Tag

films

Browsing

Parfois en lisant des critiques de films ou de livres, j’ai un léger malaise : j’ai l’impression de lire une personne qui n’aura jamais le 10ème du talent du gars qu’elle descend en flèches et qui « se venge » à coups de phrases assassines. Je n’ai pour ma part pas la prétention de vous proposer des critiques littéraires ou culturels.  A chaque fois que je parle d’un roman ou d’un film, j’essaie plutôt de traduire pourquoi cela m’a plu (ou pas ) et quelles émotions cette création a suscitées.

Au cours d’une même semaine, j’ai fini une série, ai été deux fois au cinéma et lu un roman d’où le titre oh combien peu accrocheur de ce billet : )

Bloodline : sous le soleil ..de Floride

©-Bloodline-Netflix-9

La série Bloodline m’a été conseillée par un instagramer lyonnais qui magnifie la ville à chaque photo qu’il poste (@_yavin) et que j’apprécie, sans le connaitre autrement que par écran interposé, parce qu’il me semble beaucoup moins râleur/ ronchon/ « critiquant tout le temps » à la mode twitter que pas mal de monde.

J’ai mis un peu de temps à vraiment rentrer dans l’histoire de la famille Rayburn (la famille dont il est coutume de dire que c’est la valeur sûre où se ressourcer, se reposer quoiqu’il arrive). Tout semble aller en effet pour le mieux dans les Keys (dans le sud de la Floride), les affaires prospèrent. La famille Rayburn est propriétaire d’un magnifique complexe hôtelier dans un décor à priori paradisiaque et fait figure de notables locaux quand le vilain petit canard de la famille, Danny, décide de revenir parmi les siens.

Le spectateur sait dès le départ que cela va très mal finir (construction en flash-back) mais tout l’enjeu est de savoir comment cette famille a priori bien sous tous rapports en arrive à cette fin violente. Petit et petit sont révélés les secrets et les cicatrices de ce petit monde dont l’équilibre semble soudain bien précaire.  Comme dans toute bonne série, chacun des personnages gagne en épaisseur : John écorne au fil de la saison son image de gendre parfait; Danny est tour à tour inquiétant, inspirant une certaine pitié, cinglé et terriblement lucide.

La tension monte tout doucement (personnellement j’ai vraiment accroché à partir de l’épisode 3) alors qu’on savoure de plus en plus la qualité d’interprétation des différents acteurs et les paysages à la fois très photogéniques et effrayants.

« Nous ne sommes pas de mauvaises personnes, nous avons juste commis une mauvaise action… » John Rayburn

Julieta : portrait de mère

Il y a des réalisateurs auxquels je suis fidèle quelque soit l’accueil que reçoit leur film et c’est le cas de Pedro Almodovar  parce que j’ai toujours été embarquée dans la façon dont il raconte des histoires et que j’aime le regard qu’il pose sur les femmes. Dès les premières images du générique de Julieta, on sait qu’on est dans son univers avec le rouge de ce peignoir qui flotte derrière le nom des acteurs, actrices et participants au film, ce rouge passion, ce rouge sang, ce rouge violent.

Pas de personnages excentriques cette fois, pas d’humour (est ce ce qu’on lui reproche ?), mais un drame, celui d’une mère Julieta, qui  » a perdu » sa fille depuis 12 ans, ne sachant même pas où cette dernière habite. J’ai peut-être un degré d’empathie proche du pathologique mais pendant 1h30 Julieta c’était moi et je suis ressortie de la salle avec les yeux d’un lapin ayant la myxomatose.

Il y a des scènes de film dont on se souvient toute sa vie : celle de la rencontre amoureuse dans le train en fera sans aucun doute partie (pourquoi dans la vraie vie on se retrouve assis à côté d’un gars qui déballe un sandwich au pâté 5 minutes à peine après le départ du train plutôt que de tomber sur un beau pêcheur espagnol ?)), celle où l’enfant devient le parent de son propre parent (surtout lorsqu’on l’a vécu) est très forte aussi.

julieta_almodovar_9594.jpeg_north_1160x630_white

Je n’ai pas compris les avis au mieux tièdes sur Julieta alors qu’il y a une telle maîtrise de la chronologie (Almodovar nous balade entre flashback, accélérations et ellipses), cette façon de construire cette histoire (inspirée de 3 nouvelles d’Alice Munro) comme un puzzle où chaque scène a son importance à posteriori.

Peut-être que ce film est trop noir (mettant en exergue la fragilité des liens entre les personnes et une vie rongée par la culpabilité et par la perte) pour susciter le consensus mais j’ai beaucoup aimé sa beauté triste.

