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La dernière séance

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La dernière fois que j’ai parlé séries ici, c’était pour partager mes coups de coeur 2018. Je ne suis pas une grande consommatrice de séries, je préfère lire le soir que de me remettre encore devant un écran mais si la série est bien fichue, j’avoue que je peux vite ressentir le besoin de voir la suite rapidement. Voici donc mes 3 dernières séries vues et aimées à regarder au frais cet été :

The killing : Nordique et lent

Je n’ai pas mis de bande annonce car je n’en ai trouvé qu’en français et c’est sans doute snob de ma part mais je trouve que cela gâche tout avec les voix françaises.

Le pitch : Sarah Lund, commissaire adjointe à la brigade criminelle de Copenhague, a décidé de partir rejoindre son compagnon en Suède mais au dernier moment, elle est retenue sur place par une affaire de disparition. Nanna Birk Larsen, lycéenne de 19 ans, n’est pas rentrée chez elle depuis trois jours et ses parents sont à sa recherche. Sarah Lund se lance alors dans une enquête avec celui qui était sensé la remplacer, Jan Meyer.

Pourquoi c’est bien ?
♦C’est précurseur de Broadchurch et d’autres séries sur le même modèle (quant à la série Disparue qui se passe dans mon quartier à la Croix Rousse, c’est carrément très très inspiré de cette série !)
♦Le personnage de Sarah (en dehors de ses pulls qui ont fait beaucoup parlé), enquêtrice obstinée et solitaire, est la première raison pour laquelle on s’attache à la série
♦ On a l’impression d’être dans un bon polar nordique
♦On retrouve des acteurs vus dans d’autres séries : l’excellente Borgen et Au nom du père
The Killing est bien plus qu’une série policière, la série montre les rapports de la politique, de la presse et de la police, c’est aussi un instantané de la société danoise
♦Les personnages jouent la carte de la sobriété malgré le drame qui les traverse

A éviter : si vous aimez les séries où il se passe quelque chose toutes les 2 minutes

Où est ce que cela passe ? J’ai vu la saison 1 en DVD mais visiblement les 3 saisons sont disponibles sur Netflix

Pour une analyse détaillée, je vous renvoie vers cet article du Monde des séries

Mouche : Sans filtre et grinçant

Mouche est un remake français de la série anglaise Fleapag qui parait-il est bien plus réussie, caustique, drôle. Je n’ai pas vu l’original et je me méfie aussi un peu de cette manie d’encenser systématiquement les séries étrangères pour casser tout ce qui est français.

Pourquoi c’est bien ?
♦Après les deux premiers épisodes où on a du mal à trouver attachante cette trentenaire désabusée et cynique, on comprend peu à peu les raisons de son comportement et Mouche apparaît comme une jeune fille plus complexe qu’on ne le pense au premier abord
♦Les confessions face caméra
♦La série se patine peu à peu d’une certaine tendresse
♦Les personnages sont tous un peu déjantés
♦On adore détester le personnage de la belle mère
♦L’épisode consacré à la détox digitale est particulièrement réussi
♦Son format court soit 6 épisodes (je n’aime pas l’idée d’être « prise en otage par une série et cela laisse du temps pour lire)

A éviter : si vous êtes prude, le sexe étant abordé de manière assez cru (et en même temps on ne voit rien !) ; si vous avez déjà vu la série originale anglaise (à mon avis, valable pour toutes les séries !)

Où est ce que cela est passé ? Sur Canal +

Pour une analyse détaillée (et un accueil positif, ce qui n’a pas été le cas de toute la presse), je vous invite à lire cet article du Monde

Jeux d’influence : Réaliste et romanesque

Typiquement la série que j’ai commencé à regarder quasi en reculant (pas facile, essayez )), n’en attendant rien et quelle bonne surprise ! (et cette fois le Monde trouve la série pleine de clichés, comme quoi ))

Jeux d’influence s’inspire d’une histoire vraie : la bataille juridique de l’agriculteur Paul François contre la société Monsanto, suite à son intoxication par un désherbant de la marque.

