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Des poches, des romans graphiques, une bande dessinée, un essai, mes dernières lectures ont été assez variées. Comme il m’est impossible, par manque de temps, de tout chroniquer dans le détail mais que j’avais quand même envie de les partager, voici un court résumé de chacune d’entre elles :

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ?

Mon pitch : Vous vous êtes déjà demandés pourquoi depuis la nuit des temps et partout sur la planète, les femmes n’ont jamais été traitées de manière égale aux hommes ? Pour répondre à cette question, cette bande dessinée remonte aux origines des inégalités entre les hommes et les femmes soulignant avec humour toute l’absurdité de cette situation. Expliquer pour repartir sur des bases plus justes c’est l’idée de cette chronologie dessinée.

Saviez vous que jusqu’en 1875 les hommes pensaient qu’il était l’unique responsable de la création d’un enfant ? que tous les textes de loi et tous les textes religieux ont été pensés et écrits par des hommes posant un regard uniquement masculin sur la société ? ou encore qu’au Moyen Age les filles étaient promises à un homme dès l’âge de 7 ans, qu’elles étaient majeures à 13 ans et mariées entre 13 et 17 ans ?

Pour qui ? à la fois histoire des inégalités hommes et femmes et histoire de l’évolution des droits des femmes (avec des femmes qui ont œuvré pour que les choses changent), j’aimerais que tous les collégiens et collégiennes le lisent. En tous cas, je vais le faire lire à mon fils et à ma fille.

 

Le colis

Mon pitch : Direction le quartier rouge de Bombay où Madhu, une hija (sorte de troisième sexe, née dans un corps d’homme mais amputée de ses attributs sexuels masculins), qui mendie pour vivre après des années de prostitution, doit s’occuper d’un colis. Alors qu’elle doit s’acquitter de cette mission (pour le moins glaçante je ne vous en dis pas plus), les souvenirs de sa vie reviennent à la surface.

Pour qui ? ceux qui ont une image idyllique de l’Inde même si je ne sais pas quelle est la part de fiction et la part de réalité dans ce destin et le terrible sort des colis.

 

Chroniques de la fruitière

Mon pitch : Que celui qui aime le fromage et qui n’aura pas envie de déguster un morceau de comté après la lecture de cette bande dessinée , lève le doigt ? Au fil des saisons, l’auteur part à la rencontre des Hommes qui, dans le Jura, l’Ain ou le Doubs, produisent le comté. A travers des anecdotes et des rencontres, on comprend à quoi tiennent la qualité et le caractère unique d’un produit qui a su résister à la mondialisation dans une filière restée indépendante.

Pour qui ? les gourmands, les gourmets, ceux qui aiment en savoir plus sur les produits du terroir, les fous de fromage.

 

Comme un chef

Mon pitch : Raconter une vie à travers son rapport à la nourriture et l’amour pour la cuisine, voilà le parti pris de Comme un chef.  Repas d’enfance avec une mère qui n’aime pas passer du temps derrière les fourneaux, frustration de ne pas pouvoir préparer grand chose dans une piaule étudiante, révélation » lors du premier grand restaurant, un déjeuner chez les frères Troisgros, expériences en tant que chef à domicile, on découvre Benoît Peeters presque toujours autour d’une table même si l’autre pan de sa vie (chercheur et romancier) a aussi son importance. Hymne à la vie, chronique d’une époque, Comme un chef donne envie …de remettre le couvert sans attendre : )

Pour qui ? Ceux et celles qui peuvent passer des heures à parler cuisine, bonne bouffe et bonnes adresses

 

Un fils parfait

Mon pitch : Il est le fis parfait, le gendre idéal, celui que vos copines vous jalousent, il a « bien réussi » et puis un jour, un petit caillou se met dans la mécanique d’un emploi du temps bien huilé et c’est la sortie de route. Et si celui avec qui vous partagiez votre vie depuis des années était en fait un monstre ?

