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prix des lectices Elle 2009

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J’aurais pu vous faire croire que j’ai été reçue mardi soir comme une princesse dans un endroit de rêve, que j’ai eu la chance de rencontrer des écrivains et des people, que le buffet était à tomber par terre et que le champagne coulait à flot, qu’en plus je suis repartie les bras chargés de petits cadeaux offerts par les sponsors de la soirée… mais la vérité c’est que je ne suis pas allée à la remise des prix du jury littéraire des lectrices Elle 2009.

Je me suis contentée de lire presque tous les policiers (l’homme m’a filé un coup de main quand je voyais arriver l’échéance  avec un certain stress et qu’il fallait rendre sa copie), certains romans me sont tombés des mains mais beaucoup m’ont plu et je ne les aurais probablement jamais découverts sans cette expérience. La catégorie document me laisse plus circonspecte : doit-on juger le sujet ou la qualité littéraire? l’importance du sujet traité prime-t-il sur le style?

J’ai vu ma plume et mon nom dans un numéro de Elle …Juste quelques phrases sur les livres de ma sélection mais je garde quand même le magazine comme une petite fierté.

Je me suis amusée à dresser mon palmarès personnel et je me suis plantée pour 2 prix sur 3.

Le roman qui m’a le plus touché, marqué, enthousiasmé est Des papillons sous la pluie et c’est Les déferlantes (dont on a largement plus entendu parler) qui a remporté les suffrages de cette catégorie.

– Le document que j’ai le mieux noté est la bio romancée sur Françoise Dolto, Ma Dolto. Sans blessures apparentes, a eu le prix du document. C’est le récit d’un reporter de guerre qui s’est penché sur les traumatismes de guerre et qui soutient l’idée qu’on n’en revient jamais indemne, qu’une guerre propre cela n’existe pas ( après la lecture de ce livre, jouer avec des flingues en plastique ou des armes-jouets m’a paru étrange et si cela fait partie de l’imaginaire des enfants, je préfère qu’on n’offre pas ce genre de cadeaux au chérubin)

– Pour le policier, j’ai eu un peu plus de flair ou les mêmes goûts que les autres lectrices puisque j’ai eu un net coup de coeur pour Zulu (ma critique à l’époque).

J’ai été comme une gamine à chaque fois que j’apercevais un colis siglé « Prix des lectrices Elle 2009 » dans ma boîte aux lettres et je n’ouvrais jamais la lettre qui annonçait les titres à lire à venir pour garder la surprise. J’ai parfois eu le sentiment de manquer de temps, entre le boulot, ma vie perso, le blog et les plages que je devais garder pour la lecture et la critique des ouvrages reçus.

J’aurais bien aimé rencontrer d’autres lectrices du prix Elle 2009 mais la soirée était un mardi soir à Paris à nos frais. (ce qui signifie poser un jour de congé au moins et se trouver un hôtel pour la nuit)..on voudrait éviter les provinciales qu’on ne s’y prendrait pas autrement, non?)) alors je suggère que l’année prochaine on délocalise la remise des prix et la petite sauterie qui va avec…même si je ne serai plus de la partie.

Si vous aimez lire, si cela ne vous chagrine pas de délaisser quelque peu votre télé, si écrire quelques lignes sur les livres reçus ne vous rebute pas, je ne peux que vous poussez à tenter votre chance (il faut guetter le numéro de Elle dans lequel se trouve le questionnaire pour poser sa candidature mais je crois que cela ne devrait pas tarder) et à raconter, pourquoi pas en mai 2009 comment vous avez tringué avec l’écrivain en vogue du moment…

Edit 1 : si vous voulez lire un compte-rendu de la soirée, ça se passe ici (et je suis contente ça rejoint mon sentiment sur Elle).

Ça fait un bail que je ne vous ai pas causé de mes dernières lectures…faut dire que j’avais un peu la tête dans le guidon, enchaînant les romans, les policiers et les essais pour le prix des lectrices Elle mais ça y est j’ai rendu ma dernière copie et je puise à nouveau dans ma bibliothèque perso.


