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haute corse

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Ouvrir ses rideaux et découvrir le cadre exceptionnel dans lequel est niché le Chalet d’Asco c’est une belle façon de commencer la journée. La veille, à notre arrivée, la nuit tombait déjà sur l’hôtel et j’avais à peine remarqué les petits chalets en bois un peu plus loin.

Mais trêve de rêverie, il était temps de rejoindre le reste du groupe pour la sortie en raquettes à neige. Je me doutais que je n’allais pas m’illustrer ce matin là par mes performances sportives, ayant cessé toute activité en ce domaine depuis trop longtemps. J’espérais un peu n’être pas seule à ahaner comme un poney à la moindre côte mais la composition de la troupe ne me rassurait pas vraiment (une danseuse, une prof de sport, un randonneur, une coureuse de fond..).

N’ayant jamais testé les raquettes à ski, la question de l’équipement fut assez épineuse avant même de partir. Notre guide François Thomasi nous avait envoyé une longue liste mais me doutant bien que je n’allais pas ré-utiliser la moitié des affaires indiquées, j’ai composé ma tenue de combat à ma sauce :

des chaussures de randonnée, achat pour cette sortie car de toute façon je n’avais pas de moonboots (tous les ans, il neige à Lyon mais quand je me décide il est déjà trop tard). Au moins je peux les utiliser à nouveau pour des randonnées en montagne l’été (parce qu’en dehors d’une station de montagne c’est quand même très laid)…ne t’avise pas à mettre de simples baskets avec des raquettes, il faut des chaussures relativement rigides et surtout imperméables si tu ne veux pas avoir les pieds trempés en deux temps trois mouvements.

un pantalon de jogging…parce que je n’avais pas envie d’investir dans un pantalon de ski ou un bas imperméable que je ne remettrais jamais

une paire de guêtres pour mettre sur les chevilles et protéger de l’humidité ..j’en ai trouvé à 5 euros chez H&M, par contre elles ont fini à la poubelle après la sortie car déjà déchirées

une paire de gant en laine polaire que je n’ai pas supporté plus de 5 minutes vu le beau temps

un k-way rose hideux dont je ne me servirais probablement jamais tant je hais ce truc dans lequel tu transpires comme une bête…en plus il est resté au fond de mon sac

des lunettes de soleil et de la crème solaire car ça tape vite en montant

D’autres blogueurs ont joué l’originalité :

Jeff et son combiné bonnet/barbe

Camille et son détecteur en cas d’avalanche (ça rassure autant que les gilets de sauvetage dans les avions mais c’est obligatoire)

Après on a chaussé nos raquettes..enfin les plus doués l’ont fait tout seuls, moi j’ai sollicité l’aide de quelqu’un )

Au début, je suis partie d’un bon pas, boostée par la beauté des cimes environnantes, par l’éclat du ciel et par le rythme cadencé du groupe. J’ai trouvé agréable de marcher dans la neige sans s’enfoncer, chaque pas produisant un petit craquement comme celui d’un Magnum qu’on croque en commençant par le chocolat.

Je me suis même retournée, limite nargueuse, pour constater qu’il y avait quelques personnes derrière moi et qu’elles avaient l’air d’en baver.

Malheureusement peu de temps après, je faisais moins ma maligne, la pente prenant un aspect un peu trop raide pour mon rythme cardiaque. Alors que la tête du peloton s’éloignait inexorablement, creusant l’écart (et c’est peut-être ça le plus dur finalement), j’en bavais (je n’étais pas la seule mais je tairais le nom de celle qui comme moi a failli laisser un poumon dans la montée).

Quand j’ai atteint le point de rendez vous, sous les acclamations de la foule, tout le monde avait déjà attaqué le spuntinu, pique-nique corse…fallait bien reprendre le peu de calories que nous venions de perdre.

Une fois que j’ai réussi à reprendre ma respiration (et une couleur à peu près normale), j’ai goûté à la charcuterie et au fromage corse tout en admirant les sommets environnants dont le Monte Cinto…ça valait le coup !