Pour qui ? Ceux et celles qui aiment lire les faits divers (d’autant plus que ce roman a été inspiré par une histoire vraie)

 

Petit traité d’éducation lubrique

Mon pitch : L’auteur s’amuse à enseigner, dans ce court livre, à son lecteur les plaisirs charnels avec beaucoup d’humour et un amour des mots incontestable.

Pour qui ? Selon Lydie Salvayre, « petit traité à instruire les analphabètes du sexe, à désengourdir les gourds et à défâcher méchants. » Si vous êtes du genre pudibond, passez votre tour.

 

Les revenants

Mon pitch : La méthode de travail de David Thomson, qui a obtenu le prix Albert Londres avec cet essai, est d’utiliser les sources primaires. Il a ainsi suivi pendant plusieurs années ( jusqu’à 5 ans et certains jusqu’à la mort)  une centaine de jihadistes (tunisiens, français, belges, suisses), menant entretiens et reportages.
Dans ce livre il racontent l’histoire de quelques uns en  leur donnant la parole une fois de retour en France, en revenant sur les raisons qui les ont poussé à partir en Syrie et en leur demandant comment se sont passées les choses une fois là bas. Leur parole est toujours accompagnée d’une analyse et d’une contextualisation pour aider à mieux comprendre leur cheminement et garder un sens critique entre ce qui est dit et la « réalité ».
Au delà de ces témoignages, l’objectif de cet essai est de déconstruire la mécanique sociale, religieuse, politique, familiale et psychologique qui les a fait basculer. Il est aussi question de leur déception, de l’inefficacité de la déradicalisation.
J’ai toujours été intriguée par ces personnes qui se laissent totalement embrigadées par les sectes et j’ai eu souvent, l’impression, au fil de ma lecture, de voir la même mécanique à l’œuvre avec des cibles la plupart du temps « fragiles » ou à la recherche de sens dans leur vie. Passionnant et terrifiant.

Pour qui ? Ceux et celles qui ont envie de comprendre (ce qui ne signifie pas justifier bien-sûr), aller au delà des propos « café du commerce » avec une grille de lecture jamais simpliste mais pourtant éclairante.

 

Et vous, qu’avez-vous lu en février ?

Hasard ou pas, j’ai lu dans la foulée 3 livres -2 romans et une biographie- dans lesquels la seconde guerre mondiale est plus qu’un élément capital. Si je vous dis qu’en plus, j’ai été voir le film La douleur (tirée du livre de Marguerite Duras) en avant première et que dans mon sac à main, se trouve le livre de poche Par amour de Valérie Tong Cuong qui se passe à la même époque, il serait facile de conclure que cela vire à l’obsession.

L’origine de la violence

Comment un livre est-il choisi plutôt qu’un autre ? Pour L’origine de la violence, la raison est toute simple : j’avais lu Comment vivre en héros de Fabrice Humbert , j’avais trouvé le propos ambitieux, j’avais aimé la plume et logiquement j’avais envie de lire d’autres titres de cet auteur. Je ne connaissais rien sur l’histoire, celle d’un jeune professeur, qui a l’occasion d’un voyage scolaire en Allemagne découvre dans le camp de Buchenwald la photo d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père est frappante.

Le personnage principal aurait pu en rester là, ranger cette ressemblance étrange dans un coin de sa tête mais depuis qu’il est enfant, il sent une rage et une violence tapie en lui et cette découverte est pour lui l’occasion de s’interroger sur l’origine de la violence (celle de l’Homme et pas que la sienne), l’origine du Mal.

Question existentielle et quête personnelle se mêlent alors sans que l’auteur ne soit jamais ridicule (pourtant la situation de départ est tout de même très improbable). Même lorsqu’il décrit l’horreur des camps, il n’y a pas une fausse note.

J’ai cru un instant que L’origine de la violence allait devenir une sorte d’essai philosophique sur le Mal mais très vite j’ai plongé dans ce roman haletant avec la volonté de connaitre les secrets de famille du personnage principal.

