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La dernière séance

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J’aurais pu intituler ce billet « le temps des suites » cela aurait été assez peu parlant (quoique glop/pas glop, pas sûre que cela soit clair comme de l’eau de roche) mais il se trouve que récemment j’ai vu et lu beaucoup de « suites » avec quelques déceptions (pas glop, vous suivez ?) à la clef :

Glop : The Missing saison 2

Après une saison 1 où un couple de jeunes parents anglais affrontait la disparition de leur petit garçon lors de vacances en France un 14 juillet, la saison 2 -sans reprendre les mêmes personnages si ce n’est l’inspecteur joué par Tchéky Karyo (bien plus mal en point) axe son intrigue autour de la disparition de jeunes filles en Allemagne.

Au fur et à mesure des épisodes, on pense forcément au roman Room d’Emma Donughue mais aussi à des histoires réelles comme celles de Natacha  Kampusch et le physique fantomatique et inquiétant de l’actrice Abigail Hardingham ajoute une dose de frissons. Les personnages ne sont pas caricaturaux (la mère mange dort respire en pensant à sa fille disparue mais n’est pas hystérique ça change).

Jusqu’à ce qu’on ait le nez sur celui qui enlève les jeunes filles, on ne le soupçonne pas. C’est très addictif (quasiment impossible de ne regarder qu’un épisode) mais si vous avez des enfants, attention vous allez avoir encore plus de mal à leur lâcher la main après avoir regardé cette saison 2 (j’en ai fait des cauchemars !).

 

(C) New Pictures – Photographer: Sophie Mutevelian

Glop : Bureau des légendes saison 3

Qu’il est mal traité l’agent secret interprété par Mathieu Kassowitz dans la saison 3 du Bureau des légendes. On se doute bien que les scénaristes ne vont pas le faire mourir car Malotru, c’est le personnage central de la série mais prisonnier de Daesh, on souffre avec lui et pas qu’un peu.  Marina Loiseau (joué par Sarah Girardeau), quant à elle, est confrontée à de graves crises d’angoisse et doit faire à de nouvelles situations périlleuses, si bien qu’on se demande un peu pourquoi elle ne retourne pas à une vie plus « normale ».

Par rapport aux saisons précédentes, les scènes sur le terrain sont plus nombreuses, ce qui rend la série encore plus prenante. C’est joué sans fausse note, peut être que certains détails manquent de crédibilité (il y a eu plusieurs articles à ce sujet) mais aux yeux d’un spectateur lambda qui ne bosse pas à la DGSE cela est insoupçonnable. C’est rythmé et si le tableau est noir, il y a parfois aussi ses petits touches d’humour qu’on ne retrouverait pas forcément je pense dans une version adaptée.

Pas glop : The Affair, saison 2

Pas glop c’est un peu sévère parce que je n’ai pas détesté la saison 2 de The Affair, je l’ai même regardé jusqu’au bout sans déplaisir. N’empêche que je l’ai trouvé bien moins réussie que la saison 1 (j’étais assez peu convaincue par la nécessité de faire une suite et je ne comprends pas que les scénaristes, quand une saison 1 marche bien, veuillent absolument pondre une suite au risque de tout saborder).

Le scénario mélange les époques, je me suis sentie perdue …pendant pas mal de temps. Il se recentre sur les époux délaissés s’intéressant à Cole pour en dessiner, au fil des épisodes, un portrait beaucoup plus nuancé (et sympathique) que dans la saison 1. Je suis beaucoup moins convaincue par le personnage d’Helen. Enfin il y a un côté soap qui n’était pas présent au début et qui m’a pas mal gêné.

Une saison 3 et une saison 4 ont été tournées et diffusées depuis ..alors stop ou encore ?

Glop : Celle qui fuit et celle qui reste

Je vous ai déjà parlé du tome 1 et du tome 2 de la saga italienne d’Elena Ferrante, je ne vais donc pas écrire des tartines sur ce troisième volet. Au début de la lecture, il faut un petit temps d’adaptation (même si l’auteur, comme pour une pièce de théâtre, rappelle en marge du texte, qui est qui, quels sont les liens de parenté) pour se remémorer la place des personnages, leur histoire jusqu’à présent mais une fois qu’on est plongé dedans, on est plus dans le métro, dans le train, dans son lit mais dans l’Italie des années 70.

