envie de vous y mettre, voici quelques auteurs que je vous conseillerais :

-Mathieu Sapin, il était présent à Lyon BD festival pour son dernier livre « Gérard, cinq années dans les pattes de Depardieu » (je vous le conseille vivement , que vous aimiez ou pas l’acteur )

– Manu Larcenet avec les séries Le Combat ordinaire, Retour à la terre, Nic Oumouk, Pedro le Coati (c’est plutôt rare d’avoir des fous rires en lisant un bouquin  non? j’ai le souvenir des gros fous rires avec Larcenet)

-Riad Sattouf dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler pour l’excellente série L’Arabe du futur mais de lui j’aime aussi Les cahiers d’Esther, Retour au collège (spécial dédicace à celles qui étaient aussi nulles que moi en sport), Pascal Brutal, No sex in New York, les pauvres aventures de Jérémie, Manuel du puceau, Ma circoncision

-Lewis Trondheim  était aussi présent à Lyon BD festival. Il est très prolixe mais de lui j’ai lu et aimé la série Lapinou, Les petits rien et Capharnaüm

-Guillaume Long, un auteur lyonnais qui n’a pas son pareil pour vous mettre l’eau à la bouche avec sa série A boire à manger (je me suis fait violence pour ne pas repartir avec le tome 3)

-Guy Delisle , je vous ai parlé sur le blog de S’enfuir, récit d’un otage mais je vous conseille aussi Chroniques de Jérusalem, Le guide du mauvais père (et j’aimerais lire ses Chroniques birmanes)

– Jirô Taniguchi, disparu récemment et dont j’ai beaucoup aimé Le journal de mon père

Très masculin cette liste, non ?

Alors j’ajouterais :

-Les bandes dessinées de Pénélope Bagieu (pas encore lu Les culottées mais j’ai lu tous ses autres titres) et je lui envie tellement ses récits de voyage en dessins

Leslie Plée que j’avais découverte avec Moi vivante, vous n’aurez jamais de pause (le titre qui vous convaincra d’aller plutôt dans les petites librairies ) et je la suis sur Facebook avec des dessins toujours drôles (et pas gnangan culcul) sur son expérience de jeune maman

-Marion Montaigne (Tu mourras moins bête; La vie des très bêtes) qui n’a pas son pareil pour vulgariser la science et rendre compréhensible celle-ci même si, comme moi, vous avez un « profil » littéraire

Il se peut aussi que je vous reparle très vite de Lisa Mandel   qui dirige une série sociologique chez Casterman et dont Les nouvelles de la jungle entre autres me semblent très intéressantes.

Sur ce, je vous souhaite une belle semaine !

 

*produit offert

Vous aussi quand vous prenez du bon temps, vous tentez de repousser le moment où cela va se terminer ? Un peu comme lorsqu’on est avec quelqu’un qu’on n’a pas envie de quitter, je me suis interdite de lire le troisième tome de L’arabe du futur en un seul soir. J’ai reposé le livre à mi chemin alors même que Riad Sattouf a un réel talent pour clore ses chapitres à la manière d’une bonne série c’est à dire avec tous les ingrédients qui donnent envie de connaitre la suite.

Et la suite je l’attendais avec impatience après avoir lu les deux premiers volets de cette saga de la jeunesse de l’auteur au Moyen Orient (la question qui tue : peut on lire le tome 3 si on n’a pas lu les tomes précédents, 1 et 2 ? oui sans doute dans la mesure où ce tome est compréhensible à lui seul mais ce serait dommage de se priver de ce sentiment bien particulier, celui d’avoir l’impression de « retrouver quelqu’un dont on attendait des nouvelles depuis longtemps »).

Contrairement à ce que laisse supposer le titre de ce billet, je n’avais pas trop de doute quand à la qualité de ce tome 3 qui raconte, avec toujours autant de détails olfactifs et sensoriels, les années 1985 à 1987. Je craignais par contre d’avoir moins d’effet de surprise après avoir vu l’émission La grande librairie ( la seule émission littéraire à la télé aujourd’hui, no comment) avec Riad Sattouf, un peu comme lorsque tous les moments forts d’un film se trouve dans la bande annonce.

