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J’aimerais me persuader que, grâce au mauvais temps, je lis plus qu’à l’accoutumée mais en réalité les quelques livres dont je vais vous parler, je les ai lus à la suite très rapidement parce que je n’avais pas d’ordinateur avec moi (oui soyons honnête jusqu’au bout) et depuis je n’ai pas commencé de nouveau roman (l’expression l’appétit vient en mangeant serait-elle de la fumisterie ? ).

la premiere chose que l'on regarde

Commençons par La première chose que l’on regarde, second opus de Grégoire Delecourt dont on a beaucoup entendu parler pour son livre La liste de mes envies que je n’ai pas lu. Arthur Dreyfus a 20 ans, vit dans un village paumé où il est garagiste et rêve d’amour quand un soir Scarlett Johansson frappe à sa porte. Très vite on est pris de doute sur l’identité de cette jeune femme que tout le monde prend pour une star mais pas toujours la même. A travers l’intrigue, l’auteur pose la question de l’apparence, du physique, de la notoriété. Pas mal de questions tourne aussi autour de l’identité. Le postulat de départ est original, il y a de belles pages sur l’enfance, les relations mère-fils mais au niveau du style, j’ai trouvé les personnes souvent chargées, caricaturales pour que je rentre vraiment dans le livre.

veuf

Jean-Louis Fournier a le chic pour nous proposer des livres gais : après Où on va papa ? dans lequel il parlait de ses enfants handicapés lourdement, Veuf comme son nom le laisse supposer est consacré à la mort de sa femme…faut dire qu’on se demande comme il arrive à garder son humour, son sens de la dérision après une vie pareille. Au départ, j’ai été plutôt désarçonnée par la façon dont il abordait ce sujet et puis plus j’ai avancé dans la lecture et plus les preuves d’amour à l’égard de sa femme fleurissaient entre les lignes sans jamais tomber dans le mélo ou le gnan-gnan. Drôle et poignant à la fois, Jean-Louis Fournier nous montre que c’est possible même si l’exercice peut être casse-gueule et j’ai refermé le livre tout émue face à cet homme et sa nouvelle solitude.

 

un avion sans elle

Le hasard est parfois amusant. Quand je me suis arrêtée à Cannes, je ne trouvais pas le salon de thé Intuitions alors j’ai demandé ma route à une femme qui n’était pas du coin et qui tenait dans la main Un avion sans elle. Pendant qu’elle regardait le plan sur son téléphone portable, je n’ai pas pu m’empêcher de lire la quatrième de couverture du bouquin et l’histoire m’a paru originale. Ma belle mère m’a alors raconté avoir acheté un livre qu’elle avait vite abandonné : c’était celui là et et voilà comment je me suis retrouvée dans cette histoire d’accident d’avion, de nourrisson rescapé dont on ne sait pas jusqu’à la fin du livre quelle est la réelle identité. C’est mené tambour battant, une fois que j’ai commencé à lire, j’avais beaucoup de mal à décrocher car je voulais vite connaitre la suite. Le procédé est mené habillement : Marc un des protagonistes de l’histoire découvre un cahier mais ses lectures sont sans cesse interrompues par des évènements et de rebondissements. Le dénouement n’est pas du tout décevant, bref je vous le conseille vivement !

guide du mauvais pereEnfin pour sourire un peu, j’ai lu Le guide du mauvais père de Guy Delisle et je me suis pas mal reconnue dans certaines scènes comme par exemple celle concernant les dents de lait et la petite souris ou comment inventer des histoires abracadabra dont on ne se sort plus ou bien encore cette manie de raconter des histoires horribles aux enfants puis de s’étonner des cauchemars la nuit (je précise que je ne suis pas celle qui fait ça !) . C’est toujours bien observé, c’est plein d’auto-dérision et trop vite lu (mais c’est un tome 1, il y aura donc une suite ).

Voilà c’est tout pour le moment…reste plus qu’à choisir le prochain roman qui me donnera envie d’oublier mon écran )

Et vous, quel livre vous a plu récemment ?