 

Si je te dis que j’ai largement préféré la descente, ça ne t’étonnera pas …on a emprunté un parcours moins raide, quasiment plat et là quel bonheur de marcher au milieu des sapins, de traverser une rivière, d’admirer les montagnes (à la montée j’étais trop concentrée sur mon idée fixe « c’est encore loin, grand Stroumph ?)…j’aurais même prolongé la balade plus longtemps…

Après s’être changés, il a fallu dire au revoir à Jean-Benoit et aux propriétaires du Chalet, et à François Tomasi notre guide…on était tous, je crois, émus de les quitter déjà même si un autre lieu magnifique nous attendait…..l’Ile Rousse !

Et toi, la raquette à neiges tu connais? ça te tente?

Après avoir joué aux touristes dans Bastia, on est parti pour un remake des Randonneurs (parait même qu’on avait le même mini-bus que dans la première scène du film) version au ski puisque la prochaine étape de notre séjour en Corse était dans une station de montagne, Asco.

Routes sinueuses et étroites, ravins vertigineux, sommets enneigés droit devant nous, difficile de croire qu’une heure avant nous étions en bord de mer. Ils sont tellement forts les Corses (et à Corsica Ferries) qu’ils avaient même demandé aux chèvres de venir se mettre en travers de la route pour poser pour nous et à un petit veau de courir à côté du mini-bus …émotion garantie (et les filles de crier « elle est où sa maman?« )

Après un arrêt salutaire pour nos estomacs (malgré la conduite non sportive de Pierre, ça tourne), nous avons découvert à la tombée du jour le Chalet d’Asco où nous allions passer la nuit avec le sentiment d’être un peu au bout du monde.

Tu vas peut-être penser que c’est du chiqué mais c’est en triant les photos de cette soirée que j’ai eu le plus gros pincement au cœur. D’abord on a assisté tout ensemble à la fabrication de la pulenda (si je dis une polenta corse je me fais taper?) par François, celui qui allait nous accompagner dans notre balade en raquette et la pulenda c’est quelque chose de physique. Impossible de préparer ce plat à base de farine de châtaigne et d’eau d’une main et de pianoter sur son iphone de l’autre …du coup on était tous les yeux rivés sur sa marmite à le regarder remuer (pendant pas moins de 30 min) la préparation.

 

Ensuite il faut envelopper la préparation dans un linge en serrant bien, laisser un peu reposer et découper (et là, rien ne vaut la main délicate de Sylvie)

Pendant ce temps-là, dans la salle du restaurant, les figatelli cuisaient au feu de bois. Dommage que je ne puisse pas te mettre l’odeur comme on publie une vidéo car quel parfum !

Ce soir là dans l’assiette, du cabri, la pulenda tranchée, un morceau de figatellu sur du pain, du brocciu…le tout servi juste à côté du feu de cheminée …tu comprends pourquoi j’ai aimé ce repas ?

Il a fallu trouver encore un peu de place pour goûter aux deux desserts posés devant nous ce soir là : une part de fiadone au goût délicatement citronné, aérien, frais, parfait et une crème brûlée aux châtaignes à la fine couche craquante sur le dessus. Anne-Laure T, je te laisse le choix )

Après un tel festin, impossible d’aller se coucher directement et surtout pas l’envie de briser l’atmosphère vraiment particulière de ce moment. En plus, dans une autre salle du Chalet, chantaient  deux musiciens corses (avec encore une fois des voix qui ne peuvent laisser indifférentes).

Des soirées comme ça, il faut les cueillir et les savourer …c’est peut-être pour ça qu’avec Shalima, Gazelle et Camille (mais aussi Ben, Emmanuel, François, Sylvie), on s’est levées de nos sièges pour se rapprocher des musiciens (et de la liqueur de myrte) et on a eu envie de veiller encore un peu plus tard …

crédit photo : Merci pour le chocolat

Allez à la prochaine étape, promis on brûle quelques unes des calories que contient ce billet )

♥♥ Adresse gourmande (mais pas que)

Hôtel-restaurant Le Chalet, 20276 Asco

 

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