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C’est un beau roman

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Si je ne craignais pas les titres à rallonge, j’aurais écrit, à propos d’Un poisson sur la lune de David Vann, « le livre qui vous fait vivre comme dans la tête d’un maniaco-dépressif ». Je ne suis pas sûre que ce soit très vendeur à l’heure des « good feel book » et de cette quasi interdiction du spleen. Angèle en a fait une chanson :

Cela me parait pourtant la meilleure façon de résumer le dernier roman de David Vann d’abord parce que j’ai été bluffée par la justesse et la précision avec laquelle il décrit toutes les pensées de cet homme (Jim)qui a décidé d’en finir avec la vie. Je me suis même demandée si l’auteur souffrait lui même de dépression.

Ensuite j’ai pensé à pas mal de livres qui traitent de cette maladie mentale :

La succession de Jean-Paul Dubois, où l’héritage n’est pas que matériel mais aussi tragique comme si le suicide se transmettait dans les gènes


L’autre qu’on adorait de Catherine Cusset, roman écrit suite au suicide d’un ami très cher de l’auteure. Je m’étais retrouvée dans l’hypersensibilité de Thomas en lisant ses mots de Catherine Cusset :

« Je suis ton amie. Je ne suis pas méchante, tu l’as compris. Mais comme j’ignore la fragilité, comme j’ignore le mal qu’on fait à l’autre en posant le doigt sur ses zones les plus sensibles et en appuyant dessus ! »

Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie ou le portrait d’un frère qu’elle adorait et qui s’est suicidé

Il m’a semblé que pour la première fois, l’auteur adoptait un point de vue différent, sans utiliser le « je », nous lecteurs, nous sommes dans la tête de Jim.

Le livre s’ouvre alors que Doug vient chercher Jim, son frère à l’aéroport. Le psy a été formel : Jim ne doit jamais rester seul. Mais Doug le houspille, reprenant à son compte ces phrases si souvent entendues face à quelqu’un qui est dépressif :

« Tu ferais mieux de te ressaisir. Des menaces, parce que ça va l’aider, c’est bien connu. »

S’installe en quelques pages, la sensation perpétuelle d’étouffement de Jim. Avec Un poisson sur la lune, on est très loin d’un traitement journalistique ou médical de la dépression. Lors d’un rendez vous avec le psy, Jim compare la dépression qui s’abat sur lui et le met à terre avec des vagues puissantes. Le passage est réellement magnifique !

Pourquoi Jim a fait le voyage depuis l’Alaska où il est installé ? Au début, j’ai cru qu’il cherchait la cause de son désespoir en rendant visite à ses proches : ses enfants (dont son fils David …qui n’est autre que David Vann), son frère, son dernière femme, ses parents. Ou peut-être cherchait-t-il encore une raison de s’accrocher à la vie ? Très vite, j’ai compris qu’il s’agissait de dernières fois, d’adieux. Comme dans Avec toutes mes sympathies, même tout l’amour des siens, ne peut le sauver. Pour Jim, c’est déjà trop tard.

Un poisson sur la lune pose une question cruciale : qu’est ce qui donne sens à la vie ?

A propos de l’argent, Jim dit à ses enfants :

« Ne vous rendez pas esclaves de l’argent. Et fichez vous de ce que pensent les autres. Encore un truc inutile. »

A la sensation d’étouffement, s’ajoute celle d’un temps qui semble s’étirer de manière infinie :

« Comment survivre assez longtemps pour atteindre ce moment où la vie redevient quelque chose de désirable ? »

Un poisson dans la lune est un roman très noir, à l’écriture au scalpel, pas dénué d’humour par petites touches et qui laisse un sentiment d’impuissance face à un homme que rien ne peut aider.

Si mes lectures depuis quelques mois sont très liées au Grand Prix des lectrices Elle, il m’arrive de faire quelques écarts. J’ai lu récemment deux bandes dessinés très différentes dont j’ai eu envie de parler ici :

Le dernier Lapon / Javier Cosnava-Toni Carbos

Une enquête policière au pays des aurores boréales

Le pitch : En Laponie, un tambour précieux pour le peuple Sami a été dérobé au musée qui venait de l’acquérir. La seule personne qui connaissait son histoire est retrouvée tuée et ses oreilles découpées. L’enquête est menée par Klemet, un policier Sami et Nina.