Impossible d’attendre avant de découvrir le dernier livre de Paul Auster, Seul dans le noir dans lequel se mêlent réalité et imagination et où l’intrigue nous pousse à nous interroger sur notre responsabilité vis à vis de notre propre existence comme vis à vis de l’Histoire. Paul Auster n’a rien perdu de sa patte, celle qui lui permet de raconter avec talent des histoires à l’intérieur de l’Histoire pleines de rebondissements et de personnages à la fois extraordinaires et pas si loin de nous.


Encore un auteur dont j’ai à peu près tout lu avec un plaisir plus ou moins grand (les premiers étant bien plus réussis que les derniers . Avec la trahison de Thomas Spencer, Philippe Besson excelle toujours autant à observer et disséquer la nature et la complexité des liens qui se nouent entre les trois personnages de son roman. Dommage qu’on devine assez rapidement le dénouement final et que l’écriture trop appliquée n’arrive pas à nous faire oublier qu’il s’agit d’une pure fiction.


Décidément j’ai enchaîné les auteurs que je connaissais déjà sans même m’en rendre compte. J’avais bien aimé Kiffe kiffe demain et Du rêve pour les oufs, j’ai été déçue par les gens du Balto de Faïza Guène. On se croirait un peu dans un film d’Audiard, une transposition littéraire des tontons fligeurs tant les dialogues sont marqués et les personnages bigger than life.

Et vous, quand vous aimez un auteur, vous lisez tout de lui ou pas?

Edit 1 : on parle de moi dans le fil blog d’Elle !!

Voici mon coup de coeur littéraire du moment, cela faisait longtemps qu’un roman ne m’avait pas autant remué, touché, ému, tourneboulé. Décidément la littérature israëlienne est plein de bonnes surprises….

Eva,
Havalé, Hava, celle-là est partie il y a 25 ans, en laissant derrière
elle, Mama Ruth et Adam, son petit garçon de 10 ans. Le roman s’ouvre sur un
message laissé sur le répondeur d’Adam, devenu Dr Ouria « Allo, c’est Eva,
c’est ta mère ». Elle sera là dans deux jours et Adam ne sait pas s’il
doit aller la chercher, lui pardonner, chercher à comprendre, ni même ce qu’il
est sensé ressentir après avoir connu l’espoir d’un retour, la colère, la rage
et finalement au fil des ans l’indifférence à son égard.

Cet
appel bouleverse une vie déjà chancelante entre des consultations de médecin généraliste,
une femme Eliana qu’il aime mais avec qui il n’arrive pas à s’engager et sa
grand-mère, Mama Ruth, devenue invalide suite à un accident vasculaire
cérébral. Pendant deux jours, les souvenirs d’enfance jusque là enfouis,
cadenassés font venir déranger le présent, casser la fragile carapace d’un fils
qui a grandi sans l’amour d’une mère.

C’est
un roman doux-amer sur l’amour filial, sombre car la mort et la maladie sont
très présentes, lumineux car rempli d’odeurs, de saveurs, de petits détails pleins
de poésie comme ce papillon donné par celle-là et qu’Adam garde toujours
au fond de sa poche, qu’il frotte, touche comme un grigri rassurant. Ce livre a
trouvé en moi un écho inattendu et m’a ému aux larmes par sa mélancolie, sa
justesse pour saisir la vulnérabilité des êtres, leur fragilité et pour
décrire les liens invisibles tissés entre Adam et Mama Ruth.

(Roman lu dans le cadre de la sélection du Prix des lectrices Elle 2009)

Et vous, un livre vous a-t-il fait verser des larmes sur votre oreiller, sur votre voisin de métro ou sur votre transat de plage? (hormis quand vous étiez en pleine dépression post-natale ou au lendemain des dernières élections présidentielles, où même la lecture de Télé Star finissait dans un sanglot) 

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