Pourquoi c’est bien ?
♦Cela met le projecteur sur un sujet peu traité en fiction mais dont on attend pourtant beaucoup parler : les lobbies
♦Sur ce sujet, l’écueil aurait été un traitement documentaire (donc vite ennuyeux), or le réalisateur réussir à instiller du romanesque sans jamais perdre en crédibilité
♦Le casting : les « méchants » sont excellents, les politiques ne sont pas forcément pourris et le propos de manière générale n’est jamais manichéen
♦C’est encore une mini série (6 épisodes de 1h)

A éviter : si vous travaillez dans l’industrie agricole et défendez bec et ongles les insecticides

est ce que cela passe ? Sur Arte

Si je n’ai pas réussi à vous donner envie, filez lire l’article de Télérama à son sujet.

J’ai vu aussi vu Little drummer girls, une série d’espionnage autour du conflit israelo-palestinien et du terrorisme. Je l’ai regardée sans déplaisir mais en la matière je trouve la série Le Bureau des légendes bien plus réussie et bien plus tendue par le suspense.

Et vous, quel est votre dernier gros coup de coeur série ?

Je n’ai pas de bêtisier sous le coude (cela aurait pu être un best of des pâtisseries ratées ou les communiqués de presse les plus « hors sujet » )) et je n’ai pas prévu cette année de billet « un an dans le rétro » comme je le faisais à une époque. En guise d’article de fin d’année, je vous propose donc une sélection très personnelle des séries que j’ai aimées cette année. Pour certaines séries, il ne s’agit pas de la dernière saison qui est sortie mais de la dernière saison que j’ai vue. Ce top pourra peut-être servir pour les week-end gris et pluvieux dans les deux mois à venir.

Hippocrate

La série française en blouses blanches

série hippocrate
Louise Bourgoin (Chloé Antovska), Karim Leklou (Arben Bascha)

3 raisons de regarder Hippocrate :

La série est réaliste (le réalisateur Thomas Lilti est médecin et a réalisé plusieurs films sur la médecine) mais elle évite l’écueil d’un traitement trop documentaire (ce que je pouvais un peu reprocher à Première année). Cela est du au casting (mention spéciale à Karim Leklou, le jeune médecin d’origine albanais si touchant) et au fait de s’intéresser à la vie intime des jeunes médecins
-Cette plongée dans l’univers des blouses blanches se fait à travers, entre autres, les yeux de deux jeunes internes qui peuvent avoir du dégoût, de la tristesse, de la panique, du stress…bref qui paraissent plus humains que les chefs de service cadenassés par leur position hiérarchique et par l’image qu’ils doivent renvoyer . Du coup eux c’est un peu nous.
-Hippocrate montre combien la situation de l’hôpital public est fragile aujourd’hui à travers un personnel hospitalier auquel on demande toujours plus avec moins de moyens.

Moi qui fuis les médecins et qui ai la trouille des hôpitaux, j’ai eu du mal à regarder certaines scènes et j’ai serré les dents pendant une bonne partie de la série. Pour moi Hippocrate est assez anxiogène mais j’avais très envie de connaitre la suite !

Le Bureau des légendes saison 4

La série d’espionnage toujours aussi brillante

série le bureau des légendes

3 raisons de regarder Le bureau des légendes saison 4 :

-Le bureau des légendes donne des nouvelles sur l’état complexe du monde (le djaïsme, ce qu’est la Russie sous Poutine, les attaques informatiques qui menacent les démocraties ) tout en restant très romanesque
L’arrivée de nouveaux personnages qui amènent un nouveau souffle en particulier, Mathieu Almaric, directeur de la sécurité interne. On le déteste mais il pousse le bureau des légendes dans ses retranchements et pose une question : ceux qui apprennent aux « légendes » à se méfier de tous et de tout se sont-ils assez méfiés de Malotru ?
La tension même dans les scènes les plus banales du quotidien (les scènes de cantine par exemple ) où chaque mot a son importance

Parfois je me suis sentie paumée par ces histoires de hackers mais comme dans les saisons précédentes, il faut accepter, un temps, de ne pas tout comprendre avant que peu à peu le brouillard s’estompe.

