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rentrée littéraire 2014

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Ce n’est pas que je radote (enfin si peut-être un peu ) mais j’ai souvent cité le nom d’Olivier Adam sur ce blog. Rentrée littéraire ou pas, il fait partie des écrivains dont j’attends le prochain roman avec une impatience et la légère crainte qu’il ne soit pas aussi réussi que le précédent. Fidélité et pointe d’appréhension. En plus j’avais beaucoup aimé Les lisières, double portrait d’une famille et d’un pays (mais je pourrais citer aussi Les vents contraires, Passer l’hiver, Le cœur régulier entre autres qui ont toujours la même justesse dans la description aussi bien des sensations que des sentiments et de toutes ces situations bancales que vivent des personnages qui ne sont jamais des héros et auxquels on s’attache forcément). Je me souviens avoir été incapable de lire quoique ce soit pendant un certain temps après avoir refermé Les lisières parce que j’avais envie de rester encore dans cette histoire, je ne voulais pas passer à autre chose trop vite.

Je ne connais pas Olivier Adam, je n’ai jamais regardé d’émission où il était invité, je préfère rester avec l’image que je m’en suis dessinée, sûrement très loin de la réalité, à travers ses fictions et son « je » récurrent. Justement dans Peine perdue, il abandonne la première personne et choisit de raconter son histoire à travers le regard, la voix de toute une galerie de personnages. Lui qui m’emmenait vers Saint Malo, il a aussi changé de décor (même si la mer est toujours très présente), direction la Côté d’Azur hors saison.

A travers 22 personnages, hommes et femmes, qui ont la force chacun d’exister avec leur propre histoire, l’écrivain tisse un roman choral fort et sombre. Il y a Antoine, jeune instable et joueur de foot qui n’a pas été plus loin que l’équipe locale malgré son talent à cause de son caractère, il y a Pierre et Hélène, ce couple âgé dont on ne sait pas très bien qui soutient l’autre, il y a Coralie qui cumule les mi-temps et qui au 15 du mois est déjà à découvert et puis aussi Serge, Delphine, Sarah, Jeff, Louise, Mélanie … Sous  la plume d’Olivier Adam, on sent le même amour pour chacun d’eux , la volonté de les comprendre sans manichéisme.

Alors qu’une tempête s’abat sur le littoral, tous ces destins vont se croiser, être liés et bouleversés par des drames. Malgré le changement de lieu, j’ai ressenti le même spleen et la même rage que dans les autres livres de l’écrivain et le plaisir de chercher indices et réponses aux mystères semés dans ce roman noir.

Alors il est comment le dernier roman d’Olivier Adam ? on retrouve les thèmes qui sont chers à l’auteur, ce portrait déjà esquissé d’une classe moyenne de plus en plus pauvre, cette écriture unique qui transforme chaque action la plus banale, la plus quotidienne, en un moment intense, romanesque mais auquel on croit.

J’ai lu dans une mauvaise critique que Peine perdue était trop (trop de drames, trop de désespoir..) pourtant à travers ses 22 personnages et ses 22 histoires (et une construction qui me laisse admirative), il n’a jamais été aussi souvent question d’amour, sous toutes ses formes (celui entre un homme et une femme à différents âges de la vie, celui d’un père à son fils et vice versa, celui d’une sœur à son frère …) que dans ce roman et ce n’est pas Peine perdue, loin de là, que de se plonger dedans.

Il était sur ma liste des 10 livres à lire spécial rentrée littéraire et dès les premières pages j’ai su que j’allais aimer le dernier roman de Joyce Maynard. L’homme de la montagne c’est celui qui, dans un coin de la Californie tout près de San Francisco tue les jeunes filles qui marchent, courent, pique-niquent ou s’aventurent seules dans une montagne, paradis des randonneurs et terrain des jeux de deux jeunes filles héroïnes du livre. L’histoire est racontée 30 ans après les événements, à travers les yeux de l’une d’entre elles, Rachel qui a 13 ans à l’époque.

Les victimes, retrouvées nues et dans la même position, se multiplient alors que l’enquête menée par le père des deux sœurs piétine. Le roman aurait pu être un bon polar mais il est bien plus que cela. Ce fait divers va bouleverser la vie des deux jeunes filles et c’est à travers ce prisme que Joyce Maynard nous parle de l’adolescence et de ses découvertes, tourments, contradictions, rêves, de ce balancement entre l’envie de s’amuser encore comme une enfant et la conscience que les choses changent, qu’une certaine innocence est en train de s’envoler.