Des 3 tomes, c’est celui qui m’a le plus transporté je crois : peut être parce que le personnage d’Elena ose enfin peu à peu, peut être parce que le roman en dit long sur la place des femmes dans la société, sur leur sexualité, que la Grande et petite histoire se mêlent encore plus que dans les volumes précédents et que l’intrigue n’a jamais été autant romanesque. A peine fermé, on aimerait lire la suite ….Elena Ferrante a vraiment un don !

Pas Glop : Vernon Subutex, tome 3

Je suis embêtée parce que j’aime bien Virginie Despentes, son parcours, ses prises de position, son féminisme, son côté « à prendre ou à laisser » (et peut être le fait qu’elle ait vécu sur les pentes où je passe à la monté ou à la descente au moins une fois par semaine) mais autant dire les choses clairement : j’ai été beaucoup moins emballée par le tome 3 de Vernon Subutex que par les tomes 1 et 2.

Je cerne à peu près ce qui à qui a fait que je ne suis pas rentrée dans le roman : ce qu’elle appelle les convergences, une forme de mysticisme qui m’a laissé dubitative.

Ceci étant dit, elle fait dire à ses personnages des choses sur la maternité ( absolument pas politiquement correct et qui feraient probablement scandale dans la brigade des mamans parfaites), ou sur le libéralisme qui sont saisissantes et elle pose un diagnostic sur la société qui me semble d’une justesse incroyable.

 

Glop : Fabrice Luchini et moi

Je finis ce billet avec un spectacle que j’ai vu mercredi soir à la Comédie Odéon à Lyon, Fabrice Luchini et moi, et qui joue jusqu’au 15 septembre. Olivier Sauthon nous raconte qu’un soir, alors qu’il était jeune et qu’il errait dans Paris, il est tombé sur Fabrice Luchini et, rêvant de devenir comédien comme lui, il lui a demandé de lui donner quelques leçons.

Pendant une heure et demie, un dialogue entre le maître (dont il a repris le phrasé, les tics de langage, les postures, les expressions du visage d’une telle manière qu’à un moment donné on a quasi l’impression de voir Luchini sur scène) et l’élève sont l’occasion de jouer avec les mots, de faire découvrir ou redécouvrir quelques grands auteurs, d’apporter une réflexion sur ce qu’est la culture,  l’art de la séduction, le génie ….toujours avec intelligence et humour.

Les citations sont si savoureuses qu’on aimerait toutes les noter (j’entendais le monsieur à côté de moi dire régulièrement « il faut que je m’en souvienne, faut que je m’en souvienne ») et je ne lirai plus jamais la fable de la Cigale et de la fourmi sans penser à l’interprétation de texte exaltée et drôle que j’ai vue sur scène.

Voilà j’aurais pu ajouter quelques titres de DVD et de livres vus ou lus cet été mais ce billet est déjà trop long. N’hésitez pas à partager vos coups de coeur en commentaire.

Avant que les féministes de tous bords ne me tombent dessus pour oser laisser supposer qu’ils existent des histoires de filles pour les filles, je voudrais me défendre en arguant que j’ai titré ce billet ainsi par commodité, en regroupant des lectures, une série et un film où les filles/femmes sont le personnage principal.

The Girls

Il est en effet question d’une bande de filles dans le roman The girls d’Emma Cline, rendue tristement célèbre pour avoir assassiné plusieurs personnes à la fin des années 60. Si l’histoire n’est pas banale, c’est surtout le style de l’écrivain qui m’a frappé dès les premières pages. Jusqu’à présent, si on m’avait demandé qui parle le mieux de l’adolescence, j’aurais répondu Joyce Maynard et Laura Kashischke. Aujourd’hui, j’ajouterais Emma Cline qui évoque cette période avec des images d’une justesse qui n’appartiennent qu’à elle.