Irresponsable saison 2

La série d’un Tanguy attachant

série Irresponsable

3 raisons de regarder Irresponsable :

Le personnage principal incarné admirablement par Sébastien Chassagne (qui a des airs de Woody Allen jeune). Julien est immature mais au final beaucoup moins agaçant que Tanguy car beaucoup moins caricatural, plus drôle et attendrissant.
-Parce c’est drôle ET français (c’est assez rare pour être souligné)
-Les dialogues sont excellents, le format des épisodes est de 25 minutes (du coup forcément on a envie d’en regarder un autre) et la saison 2 gagne en épaisseur

River

La série policière entre les vivants et les morts

série River

3 raisons de regarde River :

-Le personnage du flic joué par Abi Morgan est extraordinaire au sens double, par sa performance d’acteur et du fait qu’il entend des voix et communique avec son ancienne partenaire (sans que cela soit guignolesque ou manque de crédibilité)
L’image inédite de Londres en toile de fond (bien différente de celle des grands magasins au moment de Noël ou celle de pas mal de comédies romantiques )
-le format court (pas plus de 6 épisodes), le fait que River, au delà de l’enquête, est une série sur le deuil

Au bout de 10 minutes à peine, l’ambiance très particulière de cette série est plantée. Le personnage du flic est tellement étrange (mais aussi très touchant) qu’on en vient à le soupçonner.

The affair saison 3

La série à double voix

série The affair

3 raisons de regarder The affair saison 3 :

-La série aborde des sujets tels que l’euthanasie, la maladie d’un proche, la mort d’un enfant sans lourdeur et avec justesse à travers des scènes de discussion dont les scénaristes ont le succès
-La principale particularité de cette série est d‘alterner les points de vue, la même situation étant vue de manière différente (et parfois même très opposée) par plusieurs personnages
-Le décor ! Cette série se passe en partie à Montauk et à chaque fois j’ai envie de prendre l’avion illico pour découvrir ce coin.

Cette saison 3 a été plutôt mal accueillie par la critique, du fait du délire paranoïaque de Noah suite à ses années en prison. Personnellement j’avais beaucoup moins été convaincue par la saison 2 . Pour moi cela reste LA série qui ausculte le mieux la liaison amoureuse et qui est, peut être, la moins « moraliste » des séries américaines.

Here and now

La série qui écorche la famille américaine

série Here and now

3 raisons de regarder Here and Now :

-Son réalisateur Alan Ball est le créateur d’une de mes séries préférées de tous les temps, Six Feet Under
-Sous le vernis d’une famille progressiste et multiculturelle, des névroses, des angoisses et la recherche du sens à donner à la vie (si tenté qu’il y en ait un)
-l’univers toujours un peu « fou » d’Alan Ball

J’ai lu des critiques très dures sur cette série et il n’y aura pas de saison 2. Aurais-je été la seule à la trouver intéressante à plus d’un titre ? Pour moi c’est un peu l’anti « This is Us« , série qui, elle, a cartonné (j’ai vu la saison 1 mais j’ai vite été exaspérée par les hugs à tous bouts de champs et le discours sirupeux sur la famille).

Dix pour cent saison 3

La série sur les agents artistiques

série dix pour cent

3 raisons de regarder Dix pour cent :

-On se demande toujours quelle est la part de vérité quant à ce que nous montre tel ou tel épisode sur un acteur ou une actrice (il parait, par exemple, qu’Isabelle Hupert, a été aussi pointilleuse sur les textes que dans le volet où elle joue)
-Entre les problèmes existentiels des stars et les soucis personnels et professionnels des agents artistiques et de leurs assistants, on ne s’ennuie jamais
-Il y a Grégory Montel (quoi c’est pas une vraie raison?)
-C’est drôle, touchant et que cela passe trop vite

Prochaines séries de prévu ?
Sharp objects , une mini-série en huit épisodes tirée d’un roman de Gillian Flynn (je n’arrive pas à me souvenir si je l’ai lu ou pas );
Au nom du père par le créateur de Borgen (excellente série sur le pouvoir, la politique et les médias que je vous recommande vivement)

Et vous, quelles sont les séries qui vous ont le plus marqué en 2018 ?

Alors que le mois de janvier a tendance à me déprimer, je vois la rentrée plutôt d’un bon oeil même si elle rime avec un tourbillon de choses à faire en tant que parents. Peut être parce que j’ai repris le boulot depuis déjà un certain temps et que du coup, la rentrée est déjà passée pour moi mais aussi parce qu’en septembre le temps est doux, chaque semaine est rythmée par un nouvel anniversaire (autant de raisons de déguster des gâteaux), la culture est en effervescence entre la rentrée littéraire et les nouvelles expos. Des nouvelles adresses à tester voient le jour. A cela s’ajoute la semaine de la Comédie UGC qui se déroulera du 5 au 11 septembre dans plusieurs UGC en France (  à l’UGC Ciné Cité Les Halles,  à l’UGC Gobelins qui vient de rouvrir ses portes,  La Défense, Cyrano Versailles, Lyon Confluence, Lille, Nancy Saint-Jean,  Bordeaux, Strasbourg, Mondeville et Atlantis).

