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marilyn monroe

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Par hasard (ou presque, le hasard existe-t-il vraiment ?), je viens de lire à la suite deux livres sur Marilyn Monroe. Si leur contenu est assez différent, ils ont le point commun de s’intéresser particulièrement à la mort de l’actrice.

Dans Marilyn 1962, Sébastien Cauchon dresse un portrait de Marilyn Monroe à travers les « proches » qui ont vécu à ses côtés dans les derniers mois de sa vie à Los Angeles en 1962. Chaque chapitre est consacré à l’un deux : la gouvernante (recommandée par le psy), le masseur, le maquilleur, la coach, la comptable, le photographe ….impressionnant de voir tout ce petit monde qui gravite autour de la star, avec plus ou moins d’intérêt personnel et en même temps, de ressentir la solitude immense de la star.

A travers les relations qu’ils entretenaient avec Marilyn, plus ou moins intime, plus ou moins mouvementée, de courte ou de longue durée, Sébastien Cauchon tente de mieux comprendre une personnalité pour le moins complexe, avide de reconnaissance et de célébrité, bourrée de contradictions, capable de la plus grande générosité comme de la plus totale injustice avec ceux qui firent un bout de chemin avec elle. En refermant le livre, le mystère reste néanmoins quasiment entier.

motif séparation

Marilyn X, bien que peut-être plus fantaisiste et prenant plus de liberté avec la réalité (même s’il souligne dans la 4ème de couverture qu’il s’appuie sur des faits réels, des archives fédérales, des témoignages, des rapports d’enquêtes et des expertises médicales), m’a bien plus captivé.

Le pitch ? Au nouveau Mexique, en été 2012, un couple de voyageurs égaré sur une route déserte est témoin d’un incendie. Dans les décombres fumants, ils trouvent un cadavre carbonisé et des journaux intimes qu’ils commencent à lire. Leur auteur raconte sa vie de reclus et partage des souvenirs liés à Marylin Monroe, dévoile des faits que seul un proche de l’actrice était en mesure de connaitre. Au fil de leur lecture, le couple va de surprise en surprise.

Empruntant la forme du thriller, Philip Le Roy, présente une thèse concernant la disparition de Marilyn Monroe, inédite mais qui semble plausible (en tous cas à ce stade de ma connaissance de la vie de l’actrice, après il faudrait aller plonger dans les articles et dans tous les livres écrits à son sujet !).

Il est bien entendu question de plusieurs des « proches » de Marilyn ( la lecture de Marilyn 1962 ne pouvait pas mieux tomber) qui apparaissent plus comme des parasites, exploitant pour certains les faiblesses de l’actrice mais aussi de Frank Sinatra, le clan Kennedy, la mafia, la CIA pour qui l’actrice s’est vite révélée gênante.

Philip Le Roy sait tenir en haleine son lecteur jusqu’au twist final…et si sa version était vraie ?

Et si Marilyn était plus complexe que que cette image de blonde un peu gourde renvoyée par certains films dans lesquels elle a joué ? S’il y avait deux Marilyn, l’une glamour, qu’on croit superficielle du fait de son apparence et l’autre torturée, cérébrale, passionnée par la littérature et la psychanalyse?

Est-ce l’ambition de l’ouvrage, Fragments, qui rassemble, lettres et écrits divers? en tous cas, c’est le sentiment qui prédomine au fur et à mesure que l’on découvre les textes de cette actrice devenue un mythe.

De cette lettre qu’elle écrit à 16 ans, peu après son premier mariage, je retiens sa maturité. De ce carnet noir « record » dont elle noircit seulement quelques pages, j’apprends sa peur panique de tourner une scène, de ne pas être à la hauteur.

Je suis fascinée devant les photos de Marilyn en train de lire ou d’écrire….leçon de photogénie !

Les textes sont souvent mélancoliques, assez pessimistes quand il s’agit d’amour, introspectif, reflétant une volonté constante d’apprendre et de se former.

On l’imagine loin du quotidien. Pourtant quand il s’agit de décorer un appartement, elle multiplie les notes, prend des mesures, collectionne les échantillons ou prévoit la place des meubles. Quand elle prépare un dîner d’anniversaire, elle dresse une liste sans fin et pense aux moindres détails.

Dans une lettre au Docteur Greenson suite à son internement, elle confie que sa pire crainte est de finir dans un hôpital psychiatrique comme sa grand-mère et sa mère. Le spectre de la folie familiale rôde et c’est cette détresse que je lis sur son visage sur la photo de la couverture du livre.

crédit photo : Cecil Beaton

En annexe, sont proposés, entre autres, quelques livres de sa bibliothèque personnelle (Flaubert, James Joyce, Walt Whitman, Hemingway, Beckett, Albert Camus, Kerouac..)  et la photo sublime prise par Cecil Beaton à l’Ambassador Hotel.

Un beau livre sur le cinéma et sur Marilyn Monroe !

(livre lu aussi dans le cadre du challenge Marilyn proposé par George Sand)

 

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