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Ne faites surtout pas le chien

A J-des cacahouètes, je me suis enfin décidée à pousser la porte d’un cabinet de sage-femme pour suivre in extremis quelques cours de préparation à l’accouchement.

Je n’avais pas un souvenir impérissable de ma première fois en la matière : j’avais passé des heures à apprendre les différentes façons de respirer pour tout oublier sous le coup de la douleur le moment venu; la sage-femme m’avait seriné séance après séance à propos de mon non-allaitement « comment , je ne voulais pas ce qui était le mieux pour mon bébé? » et elle avait un discours sur la péridurale que je trouvais légèrement dépassée. Cela dit, c’était plutôt marrant cette assemblée de ventres énormes…avec certaines, j’étais même allée boire un verre une ou deux fois…non alcoolisé bien-sûr.

Cette fois, j’avais envie d’une préparation un peu moins traditionnelle…pour tout dire, je me voyais bien trempouiller dans une piscine et oublier une ou deux fois par semaine le poids du locataire. Mais comme je suis une fille très mal organisée, sans voiture, avec déjà un enfant sur les bras, pas motivée pour faire une heure de transport en commun minimum pour me rendre à la piscine la plus proche proposant ce genre de cours, le temps a passé et j’ai laissé tomber.

Et puis je suis tombée sur un livre « Se préparer à l’accouchement » et précisément sur un passage que je suis trop flemmarde pour citer en intégralité mais pour résumer l’auteur t’explique que si tu respires mal parce que tu as trop mal ou parce que tu es soulagée par la péridurale, tu n’offres pas assez d’oxygène à ton bébé. Or, ajoute-t-elle, cette oxygénation est déterminante pour la santé de son cerveau !

Est-ce pour cela que le chérubin a marché très tard? qu’il ne connaît pas ses couleurs? qu’il n’est pas trilingue à 3 ans? me suis-je alors demandée…non sérieusement t’as pas l’impression Francine que ce genre de propos est légèrement flippant?

Voilà comment je me suis retrouvée à faire la danse du ventre sur un gros ballon, à dessiner à quatre pattes des étoiles avec mes hanches, à réviser la poussée en expiration forcée (pas bien) et la poussée en expiration bloquée (bien) ou à me servir d’une galette pour préserver mon périnée….j’ai même des exos à répéter à la maison pour que cela devienne un réflexe dans le feu de l’action..on y croit, on y croit….

Et vous, chochotte comme moi face à la douleur ou plutôt résistant(e) ?

La valise de maternité revisitée

A S-5 de ma date supposée d’accouchement, je me suis dit qu’il était temps de me pencher sur la fameuse valise de maternité, celle qui attend au pied du lit ou dans l’entrée et que le futur papa saisira tranquillement ou fébrilement selon son caractère, quand pliée en deux pour les contractions, vous lui confirmerez que non vous n’êtes pas en train d’imiter sa vieille tante en proie à des coliques  mais qu’il est temps de filer à l’hôpital.

Je ne reviendrai pas en détail sur les indispensables que tu trouveras sur n’importe quel site consacré aux futures mamans. Ce qui m’a un peu surprise dans la liste fournie par ma maternité c’est :

les boules Quies : est-ce pour ne pas entendre les cris de celles qui accouchent sans péridurale dans la salle d’à côté? je me souviens d’une femme qui hurlait « je vais mourir !!! » alors qu’heureusement j’avais fini le travail…est-ce pour tenter  de t’isoler du bruit quand la personne qui partage  ta chambre reçoit la visite de ses sept frères et soeurs, leurs conjoints et leurs enfants? …est-ce pour ignorer les cris de la crevette posée dans son berceau à côté de ton lit selon le principe qu’il ne faudrait pas qu’il prenne de mauvaises habitudes dès le début ?

des mouchoirs : je savais que l’hôpital public est aujourd’hui dans le rouge mais à ce point…remarque il y en a des raisons de pleurer après un accouchement…

une paire de moufles en coton pour le bébé : ok ils sont en rupture de stock de mouchoirs mais ils ont plus les moyens non plus de chauffer un peu leurs locaux? …à moins que le nouveau-né soit réputé pour naître avec des griffes d’ours qu’il ne manquera pas de planter dans ses joues ou dans celle de sa mère à la première occasion venue…

