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séjour gastronomique

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Juste à côté de Grignan (magnifique village où vécut la comtesse de Sévigné et sa fille et dont on entend parler aujourd’hui entre autres pour son festival de la Correspondance), se trouve le Domaine de Montine. C’est là que nous avons rencontré une jeune femme passionnée par son métier, Mélina Monteillet (et en entendant son prénom, le jude box qui me sert de cerveau a entonné un petit air de Claude François). Elle a tenu à nous faire découvrir tous les vins du domaine…enfin tous, peut-être pas mais un nombre impressionnant. C’est pas glamour mais dans ces cas là, mieux vaut cracher si vous voulez arriver fraîche et intacte jusqu’au bout de la journée.

Comme je n’ai pas pris de notes (pas facile avec un verre dans la main) et que j’ai une mémoire de poisson rouge, je vais avoir du mal à détailler chaque nectar. Ma préférence va toujours aux vins rouges quelque soit la qualité du blanc mais Gourmandises, assemblage de 6 vins, est très agréable et probablement parfait avec un petit chèvre (un picodon par exemple). Comme Mélina (si Claude François pouvait la mettre en sourdine deux secondes..) avait pensé à tout, elle a  proposé en accompagnement des vins, des toasts d’olivade noire et surtout de crème de champignon aux éclats de truffe et parmesan dont vous me donnerez des nouvelles si vous avez l’occasion d’en goûter (j’en ai ramené un pot que j’ai soigneusement planqué histoire qu’il ne soit pas descendu bêtement un soir de grande fringale en rentrant du boulot…non non je ne ne vise personne).

La grande découverte de cette visite a été le Rouge (vin de liqueur) dit Vintage qui est sucré (oui moi aussi j’étais dubitative jusqu’à la première gorgée) et qui est une petite merveille avec un dessert au chocolat. Mélina nous en a même offert une bouteille devant l’enthousiasme général (là encore je la garde pour une occasion un peu spéciale ).

Après cet apéritif, nous avons repris la route direction St Paul Trois Châteaux. Dans la voiture, j’ai eu la frayeur de ma vie en ne retrouvant pas mon appareil photo dans mon sac à main. Comme pas mal de femmes, je suis convaincue régulièrement d’avoir perdu mon téléphone portable, les clefs de la maison, mon agenda et suis obligée de retourner intégralement son contenu pour trouver ledit objet. Cette fois, j’avais eu la stupide idée de déposer l’appareil photo, qui est un peu une excroissance, précisons-le, dans le siège auto enfant à côté de moi.

A peine le temps de me remettre de mes émotions, et nous voilà devant le restaurant de Cédric et Cathy Denaux, L et lui (le nom signifiant elle jardine, il cuisine les plantes aromatiques du jardin…mais aussi celles qu’il va ramasser chaque jour dans la nature pour le déjeuner et le dîner).

Ici vous choisissez le nombre de plats,on vous demande ce que vous n’aimez pas (au-delà des dégoûts les plus communs, êtes vous plus viande que poisson? pouvez vous supportez la vue d’un chou de bruxelles…moi pas ) mais vous ne choisissez pas le menu et vous découvrez au fur et à mesure du repas ce que le chef a préparé selon le marché, l’inspiration, ce qu’il a cueilli.

Bon j’avoue que quand j’ai vu débouler la mise en bouche, j’étais un peu déconcertée. Je me suis concentrée pour noter la composition de l’assiette et l’ordre dans laquelle il était conseillé de la déguster. Il s’agissait donc d’un kéfir ( avec piment d’espelette, fleur de sel, graines de nigel ) à marier avec la mauve (en bas à gauche), la bourrache (la grosse feuille dans l’assiette..je trouve le nom de rigolo, ça pourrait renouveler les insultes « non mais quelle bourrache cette fille !« , enfin bon je m’égare), la capucine (en haut à droite), le fenouil sauvage pour finir avec l’oignon nouveau.

L’entrée était une salade de roquettes, agastache, bourrache (encore elle) et ravioles de Royans à la vinaigrette carottes / courgettes crues marinées, accompagné d’un pain maison au petit épeautre absolument délicieux.

Puis vint le merluchon (chon chon..n’empêche qu’en vrai j’ai été voir sa tête sur google images et à mon avis faut pas le traiter de bourrache) servi avec des panais, une crémeuse de carottes, une vinaigrette à la bourrache et graines de lin. C’est ce qui m’a le moins emballé, l’ensemble était un peu fade pour mon palais (et j’étais en manque de féculents…oui je sais c’est grave ).

A l’heure du dessert, j’étais impatience de savoir comment le chef allait utiliser les herbes aromatiques. Quand Cathy a présenté : fausse panna cotta au potimarron et périlla (persil japonais utilisé dans les sushis) servie avec un sorbet paco aux coings, j’ai pensé que cela n’allait pas avoir un goût énorme. J’avais tort : le potimarron cuit dans le miel et préparé avec du lait d’avoine, de la crème et de l’agar agar était vraiment très bon. J’ai apprécié également la texture moins élastique que bien des panna cotta. Le sorbet était excellent.

 C’est donc en beauté que s’est terminée ce séjour gastronomique dans la Drôme Provençale que je vous invite à découvrir si vous ne connaissez pas ce coin de France riche en villages perchés charmants, artisanat et produits du terroir. Pour les lyonnais et lyonnaises qui liraient ce billet, sachez que des producteurs Drômois seront présents sur le Marché des Saveurs le 9 novembre place Bellecour, l’occasion de remplir vos placards/ paniers de bons produits.

Un grand merci à Isabelle Grégoire et Célia Tripot du Comité d’Expansion Touristique et Economique de la Drôme Provençale et à Pascale Junique pour leur accueil et pour ce séjour très gourmand !

Adresses :

Domaine de Montine
La Grande Tuilière
26230 Grignan

L et lui
2 rue Charles Chaussy
26130 St Paul Trois Châteaux

 

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