A cette occasion, 22 films seront à l’affiche avec 9 avant-premières sans oublier une sélection des meilleures comédies de l’année ou de comédies cultes rarement diffusées au cinéma aux tarifs exceptionnels de 4 euros la place et de 6 euros pour les avant première.

Je ne sais pas si je pourrais en voir autant sur un court laps de temps mais en tous cas, voici les 4 films qui me tentent le plus au cours de cette semaine de la Comédie UGC.

Le jeu

Le pitch : Le temps d’un diner, des couples d’amis  inventent un « jeu » : chacun doit poser son téléphone portable au milieu de la table et chaque SMS, appel téléphonique, mail, message Facebook, etc. devra être partagé avec les autres. Comme on s’en doute, le jeu va vite se transformer en cauchemar.

Pourquoi j’ai envie de le voir ? Parce que le portable prend pas mal de place dans ma vie et qu’il faut savoir rire de soi : )

La bande annonce :

 

 

Voyez comme on danse

Le pitch : Le film doit être assez difficile à résumer car j’ai trouvé le pîtch peu éclairant si ce n’est que la caméra de Michel Blanc suit le destin de plusieurs personnages/

Pourquoi j’ai envie de voir ? Parce que c’est la suite d’Embrassez qui vous voulez !

La bande annonce :

Le grand bain

Le pitch : une bande de gars qui rélève le drôle de défi de s’entrainer à la nage synchronisée

Pourquoi j’ai envie de le voir ? Pour le casting, parce que l’idée de départ me parait originale et jamais vue

Le teaser :

En liberté

Le pitch : Une rencontre inattendue et folle entre une jeune inspectrice de police et Antoine, injustement incarcéré par le mari de cette dernière.

Pourquoi j’ai envie de voir ce film ? Pour Pio Marmai (oui j’assume ce genre d’argument))

Le programme complet de la semaine de la Comédie UGC 2018 : http://www.cinecomedies.com/news/evenements/semaine-de-la-comedie-ugc-2018/

 

2 pass à gagner

La bonne nouvelle c’est que je vous propose de gagner 2 pass  vous permettant d’aller voir, avec la personne de votre choix, tous les films qui vous plaisent pendant cette semaine de la Comédie UGC

Pour participer, dites moi en commentaire quel film vous aimeriez aller voir en priorité avant le 28 août (et vérifiez bien que vous avez à côté de chez vous un UGC participant à cette opération). Je tirerai au sort le nom des deux gagnants parmi les commentaires ayant respecté les modalités du concours et je les annoncerai en édit de cet article.

Bonne chance à tous !

Edit du 29 août 2018 : Les gagnants des pass sont Iwona et Véronique ! Bravo à vous 2 et merci à tous pour votre participation.

Avant de basculer dans l’année 2018, je voulais vous parler de Master of None, découverte sur Netflix il y a peu et qui est mon coup de coeur série de cette fin 2017. Si le manque de lumière et de soleil a tendance à vous mettre le moral en berne, je vous conseillerais d’autant plus cette série, à la fois très drôle et touchante avec des dialogues sur mesure, pour ces 5 raisons :

1-Pour les personnages de Master of None

Est ce que cet argument est valable pour toutes les séries ? Pas sûre que je me sente très proche de Dexter mais je me souviens que j’ai fini par « m’attacher » aux personnages les plus éloignés de moi (la mère) dans l’excellente série Six Feet Under.

Dev, le personnage central de Master of None joué par Aziz Ansari (qui a écrit et produit aussi cette série), n’a pas besoin de faire beaucoup d’efforts pour qu’on le trouve sympathique. Il a les préoccupations d’un trentenaire, il est drôle, pas mal rivé à l’écran de son téléphone (oui c’est mal mais si on l’est aussi un peu trop on se reconnait), il est souvent indécis, il rêve d’être un grand acteur mais joue dans des séries Z ou des pubs, il a le sens de la répartie et il adore bien manger.

Il pourrait capter toute la lumière et laisser des miettes aux personnages qui gravitent autour de lui mais ce n’est pas du tout le cas qu’il s’agisse de ses parents (interprétés par ses vrais parents), de ses amis (mention spéciale à Arnold que j’aime beaucoup) ou de ses petites amies.