Ce que j’ai aimé :
♦ La façon dont sont dessinés les paysages de Laponie et en particulier les paysages de nuit. J’ai cru au début que c’était du noir et blanc avant de remarquer la couleur bleu de l’uniforme des policiers
♦ La « plume » du dessinateur Toni Carbos dans la façon dont il dessine tous les nez des personnages
♦ Le dépaysement qu’offre ce roman graphique : j’ai appris l’existence d’une police des rennes mais aussi des gumpis et des joïk
♦ L’intrigue qui mêle petite et grande histoire. A travers le vol du tambour, Le dernier Lapon brosse les difficiles relations entre le peuple Sami et les Norvégiens à travers les siècles.

Ce roman graphique est tiré du roman éponyme d’Olivier Truc que j’ai bien envie de lire maintenant !

Les improbablogies de Zoé Thouron

La science improbable…pour les Nuls

Le pitch : Faire comprendre ce qu’est la science improbable, c’est à dire interroger la méthode scientifique d’une façon incongrue et avec humour.

Ce que j’ai aimé :
♦ Les questions loufoques et saugrenues posées mais qui ont donné lieu à de vraies recherches scientifiques. Vous voulez des exemples ? Assis ou couché, dans quelle position étudier ? Pourquoi les hommes sont très prévisibles ? Est il possible de s’enivrer en immergeant les pieds dans de l’alcool ? (cette dernière question repose sur une légende urbaine danoise)
♦ Les questions spéciales cinéma : Peut-on vraiment briser un crâne avec une bouteille en verre ? Peut-on vraiment dissoudre un cadavre dans de l’acide en 20 minutes ?
♦ Si les expériences apparaissent pour le moins décalées, les dessins ne sont pas en reste !

Cet album Les improbablogies réunit une sélection de vraies recherches scientifiques compilées par Pierre Barthélémy, chroniqueur de science improbable pour le Journal Le Monde. J’imagine la discussion  » et toi tu fais quoi dans la vie ? » « Chroniqueur de science improbable » : )

Alors plutôt prêt(e)s à partir en Laponie ou à revêtir votre blouse blanche ?

Si je devais citer mes écrivains préférés, dans ma liste les femmes auraient une place importante. Je ne les lis pas parce que ce sont des femmes mais parce que leur style, leur plume, leur univers me touchent. Alors parmi mes dernières lectures, j’avais envie de vous parler de Delphine de Vigan et de son dernier roman, Les gratitudes.

crédit photo : hachette

Les gratitudes de quoi ça parle ?

Michka ne veut plus vivre seule, elle a peur car les mots s’enfuient. Ce sont ces derniers mois dans un Ehpad, entourée de Jérome et Marie, que nous raconte Les gratitudes.

Le comble pour parler des gratitudes de Delphine de Vigan ? Ce serait de ne pas trouver les mots, comme Michka, l’héroïne de son dernier roman.

Les mots, Delphine de Vigan, joue avec, remplaçant ceux qui manquent dans la bouche de Michka par d’autres. Il en naît une cocasserie (et un plaisir de lecture pour moi) qui contrebalance la détresse de la vielle dame.

Ces mots, ce sont ceux qu’il faudrait oser prononcer avant qu’il ne soit trop tard :

« Tout ce qu’on rejette…regrette, quand les gens disparaissent, pffuit…comme ça, vous voyez ? Ça arrive, vous savez. On ne peut pas rester avec tout ça dans le coeur. Après ça fait des cocards…cauchemars, vous voyez. »

Le mot c’est ce « merdi » que Michka aimerait adresser, avant de tirer sa révérence, à ceux qui lui ont sauvé la vie pendant la seconde guerre mondiale.