 

L’été aura été suffisamment calme pour que je puisse m’aménager quelques heures de lecture. En toute honnêteté cela correspond surtout à quelques jours loin de mon ordinateur ) . Avant une petite sélection personnelle dans la rentrée littéraire (enfin si cela a un intérêt ..oui / non?), retour sur les quelques lectures qui ont accompagné mon mois d’Août :

 

[typography font= »Delius Swash Caps » size= »24″ size_format= »px » color= »#e36464″]La page blanche[/typography]

Pénélope Bagieu s’est associée à Boulet pour ce nouvel opus dans lequel l’histoire débute par la scène d’une jeune femme qui se retrouve sur un banc sans savoir qui elle est et ce qu’elle fait là. Elle mène alors une enquête sur elle-même espérant retrouver la mémoire et des indices sur son identité. J’ai retrouvé l’humour de Pénélope Bagieu, son trait mais un univers plus coloré et poétique qu’habituellement (peut-être apporté par Boulet). La fin m’a laissé sur ma faim …une suite est-elle prévue ?

[typography font= »Delius Swash Caps » size= »24″ size_format= »px » color= »#e36464″]Le caveau de famille[/typography]

Un petit goût de l’Amour est dans le pré (que je ne regarde pas mais suis sur twitter) dans ce roman puisque les deux héros du mec de la tombe d’à côté s’installent ensemble à la ferme. Si le ton et l’humour sont toujours présents, les dialogues toujours aussi savoureux, j’ai eu bien du mal à trouver du charme à Benny le fermier de plus en plus rustre et plus le livre avançait plus j’avais envie de crier à Désirée « mais qu’est ce que tu attends pour prendre tes clics et tes clac ? ». Le tableau m’a paru aussi un peu trop chargé : l’allaitement à un seul sein (bon je n’ai pas allaité mais ça doit être assez rare, non? ), l’accident dramatique avec le tracteur, la jeune collègue dont les dents rayent le plancher et Désirée qui ne cesse de tomber enceinte ..n’en jetez plus. Encore une fois je suis déçue par les suites.

 

[typography font= »Delius Swash Caps » size= »24″ size_format= »px » color= »#e36464″]La revanche des Spellman[/typography]

L’inconvénient quand on lit en bandeau d’un bouquin, « la série la plus drôle que j’ai lue depuis des années« , c’est qu’on s’attend vraiment à se bidonner..en même temps j’aurais du me méfier ce n’était pas signé Woody Allen ). Peut-être que j’aurais du commencer par le premier mais si j’ai lu sans déplaisir l’histoire de cette famille de détectives déjantés, je m’attendais à rire autant qu’avec un bon bouquin de Bill Bryson ou comme avec La lamentation du prépuce (je cite toujours les mêmes titres mais si vous avez des suggestions, n’hésitez pas) et là ce fut la déception.

[typography font= »Delius Swash Caps » size= »24″ size_format= »px » color= »#e36464″]Les yeux au ciel[/typography]

En lisant le résumé sur la quatrième de couverture, je n’étais pas particulièrement emballée : encore une famille qui se retrouve dans la maison des grands parents, encore des comptes à régler entre frères et soeurs..sauf que Karine Reysset arrive à traiter ce sujet pas franchement original avec une émotion communicative et en ménageant une sorte de suspense. Derrière les blessures, les non-dits, l’auteur invite son lecteur à soulever les tapis pour découvrir les secrets. Ça se passe sur la côte bretonne, ce qui ne gâche rien et une fois qu’on est parti à la rencontre des personnages tous bancals, on ressent une certaine tendresse pour eux et on a envie de les accompagner jusqu’au bout de ce week-end en famille.

 Mes deux coups ♥♥ de l’été restent Portugal de Cyril Pedrossa et Avant d’aller dormir lus au moins de juillet.

Des lectures qui ont accompagné les vacances ou l’été ?