Pour aborder ce fait divers, elle choisit d’adopter le point de vue d’Evie, une jeune fille de 14 ans, qui vit seule avec sa mère. Cette dernière n’est pas affectueuse,  Evie vit loin de son père, son amie Connie lui tourne le dos. Evie ne se sent aimée par personne quand elle croise la route de Suzanne, qui la fascine par sa liberté, par sa vie hors normes et elle atterrit rapidement au ranch. Russel, « le gourou », du groupe, détecte la tristesse en elle et lui fait passer une série de tests dont elle est tout à fait consciente. Je me suis demandée d’ailleurs si cette distance et cet esprit critique qu’elle conserve vis à vis du ranch est le regard de la jeune fille de 14 ans ou celui de la femme qui se replonge dans ses souvenirs après le premier chapitre du livre, le roman jouant avec les flash back.

Est ce parce qu’Evie est plus fascinée par Suzanne que par Russel qu’elle réussit à garder un pied en dehors du ranch et du dénouement macabre ? ou est ce que le destin tient parfois à un fil ?

Si le mystère entourant le ranch et le groupe reste quasi entier (c’est peut être plus le sujet de California Girls de Simon Liberati, que j’ai prévu de lire), The Girls est un  portrait d’adolescente très réussi où toutes les sensations (et en particulier les odeurs sans cesse soulignées) semblent démultipliées.

Ce n’était pas que j’étais incapable de me remémorer ma vie avant Suzanne et les autres mais elle avait été limitée et prévisible, les objets et les gens occupaient leurs espaces restreints. Le gâteau jaune que ma mère confectionnait pour les anniversaires, dense et glacé quand il sortait du freezer. Les filles à l’école qui déjeunaient à même le bitume, assises sur leurs sacs à dos renversés. Depuis que j’avais rencontré Suzanne, ma vie avait pris un relief tranchant et mystérieux, qui dévoilait un monde au delà du monde connu, le passage caché derrière la bibliothèque. Je me surprenais à manger une pomme et une simple bouchée humide pouvait provoquer en moi un sentiment de gratitude.

Filles des oiseaux de Florence Cestac

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Changement total d’ambiance avec Filles des oiseaux, dernière bande dessinée de Florence Cestac qui raconte ses années d’adolescence dans le pensionnat des oiseaux tenu par des soeurs à Honfleur dans les années 60. Fille des oiseaux est l’histoire de la rencontre entre deux jeunes filles venant de deux mondes totalement opposés et de leur amitié. L’une (Florence Cestac) est fille de paysans et vient du coin. L’autre est riche, habite à Neuilly et a déjà beaucoup voyagé.

Ce qui les réunit ? l’ennui et un esprit de rébellion face à un corps enseignant qui leur apprend à être avant tout une bonne épouse et à savoir tenir une maison et qui maintient ses jeunes femmes dans l’ignorance sur tout ce qui concerne leur corps.

50 ans plus tard, l’humour et les personnages à gros nez de Florence Cestac nous rappellent (si besoin était ) que la liberté du corps des femmes est toujours à réaffirmer.

Girls, saison 5

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Pendant mes séances de vélo d’appartement, je regarde des séries et en attendant les saisons 2 de Borgen et de Dowton Abbey commandées à la bibliothèque de mon quartier (et arrivées en même temps )), je suis tombée sur la saison 5 de Girls. La précédente saison m’avait déjà peu convaincu mais là Hannah, personnage que j’arrivais à trouver attachante malgré son nombrilisme récurrent jusqu’à présent, a été trop loin dans la vulgarité, le cynisme. Pour moi, elle n’est même plus drôle. Reste que la bande son est toujours aussi bonne et que le dernier épisode est largement supérieur aux autres réussissant même à émouvoir.

Bridget Jones Baby

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Ce qui m’avait plu chez Hannah c’était son côté « girl next door » comme disent les américains, mais la vraie girl next door, la fille qui a des kilos en trop, des vergetures et des bourrelets. J’ai du vieillir car finalement je me trouve plus proche de Bridget Jones même si dans le dernier opus, Bridjet Jones Baby, celle ci affiche une ligne sans un gramme de trop.

Le souci avec les suites est qu’elles sont rarement au niveau des premiers volets. Le fameux « on prend les mêmes et on recommence » ne suffit pas à créer une bonne histoire. Bref j’avais peur d’être déçue, d’autant plus que des scènes comme celle de la gaine, de la chanson avec la brosse à cheveux ou celle dans laquelle Hugh Grant et Colin Firth se battent, sont « mythiques » pour moi.