Pourquoi j’ai été touchée par Les gratitudes

Moins enthousiasmée par Les loyautés (qui fait partie d’un triptyque dont Les gratitudes est le second volet, sans être une suite au niveau de l’intrigue), j’ai retrouvé, dans ce texte, la sensibilité de Delphine de Vigan , celle qui m’avait tant touché dans Les heures souterraines ou dans Rien ne s’oppose à la nuit.

Comment parler d’une chose qu’on n’a jamais vécu personnellement, à savoir la vieillesse ? Delphine de Vigan y parvient avec une rare justesse à travers le regard de Jérôme, l’orthophoniste de Michka et de Marie, cette jeune femme qu’elle a recueilli et élevé comme sa fille.

Ces deux-là s’attachent à ne pas oublier quelle femme a été Michka :

« Je lutte mais cela ne marche pas, je finis toujours par m’adresser à elle comme à une enfant et cela m’arrache le coeur, car je sais quel genre de femme elle a été, je sais qu’elle a lu Doris Lessing, Sylvia Plath et Virginia Woolf, qu’elle a gardé son abonnement au Monde et qu’elle continue de passer chaque jour en revue la totalité du journal, même si elle n’en parcourt plus que les gros titres » dit Marie.

« Quand je les rencontre pour la première fois, c’est toujours la même image que je cherche, celle d’Avant » confie Jérôme.

Delphine de Vigan m’a ému par ses mots sur la maternité et ce que je vois comme un signe aux lecteurs et lectrices de ses précédents romans lorsqu’elle écrit :

« Sa mère, elle était …cette jeune femme..triste…parfois elle passait tout le jour, fermée…sans sortir du lit…dormir, dormir, tout le temps, vous voyez les draps fermés, les portes fermées.. »

Comment ne pas penser à la propre mère de l’auteure et à Rien ne s’oppose à la nuit ?

Et puis cette histoire elle est devenue mienne. Je me suis imaginée comme Marie dans 40 ou 50 ans avec cette souffrance de ne plus être touchée par personne. J’ai aussi forcément pensé à ma grand mère qui ne perd pas ses mots mais ses souvenirs immédiats depuis bien des années.

Alors Delphine de Vigan, pour savoir si bien mettre des mots sur des ressentis, je voulais vous dire merci.

« La justice a tranché », « décision de justice », « secret de l’instruction », « vice de procédure », la plupart du temps lorsque j’entends parler de justice, je me la représente comme un grande machine implacable, froide, sans visage. Dans Pirate n°7, la justice est au contraire incarnée, vivante, humaine car au delà de l’affaire qui est racontée, se dessine le portrait d’une avocate commis d’office. Cette dernière n’oublie pas son affaire en enlevant sa robe noire. Au contraire, pendant 4 ans, elle va porter à bout de bras la vie d’un jeune homme, ce pirate n°7.

pirate n°7

Peut-être a-t-elle outrepassé son rôle, franchi une frontière (je me demande si dans la formation d’avocat, des règles de « juste distance » entre client et avocat sont enseignées comme pour un psy et son patient) mais comment défendre avec force et conviction quelqu’un sans s’impliquer réellement à moins d’être dans un jeu d’acteur quasi schizophrène ?

Auprès de Fahram, je suis autre chose qu’un avocat. Certes, je le suis dans ses rapports avec l’administration pénitentiaire et les magistrats, c’est ainsi que je me présente, que je fais l’interface, mais entre nous, je deviens peu à peu, un substitut affectif et bientôt le témoin de son enfer.

Cette justice elle porte aussi le visage de Fahram. On aimerait le classer dans les méchants, les mauvais (il a attaqué, avec 6 autres somaliens, un navigateur français et sa femme en pleine mer), celui qu’on désigne par un numéro, un xsd (parce qu’il ne parle pas français ?).
Le priver ainsi de nom et de prénom n’est pas la première violence qu’on lui fait subir ?

xsd est la déshumanisation maximale de celui qui n’a pas de nom officiel dans une procédure pénale et dont le patronyme ne peut être appréhendé par l’autorité.

Revenant sur son parcours, Elise Arfi écrit :

Mes parents étaient médecins, et avocat, c’était tout de même nettement moins bien.