 Même si j’ai lâché en court de route le challenge 1% de la rentrée littéraire, même si j’ai vraiment peu lu du moment où je me suis jetée dans mon master pro, j’ai toujours eu un livre sur ma table de chevet ou dans mon sac à main. Je n’ai pas toujours eu le temps de partager ces lectures sur le blog mais j’ai noté tous les titres. Si tu cherches des bouquins à emporter en vacances ou si tu as envie d’évasion, voici donc quelques idées de livres lus, bientôt lus ou que j’aimerais lire.

Les sortilèges de Cap Cod t’amèneront sur la côte Est des Etats-Unis alors que tu n’auras qu’à traverser la manche pour te retrouver En cuisine avec Monica Ali (pour en savoir plus sur l’histoire et ce que j’en avais pensé, clique sur les liens). Après avoir été enthousiasmée par les tous premiers livres de Jonathan Coe, j’étais plus mitigée pour les suivants. Quel plaisir de retrouver la verve et l »auto-dérision très présente dans La vie très privée de Mr Smith, un anti-héros que tu suivras d’Ecosse en Australie.

Ils sont un peu lourds à emmener dans une valise vu leur épaisseur mais ce sont mes deux derniers coups de coeur en bande dessinée :  Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle  ou comment tenter de comprendre la complexité de la situation israelo-palestinienne à travers le regard du dessinateur qui a suivi sa femme en mission pour Médecins sans frontières dans ce pays. En 300 pages, et avec un point de vue extérieur non emprunt d’une certaine naïveté Guy Delisle, à travers son quotidien, dit les absurdités, les haines, les contrariétés sans jamais tomber dans le simplisme et toujours avec une pointe d’humour. Cela me donne envie de le suivre dans les autres voyages qui ont déjà fait l’objet de livres (Chine, Birmanie et Corée du Nord).

Portugal de Cyril Pedrossa : j’avais découvert cet auteur avec le très drôle Auto-bio (en deux tomes) dans lequel il se moque gentiment des bobo bio (dans lequel il s’inclut). Le ton est nettement différent ici mais la bande dessinée se lit avec tout autant de plaisir. Loin de la balade touristique, Portugal met en scène Simon, un auteur en mal d’inspiration qui, lors d’un séjour à Lisbonne, commence à s’interroger sur ses racines et son histoire familiale. Paradoxalement ce n’est pas tant les parties se déroulant au Portugal que j’ai préférées mais le mariage d’une de ses cousines en Bourgogne, l’occasion de scènes familiales justes et touchantes.

On poursuit avec quelques livres que j’espère avoir finis d’ici la rentrée, à commencer par Le caveau de famille suite du Mec de la tombe d’à côté et de Mary Ann en automne qui me permettra de renouer avec les Chroniques de San Francisco dévorées il y a quelques années déjà. Pas d’été sans roman policier et si Les anonymes est aussi bien que Seul le Silence du même auteur, je ne devrais pas être déçue. Enfin ça fait longtemps que j’entends parler des Spellman & associés, il est donc au programme.

 

 

Je dois avoir un humour d’ado : non seulement je me marre aux chansons de Max Boulbil mais je me plonge avec plaisir dans Retour au collège de Riad Sattouf (les passages sur le sport sont tellement vrais pour moi !). Voilà pourquoi j’aimerais lire Points noirs et sac à dos de Leslie Plée consacrée à ses années d’adolescence (et si tu n’as pas encore lu journal d’une angoissée et Moi vivant vous n’aurez jamais de pause, fonce). Allez je vais décevoir des milliers de fans (sic) mais je n’irai pas voir Batman dans sa petite combinaison moulante… La vie sexuelle des super-héros  a l’air nettement plus drôle. Enfin au moins pour cet humour juif qui me rejouit toujours autant, je suis tentée par un des livres de Gael Parent dont Sheila Levine est morte et vit à New York.

Une fois cette liste bien entamée, il sera temps de plonger dans la rentrée littéraire )

Et toi, quelles sont les lectures de ton été ?