Le drame bouscule aussi l’image qu’avaient Rachel et Patty de leurs parents. Ce père, aussi beau que Gary Grant et amoureux de toutes les femmes, perd de sa superbe face à un tueur en série qui lui échappe. Il est soudain faillible et imparfait. Cette mère, murée dans le silence, blessée par le départ de son mari, se révèle moins dure et moins détachée à l’égard de ses filles qu’elle ne le paraissait avant ce terrible été.

Formidable roman d’apprentissage, ode à l’adolescence et à une nature sauvage et magnétique,  L’homme de la montagne saisit avec psychologie et émotion les relations complexes entre les êtres. Non seulement je vous conseille de lire ce roman mais si comme moi vous aimez en savoir un peu plus sur le pourquoi d’un livre, poussez jusqu’aux remerciements qui donnent des détails sur la genèse du livre.

long week end

Du même auteur, j’ai lu et aimé Long week-end qui existe en poche.

(avec ce livre, je participe au challenge 1% de la rentrée littéraire)

 Même si j’ai déjà une pile de livres à lire vertigineuse, des titres notés un peu partout, des avis écoutés et lus qui m’ont donné envie de lire à mon tour, je ne peux pas m’empêcher de piocher dans la rentrée littéraire de nouvelles idées de lectures pour les mois à venir. En regardant les archives du blog, je me suis d’ailleurs rendue compte que c’était quasi une habitude, peut-être un réflexe d’ex-bibliothécaire. J’ai taillé dans le vif puisque parmi la déferlante de nouveaux et premiers romans, je me suis arrêtée à 10 titres pour cette rentrée littéraire 2014 :

 

rentree litt selection

Les romans français

Je lis assez peu d’auteurs français contemporains mais je ne rate jamais les livres d’Olivier Adam. J’ai déjà eu l’occasion sur le blog de parler du très bon roman Les lisières ainsi que du Cœur régulier. Changement de décor pour Peine Perdu, ce roman choral, puisque l’écrivain quitte Saint Malo pour la côte d’Azur (1). J’ai hâte de me plonger dedans.

Le royaume fait partie des livres dont toute la presse parle pour la rentrée littéraire 2014 (ce n’est pas forcément toujours bon signe, on est d’accord), cela a l’air assez érudit mais passionnant (en tous cas pour quelqu’un comme moi qui a une éducation religieuse quasi nulle). D’Emmanuel Carrère je n’ai lu qu’un roman qui m’avait par ailleurs beaucoup plu, D’autres vies que la mienne et je suis curieuse de voir comment il rend romanesque cette histoire des débuts de la chrétienté (2).

On reste dans le sujet avec L’Éducation catholique de Catherine Cusset. Voilà une femme écrivain dont j’ai apprécié l’auto-dérision dans Confessions d’une radine, La haine de la famille et le portrait de femmes dans Un brillant avenir… je l’ai quitté parcourant New York à vélo (New York, journal d’un cycle) et j’espère retrouver le grinçant de sa plume (3).

Marcus Malte a reçu le prix des lectrices Elle en 2008 pour Garden of love, un polar que je serais incapable de raconter aujourd’hui mais dans lequel j’avais pourtant aimé me perdre et qui me donne envie de lire son dernier livre Fanny et Freddie (4).

Les romans étrangers

Big Brother est le livre qui est actuellement sur ma table de chevet et dès les premières pages j’ai accroché. J’ai été marquée par Il faut qu’on parle de Kévin, l’histoire de cette mère (pas très maternelle) et de ce fils (pas attachant du tout) qui finit dans un bain de sang. La double vie d’Irina m’avait aussi beaucoup plu …on dit bien jamais 2 sans 3 non ? (5)

Je me rends compte que ma sélection est assez féminine car je suis très tentée aussi par L’homme de la montagne de Joyce Maynard (de cet écrivain, j’ai lu Long week-end) qui entraîne sur les pas d’un tueur en série et est construit comme un thriller (6).