Plus j’avançais dans ma lecture, plus j’ai vu un lien évident entre ces deux métiers : la vie humaine est, dans les deux cas, en jeu.

Pirate n°7, à travers un cas particulier, pose des questions essentielles sur la prison, acceptée par la société comme unique solution de réparation.

Enfermer deux, trois, parfois quatre personnes, vingt heure sur vingt quatre, dans des cellules d’une dizaine de mètres carrés, sans hygiène ni intimité ne permet pas l’introspective, le retour sur soi, la repentance, dont on voudrait nous faire croire qu’ils donnent un sens à la peine.

Elise Arfi rappelle la surpopulation carcérale, l’état de délabrement, de manque d’hygiène de certaines prisons, le suicide de détenus (et le sentiment d’impuissance qui en découle). De temps en temps, la presse se fait l’écho de rapport alarmiste sur l’état de prisons françaises mais avez-vous déjà vu une mesure quelconque les concernant dans un programme électoral ?

Pirate n°7 est un cri, un immense cri face à l’injustice et un livre qui donne envie de crier de rage à son tour. Injustice sociale car Fahram est né dans le « mauvais » pays (la Somalie est un pays très pauvre), cela précipitera son destin. Injustice de traitement, Fahram devrait être jugé comme un mineur mais la justice s’entête à penser qu’il est majeur (s’appuyant sur des expertises qui s’écrouleront par la suite).

Non seulement on refuse à cet adolescent un prénom et un nom, mais sans lui demander son avis, au cours de sa détention provisoire, il subit une ablation de poumon. A partir de ce moment là, ses crises d’angoisse redoublent, ses délires cauchemardesques aussi. Fahram s’enfonce, il fait plusieurs tentatives de suicide, mais l’organisation pénitentiaire reste muette, ne répondant pas aux multiples lettres de son avocate. Le sentiment d’injustice, il naît aussi de l’indifférence moutonnière et bureaucratique de fonctionnaires.

Je me souviens que lorsque j’étais bibliothécaire, devant l’affolement de certains collègues dans certaines situations, j’avais coutume de dire, qu’il n’y avait pas, dans notre boulot, d’urgence vitale. Ici, si !

Lui qu’on aura traité d’un bout à l’autre comme une chose pour finir balancé comme un déchet.

Elise Arfi n’est pas avocate par hasard, le moins qu’on puisse dire est qu’elle a le sens de la formule. J’avais envie de noter une phrase sur deux et cela m’arrive très rarement (jamais ?) en dehors d’une fiction. Impossible de ranger Pirate n°7 dans ma bibliothèque et de passer à autre chose. J’ai pris une grosse claque en lisant cet essai découvert grâce au Grand Prix des Lectrices Elle.

Que devient Fahram aujourd’hui ? Peut-il vivre sans séquelles après cela ? La fameuse résilience permet-t-elle de s’affranchir du passé et d’apprendre à vivre sans entraves ni privations ?

Pirate n°7, Elise Arfi, Editions Anne Carrière.

En janvier j’ai été à Rhode Island, en Californie, à Amsterdam, dans l’Est de la France…et tout cela avec une poignée de romans. Bien entendu, j’aimerais pouvoir voyager physiquement plus souvent, m’offrir un séjour comme au cinéma (grâce au tout nouvel outil de l’agence de voyages Expedia qui permet à ses utilisateurs de découvrir une multitude de séjours dans le monde entier, tous inspirés des scènes de leurs films préférés) à Rome ou à Glascow. Néanmoins les livres restent un formidable moyen de vivre ailleurs, d’autres vies, d’autres époques. La preuve ce mois ci, à travers mes lectures :

-je me suis projetée à Lyon pendant l’occupation et j’ai appris combien la parole des survivantes avait été enfuie au retour des camps :

 

 

 
 