A part ça, je la trouve un peu aride la liste, j’ai eu un peu l’impression  qu’elle avait été conçue dans  un pays d’ Europe de l’Est pendant la guerre froide alors je me suis permise quelques ajouts  :

l’appareil photo : même si un nouveau-né a souvent le visage et les mimiques d’une vielle mémé, un petit cliché s’impose….n’insiste pas pour être sur la photo, tu pourrais le regretter…

un pyjama de couleur foncé : évite la nuisette, c’est une erreur que j’ai commise pour le chérubin et voilà comment je me suis retrouvée immortalisée avec un pneu autour du ventre et des jambes monstrueuses posées sur le drap…si tu veux éviter des années d’analyse, mise sur le prune, le marron, le noir…inutile d’emporter une tenue avant grossesse en espérant l’enfiler pour le jour de la sortie, tu te feras du mal pour rien…

un miroir de poche et de la poudre de soleil : tu as rarement la mine radieuse et reposée après une nuit blanche scandée par les contractions alors pour éviter les remarques à deux balles des copines et de la belle-soeur du style « ouh là là  tu as l’air fatiguée! », un petit coup de pinceau s’impose…au pire tu colmateras les brèches..

– si jamais pour x ou y raison, tu es clouée au lit, prévois le minimum vital pour ne pas sentir le fennec : un déo, des lingettes débarbouillantes, des pastilles pour l’haleine…personnellement je me suis traînée jusqu’à la douche plutôt que de passer un jour de plus avec les cheveux gras… je sais je suis une fille superficielle…

ton péché mignon : un paquet d’oréos, une tablette de chocolat aux noix de pécan caramélisées, de la lemon-curd, etc…quelque chose qui t’apportera un peu de réconfort comparé à la fadeur des plateaux-repas servis à l’hôpital…vu comme ton corps a morflé, le régime peut bien attendre 3 jours de plus..

un carnet et un crayon pour écrire de futurs billets (intoxiquée, moi?) et pour évacuer tout ce trop-plein d’émotions plutôt que de fondre en larmes dès qu’une puéricultrice passe la tête dans l’entrebâillement de la porte en te demandant si tout va bien…

un savon intime super doux parce que c’est comme qui dirait un tantinet sensible, en dessous du nombril…je conseille Saugela au thym mais je n’ai aucune action chez eux

un livre de poche si la contemplation de ta crevette finit par te lasser : évite tout de même L’enfant éternel de Philippe Forest ou D’autres vies que la mienne d’Emmanuel Carrière, quelque chose de léger et de gai sera mieux accepté par tes hormones (un petit Bill Bryson par exemple si tu n’as pas tout lu de lui comme moi) …

Tu peux maintenant compléter la liste à ta guise, laisse-toi aller…

Ta mère en slip jetable

Le jour où, en consultant la liste des choses à emporter dans la valise pour la maternité, j’ai découvert l’existence des slips jetables, j’ai pensé à cette citation de Woody Allen Si Dieu existe, j’espère qu’il a une bonne excuse.

Le jour où j’ai enfilé pour la première fois un slip jetable, j’ai connu un grand moment de solitude et je me suis dit qu’un homme avait du concevoir ce produit pour se venger de ne jamais connaître les joies de la grossesse.

Non parce la photo ne montre pas le rendu que cela aura même sur la plus bimbo des bimbos, à savoir l’effet rosette (nom d’un saucisson lyonnais pour celles qui ne connaissent pas) en beaucoup moins appétissant. Démonstration ci-dessous :

Demeure une question essentielle : quelle est l’utilité du fameux filet qui laisse passer notre fessier bien flasque après ces quelques mois d’inactivité (sauf si on suit les conseils d’E-Zabel et de son coach sportif) ?

Hypothèse 1 : l’objectif est de passer toute envie à votre gars de remettre le couvert devant la beauté de votre nouveau-né si jusque là son désir n’a été émoussé ni par les auréoles XXL de vos seins, ni par vos cheveux gras spécial après-accouchement, ni par vos cernes bleus qui pourraient faire de la concurrence à celles de Guy Bedos, ni par votre penchant consistant à éclater en sanglots au premier mot non mûrement réflêchi.

Hypothèse 2 purement médical : l’idée est de pouvoir atteindre la partie charnue de la fesse en cas de soins par piqure en un temps un mouvement

Hypothèse 3 : le filet coûte moins cher car on utilise moins de matière première (je n’ose pas dire tissu, ce n’est même pas le cas)

Hypothèse 4 : le filet tient mieux en place les serviettes maxi spéciales lochies (rien que le nom, ça fait envie)…non seulement tu as l’impression d’être incontinente avec ta couche façon Tenia mais en plus tu ressembles à gigot.

Je veux bien admettre que le jetable permette d’économiser lessive, lavage à la main en cas de tâches à un moment de ta vie où tu as envie de tout sauf de te retrouver penchée au-dessus de ton évier à frotter comme une malade. Je suis bien conscience que suite de couches ne rime pas avec féminité et  glamour.

Mais pourquoi le slip jetable doit-il forcément être hideux? quelques motifs rigolos (faut voir), zen ou nature ça relève de l’impensable?…… Je crois qu’un marché s’ouvre à moi, ça va en jeter sur mon CV….

