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Il y a des livres qui donnent envie de boucler ses valises, d’acheter un billet d’avion pour s’envoler sur les lieux du roman…c’est ce que j’ai ressenti en lisant Les sortilèges de Cap Cod (Connecticut), le Cap étant l’endroit où Jack Griffin passait tous ses étés enfant et où il revient au début du livre pour assister à un mariage. Ce qui s’annonçait comme un week-end enchanteur tourne vite au désastre : il sonne la fin du couple pour Jack qui se trimballe avec les cendres de son père dans le coffre de sa voiture sans jamais se décider à les disperser. Retourner sur des lieux que le temps a embelli c’est prendre le risque de rouvrir de vieilles blessures et réaliser que la vie est parsemée de désillusions.

Si dans un premier temps l’apathie du héros ( qui semble laisser les autres choisir pour lui ) peut agacer, il faut laisser le temps aux personnages de gagner en épaisseur : ils ne sont ni formidables ni ignobles, ils sont la somme d’une multitude de petites imperfections qu’on déteste ou qu’on aime tour à tour.

Qu’est-ce qu’on transmet à ses enfants? qu’est-ce qu’on retient de ses parents à l’inverse? en quoi l’image que l’on se forge d’eux est proche de la vérité? Comment mener sa vie d’adulte en s’affranchissant de l’idée de faire plaisir à son père, à sa mère? Ces thèmes prennent toute leur puissance dans la dernière partie du livre, quand l’émotion l’emporte sur l’humour que Richard Russo manie par petites touches.

L’auteur a écrit ce roman, apprend-on dans les remerciements, juste après la mort de sa mère….loin d’une hagiographie, un bel hommage.

Edit : si tu manques d’idées lecture, je t’invite à venir faire un tour sur le groupe Nos piles à lire en 2011 initié par Pivoine.

(livre lu dans le cadre du challenge 1% littéraire)

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