Winston de Boris Johnson

Boris Johnson, l’auteur de Winston, a été maire de Londres. On reconnait, malgré la traduction, cet humour typiquement anglais et l’amour qu’il nourrit pour son île sans pour autant qu’il ne perdre tout esprit critique. De la même façon, on ressent, dans cette biographie consacrée à Winston Churchill, l’admiration qu’il a pour l’homme sans que cela ne tombe dans l’hagiographie.

On connait Churchill pour son sens de la formule mais saviez-vous qu’il est le fondateur avec Lloyd Georges de l’État Providence ? il a mis en place la loi instaurant le salaire minimum (1908), créé des bureaux de placement pour lutter contre le chômage,  il est le père de l’assurance chômage et il a réduit l’âge de la retraite de 70 à 65 ans.

Chapitre après chapitre, Johnson souligne la bravoure de Churchill qui a combattu et était un fou d’aviation qui a eu de multiples accidents. Ses détracteurs lui reprochaient de vouloir toujours être sur le devant de la scène mais il admettait volontiers vouloir épater autrui comme pour « effacer » « rattraper » les relations glaciales qu’il a eues avec son père.

J’ai trouvé très intéressant le chapitre détaillant la façon dont Churchill préparait et écrivait ses textes. Il en a produit plus que Dickens et Shakespeare réunis. Il a lu un nombre de livres impressionnant (cela nous change des présidents qui déclarent sans vergogne ne jamais lire un roman) et il connaissait une foule de poèmes par cœur du fait de son incroyable mémoire.

Si j’ai mis Winston dans cette sélection, c’est que la guerre est au centre de cette biographie. Parmi toutes les opinions courantes entendues sur Churchill (et sur lesquelles l’auteur revient une à une ), l’image de belliqueux lui colle à la peau. Boris Johnson essaie de démontrer que, lors de la seconde guerre mondiale, il a, au contraire, dépensé une énergie considérable pour éviter la guerre. Par la suite, il a agi en fin stratège pour convaincre les USA de rentrer dans le conflit.

Une vraie leçon d’histoire et le portrait d’un homme extra-ordinaire.

L’amour après

Marceline Loridan-Ivens est une écrivaine, une cinéaste, rescapée des camps de concentration. A 15 ans, elle était à Birkenau. A la question que l’on se pose souvent : peut-on vivre après l’horreur, Marceline Loridan-Ivens (que je connaissais sans le savoir : c’est la jeune femme qui, dans une chanson de Vincent Delerm, demande aux gens s’ils sont heureux ) en substitue une autre, peut-on aimer un jour après les camps ? comment peut-on aimer quand son rapport au corps a été totalement ravagé ? peut-on avoir un jour du plaisir ?

Marceline Loridan-Ivens se décrit à plusieurs reprises comme n’ayant plus aucune sensation, comme une poupée de chiffon dans les histoires charnelles qu’elle a avec les hommes après la guerre. Pour nous raconter sa vie amoureuse, elle prend comme prétexte une valise retrouvée chez elle, qu’elle appelle « sa valise d’amour » contenant des lettres qu’elle nous dévoile.

Il y a un peu de Jules et Jim dans cette femme qui, à 36 ans, avait deux hommes dans sa vie. Aujourd’hui à 89 ans, sur le plateau de l’émission La grande librairie, elle réaffirme sa conception de l’amour : un amour synonyme de liberté et sans possessivité. Marceline Loridan-Ivans dit se sentir toujours jeune dans sa tête, seul son corps ne suit pas.

En refermant son livre, je me suis demandée qui, après elle, restera pour témoigner.

Y-a-t-il des sujets qui reviennent souvent dans vos lectures ?

 

 

Je connaissais Leila Slimani pour ses romans Dans le jardin de l’ogre (après avoir lu cet essai, je comprends un peu mieux l’accueil qu’a pu recevoir dans son pays ce roman où il est question d’une femme nymphomane) et Chanson douce qui a obtenu en 2016 le prix Goncourt. Je ne regarde quasiment pas la télévision mais il parait qu’elle est invitée sur pas mal de plateaux de télé en ce moment.