Et vous, avez-vous connu un grand moment de solitude? ou le slip jetable? ou les deux?

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur ma grossesse sans jamais oser le demander

Vous pouvez poser le pain à l’envers sur ma table, ouvrir votre parapluie à l’intérieur de mon appart, mettre dix chats noirs sur mon chemin ou me forcer à passer sous une échelle, je n’y verrai pas le signe du mauvais oeil.

Mais quand il s’agit de grossesse, j’avoue avoir des comportements proches de la pensée magique ou de la superstition. Pas moyen, même sous la torture, de mettre quelqu’un dans le secret (sauf le co-responsable) avant la 1er écho officielle. Passée cette première étape, il devient plus difficile de prétendre qu’on a décidément trop forcée sur le nutella ces temps-ci mais pas question pour autant pour moi de sauter au plafond en fêtant l’évènement…il faut maintenant attendre l’écho morphologique, celle sensée me rassurer …pendant quelque temps au moins. Si je suis une angoissée du gros bidon, cela s’explique par mon histoire personnelle en conception de bébé mais je n’ai pas envie de revenir là-dessus pour le moment…on ne sait jamais ça pourrait me porter malheur )

Si pour le chérubin, il nous semblait naturel de demander le sexe de celui qui détruirait notre vie et notre couple à jamais (eh oh je plaisante les nullipares !), pour le second on s’est cru plus forts que notre curiosité viscérale et on a demandé à l’échographe de ne rien nous dévoiler alors que la traîtresse avait tout vu en douce (y a peut-être des fortiches qui savent décrypter des clichés en noir, blanc et gris mais moi franchement j’ai besoin de sous-titres). Et voilà comment on se retrouve à décrypter les moindres mots prononcés pendant la consultation ou à surfer sur les forums recensant tous les types de croyance populaire en la matière (lune, ventre bas, rond, pointu, rythme cardiaque ou poids du bébé, date de conception…etc…)..pathétique ! L’avantage est que je ne vais pas me ruiner en layette car les modèles mixtes ou neutres ne sont pas légions; je sens que je vais galérer pour trouver une belle tenue de naissance.

Je voudrais maintenant dissiper tout malentendu : non il ne s’agit pas d’un accident, je n’étais ni ivre ni désespérée ce soir-là…c’est vrai qu’il est de bon ton parmi les blogueuses-jeunes mamans de s’apitoyer sur son sort, d’en faire des tonnes sur sa condition de mère et pourtant aujourd’hui je récidive ! Suis-je maso? un peu soit mais je n’ai ni la nostalgie de contractions hyper-douloureuses avant péridurale, ni celles des nuits hachées voire blanches, ni celle encore de cette période post-accouchement où vous vous sentez juste difforme, moche et où le passage en position assise vous arrache des grimaces de douleur. Alors pourquoi? faut croire que la maternité apporte son lot de belles surprises, de grands moments et de petits bonheurs quotidiens même si on s’auto-censure beaucoup histoire de ne pas trop gagater.

Je profite de ce billet pour vous remercier de tous vos messages de félicitations même si à ce stade de l’évolution de la grossesse, je trouve cela un peu précoce. Souvenez-vous le papa met sa petite graine dans la maman…c’est pas vraiment compliqué question travaux pratiques et à priori plutôt agréable, non? Quant au fait que ça marche, on n’en est quand même très peu responsable il me semble. Traîner un énorme ventre pendant un été caniculaire, se taper les trajets en transport en commun debout alors qu’on est à deux doigts de perdre les eaux, se tordre sur son canapé plusieurs heures en comptant l’intervalle entre deux contractions, assister un peu impuissant aux souffrances de son amoureuse et vivre à deux ce moment si extraordinaire qu’il parait irréel..alors là oui ça mérite bien quelques félicitations )

Il parait que la grossesse est la période la plus épanouissante de sa vie. Mouais…j’ai passé le premier trimestre à me sentir nauséeuse et si fatiguée qu’au boulot je suis allée me cacher régulièrement dans les toilettes pour dormir avant de m’effondrer sur mon bureau. C’est vrai que le second trimestre est plus plaisant : à part des jambes championnes de la rétention d’eau, je n’ai pas encore de mal de dos, ni de remontées acides,  j’affiche un teint rayonnant et des cheveux super brillants (youpi!) et puis je n’ai pas encore adopté la démarche si gracieuse en canard  et je ne meurs pas encore d’envie, en fin de journée, de déposer mon ventre sur ma table de chevet avant de me glisser sous les draps.

Allez assez pour aujourd’hui, la prochaine fois dans la série « En cloque », je vous cause de mes seins

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