2-Pour les deux épisodes qui se passent à Modène

Peut être qu’il faut déjà avoir une certaine attirance pour l’Italie mais les deux épisodes qui se passent en Italie m’ont donné envie de prendre un billet pour Modène. Le réalisateur multiplie les clins d’œil à de grands classiques italiens (je ne vais pas vous faire croire que je les ai forcément vus, compris, ma culture cinématographique est trop lacunaire pour cela) mais on y voit les protagonistes y manger beaucoup (et que des choses qui me font envie), parler italien, se balader dans des rues ou dans la campagne environnante (et c’est beau) et vivre dans une sorte de « dolce vita » qui est sûrement beaucoup fantasmée mais qui fonctionne parfaitement.

Suite à ces deux épisodes :

  • j’ai songé sérieusement à m’acheter de quoi confectionner des pâtes fraîches maison
  • j’ai commencé à apprendre les rudiments de la langue italienne pour communiquer autrement qu’en français ou en anglais la prochaine fois que j’irai en Italie….ce qui est programmé pour Avril 2018 : )

3-Pour la mise en scène  jamais paresseuse

Au tout début de la saison 1 de Master of None, j’avais un peu peur que la série soit une transposition des meilleurs sketchs de Aziz Ansari (issus de ses stand up) en scénettes et puis au fur et à mesure que j’ai avancé dans la série, j’ai découvert des épisodes à la construction assez différentes les uns des autres mais aussi plein d’idées de mise en scène.

Celui qui m’a le plus bluffé en la matière est l’épisode intitulé Thanksgiving dans lequel est abordée l’homosexualité de son amie d’enfance  Denise. C’est juste, traitée très finement et l’espace de quelques secondes, dans un échange entre  la mère et la fille dans la cuisine (vous avez remarqué combien de moments clefs, de paroles marquantes ont lieu dans une cuisine au cinéma ? et dans la vie aussi je crois ), j’ai trouvé cela très émouvant (une série non dramatique qui émeut vraiment c’est plutôt rare non ?).

4- Pour la richesse de « l’intrigue »

On pourrait croire quand on lit le pitch de départ de Master of None que la série va être très nombriliste, centrée sur les joies et peines du personnage principal et qu’elle tournera vite en rond. Hors la série se distingue par le fait qu’elle aborde un certain nombre de thèmes qui me semblent encore peu traités dans les séries : le fait que Dev appartienne à une double culture, la religion, l’individualisme, le sexisme, le racisme ordinaire, le harcèlement sexuel (on pourrait croire en regardant l’épisode dans lequel il en est question qu’on nous parle de Weinstein alors que l’affaire est sortie bien après), la vieillesse… Tous ces sujets sont abordés de manière subtile et avec le même regard bienveillant et nuancé.

5-Pour l’histoire d’amour

Enfin et ce n’est pas -pour moi-le moindre argument, la seconde saison laisse de plus en plus de place à une histoire d’amour un peu impossible (vous savez ce qu’on dit, les gens heureux n’ont pas d’histoire) dont je ne peux pas dire grand chose par volonté de ne rien dévoiler.

C’est peut-être tordu mais je trouve plus « intéressant » les « avant » d’une histoire d’amour que les histoires de couple déjà ensemble 🙂

Il est bien entendu question d’une saison 3 et je suis partagée entre la hâte de retrouver des personnages avec lesquels je me sens bien et la peur que la veine scénaristique de Master of None ne s’appauvrisse et ne soit pas à la hauteur des deux premières saisons.

Merci à celui qui m’a conseillé (ardemment) cette série : )

Et vous, quelle série vous a marqué en 2017 ?

crédit photos : Netflix

J’aurais pu intituler ce billet « le temps des suites » cela aurait été assez peu parlant (quoique glop/pas glop, pas sûre que cela soit clair comme de l’eau de roche) mais il se trouve que récemment j’ai vu et lu beaucoup de « suites » avec quelques déceptions (pas glop, vous suivez ?) à la clef :

Glop : The Missing saison 2

Après une saison 1 où un couple de jeunes parents anglais affrontait la disparition de leur petit garçon lors de vacances en France un 14 juillet, la saison 2 -sans reprendre les mêmes personnages si ce n’est l’inspecteur joué par Tchéky Karyo (bien plus mal en point) axe son intrigue autour de la disparition de jeunes filles en Allemagne.