Sexe et mensonges : la vie sexuelle au Maroc n’est pas un essai sociologique mais le recueil de la parole de femmes et d’hommes marocains plus libres que les autres ou qui ont un regard assez critique sur la société marocaine et ses rapports avec la sexualité pour avoir envie d’en témoigner, peut être « éveiller les consciences » et qui sait, même si cela est une goutte d’eau, faire évoluer les choses.

Est ce qu’une situation sous prétexte qu’elle est culturelle (ce que l’auteur démonte par ailleurs) est sensée perdurer ? De rencontre en rencontre, Leila Slimani dresse le portrait d’une société hypocrite, où le regard de l’autre semble guider toute conduite, où la consommation de pornographie est très forte mais où toute sexualité en dehors du mariage n’est pas sensée exister.

Sexe et mensonges : la vie sexuelle au Maroc dépasse largement la simple accumulation de témoignages car il propose par exemple l’éclairage d’une chercheuse en théologie, Asma Lamrabet :

‘N’importe qui peut dire n’importe quoi au nom de la religion. Dès qu’on veut justifier le fait de vous dominer, on vous assène cette phrase « C’est le Coran qui le dit ».Il faut que les femmes aient les outils pour argumenter face à cette inculture religieuse généralisée. Nous ne devons pas accepter n’importe quoi au nom du sacré. »

ou celui du sociologue Dialmy qui explique très finement ce qui peut se résumer à une phrase :

« Faites ce que vous voulez, mais faites-le en cachette. »

Ce qu’il faut souligner aussi, malgré le fait que les hommes ont une liberté (celle d’avoir une vie sexuelle hors mariage puisqu’il n’y aucun moyen de le vérifier) que n’ont pas les femmes, c’est que le propos ne tombe pas dans le manichéisme : les hommes ne sont pas vus comme des ennemis et les femmes ne sont pas forcément toutes des victimes. L’éditorialiste Sanaa Al Aji rappelle :

« Eux aussi souffrent de ce malaise, de cette ambiguïté. Ils ont eux aussi envie que les relations avec les femmes soient plus simples. Il faut dire que les femmes ont, elles aussi, un lien mercantile avec leurs corps. Pour beaucoup d’entre elles, le mari représente d’abord un avancement social. L’homme donne une dot en contrepartie du mariage. (…) Beaucoup de femmes veulent la modernité mais elles veulent en même temps que le mari gagne de l’argent et s’occupe d’elles. Très peu assument vraiment la modernité. »

Il n’empêche qu’au Maroc les relations hétérosexuelles hors mariage, les actes homosexuels et l’avortement sont aujourd’hui punis par le code pénal.

Sexe et Mensonges a été adapté en un roman graphique avec  l’auteur de BD Laetitia Coryn. Paroles d’honneur est aussi engagé que Sexe et Mensonges et même si, du fait du format, la parole des femmes est moins développée que dans l’essai il reflète une réalité aussi complexe à appréhender.

Enfin il se conclut, dans les derniers dessins, avec la parole d’ un homme. Ce dernier dit qu’il n’est pas d’accord avec la morale rétrograde et hypocrite qui règne autour de lui. Peut être un des signes que la société marocaine est en train de changer.

L’histoire de Meurtres à la pause déjeuner s’annonçait originale et drôle, le titre avait attiré mon attention et le cadre, Milan, avait fini de me convaincre.  Francesca, jeune femme fraîchement larguée par son petit ami la veille de son mariage, déprime dans son entreprise et rejoint tous les jours à la même heure son collègue Paolo pour déjeuner dans le même bistrot à l’extérieur. Elle est de retour au bureau avant tout le monde et alors qu’elle s’apprête à se laver les dents aux toilettes, elle découvre le cadavre de Marinella, une de ses collègues, la corde au cou.

Un autre meurtre suit quelques semaines plus tard. Coïncidence ou pas, Francesca occupait le bureau en face du sien comme c’était le cas pour Marinella et ni l’un ni l’autre n’étaient aimés au sein de la boîte.