En plus, au casting, plus de Hugh Grant remplacé par Patrick Dempsey (pas dans le même rôle mais dans celui d’un des pères potentiels du futur bébé de Bridget Jones à la grossesse « gériatrique »).

Et bien oui j’ai marché, j’ai même couru parce que Bridget Jones est telle qu’on l’avait laissé quelques années plus tôt : drôle, incroyablement gaffeuse, reine de la prise de tête. Mark Darcy est toujours aussi classe (oui j’avoue que je préfère son élégance britannique au charme américain) même s’il est un peu trop rigide, froid et pince sans rire et qu’on aimerait qu’il se décoince un peu parfois.

J’ai ri car les dialogues sont percutants (mention spéciale à la gynécologue jouée par Emma Thompson qui est excellente ), car les situations cocasses ne manquent pas sans que cela soit « déjà vu ». Et puis ce serait malhonnête de ne pas l’évoquer, il y a ce petit côté romantique, peut être un peu gnan-gnan pour certains mais qui ne me déplait pas quand il est mêlé à l’humour comme dans ce troisième volet.

Je vous ai dit en commençant ce billet que je ne croyais pas aux histoires de filles pour les filles, je ne suis néanmoins pas certaines que les hommes soient aussi réceptifs à cette histoire que toutes celles qui se sentent un peu des Bridget Jones ; )

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Récemment j’ai discuté avec un célibataire sur la difficulté de rencontrer quelqu’un, passé un certain âge, quand on ne veut pas sortir avec un collègue de bureau (ou que cela serait délicat car on a un rapport de hiérarchie), que le temps des études est révolu et que tous les amis semblent être en couple.

Pourtant dans les films, on a l’impression que l’on peut rencontrer quelqu’un n’importe où et parfois au moment où l’on s’y attendrait le moins :

-Dans un train, comment ne pas penser à la superbe scène dans le dernier film Almodovar, Julieta ou bien encore à la rencontre entre Julie Delpy et Ethan Hawke dans Before Sunrise -il l’a convainc même de descendre du wagon pour passer la journée à Vienne avec lui ou à l’échange de regard intense entre Emmanuelle Devos et Gabriel Byrne dans Le temps de l’aventure

-Dans une cabine de téléski, lui mangeant une barre de chocolat barbouillé de baume pour les lèvres, elle impeccable alors qu’elle était engoncée l’instant d’avant dans 3 couches de vêtement dans L’étudiante (« je pleure pas c’est la pluie / faut pas tuer les instants de bonheur, Valentine, faut pas/ tu cites Baudelaire maintenant », soeurette cet extrait est pour toi ))

– Sur un paquebot, même si l’histoire tombe à l’eau

– Dans une librairie (vous en connaissez beaucoup vous des libraires avec l’accent et le charme de Hugh Grant ? Si oui, je veux bien les adresses ))

– Devant un aquarium sur une musique de Desree dans Roméo et Juliette

– A l’autre bout du monde dans Un + Une de Claude Lelouch

– Dans le métro dans Clara et Moi mais aussi dans Jeanne et le garçon formidable

– Sur internet dans Vous avez un message même si l’histoire ne dit pas s’ils sont sur un site de rencontres comme Parship

– Plus classiquement, en boîte de nuit dans Mon Roi

-En préparant un concours de danse dans Happiness theray

– Dans les quartiers nord de l’Estaque dans Marius et Jeannette (que j’ai choisi en photo de Une, clin d’oeil à mes grands parents paternels)

– Devant le miroir dans Pas son genre

– Dans une sandwicherie de la gare du Nord dans Les deux amis

-Dans un commissariat dans Maintenant ou Jamais

– Dans un cours d’informatique pour retraités dans Les beaux jours

– En jouant au garde du corps dans l’Arnacoeur

– Dans une chocolaterie dans Les émotifs anonymes

-Dans un magasin de jouets dans Carol

-Dans un cottage, au fin fond de la campagne dans The Holiday

– En cherchant son chemin dans La route de Madison

et je vous laisse compléter cette liste …le cinéma serait il plus inventif que la réalité ?

