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Quand on va moins au cinéma qu’avant faute de disponibilité ou de baby-sitter, on n’a moyennement envie de
tomber sur un film qu’on aurait pu visionner sur DVD à la maison.
Heureusement le flair de mon cinéphile d’amoureux m’a permis de
découvrir deux films que je vous encourage vivement à aller voir.

Gran torino,
dernier film de Clint Eastwood, est l’histoire d’un ancien combattant
du Vietnam (Walter), aigri, raciste et bourré de préjugés qui va
rentrer dans la vie malgré lui d’un jeune garçon Thao et de ce fait
apprendre à mieux connaître une communauté qu’il déteste à priori.
Clint Eastwood se prend comme à ses débuts dans Inspecteur Harry pour
un cow-boy des temps modernes, dégainant plus vite que son ombre sauf
que cette fois il ajoute une touche de parodie à son propos et évite ce qui pourrait être parfois ridicule vu son âge. Le film est émaillé de
scènes fortes : ici Walter réalise soudain qu’il a plus de points communs
avec ses voisins hmong qu’avec sa propre famille, plus tard il
s’interroge sur le sens de la vie et de la mort avec un prêtre. Trop tard il se rend compte  qu’il n’arrivera jamais à effacer le fossé
d’incommunicabilité creusé entre lui et son fils. Alors que le film
semble prôner la légitime défense, Clint Eastwood nous amène là où on
ne l’attendait pas à notre plus grand plaisir.

 

Avec
Welcome, la vie des réfugiés qui fuient leur pays pour une démocratie,
pour  un travail et avec l’espoir d’un
eldorado a un visage, celui de Bilal 17 ans qui a quitté l’Irak et se
retrouve bloqué à Calais alors que le but de son voyage est Londres.
Avec ce film Philippe Lioret dénonce l’indifférence, celle qui nous
pousse à tout accepter et à fermer les yeux, à dire « je ne savais pas »
sous prétexte qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde; l’ambivalence d’une France qui se proclame pays des droits de l’homme
mais chasse des hommes comme des animaux. On est pourtant loin du
documentaire et du discours moralisateur car Welcome c’est avant tout
l’histoire d’un maître nageur, un peu rustre, paumé car en pleine
procédure de divorce (et formidablement  joué par Vincent Lidon) qui va tendre la main à Bilal dans l’espoir de
reconquérir sa femme.

La
phrase du film
: « ce gamin a fait 4000 kilomètres à pied et maintenant
il veut traverser la manche à la nage pour rejoindre celle qu’il
aime…moi j’ai même pas été capable de traverser la rue pour te
retenir. »

Comme on n’est pas à Hollywood, ça finit mal…prévoyez un mouchoir !)

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