 
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🌺 SOEURS INSEPARABLES🌺 Je ne connaissais que les grandes lignes de l’histoire tragique de Simone Veil. Je ne savais rien sur son père qui pensa pendant longtemps que les juifs français seraient épargnés, rien sur sa sœur Denise agent de liaison à Lyon, rien sur Milou et sa fin tragique, rien sur son frère Jean dont on ne saura jamais vraiment où et comment il est mort. 🌺🌺 Les inséparables revient sur les quelques années qui ont précédé la déportation de Simone Veil et de sa famille, sur le retour des survivantes et sur l’après jusqu’aux années récentes où chaque semaine Simone Veil et Denise se retrouvaient, inséparables face à leur lourd passé. Étrange de lire que le siège de la police allemande était place Bellecour ou qu’un lieu de rendez vous pour les résistants était place Jacobin. Dur d’imaginer le climat de suspicion et de peur régnant à Nice. Impossible de comprendre ce que ces soeurs ont vécu dans les camps mais indispensable devoir de mémoire. « L’entourage réagit à l’unisson : Tournez la page. Oubliez c’est du passé. Combien de fois ont-elles entendu ces phrases toutes faites. C’est l’inverse pour oublier il faudrait parler, il faudrait qu’on les écoute, qu’on mesure ce qu’elles ont enduré. » 🌺🌺 #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #reading #document #grandprixdeslectriceselle2019 #deportation #histoire #simoneveil #lyon #blog

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-Je me suis demandée si je ne devrais pas prendre des cours pour être capable de faire un massage cardiaque si un jour …

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🔻DE BATTRE SON CŒUR S’EST ARRÊTÉ🔻 D’abord il y a ce drôle de ronflement et elle croit que son amoureux fait l’imbécile. Puis le front luisant et cette poitrine qui ne se soulève plus. Nous lecteur, on se retrouve suspendu à chaque minute, celle qui sauve, celle qui rapproche de la mort ou l’en éloigne. Comme elle, on a peur, on a le ventre noué, on est cotonneux, on imagine le pire mais on garde espoir, on suit le rythme des phrases courtes comme des pulsations cardiaques. 💪Le super pouvoir de Vigile ? 💪 Rendre universel un drame personnel et intime (ce que nous raconte l’auteure, elle l’a vécu) sans jamais tomber dans le pathos. Vigile est une déclaration à l’homme qui partage sa vie, à ceux qui sont là quand on se sent si seul, un hymne à cette vie qui peut basculer en une nuit. 🔻🔻 À déconseiller peut être aux hypocondriaques (je ne le suis pas mais ça m’a secoué). Vous l’êtes ? #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #amour #roman #rl2019 #lecturedumoment #lecture #lyonnaise #blog #vendredilecture

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-Je me suis passionnée par un thriller plaçant la loi au cœur de son intrigue (inspiré de faits réels)

 

 

 
 
 
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⚖️LA LOI EST DURE MAIS C’EST LA LOI ⚖️ Cela commence comme un thriller « classique  » avec l’histoire d’un serial killer qui assassine sauvagement deux femmes et trois enfants. Sauf que Kwame Diggs est mineur et que le Code Pénal de Rhode Island prévoit alors que tout délinquant juvénile doit être libéré à ses 21 ans. Et c est ainsi que ce livre bascule dans un thriller beaucoup plus intéressant, haletant. 💪Les super pouvoirs de Dura Lex 💪 🔻Mettre au cœur de l’intrigue un questionnement moral : peut-on pour la sécurité de tous (si Kwame ressort il tuera à nouveau c’est certain) bafouer les libertés individuelles d’un individu ? 🔻Montrer le pouvoir et les dérives de la presse et de la justice. 🔻Construire l’intrigue de manière à ce que ce soit haletant MAIS intelligent et alors même que très vite on sait qui est le coupable. 🔻C’est rythmé, c’est crédible et cela me donne très envie de découvrir d’autres titres de cet auteur ! Et vous vous connaissez Bruce Desilva ? ⚖️⚖️ #bookstagram #bookish #lecture #polar #romannoir #litteratureamericaine #justice #grandprixdeslectriceselle2019 #livrestagram #blog #lyonnaise

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-J’ai passé quelques soirées avec Berlioz apprenant que de son temps, il était beaucoup plus aimé à l’étranger qu’en France