Crédit photo : diaphana diffusion

Espionnage, drame social et intimiste, histoire d’adultère ou destin de grand homme, voici un petit debriefing sur les 4 dernières séries que j’ai vues récemment :

Le Bureau des Légendes saison 2

Je commence par le gros gros coup de cœur (non ce n’est pas une faute de frappe, c’est mieux qu’un gros coup de cœur )) avec la saison 2 du Bureau des Légendes que j’ai trouvée encore mieux que la saison 1. J’ai suivi tous les épisodes, quasi cramponnée à mon canapé, en me demandant comment Marina Loiseau, Sisteron ou Malotru allaient se sortir de leur situation respective.

Pour rappel, Le Bureau des Légendes est une plongée dans les coulisses du contre-espionnage et s’il faut un petit temps d’adaptation pour comprendre les différentes intrigues et codes du milieu, une fois qu’on est dedans, il est très dur de décrocher. J’aurais pu regarder tous les épisodes les uns à la suite des autres mais pour moi, une partie du plaisir, lorsque je regarde une série, réside dans l’attente et dans le suspense qu’on décide de faire durer un peu plus longtemps en n’enchaînant pas plus de deux épisodes.

Mathieu Kassovtiz est excellent dans cette saison 2, incarnant un homme qui semble jouer sur un jeu d’échecs géant avec toujours au moins un coup d’avance sur ses adversaires ou ses collègues. Si j’ai frissonné plus que dans la saison 1, c’est peut être parce que toutes les scènes sont remarquables de réalisme que l’action se passe en Syrie ou dans les bureaux parisiens de la DGSE, on n’a pas une minute l’impression de voir un décor de studio.

Détail pour la plupart d’entre vous mais Mathieu Demy (que je trouve charmant) s’ajoute à un casting sans fausse note : Florence Loiret-Caille sous son apparence « brut de décoffrage » laisse entrevoir sa sensibilité, Darroussin montre scène après scène les ambiguïtés de son personnage, Céline Delorme en fausse candide permet de dévoiler une nouvelle facette de son collègue Malotru.

Au fil des épisodes de cette saison 2, le doute s’est insinué dans mon esprit quant aux motivations de chacun, faisant écho au doute très présent dans la vie de ces agents secrets qui se méfient de tout et de tout le monde.

Quand à la dernière scène, elle m’a soufflé par son rebondissement inattendu et par son romanesque  (le personnage de Nadia est plus que jamais central) et vous comprendrez mon jeu de mots en découvrant cette saison 2 du Bureau des Légendes.

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Happy Valley

Attention série noire sans humour et sans beaucoup d’espoir bref peut être pas la série dont on a envie pour se détendre pendant l’été. Le titre serait il mensonger ? non Happy Valley désigne une zone du Yorkshire appelée ainsi par la police parce qu’elle est ravagée par le trafic de drogue. Dans cette série, on suit la vie d’une flic, Catherine Catwood, qui se retrouve à enquêter sur un enlèvement lié à son passé (mais bien entendu elle ne le découvre pas tout de suite).

La réussite de la série tient beaucoup à son personnage principal qui incarne non pas une super héroïne (elle a plus de 40 ans, elle n’est pas un top model) mais une femme à la fois battante et faillible, pleine de colère mais bouleversante. Happy Valley est aussi le portrait d’une Angleterre des laissés pour compte sans tomber dans le misérabilisme.

Mon seul bémol tient au personnage du méchant Tommy (James Norton) qui est vraiment très très méchant et manque un peu de nuances pour moi.

Je ne veux pas en dire trop mais au delà de l’intrigue, Happy Valley pose de vrais questions sur le deuil, la parentalité, sur ce qu’on est prêt à faire pour assurer l’avenir de ses enfants.

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Dr Foster

Je me demande si les critiques de série ne sont pas plus indulgents (ou bienveillants) que les critiques ciné (la différence tient peut être tout simplement au fait qu’un tri s’opère entre la production et ce qui arrive en France mais aussi par le fait que les critiques de ciné et les critiques de série ne sont pas les mêmes personnes) car j’ai rarement lu de papiers descendant en flèches une série.

