Tout ce qui est solide se dissout dans l’air : un roman choral en Russie soviétique

Les tenues de la rentrée ont été soigneusement choisies par les protagonistes, les cartables sont déjà dans l’entrée (combien de fois seront ils oubliés cette année ? that’s the question )), les mots maitresse, copains à retrouver, cantine reviennent régulièrement dans leur conversation. Ma mission demain matin sera de rester digne, l’œil sec, mes lunettes de soleil seront mes meilleures amies (oui même s’il pleut, les autres penseront juste que je me la raconte un peu) en accompagnant la Miss pour son premier jour de CP.

Je ne sais pas qui dormira la mieux cette nuit, entre elle et moi. J’ai la chance de pouvoir piocher dans ma pile de livres à lire pour m’aider à m’endormir mais avant de m’engouffrer dans une nouvelle histoire, j’avais envie de partager ma dernière lecture, Tout ce qui est solide se dissout dans l’air de Darragh McKeon (elle est alambiquée cette accroche n’est ce pas ? )

On ne peut pas dire que le titre soit particulièrement parlant ou attractif (d’ailleurs j’ai beaucoup de mal à m’en souvenir …je vais peut-être envisager une cure de gelée royale tiens), je n’avais jamais entendu parler de l’auteur étant donné que c’est son premier roman. L’auteur est irlandais et il est chaudement conseillé par Colum McCann mais cette pratique qui consiste à convoquer un autre écrivain (c’est écrit dans leur contrat ? « dans l’année tu recommanderas deux ou trois auteurs de la même maison édition que la tienne ») étant plutôt courante, je me demande de plus en plus si on doit y porter du crédit.

Ce qui m’a donné envie de lire ce livre plutôt qu’un autre tient au fait que l’intrigue se déroule quelques jours avant le 26 avril 1986, date de l’accident de Tchernobyl puis pendant et après et que c’est un évènement peut-être peu traité dans la littérature. En tous cas, je n’avais rien lu de romanesque sur le sujet jusqu’à présent.

Le livre s’ouvre sur 4 chapitres installant 4 personnages dont la vie va être touchée par la catastrophe à différents niveaux : Evgueni, petit prodige de 9 ans qui vit à Moscou dans un minuscule appartement et qui, pour ne pas déranger les voisins, joue du piano en silence ; Maria sa tante qui travaille dans une usine et donne des cours le soir; Grigori, un chirugien qui se perd dans son travail pour oublier son ancienne femme..qui n’est autre que Maria; Artiom, un jeune garçon qui vit à la campagne et qui observe dès l’aube d’étranges phénomènes dans la nature et qui sera soigné par Grigori.

On trouve dans ce roman tous les ingrédients qui m’importent : la petite histoire mêlée à la grande, des personnages qu’on apprend à connaitre et qu’on suit sur plusieurs années (sans que les personnages secondaires ne soient sacrifiés d’ailleurs, beau portrait par exemple de la mère d’Artiom), une façon de décrire la nature aussi bien à travers le froid qu’à travers cet accident nucléaire assez précise et sensible pour qu’on se sente transporté dans un pays où l’on a pourtant jamais mis les pieds.

Tout est ce qui est solide se dissout dans l’air décrit aussi un système où chacun espionne son voisin, où chacun peut vite être vu comme suspect ou traitre au régime, un  système écrasant, oppressant dont il est difficile de s’échapper.

(challenge 1% de la rentrée littéraire 2015)

4 commentaires
  • Evelyne
    août 31, 2015
    Il m’intéresse pour les mêmes raisons que toi, je vais attendre un peu mais j’aimerais le lire ! Bisous Virginie et bonne rentrée aux enfants bien sûr mais à la Maman sûrement :))
  • angelita
    septembre 1, 2015
    Lu également et je trouve que l’histoire est très bien traitée
  • Estelle QuileutCuit
    septembre 1, 2015
    Le descriptif que tu donnes me fait penser à Une Exécution Ordinaire de Marc Dugain que j’avais beaucoup aimé ! bonne Rentrée !!
  • lalydo
    septembre 2, 2015
    Tous les ingrédients sont réunis pour me plaire. A noter 🙂

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