-J’ai suivi Helen et Franck de Rome à Londres en passant par Amsterdam et la Normandie mais sans vraiment croire à leurs voyages 

 

 

 
 
 
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◾DANS SON OMBRE◾ Cela pourrait être une histoire d’amour mais pour qu’il y ait histoire ne faut il pas être deux ? Ma dévotion est plutôt la vénération d’Helen pour Franck, son dévouement quasi total pour cet homme raconté dans des chapitres très courts. ◾◾ Le problème est que je n’ai jamais vraiment cru à cette histoire. Est ce parce que j’ai trouvé un peu gros que nos deux protagonistes habitent comme par hasard à côté après avoir tous deux vécu dans divers pays ? Est ce parce que les clichés sur la jeune fille normande.-plouc et arriviste-qui monte à Paris m’ont agacé ? Est ce parce que les violences sexuelles subies par Helen sont très vite oubliées ? En tous cas Helen et Franck sont restés pour moi des êtres de papier et les décors du carton pâte. Je n’ai lu que de très bons avis au sujet de ce roman mais pour moi l’adoration n’a pas eu lieu. ◾◾ #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #reading #grandprixdeslectriceselle2019 #litteraturefrançaise #lyonnaise #lecturedumoment

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-je me suis demandée s’il fallait être tout le temps méfiant dans la vie …ou pas 

 

 

 
 
 
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♦️ SOUS INFLUENCE ♦️ Il y a des auteurs qu’on aime mais qui écrivent un peu toujours le même livre. Entre un jour tu raconteras cette histoire (l’avant dernier livre de Joyce Maynard qui m’avait bouleversé) et De si bons amis (titre français; Under the influence en anglais ), les intrigues n’ont rien à voir. Cette fois Joyce Maynard nous raconte l’histoire d’Hélène McCabe qui est au fond du trou et qui rencontre un couple de riches Californiens qui lui tend la main… Mais sont ils si désintéressés qu ils ne paraissent au premier abord ? En y réfléchissant bien, il y a au moins un trait commun entre chaque livre de l’auteur : sa capacité à dresser des portraits de femmes complexes et touchants. 💪Le super pouvoir de Si bons amis ? 💪 Instiller peu à peu un sentiment diffus de malaise, mettre le lecteur sur le qui vive, construire une histoire qui bascule peu à peu dans l’amitié toxique en nous tenant, nous lecteur, sous influence. Peut être pas mon roman préféré de Joyce Maynard mais je m y suis laissée prendre avec plaisir guettant le moment où le « rêve américain » bascule en drame. #litteratureamericaine #joycemaynard #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #reading #lecture #lecturedumoment #lyonnaise #blog

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-Enfin j’ai lu le dernier Goncourt, pas parce qu’il a eu ce prix mais parce que le thème m’intéressait. Je l’ai trouvé assez désespérant sur l’état de notre société même si l’auteur est une preuve qu’on peut parfois s’échapper d’une route tracée par un milieu social.

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♦️ DESENCHANTE ♦️ Ils ne sont pas si fréquents les romans qui peignent une fresque sociale, qui disent l’injustice par le biais de l’intime ou peut-être que d’habitude je ne les lis pas. Les enfants après eux est le portrait d’une région (l’est de la France, les hauts fourneaux) sinistrée par la désindustrialisation, une France des villes moyennes et des zones pavillonnaires plutôt invisible dans les médias. C’est aussi un retour dans les années 90 à travers 4 étés (avec plein de références qui font tilt) et le portrait d’adolescents qui rêvent tous de fuir ce lieu qui semble comme une entrave à leur liberté. 💪Les super pouvoirs de ce roman 💪 Démonter quelques idées toutes faites. On a coutume de dire que quand on est jeune tout est possible, l’auteur nous suggère (car il n’est jamais dans la démonstration) le poids du milieu social. Non l’école n’est pas ce fameux ascenseur social, les formations sans débouchés sont légion, les emplois abrutissants aussi. J’ai souvent entendu mes parents dire qu’ils vivaient mieux que leurs parents mais aujourd’hui ? Tout au long du roman, s’installe comme une sensation de moiteur, d’anesthésie liée à la chaleur, à l’alcool et la drogue qu’on consomme pour oublier mais aussi comme pour traduire ces destins englués par leur situation sociale. Le propos n’est jamais didactique car tout est dit à travers les trajectoires d’adolescents, leur éveil à la sensualité, leurs relations avec les parents. Même si j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs dans ce roman, Les enfants après eux réussit à nous dépeindre des vies d’ennui et sans beaucoup d’espoir mais construit de telle sorte qu on a envie de connaître la suite. Assez désespérant mais éclairant ! ♦️♦️ #bookstagram #bookish #booklover #livrestagram #reading #roman #fresquesociale #lyonnaise #goncourt #lecture