Les articles que j’avais lus sur Dr Foster étaient même plutôt bons et c’est en partie pour cette raison que je me suis laissée tenter par l’histoire de cette femme médecin qui découvre un jour que son mari a une liaison. Sur le thème des relations extraconjugales, j’avais comme modèle la très bonne série The Affair (dont je n’ai pas encore vu la saison 2) et la comparaison n’a pas tenu la route un seul épisode. Plusieurs fois j’ai eu le sentiment de regarder un (mauvais ?) téléfilm avec un personnage de mari que j’ai trouvé vraiment niais et plat (regard d’une huitre) (on se demande rapidement ce que sa femme comme sa maitresse aimaient chez lui).

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Wolf Hall

Malgré les éloges que j’ai pu lire au sujet de cette série qui retrace l’ascension de Thomas Cromwell, malgré la « photographie » très George de la Tour (ou plutôt Caravage parait il)  malgré le jeu de Mark Rylance, je suis passée à côté de Wolf Hall.

Je serais peut être rentrée dans cette intrigue si j’avais eu les connaissances suffisantes sur l’histoire de l’Angleterre des les années 1530 mais là je me suis sentie complètement paumée, noyée, ne comprenant pas les intrigues et les jeux de pouvoir de cet homme que le réalisateur a voulu réhabiliter en en donnant une vision beaucoup plus complexe que dans les livres d’histoire.

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Et vous, une série coup de cœur en ce moment ?

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Laissez moi encore un peu sur mon petit nuage, celui sur lequel Benjamin Biolay m’a déposé vendredi soir lors de son concert aux Nuits de Fourvière. Je n’ai d’ailleurs pas vraiment quitté l’amphithéâtre depuis,  les albums de Benjamin Biolay tournant sur ma platine.

Le dernier album de Benjamin Biolay, Palermo Hollywood, à la fois si différent des cd différents avec ce voyage en Argentine aux allures de bande son ciné et si « Biolayen » dans l’écriture et dans la puissance mélodique, je l’avais écouté un paquet de fois déjà mais il a pris toute son ampleur sur scène à Fourvière.

Il faut dire que le chanteur lyonnais n’a pas fait les choses à moitié : pas moins d’une vingtaine de musiciens sur scène (dont une grande partie argentine), une section de cordes, violon, violoncelle, contrebasse dirigée par un chef d’orchestre, une chanteuse lyrique et un ténor, des invités (Chiara Mastroianni pour des duos plein d’élégance; Melvil Poupaud) , des jeux de lumière magnifiant l’ensemble. J’imagine que la maison Barclay appréhendait autant que les spectateurs que la pluie ne s’invite et gâche cette soirée qui restera gravée dans les mémoires (à part une averse avant de rentrer dans les arènes, il y aura à peine quelques gouttes).

Quand Benjamin Biolay arrive sur scène et prononce les paroles de Palermo Hollywood, je me souviens que c’est, assise sur ces mêmes gradins, il y a quelques années, que j’ai eu un coup de foudre musical pour lui. J’étais venue l’écouter sans le connaitre vraiment. Après le concert qui avait été comme une révélation, j’avais acheté tous ses disques.

Je ne vais pas vous faire un compte rendu chanson par chanson, je n’ai pas le talent d’un chroniqueur musical et je ne suis pas sûre que ce soit très intéressant. J’ai savouré le plaisir d’entendre Miss Miss  et la débandade dans ce lieu si particulier, j’ai eu envie de danser sur Palermo Queens alors que la chanteuse Sofia Wilhemi avec ses mouvements chaloupés faisait grimper la température des arènes de quelques degrés.

Le premier moment de grâce est venu (pour moi) avec Pas sommeil (écoutez la je vous en supplie, cette chanson est magnifique !) sublimé par la réorchestration et par les envolées des cordes.  Difficile de l’expliquer mais cela a été comme une déflagration émotionnelle. Je crois qu’à ce moment là j’ai regardé l’amie que j’avais retrouvé sur place et qu’on s’est regardé comme pour vérifier si l’autre avait ressenti la même émotion avec la même intensité. Sourire ébahi sur nos visages.

