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rentrée littéraire 2010

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Chic un livre qui va m’entraîner dans les cuisines d’un grand restaurant et m’en faire découvrir toutes les coulisses. Malheureusement, malgré les presque 700 pages de En cuisine, je suis restée un peu sur ma faim. De gastronomie, de gourmandise, il est finalement peu question, même si le personnage principal, Gabriel Lightfoot, est un cuisinier.

Il en faut de la discipline, de la rigueur, du tempo pour diriger un grand restaurant mais la mort de Yuri, membre de l’équipe, va être le petit grain de sable qui va enrayer tout doucement cette belle mécanique. Tout le monde a sa partition et assure sa partie comme avant mais le chef d’orchestre a perdu sa baguette et déraille de plus en plus. Comme dans le film, Chute libre avec Mickael Douglas, Gabriel Lightfoot, perd pied, le contrôle de son boulot, de sa vie. Il ne dort plus, bousille son histoire d’amour, ne supporte plus sa chef de brigade qu’il veut virer ..jusqu’au jour où il commet  l’irréparable.

L’immigration est ici plus une toile de fond que le thème central du roman comme c’était le cas dans le précédent livre de Monica Ali, Sept mers et treize rivières. Dommage également qu’on ait du mal à croire ce que Gabriel Lighfoot découvre en soulevant les nappes immaculées.

Reste que les dernières pages d’En cuisine sont très belles : elles montrent un homme qui s’ouvre enfin aux autres, un homme qui laisse tomber sa cuirasse et s’autorise à pleurer son père…comme s’il fallait parfois toucher le fond pour retrouver une humanité oubliée dans la course au succès.

Et toi, les coulisses des grands restaurants ça t’intéresse ou pas?

(livre lu dans le cadre du challenge du 1% littéraire)

Depuis la mort de son frère Nathan, Sarah ne trouve plus de sens à sa vie qui paraissait pourtant jusqu’ici si parfaite (toute ressemblance avec Julia Roberts est purement fortuite). Elle plante travail, mari, enfants et s’enfuit non pas en Inde mais au Japon, dans un petit village, au pied  de falaises sur lesquelles chaque soir des  hommes et des femmes grimpent dans l’idée d’en finir avec la vie. Elle part sur les traces de son frère pour comprendre ce qu’il était venu chercher en ses lieux mais c’est surtout à son passé et à son identité qu’elle va se confronter. 

Construisant le roman en flashbacks, l’auteur revient sur ce jour où la vie de Sarah a basculé, ce jour où elle a appris la mort de ce frère avec qui elle était fâchée. L’absurdité de son travail, la fausseté de son couple, la rivalité avec sa sœur, les années d’enfance partagées avec son frère, tout lui revient en pleine figure. L’environnement hostile ne fait que renforcer sa fragilité. Face au froid, à la pluie, au vent, elle est comme un roseau dont on craint qu’il ne finisse par se briser.  Le cœur régulier c’est aussi l’histoire de rencontres avec des personnages un peu irréels,  comme Natsume, cet homme auprès duquel Nathan avait connu un véritable apaisement et qui, chaque nuit, sauve des candidats au suicide sans qu’on sache vraiment comment.

Olivier Adam change de décor dans ce dernier roman mais la mer  est toujours aussi présente que ce soit  en Bretagne ou au Japon. L’héroïne s’appelle Sarah comme dans  ses livres précédents et elle est toujours aussi paumée mais elle est bien plus attachante que Julia Roberts. Ce n’est pas mange, prie, aime (je te conseille d’en lire sa très drôle critique) mais quitte, craque et continue à vivre malgré le manque d’un être cher.