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Je n’ai pas eu d’énorme comme coup de coeur en janvier (mon dernier étant Asta ), mais j’espère que ce petit récapitulatif vous donnera envie de lire un de ces livres.

Bonnes lectures !

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J’ai déjà plus ou moins « élu » les livres qui m’ont le plus marqué cette année dans une sélection de livres à offrir pour les fêtes alors pas de nouveau best of, ni de reprise de tous les livres lus mais un retour sur une année où les livres ont eu plus d’importance pour au moins 3 raisons.

D’abord j’ai créé un compte Instagram, bookaddictlyonnaise, dédié aux livres fin avril et j’ai découvert une communauté très active, réactive, engagée, bienveillante, avec des textes longs, de l’imagination, de la créativité et le même goût de la lecture. Pour une fois je ne me suis pas posée la question de ma légitimité. J’ai toujours aimé partager mes lectures (quand je bossais en bibliothèque, sur le blog, dans la vraie vie), j’ai découvert une autre façon de le faire, plus synthétique, pas en remplacement du blog mais en complément (ou peut être pas, selon les destinataires).

Ensuite j’ai envoyé ma candidature pour faire partie du jury du Grand Prix des lectrices Elle 2019 et j’ai eu la chance d’être retenue. Depuis fin août, je reçois chaque mois dans ma boîte aux lettres des romans, des polars, des documents que je lis, note et commente. Cela m’a permis de m’aventurer hors de la fiction, d’aller vers des auteurs que je n’aurais pas forcément choisi, d’échanger autour de tel ou tel roman et d’avoir un énorme coup de coeur.

Cela a boosté mon rythme de lecture : je n’ai noté les titres des livres lus que très sérieusement à partir du mois de septembre mais j’évalue à un peu plus de 80, le nombre de romans, bd, beaux livres, documents, albums lus en 2018.

Enfin en tant que freelance, j’ai eu l’opportunité d’accompagner une bibliothèque dans la prise en main et le lancement d’un compte Instagram. Cela a été l’occasion d’analyser la manière dont les différents acteurs du livre se sont appropriés cet outil, comment ils l’utilisent. J’ai pris autant de plaisir à construire ma formation qu’à la donner et à échanger. Ce retour en bibliothèque par le biais de la formation a été très stimulant et gratifiant.

Et puis en vrac les livres ont « changé » ma vie ainsi :

-j’ai acheté un cahier spécial où je note toutes mes impressions de lecture, quelques citations (il est presque fini car je gribouille beaucoup, ça part dans tous les sens !)

-même quand un livre me tombe des mains, si je dois le lire pour le jury, je ne l’abandonne pas

-je me suis offert bien plus de voyages que mes moyens financiers ne me le permettent : Guadeloupe, Italie, Islande, Corse, New York, Algérie, Suède, Finlande…

-j’ai développé un petit côté « amie des bêtes  » (qui a concordé avec l’arrivée d’un chat chez moi) avec La vie secrète des animaux, Chats ce qu’ils essaient de nous dire, Panda Love

-je me suis glissée dans la peau d’une actrice, d’un flic, d’un comte, d’une inspectrice du guide Michelin, de femmes particulièrement culottées, d’un prisonnier à Guantanamo, d’une jeune femme en Arabie Saoudite….