Prières pour celles qui furent volées m’a intrigué par son titre et par sa couverture. L’histoire se passe au Mexique, dans une région désertée par les hommes, où il ne fait pas bon être femme mais où les personnages du roman se battent pour vivre. (7)

Mon goût pour les sagas me pousse naturellement à ajouter Nos disparus de Tim Gatreaux à ma sélection et de monter à bord du bâteau l’Ambassador sur le Mississippi dans les années 20.

polar

Les polars

Il manquait un ou deux polars pour m’accompagner dans mes insomnies et comme la maison d’édition Sonatine m’a réservé jusqu’à présent de bonnes surprises, que ce soit avec Avant d’aller dormir, Les apparences, Seul le silence, Les visages ou plus récemment L’oubli, j’ai choisi deux titres dans leurs nouveautés. Le retour a déjà un argument pour me plaire, l’intrigue se passe dans les Cornouailles. Quant à La traque, rien que la couverture me fait flipper …je suis sûre que c’est le genre de livres que je vais avoir du mal à fermer une fois commencé tout en frissonnant de peur.

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Ceux que j’ai déjà lus

C’est la quatrième année si je compte bien que je participe au challenge 1% de la rentrée littéraire organisée par Hérisson du blog Délivrer des livres. 1% sur 607 livres parus entre août et octobre, ça signifie 6 livres à lire et j’ai commencé avec des romans français dont, aucun malheureusement, ne me laissera de souvenirs impérissables.

J’aurais du apporter des fleurs d’Alma Brami est celui qui m’a le moins déplu. Ce roman s’attache à peindre le portrait d’un homme de cinquante ans, Gérault, aux bans de la société aussi bien professionnellement que sentimentalement. Quoiqu’il fasse, il a l’impression de ne pas être à sa place ou de ne jamais faire ce qu’il convient alors il imagine ce que pensent de lui les personnages qu’il rencontre et ce qu’il aurait envie de leur dire s’il ne se sentait pas comme emmuré dans son silence. De cette voix intérieure permanente, naissent quelques situations amusantes et une tendresse pour ce anti-héros qui évoque de manière lointaine un anti héros Houellebecquien.

Topologie de l’amour d’Emmanuel Arnaud raconte l’histoire entre un étudiant génie des mathématiques et une jeune japonaise, qu’il rencontre lors de ses études à Tokyo. J’ai du mal à  qualifier leurs relations d’histoire d’amour car le personnage principal, Thomas, a l’air plus enchaîné à elle par devoir, par volonté de se comporter selon un code d’honneur qu’il s’impose que par sentiment. Alors qu’un brillant destin s’offrait à lui, sa vie va dégringoler à partir du moment où il rentre en France avec Ayako. La partie la plus intéressante du livre pour moi est celle concernant le séjour de Thomas à Tokyo car à travers ses yeux, on découvre la culture japonaise et des coutumes bien particulières (même si je me suis demandée s’il n’y avait pas quelques naïvetés dans la vision imposée)..ensuite le couple s’enlise dans l’ennui, l’isolement, le racisme en semblant être comme anesthésié par leur chute et moi aussi le livre a failli me tomber des mains.

Molière à la Campagne d’Emmanuelle Delacomptée est-il vraiment un roman ou le récit d’une première année d’enseignement d’une jeune prof dans un lycée de campagne ? le niveau m’a paru tellement faible par rapport au mien il y a quelques années (je n’étais pas pourtant au lycée Montaigne à Paris) que je me suis demandée si tout était vrai ou si le trait n’était pas exagéré. J’ai trouvé ça drôle parfois (en particulier les pages sur l’IUFM qui parait complètement à côté de la plaque). J’ai trouvé aussi cela triste à pleurer, tous ces gamins nés dans des milieux pauvres et pour qui tout semble jouer d’avance. On sait déjà que l’école ne joue plus depuis longtemps son rôle d’ascenseur social (si tenté qu’elle l’ait joué un jour) mais l’auteur enfonce le clou et c’est assez désespérant.

Lu en une soirée, il ne me reste rien de Louise, ce premier roman de Julie Gouazé si ce n’est qu’il est question de Lyon (un peu), de famille bancale qui boîte encore plus quand l’une des filles se met à boire et de portrait d’une jeune femme qui tente de couper le fameux cordon pour exister enfin. J’ai eu l’impression de lire un livre écrit comme une thérapie, comme une façon de tourner la page mais je ne me suis pas sentie vraiment concernée ou n’ai pas trouvé d’universalité aux propos.

Je suis sûre que j’ai oublié des titres dans ma très restreinte sélection alors n’hésitez pas à ajouter vos incontournables en commentaires.

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