Un extrait dans lequel Sarah décrit la relation avec ses enfants :

Romain et Anaïs
étaient devenus de longs adolescents dégingandés et mutiques, fuyant mes
baisers et se soustrayant à mes étreintes comme à mes questions,
s’enfermant dans leur chambre dès que je rentrais du travail, je les
regardais interdite, me demandant où avaient bien pu passer mes enfants
et leurs yeux dévorants, suspendus au moindre de mes gestes à la moindre
de mes paroles, me couvrant de leurs lèvres me répétant qu’ils
m’aimaient à longueur de journée. J’avais beau les regarder et tenter
d’établir une continuité entre mes tout-petits lovés contre moi sur la
plage, dans le lit ou le canapé et ces étrangers qui vivaient dans ma
maison et qui n’attendaient plus de moi que des repas chauds, du linge
propre, de l’argent de poche et des autorisations de sortie les plus
larges possibles je n’y parvenais pas, c’était une chose déchirante et
secrète, le sentiment d’une perte impossible à partager, un deuil sans
objet qui laissait en moi une nostalgie glacée, un froid polaire, un
désert.


(lu dans le cadre du challenge 1% de la rentrée littéraire 2010)

Je t’ai déjà fait le coup l’été dernier mais si on oublie le battage médiatique, les auteurs qui nous pondent un livre tous les ans pour fin août, la rentrée littéraire moi ça me donne encore plus envie de lire !

Certains se font interdire de casino, je devrais peut-être me faire interdire de librairie car comment résister à :

Olivier Adam dont j’avais beaucoup aimé Des vents contraires sort Le cœur régulier

Philippe Forrest dont je n’oublierai jamais le bouleversant L’enfant éternel publie Le siècle des nuages


Claude Gallay dont je conseille Les déferlantes sort L’amour est une île

Alice Ferney publie Passé sous silence (déçue par Les autres j’espère qu’elle retrouvera sa plume de La conversation amoureuse ou Grâce et dénuement ou bien encore L’élégance des veuves)

Blandine Callet connue pour La pièce montée (récit d’une journée de mariage) revient avec La ballade de Lila K

Philippe Claudel dont j’ai surtout aimé Les âmes grises et la petite fille de Monsieur Linh (ainsi que l’adaptation cinématographique de la petite fabrique des rêves et des réalités, rebaptisée Il y a longtemps que je t’aime) publie L’enquête


Laurent Gaudé qui m’avait entraîné Sous le soleil des Scorta sort Ouragan (et La porte des enfers m’attend dans la pile de livres à lire)

Michel Houellebecq , même si je ne suis pas prête à acheter La carte et le territoire..peut-être qu’il sera dans les rayons nouveautés de la bibliothèque de mon quartier

Et là je n’ai parlé que des écrivains français, ceux que je lis globalement moins. Côté écrivains étrangers, ils me font aussi de l’œil :


Richard Russo dont j’ai lu avec beaucoup de plaisir Le pont des soupirs publie Les sortilèges du Cap Cood

Jim Harrison que j’espère plus mordant que dans son dernier Retour en terre, avec Les jeux de la nuit

Monica Ali découverte avec Sept mers et treize rivières revient avec En cuisine

Kate O’Riordan dont j’ai adoré Le garçon dans la lune publie Un autre amour

Bret Easton Ellis est très attendu avec Suites impériales et j’en connais au moins une qui va l’acheter

..et j’ai seulement parlé des auteurs dont ce n’est pas le premier roman…

J’ai déjà lu et reçu gracieusement (grâce à l’homme) un livre de la rentrée littéraire 2010, La fille de son père d’Anne Berest. Un livre très vite lu (en une soirée), pas déplaisant mais qui sera probablement vite oublié. Trois sœurs se réunissent lors d’une fête d’anniversaire dans la maison de leur père, l’atmosphère est loin d’être détendue et au moment du dessert, un secret de famille sort du chapeau. Il va semer des doutes, bouleverser les rapports de ces trois filles avec leur père et de ces trois sœurs entre elles. Un roman un peu trop pudique pour qu’il me touche, à lire pour la scène particulièrement réussie du repas de Noël qui tourne au vinaigre.

Ce livre me permet de participer au challenge du 1% qui consiste à lire 1% de la rentrée littéraire comme son nom l’indique)

Alors est-ce que je t’ai donné envie de lire? un peu, beaucoup, pas du tout?

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