Au fur et à mesure des épisodes, on pense forcément au roman Room d’Emma Donughue mais aussi à des histoires réelles comme celles de Natacha  Kampusch et le physique fantomatique et inquiétant de l’actrice Abigail Hardingham ajoute une dose de frissons. Les personnages ne sont pas caricaturaux (la mère mange dort respire en pensant à sa fille disparue mais n’est pas hystérique ça change).

Jusqu’à ce qu’on ait le nez sur celui qui enlève les jeunes filles, on ne le soupçonne pas. C’est très addictif (quasiment impossible de ne regarder qu’un épisode) mais si vous avez des enfants, attention vous allez avoir encore plus de mal à leur lâcher la main après avoir regardé cette saison 2 (j’en ai fait des cauchemars !).

 

(C) New Pictures – Photographer: Sophie Mutevelian

Glop : Bureau des légendes saison 3

Qu’il est mal traité l’agent secret interprété par Mathieu Kassowitz dans la saison 3 du Bureau des légendes. On se doute bien que les scénaristes ne vont pas le faire mourir car Malotru, c’est le personnage central de la série mais prisonnier de Daesh, on souffre avec lui et pas qu’un peu.  Marina Loiseau (joué par Sarah Girardeau), quant à elle, est confrontée à de graves crises d’angoisse et doit faire à de nouvelles situations périlleuses, si bien qu’on se demande un peu pourquoi elle ne retourne pas à une vie plus « normale ».

Par rapport aux saisons précédentes, les scènes sur le terrain sont plus nombreuses, ce qui rend la série encore plus prenante. C’est joué sans fausse note, peut être que certains détails manquent de crédibilité (il y a eu plusieurs articles à ce sujet) mais aux yeux d’un spectateur lambda qui ne bosse pas à la DGSE cela est insoupçonnable. C’est rythmé et si le tableau est noir, il y a parfois aussi ses petits touches d’humour qu’on ne retrouverait pas forcément je pense dans une version adaptée.

Pas glop : The Affair, saison 2

Pas glop c’est un peu sévère parce que je n’ai pas détesté la saison 2 de The Affair, je l’ai même regardé jusqu’au bout sans déplaisir. N’empêche que je l’ai trouvé bien moins réussie que la saison 1 (j’étais assez peu convaincue par la nécessité de faire une suite et je ne comprends pas que les scénaristes, quand une saison 1 marche bien, veuillent absolument pondre une suite au risque de tout saborder).

Le scénario mélange les époques, je me suis sentie perdue …pendant pas mal de temps. Il se recentre sur les époux délaissés s’intéressant à Cole pour en dessiner, au fil des épisodes, un portrait beaucoup plus nuancé (et sympathique) que dans la saison 1. Je suis beaucoup moins convaincue par le personnage d’Helen. Enfin il y a un côté soap qui n’était pas présent au début et qui m’a pas mal gêné.

Une saison 3 et une saison 4 ont été tournées et diffusées depuis ..alors stop ou encore ?

Glop : Celle qui fuit et celle qui reste

Je vous ai déjà parlé du tome 1 et du tome 2 de la saga italienne d’Elena Ferrante, je ne vais donc pas écrire des tartines sur ce troisième volet. Au début de la lecture, il faut un petit temps d’adaptation (même si l’auteur, comme pour une pièce de théâtre, rappelle en marge du texte, qui est qui, quels sont les liens de parenté) pour se remémorer la place des personnages, leur histoire jusqu’à présent mais une fois qu’on est plongé dedans, on est plus dans le métro, dans le train, dans son lit mais dans l’Italie des années 70.

Des 3 tomes, c’est celui qui m’a le plus transporté je crois : peut être parce que le personnage d’Elena ose enfin peu à peu, peut être parce que le roman en dit long sur la place des femmes dans la société, sur leur sexualité, que la Grande et petite histoire se mêlent encore plus que dans les volumes précédents et que l’intrigue n’a jamais été autant romanesque. A peine fermé, on aimerait lire la suite ….Elena Ferrante a vraiment un don !

Pas Glop : Vernon Subutex, tome 3

Je suis embêtée parce que j’aime bien Virginie Despentes, son parcours, ses prises de position, son féminisme, son côté « à prendre ou à laisser » (et peut être le fait qu’elle ait vécu sur les pentes où je passe à la monté ou à la descente au moins une fois par semaine) mais autant dire les choses clairement : j’ai été beaucoup moins emballée par le tome 3 de Vernon Subutex que par les tomes 1 et 2.