Après la très belle Ballade française, dernier titre de l’album Palermo Hollywood, Benjamin Biolay a chanté les Cerfs Volants et raconté (avec une voix qui est une pub vivante pour ne pas arrêter la cigarette !))  l’histoire de cette chanson à laquelle personne ne croyait à part lui,  Thierry Plannelle et Hubert Mounier, disparu récemment. L’hommage qu’il lui a rendu en revisitant quelques uns de ses titres, a été l’occasion de découvrir qu’au delà de Chic Planète et Tout mais pas ça, Hubert Mounier était un mélodiste de talent. J’ai fait un bon en arrière avec Mobilis in Mobile et j’ai trouvé très émouvante son interprétation du très beau titre Loin.

Et puis Benjamin Biolay m’a mise KO en se mettant au piano pour Ton héritage, La Superbe ou la moins connue mais tout aussi puissante Négatif (avec une voix plus grave et sensuelle qu’à l’époque de la sortie de cette chanson).

Benjamin Biolay jouait à domicile comme on dirait dans cette période « foot », il a quitté la scène, après quasiment 2h30 de concert, avec Lyon Presqu’île, dernière fusée dans ce feu d’artifice. J’aimais déjà ses textes et ses musiques, sa façon de parler d’amour, sa mélancolie, sa voix, son côté entier, vendredi soir, aux Nuits de Fourvière, Benjamin Biolay a révélé toute sa superbe.

crédit photo : M. Augustiniak

 

Parfois en lisant des critiques de films ou de livres, j’ai un léger malaise : j’ai l’impression de lire une personne qui n’aura jamais le 10ème du talent du gars qu’elle descend en flèches et qui « se venge » à coups de phrases assassines. Je n’ai pour ma part pas la prétention de vous proposer des critiques littéraires ou culturels.  A chaque fois que je parle d’un roman ou d’un film, j’essaie plutôt de traduire pourquoi cela m’a plu (ou pas ) et quelles émotions cette création a suscitées.

Au cours d’une même semaine, j’ai fini une série, ai été deux fois au cinéma et lu un roman d’où le titre oh combien peu accrocheur de ce billet : )

Bloodline : sous le soleil ..de Floride

©-Bloodline-Netflix-9

La série Bloodline m’a été conseillée par un instagramer lyonnais qui magnifie la ville à chaque photo qu’il poste (@_yavin) et que j’apprécie, sans le connaitre autrement que par écran interposé, parce qu’il me semble beaucoup moins râleur/ ronchon/ « critiquant tout le temps » à la mode twitter que pas mal de monde.

J’ai mis un peu de temps à vraiment rentrer dans l’histoire de la famille Rayburn (la famille dont il est coutume de dire que c’est la valeur sûre où se ressourcer, se reposer quoiqu’il arrive). Tout semble aller en effet pour le mieux dans les Keys (dans le sud de la Floride), les affaires prospèrent. La famille Rayburn est propriétaire d’un magnifique complexe hôtelier dans un décor à priori paradisiaque et fait figure de notables locaux quand le vilain petit canard de la famille, Danny, décide de revenir parmi les siens.

Le spectateur sait dès le départ que cela va très mal finir (construction en flash-back) mais tout l’enjeu est de savoir comment cette famille a priori bien sous tous rapports en arrive à cette fin violente. Petit et petit sont révélés les secrets et les cicatrices de ce petit monde dont l’équilibre semble soudain bien précaire.  Comme dans toute bonne série, chacun des personnages gagne en épaisseur : John écorne au fil de la saison son image de gendre parfait; Danny est tour à tour inquiétant, inspirant une certaine pitié, cinglé et terriblement lucide.

La tension monte tout doucement (personnellement j’ai vraiment accroché à partir de l’épisode 3) alors qu’on savoure de plus en plus la qualité d’interprétation des différents acteurs et les paysages à la fois très photogéniques et effrayants.

« Nous ne sommes pas de mauvaises personnes, nous avons juste commis une mauvaise action… » John Rayburn

Julieta : portrait de mère

Il y a des réalisateurs auxquels je suis fidèle quelque soit l’accueil que reçoit leur film et c’est le cas de Pedro Almodovar  parce que j’ai toujours été embarquée dans la façon dont il raconte des histoires et que j’aime le regard qu’il pose sur les femmes. Dès les premières images du générique de Julieta, on sait qu’on est dans son univers avec le rouge de ce peignoir qui flotte derrière le nom des acteurs, actrices et participants au film, ce rouge passion, ce rouge sang, ce rouge violent.