(titre emprunté à Decitre )

Ouh je vais avoir du mal à te la rendre ultra glamour cette semaine  : le froid, où suis-je, où vais-je, dans quel étagère professionnelle se demande-t-il,  une personne qui n’était pas une amie mais que j’appréciais beaucoup qui s’en va, emportée par un cancer…y a de la joie )

et puis je suis arrivée à mon degré maximum de saturation niveau devoirs à rendre, j’ai l’impression d’être Sisyphe poussant son rocher en haut d’une colline mais ne l’atteignant jamais…je rêve d’une semaine sans soir et week-end le nez sur mon clavier et mes cours …j’en profite pour montrer mon ordinateur à Sandra posé en ce moment le plus clair de mon temps dans la cuisine car c’est la pièce la plus chaude de l’appartement et la bouilloire n’est pas loin pour les litres de thé que je bois …

Chic j’ai reçu deux des réservations effectuées en ligne auprès de ma bibliothèque de quartier….le sujet du dernier Blondel n’est pas follement gai mais j’en ai lu de bonnes critiques et puis si tu ne connais pas du tout, Joseph O’Connor, je te conseille de commencer par Desperados.

 

En passant devant cette vitrine dans mon quartier, alors que j’étais emmitouflée autant que faire se peut, je me suis demandée s’il y avait des gens qui achetaient déjà des tenues de printemps, un peu comme pour conjurer le sort…

… pas moi en tous cas, vu que je suis plus que frileuse. Alors que je croise des jeunes filles sans gant et blouson pas attaché, j’ai eu l’impression de perdre mes doigts en allant chercher les enfants un soir…je t’assure que je n’exagère pas….mauvaise circulation, syndrome de Raynaud (Michel si tu m’entends)) j’en sais rien si ce n’est que j’en viens à avoir hâte qu’il fasse ne serait-ce que 0 degré !

Vendredi, scène un peu surréaliste dans le bus, deux stabilos roses discutent ensemble…elles sont d’ailleurs allées rejoindre deux stabilos jaunes )

Et toi, ta semaine elle était comment?

(la première photo est ma photo de la semaine pour Magda, elle a été prise depuis le plateau de la Croix Rousse, un matin avant 9h, avec encore un peu de brouillard et une vue sur ce que les lyonnais appellent le crayon, immeuble qui permet de repérer le quartier de la Part-Dieu (et son centre commercial) de loin.

Edit : la gagnante du jeu La fin vous appartient est le blog de Lali !

crédit photo : favim.com

Cette semaine je suis allée à la bibliothèque et je suis ressortie sans rien. Je n’avais noté aucun titre, les bouquins dont je me saisissais me paraissaient tous vieux et sales (et je suis assez choupinette à ce sujet), je ne me suis souvenue d’aucun auteur, j’ai erré de rayon en rayon et j’ai franchi les portes coulissantes de la sortie les mains vides et  frustrée. Dommage je ne venais juste de renouveler mon abonnement.

J’avais pourtant écrit une petite liste de nouveautés de la rentrée littéraire, saison 2, celle qui débute en janvier, au cas où tu aurais engloutie les 700 et quelques livres sortis fin août-début septembre.

Parmi les parutions, j’aimerais lire :

Pourquoi ? pour l’humour de l’auteur et parce que découvrir H.G Wells à travers ses aventures et mésaventures sexuelles est un angle de vue pour le moins original.

 

Pourquoi ? parce que Il faut qu’on parle de Kévin est un livre coup de poing et que La double vie d’Irina m’avait beaucoup plus. Cette fois, avec Tout ça pour ça, il est question d’un couple confronté à l’épreuve de la maladie ..probablement pas gai mais sûrement marquant.

Pourquoi ? parce que j’avais beaucoup aimé Long week-end,  parce qu’on suit le destin de deux femmes très différentes de l’enfance à la maternité.

Pourquoi ? parce qu’avec ce roman, on se glisse dans la tête de Charlotte Brontë, parce qu’on redécouvre d’une autre manière Jane Eyre, parce que la couverture m’a attiré (basique mais vrai).

Pourquoi? parce qu‘Echec et Mat du même auteur était un roman puissant, parce petite et grande histoire se mêlent ici, parce que c’est un portrait de l’Amérique des années 60.