Si le personnage de Francesca a un petit côté Bridget Jones et que le roman n’est pas dépourvu d’humour, il lui manque du mordant et un style plus affirmé. Le monde de l’entreprise et l’ennui qui lui est inhérent dans certains cas sont bien dépeints mais le livre souffre de nombreuses longueurs et le dénouement ne m’a pas vraiment surprise. Bref j’espère que mes prochaines lectures seront plus enthousiasmantes : )

Des poches

pochesJe n’ai pas lu de roman noir depuis longtemps, voilà pourquoi Angel Baby, l’histoire de la cavale d’une mère prête à tout pour retrouver sa fille en California, annoncée comme haletante, fait partie de ma sélection. J’avais prévu de lire Hudson River cet été mais je n’ai pas eu le temps. Avec Funny Girl, je compte retrouver la plume mordante de Nick Hornby. Quant au club Jane Austen (6 personnes se rencontrent régulièrement autour de l’oeuvre de Jane Austen), cela doit parler à mon côté ex-bibliothécaire : )

Des romans presque tous étrangers

Je viens à peine de commencer The Girls, inspirée de l’histoire vraie d’une bande de filles qui, à la fin des années 60, assassinèrent sauvagement la comédienne Sharon Tate et quatre de ses amis et j’ai prévu d’enchaîner avec California Girls axé autour du même fait réel mais avec un traitement différent.

Ensuite place au voyage avec la Sicile, (une saga ! ) et Sur cette terre comme au ciel, la grosse pomme (New York, esquisses nocturnes), le Minnesota (Et la vie nous emportera).

Suskand Island de David Vann m’avait beaucoup marqué par sa capacité à installer un huit clos étouffant dans un cadre sauvage. J’ai hâte de le retrouver avec Aquarium dans une nouvelle confrontation familiale entre une mère et sa fille.

Et puis le syndrôme « liaisons dangereuses » me pousse peut être à mettre dans ma liste de livres à lire, la correspondance entre Paul Cézanne et Emile Zola dans Lettres croisées.romans-etrangers

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Des bandes dessinées

Côté bande dessinées, j’attends avec impatience la suite de l’Arabe du futur après avoir beaucoup aimé les deux premiers tomes. Le nom de Lewis Trondheim suffit à me convaincre d’ouvrir Coquelicots d’Irak. Les dessins de Florence Cestac (et la gueule de ses personnages avec leur gros pif) m’ont toujours amusé d’où la présence de Filles des oiseaux.

Et puis j’aimerais en savoir plus sur ces femmes qui ont mené la vie de leur choix quitte à se mettre la société à dos et cela sous le crayon de Pénélope Bagieu avec Culottées.

bdDes essais

Je lis peu d’essais par rapport aux romans mais je suis curieuse aussi bien de ce qu’est le parcours et la vie d’une Danseuse étoile que de ces 8 ans d’enquête sur la télé avec Ma vie au poste.

 

essais

Je suis tombée sur un interview de Martin Winckler qui souligne qu’en France, la formation médicale n’était pas du tout centrée sur l’écoute du patient. Dans son dernier livre, il dénonce la « maltraitance » de certains médecins, qui peut prendre la forme de sexisme, de paternalisme, de gestes douloureux ou de remarques déplacées sur le physique entre autres.

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Voilà pas de délai, pas de compte, pas de challenge, juste le plaisir de la lecture en espérant que parmi ces titres, j’aurais plein de coups de cœur à partager.

 

 

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Par hasard (ou presque, le hasard existe-t-il vraiment ?), je viens de lire à la suite deux livres sur Marilyn Monroe. Si leur contenu est assez différent, ils ont le point commun de s’intéresser particulièrement à la mort de l’actrice.

Dans Marilyn 1962, Sébastien Cauchon dresse un portrait de Marilyn Monroe à travers les « proches » qui ont vécu à ses côtés dans les derniers mois de sa vie à Los Angeles en 1962. Chaque chapitre est consacré à l’un deux : la gouvernante (recommandée par le psy), le masseur, le maquilleur, la coach, la comptable, le photographe ….impressionnant de voir tout ce petit monde qui gravite autour de la star, avec plus ou moins d’intérêt personnel et en même temps, de ressentir la solitude immense de la star.

