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L’autre nuit j’ai repensé à cette soirée, il y a 5 ans, moi me tordant sur le canapé, persuadée d’avoir une indigestion alors que l’homme dormait  tranquillement à quelques mètres de là..voilà comment le locataire au chaud depuis 9 mois, m’a signifié qu’il commençait à se sentir  à l’étroit dans ses appartements.

Après avoir pris un bain supposé relaxant (le plus dur étant de sortir ensuite de la baignoire), vérifié le contenu de mon sac de maternité, pris une dose non négligeable de spasfon qui eu autant d’effet sur mes contractions que des fraises tagada, réveillé le futur père le plus sereinement possible, attendu que cette foutue salle de travail soit libre pendant un temps qui me parut interminable (je suis sûre aujourd’hui que c’est une technique de sioux des sage-femmes), insulté l’homme qui osait ouvrir un magazine, écouté un monitoring pendant toute une matinée , à 13h13, ça ne s’invente pas, mon fils est né.

Aujourd’hui quand je le regarde et que je le vois si grand, j’ai du mal à croire qu’ il a été assez petit pour tenir dans mon ventre et cela ne va pas aller en s’arrangeant.

5 ans que les fils se tissent entre nous, que notre relation s’enrichit de mille et un petit détails, que ma boîte à souvenirs le concernant se remplit jour à jour de nouvelles anecdotes. Parfois j’ai l’impression de connaitre cet enfant comme ma poche et puis voilà qu’il me surprend, qu’il va là où je ne l’attendais pas.

5 ans que j’apprends à devenir maman, même si je suis persuadée que je ne recevrais pas le diplôme de la bonne mère s’il était délivré par ces pédopsychologues qui ont envahi l’espace médiatique et qui, à coups d’injonctions contradictoires (dont celle selon laquelle quand même la mère parfaite n’existe pas…suivi de 1000 recommandations de phrases à ne pas prononcer, d’attitudes à ne pas tenir) déboussolent plus qu’ils n’aident.

Il y a 5 ans je ne connaissais rien au babycook, chaises hautes, marques de vêtements pour enfant, dessins animés ou musique pour les tout-petits. Aujourd’hui je connais tous les génériques de ses héros préférés, je sais quel modèle de pantalon il faut à un petit garçon pas bien épais et quand tu me dis « turbulette » je ne pense pas à une pratique érotique.

Pendant ces 5 dernières années, j’ai aussi éprouvé des sentiments inconnus jusqu’à ce qu’il ne débarque dans ma vie : cet attachement maternel qui, pour moi, n’a été ni immédiat ni inné mais qui me transforme en tigresse quand on s’attaque à mon petit homme; cette terreur intérieure quand je l’ai vu souffrir (j’aurais alors donné n’importe quoi pour prendre sa douleur); cette impuissance, parfois, à le raisonner ou à le calmer (c’est loin d’être tous les jours facile); cette chaleur qui m’envahit quand il rit et que ses fossettes se creusent, quand il se serre dans mes bras ou quand je le vois heureux tout simplement.

Conservera-t-il de ces 5 premières années des souvenirs, des mots, des saveurs? se remémorera-t-il nos sorties, nos vacances ou nos disputes? Peut-être gardera-t-il des traces de cet anniversaire que je lui souhaite très très joyeux !

Et toi, de tes 5 ans tu as quelles images ?

Aujourd’hui réjouissez-vous, on va parler de caca boudin, de petite crotte et de pipi. N’appelez pas notre cher président, mon mari comme dirait Carlita, pour qu’il m’enferme à vie en hôpital psychiatrique, je vous rassure je ne suis pas en plein délire scatologique ! …comment attirer autrement votre attention sur un sujet aussi passionnant que la propreté de nos bambins ?

A peine remis de cette âpre épreuve consistant à faire admettre au chérubin tous les avantages de la station debout, la pression familiale, amicale et sociétale s’abat à nouveau sur nos frêles épaules de jeunes parents pour que nous affranchissions notre chère tête blonde de ses couches. Gonflés de bonne volonté, nous avons acheté un pot bien confortable, un réducteur de toilettes (si jamais il voulait brûler une étape) et avons commencé le travail de sape à lui raconter des histoires d’animaux, de héros dont la principale activité consiste à squatter pendant des heures le pot puis de pousser un houra en même temps que le reste au bruit du plouf !

Profitant de quelques jours de congés pendant lesquels j’étais plus disponible qu’à l’accoutumée, me convaincant que le protagoniste était prêt physiologiquement puisqu’il sait descendre et monter des escaliers, j’ai tenté de le mettre sur le pot à heure fixe mais le chérubin n’est jamais resté plus de deux secondes chrono dessus, se levant d’un bond déclamant un « non pas ça, non pas ça ».

Imaginant que vos mômes, eux, sont tous propres depuis longtemps, je me suis dit que j’allais glaner quelques conseils ici et là  )

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