Je cerne à peu près ce qui à qui a fait que je ne suis pas rentrée dans le roman : ce qu’elle appelle les convergences, une forme de mysticisme qui m’a laissé dubitative.

Ceci étant dit, elle fait dire à ses personnages des choses sur la maternité ( absolument pas politiquement correct et qui feraient probablement scandale dans la brigade des mamans parfaites), ou sur le libéralisme qui sont saisissantes et elle pose un diagnostic sur la société qui me semble d’une justesse incroyable.

 

Glop : Fabrice Luchini et moi

Je finis ce billet avec un spectacle que j’ai vu mercredi soir à la Comédie Odéon à Lyon, Fabrice Luchini et moi, et qui joue jusqu’au 15 septembre. Olivier Sauthon nous raconte qu’un soir, alors qu’il était jeune et qu’il errait dans Paris, il est tombé sur Fabrice Luchini et, rêvant de devenir comédien comme lui, il lui a demandé de lui donner quelques leçons.

Pendant une heure et demie, un dialogue entre le maître (dont il a repris le phrasé, les tics de langage, les postures, les expressions du visage d’une telle manière qu’à un moment donné on a quasi l’impression de voir Luchini sur scène) et l’élève sont l’occasion de jouer avec les mots, de faire découvrir ou redécouvrir quelques grands auteurs, d’apporter une réflexion sur ce qu’est la culture,  l’art de la séduction, le génie ….toujours avec intelligence et humour.

Les citations sont si savoureuses qu’on aimerait toutes les noter (j’entendais le monsieur à côté de moi dire régulièrement « il faut que je m’en souvienne, faut que je m’en souvienne ») et je ne lirai plus jamais la fable de la Cigale et de la fourmi sans penser à l’interprétation de texte exaltée et drôle que j’ai vue sur scène.

Voilà j’aurais pu ajouter quelques titres de DVD et de livres vus ou lus cet été mais ce billet est déjà trop long. N’hésitez pas à partager vos coups de coeur en commentaire.

Avant que les féministes de tous bords ne me tombent dessus pour oser laisser supposer qu’ils existent des histoires de filles pour les filles, je voudrais me défendre en arguant que j’ai titré ce billet ainsi par commodité, en regroupant des lectures, une série et un film où les filles/femmes sont le personnage principal.

The Girls

Il est en effet question d’une bande de filles dans le roman The girls d’Emma Cline, rendue tristement célèbre pour avoir assassiné plusieurs personnes à la fin des années 60. Si l’histoire n’est pas banale, c’est surtout le style de l’écrivain qui m’a frappé dès les premières pages. Jusqu’à présent, si on m’avait demandé qui parle le mieux de l’adolescence, j’aurais répondu Joyce Maynard et Laura Kashischke. Aujourd’hui, j’ajouterais Emma Cline qui évoque cette période avec des images d’une justesse qui n’appartiennent qu’à elle.

Pour aborder ce fait divers, elle choisit d’adopter le point de vue d’Evie, une jeune fille de 14 ans, qui vit seule avec sa mère. Cette dernière n’est pas affectueuse,  Evie vit loin de son père, son amie Connie lui tourne le dos. Evie ne se sent aimée par personne quand elle croise la route de Suzanne, qui la fascine par sa liberté, par sa vie hors normes et elle atterrit rapidement au ranch. Russel, « le gourou », du groupe, détecte la tristesse en elle et lui fait passer une série de tests dont elle est tout à fait consciente. Je me suis demandée d’ailleurs si cette distance et cet esprit critique qu’elle conserve vis à vis du ranch est le regard de la jeune fille de 14 ans ou celui de la femme qui se replonge dans ses souvenirs après le premier chapitre du livre, le roman jouant avec les flash back.

Est ce parce qu’Evie est plus fascinée par Suzanne que par Russel qu’elle réussit à garder un pied en dehors du ranch et du dénouement macabre ? ou est ce que le destin tient parfois à un fil ?

Si le mystère entourant le ranch et le groupe reste quasi entier (c’est peut être plus le sujet de California Girls de Simon Liberati, que j’ai prévu de lire), The Girls est un  portrait d’adolescente très réussi où toutes les sensations (et en particulier les odeurs sans cesse soulignées) semblent démultipliées.