Pourquoi ? parce que je n’ai jamais été déçue par Marin Amis jusqu’à présent, parce qu’il a une plume vraiment unique et parce que le héros hésite entre trois femmes !

 

Pourquoi? parce que je ne pige pas grand chose en économie et qu’elle est abordée ici de manière saugrenue donc sûrement plus digeste, parce que je me coucherai peut-être moins bête après quelques pages de cet essai.

Pourquoi? parce que j’ai aimé les précédentes BD de Pénélope Bagieu, parce que je la suis sur Hellocoton et qu’elle m’a donné envie de partir en Islande quand elle a raconté son séjour en dessins, parce qu’elle est en dédicace la semaine prochaine dans une librairie lyonnaise )

Moralité : la prochaine fois avant d’aller à la bibliothèque, je me connecte au catalogue en ligne de celle-ci avec mon PC, je réserve les nouveautés repérées, je patiente un peu et j’économise sur mon budget livres (ancienne bibliothécaire sort de mon corps !)

Et toi, les bibliothèques tu y mets les pieds? un peu, parfois, pas du tout ?

Fan de romans noirs, accro aux thrillers, drogué aux rebondissements, en mal d’intrigues policière, à la recherche de titres pour glisser dans ta PAL, voici la suite des livres lus par le jury du prix du Quai du Polar et leur critique par l’homme qui, seul, sait qui a remporté cette année tous les suffrages.

Le synopsis :   Willy, 20 ans, en rupture familiale, fugue  et découvre malgré lui  le milieu de la nuit  avec tous ses travers : drogue, sexe, combine, prostitution. Sous une autre identité (Alan),  le jeune homme, qui rêve de  s’envoler au Canada pour devenir une rock star,  sympathise avec deux jeunes hommes totalement paumés et drogués et les accompagne le long de leurs longues dérives nocturnes.

Surpris par un mateur énigmatique et sulfureux,  surnommé Hibou, Alan va vivre avec lui une histoire d’amour  violente, passionnelle, condamnée, certes, mais une histoire d’amour tout de même…

Ce qu’il en a pensé :  A la lecture du résumé,  et dès premières pages du livre, on voit vite que l’on n’est pas en face d’un polar classique avec crime, enquête policière, et coupable désigné. Ici, ce n’est pas du tout la résolution d’un meurtre (bien qu’il y en aura un aussi, à la moitié du roman,  et qui va bouleverser considérablement l’intrigue), qui intéresse Sophie Di Ricci, mais bien la véracité d’une relation amoureuse homosexuelle, malgré la dope, les relations tarifées, et les autres obstacles.

Plus qu’à  d’autres romanciers policiers connus, Moi Comme les Chiens fait  assez penser à du Virginie Despentes,  sans rien avoir à lui envier,   tout en ayant sa petite musique bien  à elle. Cru, dérangeant, par moment presque choquant, Moi Comme les Chiens épate en tout cas par cette singularité et son ton, toujours juste,  et jamais complaisant, entre réalisme sauvage et lyrisme échevelé. L’histoire entre Allan et Hibou finira mal, forcément,  car  le terrain était vraiment trop peu propice au rose, mais malgré ce destin tout tracé, le livre reste constamment surprenant, on se demande sans cesse jusqu’à quelle niveau de noirceur l’auteur pourra nous mener.

Certes, le dernier tiers du livre est un peu plus décevant car justement plus classique et prévisible (un récit de vengeance  plus traditionnel), mais Moi Comme les chiens reste toutefois une œuvre d’une force et d’une intensité, à mon avis,  peu commune dans le roman noir hexagonal.

Synopsis : Un cadavre  de femme, un mannequin d’une vingtaine d’années,  est retrouvée sur une barque flottant sur la Seine par la police fluviale. L’enquête, menée par le commandant Jo Desprez l’emmènera dans différents milieux, de la parfumerie de luxe où travaille un des suspects, et également ami du commissaire, à l’art sombre et gothique.

