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théatre de la croix-rousse

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Alors que la France entière assistait mardi dernier à la prestation lamentable de la plupart des candidats de la Nouvelle Star dernière saison (Benjamin reviens !), je profitais de la présence sur Lyon d’un tonton pour me rendre en quelques pas (ah quel luxe!) au concert de Vincent Delerm qui jouait au théâtre de la Croix-Rousse.

Oui je sais le chanteur a beaucoup de détracteurs. On aime ou on déteste, en tous cas il ne laisse pas indifférent. Dans mon entourage, on nous charrie beaucoup à son sujet. Il est en vrac assimilé à un dépressif, un gars ne sachant pas chanter et lisant le bottin, quelqu’un qui se croit au dessus du lot…Mais pourquoi tant de haine alors qu’il nous a fait partager tant de délicieux moments ?

Vincent et moi, c’est une longue histoire. La première fois que je l’ai rencontré il faisait la première partie de Julien Clerc (et en plus je vais voir Julien Clerc…je vous l’avais dit que j’aimais la variété, hein). En règle générale, les premières parties ne m’enthousiasment guère, j’ai hâte qu’on en finisse et qu’on passe enfin au plat de résistance mais en plus quand j’ai vu sa tête de bobo parisien autant vous dire que j’avais les pires à priori à son sujet et cela avant même qu’il n’ouvre la bouche. Il est arrivé sur scène, s’est mis derrière son piano et là une voix off à balancer dans la salle « mais qui c’est ce type? t’as vu sa tête? » .. dès le début, Vincent, il m’a pris dans ses filets.

A la suite du concert, je me suis précipitée sur son premier album (avec la très belle chanson Châtenay Malabry mais je les aime toutes!) qui résonne encore aujourd’hui avec les souvenirs des débuts de mon histoire avec mon amoureux. Je suis allée l’écouter encore deux fois à l’occasion d’une soirée spécial Sida et en 2004 à la Bourse du travail à Lyon où il avait galvanisé la salle (oui oui, j’en sens certains sceptiques mais je vous assure qu’en concert Vincent c’est 100 fois mieux que du prozac).

Mardi dernier, j’étais assise au 4ème rang (quand je pense à la Halle Tony Garnier en comparaison je crois que je ne suis pas prête d’y remettre les pieds) et j’avais l’impression que le chanteur aux cheveux poivre et sel et mal rasé ne chantait rien que pour moi. Tout était réuni pour rendre la soirée magique et inoubliable : la mise en scène toujours très travaillée, la présence de deux musiciens qui donnaient une tonalité jazzy à l’ambiance musicale, les changements de décors , les échanges avec le public, l’alternance des différents albums et quelques inédits, l’humour de Vincent Delerm qui lorsqu’il est derrière son piano me donne envie d’apprendre à jouer sur le champ. J’ai eu une pensée pour Unefillelatoile qui aurait aimé, j’en suis sûre, être assise à côté de moi.

Pendant plus de deux heures, Vincent Delerm m’a entraîné dans chacune de ses petites histoires que sont ses chansons, j’ai été une fille de 1973, j’ai visité le zoo de Vincennes, j’ai vécu la rencontre avec les beaux-parents ou la première nuit amoureuse, j’ai fait mes adieux à North Avenue…merci pour le voyage Vincent !

Alors ai-je convaincu les plus réticent(e)s d’entre vous?

Edit 1 : il est hautement conseillé de lire ce billet en écoutant l’album Quinze chansons

Bonus : voir son clip Un temps pour tout

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