Ce n’était pas que j’étais incapable de me remémorer ma vie avant Suzanne et les autres mais elle avait été limitée et prévisible, les objets et les gens occupaient leurs espaces restreints. Le gâteau jaune que ma mère confectionnait pour les anniversaires, dense et glacé quand il sortait du freezer. Les filles à l’école qui déjeunaient à même le bitume, assises sur leurs sacs à dos renversés. Depuis que j’avais rencontré Suzanne, ma vie avait pris un relief tranchant et mystérieux, qui dévoilait un monde au delà du monde connu, le passage caché derrière la bibliothèque. Je me surprenais à manger une pomme et une simple bouchée humide pouvait provoquer en moi un sentiment de gratitude.

Filles des oiseaux de Florence Cestac

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Changement total d’ambiance avec Filles des oiseaux, dernière bande dessinée de Florence Cestac qui raconte ses années d’adolescence dans le pensionnat des oiseaux tenu par des soeurs à Honfleur dans les années 60. Fille des oiseaux est l’histoire de la rencontre entre deux jeunes filles venant de deux mondes totalement opposés et de leur amitié. L’une (Florence Cestac) est fille de paysans et vient du coin. L’autre est riche, habite à Neuilly et a déjà beaucoup voyagé.

Ce qui les réunit ? l’ennui et un esprit de rébellion face à un corps enseignant qui leur apprend à être avant tout une bonne épouse et à savoir tenir une maison et qui maintient ses jeunes femmes dans l’ignorance sur tout ce qui concerne leur corps.

50 ans plus tard, l’humour et les personnages à gros nez de Florence Cestac nous rappellent (si besoin était ) que la liberté du corps des femmes est toujours à réaffirmer.

Girls, saison 5

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Pendant mes séances de vélo d’appartement, je regarde des séries et en attendant les saisons 2 de Borgen et de Dowton Abbey commandées à la bibliothèque de mon quartier (et arrivées en même temps )), je suis tombée sur la saison 5 de Girls. La précédente saison m’avait déjà peu convaincu mais là Hannah, personnage que j’arrivais à trouver attachante malgré son nombrilisme récurrent jusqu’à présent, a été trop loin dans la vulgarité, le cynisme. Pour moi, elle n’est même plus drôle. Reste que la bande son est toujours aussi bonne et que le dernier épisode est largement supérieur aux autres réussissant même à émouvoir.

Bridget Jones Baby

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Ce qui m’avait plu chez Hannah c’était son côté « girl next door » comme disent les américains, mais la vraie girl next door, la fille qui a des kilos en trop, des vergetures et des bourrelets. J’ai du vieillir car finalement je me trouve plus proche de Bridget Jones même si dans le dernier opus, Bridjet Jones Baby, celle ci affiche une ligne sans un gramme de trop.

Le souci avec les suites est qu’elles sont rarement au niveau des premiers volets. Le fameux « on prend les mêmes et on recommence » ne suffit pas à créer une bonne histoire. Bref j’avais peur d’être déçue, d’autant plus que des scènes comme celle de la gaine, de la chanson avec la brosse à cheveux ou celle dans laquelle Hugh Grant et Colin Firth se battent, sont « mythiques » pour moi.

En plus, au casting, plus de Hugh Grant remplacé par Patrick Dempsey (pas dans le même rôle mais dans celui d’un des pères potentiels du futur bébé de Bridget Jones à la grossesse « gériatrique »).

Et bien oui j’ai marché, j’ai même couru parce que Bridget Jones est telle qu’on l’avait laissé quelques années plus tôt : drôle, incroyablement gaffeuse, reine de la prise de tête. Mark Darcy est toujours aussi classe (oui j’avoue que je préfère son élégance britannique au charme américain) même s’il est un peu trop rigide, froid et pince sans rire et qu’on aimerait qu’il se décoince un peu parfois.

J’ai ri car les dialogues sont percutants (mention spéciale à la gynécologue jouée par Emma Thompson qui est excellente ), car les situations cocasses ne manquent pas sans que cela soit « déjà vu ». Et puis ce serait malhonnête de ne pas l’évoquer, il y a ce petit côté romantique, peut être un peu gnan-gnan pour certains mais qui ne me déplait pas quand il est mêlé à l’humour comme dans ce troisième volet.

Je vous ai dit en commençant ce billet que je ne croyais pas aux histoires de filles pour les filles, je ne suis néanmoins pas certaines que les hommes soient aussi réceptifs à cette histoire que toutes celles qui se sentent un peu des Bridget Jones ; )

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