Cafe Society : faussement sucrée

Le dernier film de Woody Allen, Cafe Society, est beaucoup plus léger (qualifié par certains de friandises, il n’a pas le cynisme de L’homme irrationnel) et beaucoup plus drôle que Julieta. Là encore j’ai eu l’impression de retrouver un vieux ami dès les premières notes de jazz du générique et ici sous les traits de Jesse Eseinberg dont la gestuelle, les postures, le phrasé ne peuvent qu’évoquer le réalisateur.

Certes Cafe Society se passe entre Hollywood et New York dans les années 30, ce qui lui donne une ambiance très glamour, certes Woody Allen nous dresse une galerie de portraits réjouissants entre le frère gangster, les parents qui passent leur temps à s’invectiver, le beau frère, certes les dialogues fusent et percutent, certes il s’agit (encore ?) d’un chasse croisé amoureux mais sous ces apparences badines, il y a toujours l’idée qu’on n’est jamais vraiment heureux .

cafe-society-de-woody-allen_5594785

« J’ai un public de déprimés fidèles »,   Woody Allen.

Les petites consolations : un roman choral post 11 septembre

Eddie Joyce était avocat et avait peut-être la plume qui le démangeait énormément. Un jour il a décidé de se lancer et il a écrit un roman choral retraçant l’histoire d’une famille italo-américaine et traduit dans une dizaine de langues (peut-être qu’il a mis 10 ans à écrire ce livre mais ça me fait quand même « rêver »).

Je suis désolée pour ceux et celles qui me lisent depuis quelques années et vont avoir le sentiment que je radote sérieusement mais j’ai un gros penchant pour les romans choraux, ceux qui nous plongent dans l’histoire d’un groupe (finalement comme dans une série).

Le point de départ Des petites consolations est la mort de Bobby, lors des attentats du 11 septembre. Quelles répercutions a t-elle eu sur les membres de la famille? Alternant les voix qui portent le récit (et réussissant ainsi à le rendre addictif), Eddie Joyce entre dans l’intimité de chacun, s’interrogeant sur la façon dont on vit le deuil et comment on « poursuit » sa route. De Gail, la mère (un des personnages les plus attachants, « mains froides, coeur chaud ») à Tina, sa femme en passant par Peter, l’auteur dresse une galerie particulièrement réussie.

Malgré quelques passages moins réussis, on sent combien Eddie Joyce aime ses personnages (tout comme Pedro Almodovar et Woody Allen) et c’est pour cela qu’on n’a pas envie de les quitter.

004020124

 

Je crois que l’humanité se divise en deux catégories : ceux qui commencent à lire un livre par la dernière page et qui n’hésitent pas à se renseigner sur le final d’un film avant de le voir et ceux qui ne veulent absolument rien savoir. J’ai dans mon entourage une personne qui appartient à la première catégorie et à chaque fois que l’on aborde ensemble ce sujet, c’est la même incompréhension de part et d’autre.

Pour elle, il n ‘y a aucun mal à en savoir le plus possible sur un roman alors que je me bouche les oreilles si elle commence à balancer les détails. Pour elle, connaitre le coupable dès le début n’a rien de gênant, pour moi le livre perd alors tout intérêt. Je veux du suspense, des surprises, être baladée par l’auteur, je veux que cela soit différent de ce qui est le plus attendu. Elle veut être rassurée, l’inconnu la stresse trop alors elle feuillette toutes les pages jusqu’au dénouement final. C’est plus fort qu’elle alors que je me l’interdis comme si je transgressais une règle.

J’ai rarement lu deux fois le même livre, elle relit souvent des romans qu’elle a en partie oublié (l’histoire aurait elle moins de prise sur elle parce qu’elle n’y participe pas activement  n’ayant pas à deviner comment les choses vont évoluer ? ). Ma psycho-rigidité souffre une exception : je revois sans déplaisir certains films que j’ai particulièrement aimés.

Si jamais je lis un livre ou vois un film qu’elle a planifié pour plus tard, elle tente de m’extirper le plus d’informations possibles (la question invariable étant « ça finit bien? ») alors que campant sur ma position, je refuse de dévoiler ce qui fait le sel de l’intrigue.

Je la laisse parfois me raconter dans le menu détail un bouquin …mais je sais déjà qu’il y a alors très peu de chances pour que j’ai envie de l’ouvrir. Je n’ose imaginer l’horreur si nous regardions chacune de notre côté la même série…spoiling permanent de sa part, énervement, ça pourrait nous brouiller cette affaire : )

Et vous, vous êtes dans quelle catégorie  ?