Mettons un terme à ce suspense insoutenable : ce nouveau volet de l‘Arabe du futur est aussi bon que les autres. Qu’il parle de l’école, de la petite souris et de Noël, du Ramadan, qu’il soit dans ce petit village de Syrie où habite alors sa famille ou en Bretagne pour la fin de grossesse et pour l’accouchement de sa mère, Riad Sattouf nous plonge dans son quotidien avec un sens du détail qui laisse songeur (de quoi se souvient il exactement tant d’années après ?) et avec un humour qui fait mouche. Je ne me lasse pas de sa façon de représenter ses personnages la bouche toujours en avant, de leur expressivité et de ses annotations en dehors même des bulles. Et puis mine de rien, chaque volet donne des clefs au lecteur quant à la compréhension du monde d’aujourd’hui.

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Dans ce troisième volet de l’arabe du futur, Riad Sattouf aborde aussi l’épisode de sa circoncision, sujet auquel il a consacré un album il y a quelques années et que je vous conseille de lire.

Si le portrait du père s’étoffe de volet en volet, la figure de la mère est plus en creux. On devine, à travers le regard lucide du jeune garçon, qu’elle n’est pas heureuse, perdue au milieu de nulle part en Syrie (elle occupe son temps avec des puzzles) et on finit par se demander si le couple va tenir ainsi longtemps.

Encore une fois l’auteur s’avère un formidable narrateur à qui on a envie de réclamer la suite de histoire !

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L’une aime dessiner, l’autre lit des bandes dessinées, 100% BD d’Aymeric Jeanson, Rémi Chaurant et de Vincent Caut aux éditions Bayard, un livre proposant 30 activités aux enfants pour créer sa propre bande dessinée, était fait pour leur plaire. En plus ils ont reconnu le dessin de certains personnages croqués par les auteurs (que l’on retrouve il me semble dans la revue Astrapi).

Étape par étape, 100 % BD accompagne l’enfant en posant les questions essentielles et on lui donnant plein de pistes d’inspiration : que veux tu raconter ? avec quels personnages ? qui est ton héros ? dans quel décor ?  sur quel ton et quel format ?

Parallèlement à des conseils très pratiques, 100% BD revient sur les règles du dessin et de la bande dessinée : les différents genres et les différents styles de dessin, la perspective, le strip, le gaufrier, les catégories de texte, le crayonné, l’encrage, le lettrage, les éléments indispensables à la page de titre, le dos de la BD. C’est très complet tout étant ludique (et je me dis que cela peut très bien guider une personne même adulte qui aurait envie de se lancer ).

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Une fois ces bases pour créer le contenu posées, il est temps de prendre son crayon et de passer aux exercices pratiques (avec une progression dans la difficulté ) :

  • compléter des dessins de personnages statiques puis en mouvement
  • savoir dessiner un corps et connaitre les codes du mouvement
  • travailler les expressions du visage
  • créer un héros
  • compléter le décor de bulle

Les enfants ont déjà suivi quelques activités (une seule page prend un certain temps si on veut le faire avec application et en suivant les conseils) mais il leur reste encore plein de choses à découvrir et ouvrir 100%BD  est devenu un rdv quotidien de l’été.

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En bonus, on trouve dans 100% BD un gaufrier pour dessiner des cases, des pochoirs pour dessiner des bulles, des autocollants et un bandeau pour personnaliser sa BD. Bref tout ce qu’il faut pour stimuler la créativité des enfants !

 

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J’ai eu beau tourner les mots dans ma tête, je n’ai trouvé d’autre titre -pas accrocheur je le concède- que Mes lectures de Mars pour parler du livre de poche, du thriller psychologique, de la bande dessinée délirante et de la love story émouvante et drôle que j’ai lus ce dernier mois.

Dans le jardin de l’ogre

Je me demande si les auteurs ont leur mot à dire quant au bandeau que les maisons d’édition apposent sur leur livre. Probablement que non (saviez vous que la plupart des réalisateurs en France n’ont pas de droit de regard sur la bande annonce de leur film ? quand on voit comme, pour certaines, tout est dévoilé c’est plus que rageant).