A travers les relations qu’ils entretenaient avec Marilyn, plus ou moins intime, plus ou moins mouvementée, de courte ou de longue durée, Sébastien Cauchon tente de mieux comprendre une personnalité pour le moins complexe, avide de reconnaissance et de célébrité, bourrée de contradictions, capable de la plus grande générosité comme de la plus totale injustice avec ceux qui firent un bout de chemin avec elle. En refermant le livre, le mystère reste néanmoins quasiment entier.

motif séparation

Marilyn X, bien que peut-être plus fantaisiste et prenant plus de liberté avec la réalité (même s’il souligne dans la 4ème de couverture qu’il s’appuie sur des faits réels, des archives fédérales, des témoignages, des rapports d’enquêtes et des expertises médicales), m’a bien plus captivé.

Le pitch ? Au nouveau Mexique, en été 2012, un couple de voyageurs égaré sur une route déserte est témoin d’un incendie. Dans les décombres fumants, ils trouvent un cadavre carbonisé et des journaux intimes qu’ils commencent à lire. Leur auteur raconte sa vie de reclus et partage des souvenirs liés à Marylin Monroe, dévoile des faits que seul un proche de l’actrice était en mesure de connaitre. Au fil de leur lecture, le couple va de surprise en surprise.

Empruntant la forme du thriller, Philip Le Roy, présente une thèse concernant la disparition de Marilyn Monroe, inédite mais qui semble plausible (en tous cas à ce stade de ma connaissance de la vie de l’actrice, après il faudrait aller plonger dans les articles et dans tous les livres écrits à son sujet !).

Il est bien entendu question de plusieurs des « proches » de Marilyn ( la lecture de Marilyn 1962 ne pouvait pas mieux tomber) qui apparaissent plus comme des parasites, exploitant pour certains les faiblesses de l’actrice mais aussi de Frank Sinatra, le clan Kennedy, la mafia, la CIA pour qui l’actrice s’est vite révélée gênante.

Philip Le Roy sait tenir en haleine son lecteur jusqu’au twist final…et si sa version était vraie ?

Avoir une tendinite au pouce n’a pas que des inconvénients (1- avoir l’air très légèrement ridicule en l’annonçant 2- se faire traiter à demi-mots de senior par son médecin traitant). En effet cela a comme effet immédiat , l’augmentation de mon temps de lecture et comme je ne voulais pas multiplier les billets, je vous en propose un petit récapitulatif .

Les Brésiliens

 Direction le Brésil pour ce nouveau titre de la collection Lignes de vie d’un peuple (dont j’avais eu l’occasion de lire le titre les Islandais). J’avoue que je m’attendais à un contenu un peu plus léger, peut-être parce qu’à force de lire des articles de touristes on en a une image assez cliché. L’auteur Marie Naudascher est journaliste indépendante au Brésil depuis 2010 et si elle insiste sur le fait qu’en tant que touriste justement on est toujours très bien accueilli dans ce pays, la réalité sociale et économique est assez loin des plages de sable blanc et des filles parfaites en bikini.  Elle a opté dans cet ouvrage pour une grille de lecture plus économique que sociologique, le sujet du livre étant plus les grandes questions et les grands défis que traverse aujourd’hui ce pays que les Brésiliens aux mêmes. Entre les favelas, le racisme envers les noirs (alors que c’est un pays qui a connu tellement de vagues d’immigrations), l’économie intensive et ses conséquences sur l’écologie (partout le même schéma et la même impression qu’on fonce dans un mur mais qu’on continue quand même parce que la seule motivation est toujours plus de gain, d’argent …assez désespérant), la distribution des terres et le peuple indien, la violence urbaine,  le tableau m’a semblé assez sombre. Le dernier chapitre se veut plus positif insistant sur la société civile qui se réveille à travers la création d’une presse alternative par exemple.