Pas de personnages excentriques cette fois, pas d’humour (est ce ce qu’on lui reproche ?), mais un drame, celui d’une mère Julieta, qui  » a perdu » sa fille depuis 12 ans, ne sachant même pas où cette dernière habite. J’ai peut-être un degré d’empathie proche du pathologique mais pendant 1h30 Julieta c’était moi et je suis ressortie de la salle avec les yeux d’un lapin ayant la myxomatose.

Il y a des scènes de film dont on se souvient toute sa vie : celle de la rencontre amoureuse dans le train en fera sans aucun doute partie (pourquoi dans la vraie vie on se retrouve assis à côté d’un gars qui déballe un sandwich au pâté 5 minutes à peine après le départ du train plutôt que de tomber sur un beau pêcheur espagnol ?)), celle où l’enfant devient le parent de son propre parent (surtout lorsqu’on l’a vécu) est très forte aussi.

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Je n’ai pas compris les avis au mieux tièdes sur Julieta alors qu’il y a une telle maîtrise de la chronologie (Almodovar nous balade entre flashback, accélérations et ellipses), cette façon de construire cette histoire (inspirée de 3 nouvelles d’Alice Munro) comme un puzzle où chaque scène a son importance à posteriori.

Peut-être que ce film est trop noir (mettant en exergue la fragilité des liens entre les personnes et une vie rongée par la culpabilité et par la perte) pour susciter le consensus mais j’ai beaucoup aimé sa beauté triste.

Cafe Society : faussement sucrée

Le dernier film de Woody Allen, Cafe Society, est beaucoup plus léger (qualifié par certains de friandises, il n’a pas le cynisme de L’homme irrationnel) et beaucoup plus drôle que Julieta. Là encore j’ai eu l’impression de retrouver un vieux ami dès les premières notes de jazz du générique et ici sous les traits de Jesse Eseinberg dont la gestuelle, les postures, le phrasé ne peuvent qu’évoquer le réalisateur.

Certes Cafe Society se passe entre Hollywood et New York dans les années 30, ce qui lui donne une ambiance très glamour, certes Woody Allen nous dresse une galerie de portraits réjouissants entre le frère gangster, les parents qui passent leur temps à s’invectiver, le beau frère, certes les dialogues fusent et percutent, certes il s’agit (encore ?) d’un chasse croisé amoureux mais sous ces apparences badines, il y a toujours l’idée qu’on n’est jamais vraiment heureux .

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« J’ai un public de déprimés fidèles »,   Woody Allen.

Les petites consolations : un roman choral post 11 septembre

Eddie Joyce était avocat et avait peut-être la plume qui le démangeait énormément. Un jour il a décidé de se lancer et il a écrit un roman choral retraçant l’histoire d’une famille italo-américaine et traduit dans une dizaine de langues (peut-être qu’il a mis 10 ans à écrire ce livre mais ça me fait quand même « rêver »).

Je suis désolée pour ceux et celles qui me lisent depuis quelques années et vont avoir le sentiment que je radote sérieusement mais j’ai un gros penchant pour les romans choraux, ceux qui nous plongent dans l’histoire d’un groupe (finalement comme dans une série).

Le point de départ Des petites consolations est la mort de Bobby, lors des attentats du 11 septembre. Quelles répercutions a t-elle eu sur les membres de la famille? Alternant les voix qui portent le récit (et réussissant ainsi à le rendre addictif), Eddie Joyce entre dans l’intimité de chacun, s’interrogeant sur la façon dont on vit le deuil et comment on « poursuit » sa route. De Gail, la mère (un des personnages les plus attachants, « mains froides, coeur chaud ») à Tina, sa femme en passant par Peter, l’auteur dresse une galerie particulièrement réussie.

Malgré quelques passages moins réussis, on sent combien Eddie Joyce aime ses personnages (tout comme Pedro Almodovar et Woody Allen) et c’est pour cela qu’on n’a pas envie de les quitter.

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