Toujours est il que l’histoire de cette femme,  Dans le jardin de l’ogre, qui a besoin d’être désirée perpétuellement et qui passe de bras en bras sans avoir jamais de plaisir (je me suis d’ailleurs demandée si cela faisait partie de la définition de ce qu’on appelle la nymphomanie car dans le film de Lars Von Trier avec Charlotte  Gainsbourg, l’héroïne ne ressent également rien mais apparemment non) jusqu’au jour où son mari découvre sa vie parallèle, n’a pas fait monter ma température corporelle d’un seul degré : ). Et j’ai eu du mal avec son absence totale d’affect.

La fin d’une imposture

 De Kate O’ Riordan, j’avais gardé un très bon souvenir de lecture d’Un autre amour et du garçon dans la lune et puis je crois que le fait qu’un auteur soit irlandais a toujours été pour moi un argument à part entière.

La fin d’une imposture nous plonge dans le drame d’une famille (c’est rarement gai chez Kate) dont le fils aîné s’est noyé en Thaïlande dans des circonstances qui restent assez mystérieuses.  Sa sœur Maddie se lie alors avec une bande de filles particulièrement violente et plonge dans la dépression. Le couple de parents lui même se délite totalement quand Jed débarque dans leur vie. Vu dans un premier temps comme un sauveur (Maddie s’attache vite à lui), il apparait rapidement qu’il est loin d’être un jeune homme bien sous tous rapports.  Trop tard il s’est installé dans la famille et il a bien l’intention d’aller jusqu’au bout de son projet.

Dans la première partie du roman, j’ai trouvé le tableau un peu chargé. Quand le livre vire au thriller psychologique, je me suis demandée comment les choses allaient tourner et je me suis plus ou moins laissée entrainer par les rebondissements mais j’ai toujours eu cette impression de « too much ». Pour moi, La fin d’une imposture est moins réussie que les derniers livres de Kate O’Riordan (peut être parce qu’il ne se passe pas en Irlande) mais il a eu de très bonnes critiques .

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 Le Grand Méchant Renard

Je ne lis pas que des livres plombant, preuve en est avec la bande dessinée Le Grand Méchant Renard qui est vraiment très très drôle. Il est question d’un renard chétif (et qui n’effraie même pas un oisillon) qui kidnappe des œufs dans un poulailler et les couve avec l’idée, soufflée par le loup, de les dévorer une fois que les poussins seront bien dodus. Problème : le renard s’attache à son futur probable repas, ce qui donne lieu à des situations vraiment cocasses et bien trouvées. Pendant ce temps là, dans le poulailler c’est l’effervescence : le chien de garde est rétrogradé, les poules montent un club de self défense.

Du même auteur, Benjamin Renner, je vous conseille Un bébé à livrer qui m’avait peut être encore fait plus rire (l’histoire est celle de trois animaux pas très intelligents qui doivent livrer un bébé à leurs parents et vivent mille et une péripéties)

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Et les regrets aussi

 J’ai gardé le meilleur pour la fin parce qu Et les regrets aussi est mon dernier coup de cœur lecture. Parmi les citations que j’ai pu lire à son propos, « Love Story à l’envers » est la plus juste.  Jérémie mène une vie plutôt tranquille et confortable à New York, il est cabinet d’avocat mais en dehors de ses heures de travail, écrit des poèmes. Son train train est bouleversé par l’arrivée d’une jeune femme, pas parfaite du tout mais au charme irrésistible dans sa vie et par une grosseur inquiétante au niveau de l’aine.

L’une comme l’autre vont désormais occuper son esprit, balayer ses certitudes et lui faire revoir totalement ses priorités.

D’abord j’ai beaucoup aimé la façon dont les deux personnages se tournent autour, chacun étant attiré par l’autre mais tous deux persuadés que cela n’est pas réciproque. J’ai aimé aussi la construction même du roman qui alterne leurs deux points de vue et par dessus tout le style de Seth Greenland qui mêle avec talent humour et tendresse.