Venise n’est pas en Italie

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Changement de décor avec Venise n’est pas en Italie. Émile 15 ans vit avec ses parents à Montargis dans une caravane et a le béguin pour une fille de son lycée. Quand cette dernière l’invite à Venise où elle va donner un concert, Émile est fou de joie. Coup de théâtre, ses parents lui annoncent qu’ils l’accompagnent. Épousant le point de vue de cet adolescent qui se confie à son journal, ce roman mêle humour et émotion, dit avec justesse les premiers émois amoureux et cette difficulté à trouver sa place dans une famille quand on se sent différent. Les parents d’Émile sont prêts à tous les sacrifices pour que leur fils réussisse et pour lui faire plaisir mais ils ont parfois de drôles de lubies (ils lui teignent les cheveux en blond !) et ne sont pas toujours très discrets. Les sentiments d’Émile à leur égard oscillent entre la honte (et la honte d’avoir honte) et des élans d’amour. Le roman prend aussi des allures de road movie initiatique quand la famille, auquel vient se joindre le grand frère, part en Italie.

Mon amour,

monamourLa couverture me plaisait, l’accroche aussi et quand j’ai lu sur la quatrième de couverture que Mon amour, prenait la forme d’un roman épistolaire, il ne me fallait pas d’autres arguments pour que le livre rejoigne une pile déjà bien haute sur ma table de chevet. Au début j’ai cru que cette femme, très jeune maman, et cet homme, musicien en tournée à travers le monde et parti pour des concerts juste quelques jours après la naissance de leur fille, s’écrivaient réellement. Et puis j’ai compris que les lettres étaient juste des missives qu’ils imaginaient (ou qu’ils n’envoyaient jamais) et qu’il n’y aurait pas vraiment de dialogue entre eux (ou des dialogues parallèles). J’avoue aussi que l’un comme l’autre m’ont vite agacé : elle si totalement autocentrée sur la moindre respiration de son nouveau-né, lui se lamentant sans cesse des mauvaises critiques et se consolant dans les bras d’une maîtresse régulière. Au delà de mon peu d’empathie pour l’un comme pour l’autre, je n’ai pas cru en leur histoire, les pages sont restées du papier et n’ont jamais pris vie dans ma tête.

Le Sculpteur

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J’aurais aimé avoir un coup de cœur pour ce roman graphique de 500 pages qui revisite le mythe de Faust. Le héros du sculpteur pactise en effet avec le diable qui s’incarne sous les traits d’un oncle décédé : parce que David Smith veut laisser à tout prix sa trace à travers son art avant de mourir, il accepte de donner sa vie contre des talents exceptionnels qui lui permettent de sculpter n’importe quelle matière avec ses mains. Le style est classique, les dessins en noir et blanc, les thèmes abordés ambitieux (le sens de la vie, la création, l’amour) mais peut-être parce que c’est trop calibré, peut-être parce que je n’ai pas assez de repères/ culture en bande dessinée, l’enthousiasme n’était pas au rendez vous.

Houellebecq économiste

9782081296077

Houellebecq économiste est le livre le plus stimulant de mes dernières lectures. L’économiste Bernard Maris (parmi les victimes de la tuerie de Charlie Hebdo) propose de relire les romans de l’écrivain Michel Houellebecq à travers une grille de lecture économique (tout en égratignant pas mal au passage cette discipline qu’il ne considère pas comme une science, ses prédictions s’avérant souvent fausses écrit il). Je me suis toujours demandée en lisant des bouquins de Houellebecq s’il était proche de ses personnages, quelle était la part de lui dans chacun d’eux (avec aussi un certain malaise face à cette sexualité très tournée vers le plaisir masculin il me semble). Ce qui est certain c’est que Bernard Maris m’a donné envie de relire ou lire les romans de l’écrivain au regard de ce nouvel éclairage : une critique de la société de consommation qui pousse à la déshumanisation. C’est écrit avec humour et c’est accessible même pour quelqu’un qui comme moi n’a jamais été très fortiche dès qu’il s’agit d’économie.

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