La police fluviale  qui retrouve le corps, charge le commandant Jo Desprez de mener l’enquête,  qui va la mener dans différents milieux,  de la parfumerie de luxe (où travaille un des principaux suspects et aussi ami de Jo),  et dans celui de l’art gothique, où la victime avait ses entrées.

Ce qu’il en a pensé :On voit assez vite l’intention de l’auteur de Quai des Enfers : la Seine, sombre et majestueuse,  drainant ses mystères et ses angoisses, ses SDF et ses pécheurs du dimanche, est a priori le lieu idéal pour y planter un polar avec meurtre, ambiance sombre et décadente, et  suspects tout trouvés.

Hélas, très vite aussi, on s’aperçoit que rien ne fonctionne dans ce roman : la découverte de ce corps  torturé peut faire penser au début à certains livres de Mo Hayder, mais sans l’intensité et la tension inhérente à ce genre d’ambiance. Ici, tout est cliché, et surtout faute de construction habile, rien ne sonne juste. Le fait de passer d’un personnage à l’autre,   plutôt d’un enquêteur à un autre,  empêche totalement de s’attacher à un personnage, qui sont beaucoup trop stéréotypés pour convaincre. L’intrigue est trop mal rendue pour qu’on puisse suivre ce roman autrement que d’un œil vraiment distrait, et le dénouement qu’on sentait venir et qui arrive de façon bien trop artificielle ne laisse  jamais le sentiment de surprise et de plaisir qu’il faudrait. Peut-être que Quai des Enfers peut séduire certains par les milieux et les décors qu’il décrit , mais en ce qui me concerne, sa lecture  n’a pas loin d’avoir été une purge.

Synopsis : A Saturnia, célèbre station thermale d’Italie, plusieurs personnes  arrivent à destination pour y séjourner quelques jours : une famille dont le père est malade, un couple adultérin surveillé par un détective privé, un couple de lesbiennes en cavale et un homme armé, Jean Kopa, qui travaille pour le compte d’une organisation secrète.

Tout de suite ou presque après le début du séjour, la tragédie se noue : sous les yeux impuissants du détective,  Kopa tire à l’aveugle sur les curistes, et l’attentat fera trois victimes, trois femmes : la mère de famille, la femme adultère, et  l’une de deux homosexuelles.

Rapidement, Al-Quada revendique l’attentant. En raison de la tenue imminente du sommet du G8 juste à coté du lieu de la tragédie, toutes les instances de la police sont convoquées et l’enquête est confiée à la commissaire spécialisée dans la lutte antimafia, Simona Tavaniello. Pour aider à percer le mystère et à trouver les véritables commanditaires de cet attentat, cette dernière  va faire appel à Cédric Rottheimer, le détective témoin des meurtres.

Ce qu’il en a pensé :Rédiger un résumé à peu près clair et cohérent tient de la gageure tant il est très difficile de s’y retrouver dans Saturne. Dès les premières pages, on est complètement perdu dans les multiples personnages, dans leurs motivations et leurs actions et au lieu de se perdre délicieusement comme dans certaines œuvres (  celles de Lynch par exemple au cinéma), ici l’agacement point vite à l’horizon.

La démarche de l’auteur est certainement  délibérée puisque Quadrappuni cherche à mettre en place un puzzle ambitieux, brassant différentes thématiques (le terrorisme, les dérives financières de la mondialisation, la mafia sicilienne) et faisant intervenir des personnages aussi divers et variés que des ministres, des familles unies, des grands patrons, des anciens commissaires.

Malheureusement,  par manque de fluidité  et de cohérence,  tout cela ne m’a pas  du tout  semblé fonctionner. L’ensemble fait penser à un patchwork assez indigeste,  et absolument pas crédible, où les archétypes et  clichés sont légions. Bref, on se désintéresse très vite de cette intrigue et la dernière page du livre, dans laquelle l’auteur se croit obligé de résumer les personnages et leur place dans l’histoire est pour moi parfaitement symptomatique de l’échec et de la vacuité de l’entreprise.

Alors ton pronostic?

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