-j’ai été accro au dernier tome de l‘Arabe du futur de Riad Sattouf comme si je regardais une série dont je n’arrivais pas à décoller (ou l’art d’agencer les bulles, les textes pour qu’on ait envie de connaitre la suite ….si vous avez une BD à lire en 2019 c’est celle là !)

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✴️SECRET DE FAMILLE✴️ J’ai fini hier soir le tome 4 de l’Arabe du futur, j’ai essayé de faire durer sa lecture autant que possible et après avoir lu la dernière page, j’aimerais déjà connaître la suite. C’est un des talents de Riad Sattouf : rendre le récit de sa jeunesse au Moyen-Orient aussi addictive qu’une très bonne série. 💪Le super pouvoir de l’Arabe du futur tome 4 💪 Sa dimension dramatique encore plus forte que précédemment, sa densité, sa façon de faire évoluer les personnages (le père et la mère) à travers le regard de l’auteur enfant, l’éclairage que ce titre apporte sur l’œuvre du dessinateur (les beaux gosses, retour au collège), son humour toujours présent, sa chute terrible. Ce tome dit aussi très bien cette jeunesse partagée entre Syrie et Bretagne (cela aurait été si tentant de se dire que le pire était en Syrie mais la violence envers la différence est tout aussi présente en France), cette double culture, pas simple pour construire son identité. Et puis il y a ce coup de théâtre final qui laisse sans voix. Bref Riad Sattouf fait définitivement partie de mes auteurs préférés de bande dessinée. Lisez-le !! ✴️✴️ #bookstagram #bookish #booklover #reading #lire #lecture #lecturedumoment #livrestagram #romangraphique #riadsattouf #bandedessinee #lyon #blog

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-j’ai vibré à d’autres histoires d’amour (le jour où cela n’arrive plus, achevez-moi ) de Mon désir le plus ardent à Asta en passant par la révolution de l’amour et Nos souvenirs sont des fragments de rêve

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🌹LES JEUX DE L’AMOUR ET DU CLAVIER 🌹 L’amour serait devenu un objet de consommation comme un autre, vite consumé et jeté. Les mots d’amour seraient ringards et les lettres enflammées seraient d’un autre temps. En ouvrant Amours Solitaires j ai pensé au film récent Mlle de Joncquieres. Deux époques très éloignées, deux modes d’expression aussi mais les mêmes jeux de séduction, le même goût des mots, le même amour de l’amour (et le même plaisir à écouter ou lire cela pour moi). 🌹 Pas de lol, ni de mdr dans cette histoire d’amour que l’on suit de ses débuts par échange de SMS. Pas de honte à s’ exprimer avec passion et même emphase parfois. 🌹 Cette histoire constituée de centaines de messages je l’ai lue tout doucement, jamais plus d’un chapitre par soir car le plaisir est dans l’attente et j’avais envie de suivre le rythme de ces 2 cœurs, 2 corps qui ont pris leur temps. Entre les mots, les doutes, les questionnements, le désir, le plaisir, la chaleur, la peur, le sentiment amoureux qui grandit, la sensation d’être vivant enfin, la blessure… Tout sauf l’indifférence. 🌹 L’epistolaire 2.0 existe bel et bien, ce livre en est la preuve et le compte @amourssolitaires aussi. Cyniques et moqueurs s’abstenir. 🌹 #love #amour #epistolaire #2.0 #bookstagram #bookish #booklover #reading #lire #rl2018 #lecturedumoment #lyon #lyonnaise #blog

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-j’ai vécu dans un monde apocalyptique avec Dans la forêt

-J’ai parfois détourné les yeux devant les mots de My absolute darling

-j’essaie d’être un peu plus « amie avec moi même » après avoir lu Help, un livre drôle sur le développement personnel

-j’ai écouté Philippe Jaenada parler fiction à Quais du Polar et je l’ai trouvé aussi drôle et passionnant que ses livres

2019 sera je l’espère l’occasion de nouvelles recontres, avec des auteurs et des lecteurs/lectrices et j’en suis sûre de nouvelles piles à lire qui diminuent puis augmentent à nouveau !

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