Au delà de l’histoire d’amour (très réussie), le roman est une réflexion sur les choix qu’on fait dans la vie et sur les regrets aussi.

La maison des regrets possède de nombreuses portes. Parfois nous avons conscience d’avoir pris une mauvaise décision, mais ce n’est pas bien grave et la vie continue, de la même manière que si une autre option avait été choisie. Et puis il y a les immenses regrets, ceux qui nous font penser : si je n’avais pas fait ce choix, ma vie serait radicalement différente (comprenez : radicalement meilleure). Isabel appartenait à cette dernière catégorie : un gouffre, un grand Canyon, un trou noir de regrets.

J’ai aussi lu  le premier tome de Vernon Subutex  de Virginie Despentes (je vous en reparlerai quand j’aurai attaqué et fini le second tome) et je viens de commencer La petite femelle de Philippe Jaenada (qui devrait m’occuper un petit moment avec ses 700 pages !)

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Le mois de janvier ce n’est pas que le sentiment de semaines interminables, le gris sur le gris et les fameux coups de blues qui m’envahissent sans que j’arrive à les tenir à l’écart, c’est aussi la sortie des Cahiers d’Esther, histoires de mes 10 ans de Riad Sattouf.

Bien entendu on est dans une veine bien différente de celle de L’Arabe du futur (que je vous conseille vivement si vous ne l’avez pas encore lu) mais on retrouve l’humour et le sens aigu de l’observation de l’auteur.

J’avais remis les pieds à l’école une première fois avec Riad Sattouf avec sa bande dessinée Retour au collège (mention spéciale aux planches consacrées aux cours de gym, j’avais l’impression en les lisant qu’il parlait de moi !) et j’ai pris autant de plaisir à le suivre en primaire à travers les yeux d’une petite fille de 10 ans.

Visiblement la jeunesse est un thème qui inspire beaucoup l’auteur (il a aussi écrit La vie rêvée des jeunes à partir d’observations quotidiennes) aussi quand un soir un couple d’amis est venu dîner chez lui avec leur fille de 10 ans et qu’elle s’est mise à lui raconter des histoires sur la cour de récréation, ses groupes de musique préférés, ses amis, une petite lumière a clignoté dans sa tête. L’auteur raconte qu’il a, par la suite, vu Esther régulièrement (ou qu’il lui a téléphoné) et que les histoires qu’il raconte sont donc inspirées de faits réels.

Si certaines me font peur concernant mes propres enfants et ce qu’ils peuvent être amenés à vivre, j’ai beaucoup ri. J’ai ri du regard d’Esther sur sa maîtresse qu’elle dépeint invariablement comme la personne la plus moche sur terre (non non toutes les maitresses ne sont pas comme ça j’en connais de très jolies parmi mes amies et mes proches mais bon on a tous au moins un nom en tête )), du regard sur son frère et sur les garçons qu’elle trouve très bêtes (excepté son père ) (on s’accordera tous pour dire que les filles, à cet âge là, sont globalement plus matures), j’ai ri -jaune- de ses rêves (devenir chanteuse et avoir un iphone 6 !), j’ai ri à cause de cette façon bien à lui qu’a l’auteur de dessiner les expressions du visage des personnages, j’ai ri parce que j’ai vécu avec mon fils (qui a quasiment la même chose qu’Esther) certaines situations.

A chaque page et quelle que soit le thème abordé (de Kendji Girac aux amitiés de vacances en passant par la violence à l’école), on retrouve le talent de mise en scène de l’auteur pour nous plonger dans une tranche de vie avec humour et finesse.

C’est bien simple j’aimerais pouvoir m’offrir ma dose quotidienne de rire en ouvrant une bande dessinée de Riad Sattouf tous les soirs. Il faudra que je patiente un peu même si une suite est prévue (youpi !) puisque l’auteur a le projet de suivre Esther jusqu’à ses 18 ans (soit 8 albums ).

Prochain rdv avec l’auteur, juin 2016 pour le tome 3 de L’Arabe du Futur.

 

 

 

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