Hier soir, j’aurais du bosser pour rattraper mon mercredi off car ce jour là, je garde les enfants mais j’avais passé une grosse partie de la journée à ranger, nettoyer, préparer à manger et j’avais juste une envie, m’assoir sur le canapé et regarder un DVD. C’est comme ça que je me suis retrouvée devant le très bon film Du vent dans mes mollets avec Agnès Jaoui en mère pied noir étouffante mais plus touchante qu’agaçante (pourtant j’en ai connu des « mon fils » biens plus insupportables).  Cela parle d’amitié, d’héritage familial, de la façon dont notre enfance peut influencer la manière dont on éduque nos fils et filles (que l’on tente de s’en affranchir ou pas, que l’on en ait conscience ou pas )  mais aussi sur l’usure du couple. Je ne vais pas vous raconter la fin de l’histoire mais on se doute dès le prologue que cela se finit tristement et ça n’a pas loupé, j’ai versé ma larme.

Depuis le temps que ça m’arrive, j’ai tenté divers techniques pour éviter l’inondation :
– penser à la chose la plus drôle qui me soit arrivée jusqu’à présent (la fois où j’ai mis mon maillot de bain à l’envers à la piscine municipale ? non j’ai eu honte c’est tout)
– consulter mon portable comme si un message d’une importance capitale venait de tomber et qu’il me fallait répondre séance tenante
– me répéter en boucle que ce n’est qu’un film
– manger parce que manger et pleurer en même temps c’est compliqué mais cette option est trop calorique

Si rien n’a rien marché, j’essaie au moins d’être très discrète dans mes épanchements en restant aussi silencieuse que possible. Si je renifle, je suis démasquée. L’homme n’est pas dupe et à vrai dire je ne tente le film potentiellement triste avec personne d’autre.

Au tout début, je lui ai joué le coup du truc dans l’œil et avant même que la salle ne se rallume, je me suis éclipsée aux toilettes pour m’asperger la figure et ne plus ressembler à un lapin qui aurait la toxoplasmose. Si on était allé voir des blockbusters plutôt que des comédies dramatiques, j’aurais pu lui cacher mon dysfonctionnement lacrymal plus longtemps.

Ado je pleurnichais déjà devant Pour Sacha (je peux même vous réciter les dialogues…non, vous n’y tenez pas ? ). Je pourrais revoir 10 fois la fameuse scène du feu dans le film Sur la Route de Madison, 10 fois je serais capable de verser ma larmichette. Haut les coeurs, Ma vie sans moi, Love story, Les bienaimés, Les étreintes brisées… si je devais dresser la liste de tous les films qui m’ont fait pleurer et celle de tous ceux qui m’ont fait rire aux éclats, la première l’emporterait sans problème …

Parfois j’entends des reniflements suspects dans la salle, des gens qui se mouchent…est-ce une épidémie de rhume ou aurais-je des camarades de sensiblerie quelques fauteuils non loin de moi ? d’autres personnes qui, comme moi, vivent le film comme s’il s’agissait de leur propre vie…

Et vous, avec ou sans kleenex vos séances ciné ?

Il existe une rumeur selon laquelle l’été est synonyme de néant, de grosses daubes et séries B américaines au cinéma. Aujourd’hui je vais tenter de démontrer que c’est totalement faux et que tu peux envisager de te rendre dans les salles obscures en juillet et en août pour autre chose que  la climatisation.

Voici 6 raisons de faire rimer été et ciné :

1) Se balader dans la campagne anglaise, savourer le délicieux accent des personnages et partager leur tour des restaurants gastronomiques british dans The trip.(voir la bande annonce en VO et désolée pour la pub avant)

 

 

2) Être sous le charme de Mathieu Demy (ben oui je ne sais pas pourquoi mais je le trouve charmant…une fois je me suis même retrouvée assise à côté de sa mère, Agnès Varda et je n’avais qu’une envie, l’interroger sur son fils), goûter au plaisir d’une comédie romantique un peu inconsistante mais agréable à regarder avec l’Art de séduire (voir la bande annonce)

3) Traverser une partie du Canada en train, avoir presque froid dans son fauteuil …s’envoler avec le personnage masculin de Voyez comme ils dansent (voir la bande annonce)

4) Frissonner avec le dernier film d’Almodovar La piel que habito (voir la bande annonce ici)

5) Arriver en vaporeto à Venise, y poser ses bagages et observer les liens qui unissent André Dussolier, Carole Bouquet et Mélanie Thierry dans Impardonnables (voir la bande annonce ici)

 

 

6) Chantonner dans sa barbe, voyager des sixties à aujourd’hui, de Paris à Londres grâce aux Biens aimés, découvrir Michel Delpech en tant qu’acteur (voir la bande annonce)

 

De l’évasion, de l’amour, du suspense, de la bonne bouffe, des émotions, voilà tout ce qu’offre le 7ème art cet été !

Et toi, l’été tu vas au ciné?

 

 

Parlez-moi d’amour au cinéma :  je ne m’en lasse pas …c’est pour cette raison que jeudi dernier, je suis allée voir en avant première Beginners, film qui sort en salle mercredi 15 juin.

Le pitch : Oliver, illustrateur a Los Angeles, collectionne les ex et les déceptions amoureuses. Quand son père, Hal, tire sa révérence après avoir fait son coming-out a 75 ans et rejoint avec entrain la communauté homosexuelle, Oliver se penche sur ses relations familiales et ses échecs sentimentaux. Et il hérite d’un chien philosophe et bavard. La dépression guette. Jusqu’au jour où il rencontre Anna…

Quelques bonnes raisons d’aller voir ce film : même si en définitive, la relation amoureuse entre Oliver et Anna m’a semblé moins intéressante que les rapports père/fils (joués par deux acteurs excellents), il y a de jolis moments entre eux deux – deux mains qui s’étreignent et un baiser passionné dans un couloir d’hôtel, des beaux regards échangés. A travers le personnage de Hal, le réalisateur nous rappelle que dans les années 50, l’homosexualité était considérée comme une maladie mentale. Beginners est un beau film sur la transmission filiale : comment nos parents se sont aimés ou pas? quelles conséquences cela a plus tard sur notre propre vie amoureuse?

A éviter si : tu t’attends à une comédie romantique car bien que l’humour soit présent par petites touches ( un chien qui parle et qui comprend tout ce qu’on lui dit; des trouvailles qui émaillent le film et qui lui donnent un petit air de 500 jours ensemble ), la tonalité générale est clairement à la mélancolie.

Sur ma lancée, j’ai très envie de découvrir Pourquoi tu pleures ?

Pourquoi j’ai envie d’aller le voir? parce que le film parle d’un personnage qui se demande s’il doit choisir entre passion ou raison, parce la musique du film est signée par Benjamin Biolay, parce qu’être mariée ne m’a jamais tentée mais ça ne m’empêche pas d’avoir vu un nombre incroyable de films qui traitent ce thème, parce que les dialogues ont l’air plutôt réussis.

Pour la petite histoire, il parait que Valérie Donzelli et Benjamin Biolay sont ensemble dans la vie.

Jamais deux sans trois, si Blue Valentine est distribué à Lyon, je ne le louperai pas :

Pourquoi j’ai envie d’aller le voir ? parce que la bande-annonce m’a convaincu, parce que l’histoire se construit en flash-back, souvenirs et instants volés, parce que l’intrigue se passe à New York et que j’adore découvrir cette ville sur grand écran, parce que les histoires d’amour finissent mal…en général )

Pour info, le film a échappé à la censure, la MPAA (organisme chargé de classer les films aux Etats-Unis) l’ayant classé au départ pour un film pour adultes au vue d’une scène au contact sexuel explicite….puritain, vous avez dit, puritain?

Et toi, les histoires d’amour au cinéma c’est ton truc ou pas?


crédit photo : galerie theENDpeace, etsy

Mon passeport a la forme de tickets, pour tout bagage je prends mon sac à main avec l’indispensable paquet de mouchoirs à l’intérieur, je voyage en petit comité ou en foule parfois, les destinations sont rarement les mêmes.

Je m’installe souvent au bord de la rangée, j’enlève toujours mon blouson, sauf si la climatisation est poussée à fond…j’attends le décollage avec une certaine impatience. Je souffre rarement de jet lag mais le dépaysement est garanti.

Du Nord avec Welcome (Calais) à l’Alsace, avec Tous les soleils (Strasbourg), en passant par le Vercors des frères Larrieu (dans Peindre ou faire l’amour), le Lubéron (Parlez-moi de la pluie) ou le Cap Ferret (Les petits mouchoirs), j’ai sillonné les routes de France. J’avoue m’être attardée un peu plus dans le Sud : j’ai découvert Sète (La graine et le mulet; Coup d’éclat), j’ai vécu un dilemme amoureux à Marseille (Marie-Jo et ses deux amours), j’ai eu vue sur la mer à Monaco (L’arnacoeur).

En un temps record, j’ai franchi les frontières pour des pays gorgés de soleil : j’ai chanté Mama mia en Grèce, j’ai senti le vent de la Sicile dans mes cheveux avec Respiro, j’ai aimé l’Espagne de Woody Allen (Vicky Cristina Barcelona) ou d’Almodovar (Volver, Les étreintes brisées).

J’ai traîné mes guêtres très souvent à New York : de Brooklin Boogies à Manhattan, de Quand Harry rencontre Sally à Two lovers, j’ai vu la ville sous différents visages, à diverses saisons.

Je n’aurais jamais cru pouvoir m’offrir un billet pour Hong Kong (In the mood for love) ou pour Tokyo (Lost in Translation) et maintenant que j’ai goûté au plaisir de ces voyages immobiles, je ne suis pas prête de ranger mes bagages.

Et toi, est ce que tu t’évades au cinéma ?

 

 

Pin It